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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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is it now too late to say sorry (deborah)

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is it now too late to say sorry (deborah)
06.10.16 18:03

Argus soupire et sort de son sac en cuir un rouleau de parchemin, une plume et de l’encre, ainsi que son manuel de sortilèges. Sans cérémonie, il se met à rédiger le devoir de sortilèges. On aurait pu avoir du mal à y croire. Que lui Argus, ne fasse pas le travail demandé à la dernière minute. Au fond ça n’a rien de très surprenant pourtant, car pour une fois il n’a rien de mieux à faire. Avec Sigma qui a semé le trouble à Poudlard, Demeter a disparu et James et Pepper ont décidé de s’enfermer à la bibliothèque où il n’a pas cœur à les suivre.

Mais un peu ironique, puisqu’à cet instant il travaille.

Il soupire à nouveau. Au moins ici il est à l’aise sur les coussins et les poufs plutôt que sur les chaises en bois dont la conception semble avoir été pensée pour ruiner le confort de tous les élèves ayant la mauvaise idée d’aller étudier là bas. Et il n’y a également personne pour vous assassiner du regard à la moindre indiscrétion. Même si en fait, les discussions que certains pouvaient avoir dans le salon commun étaient tout aussi désagréables, puisque cette espace n’était pas seulement dédiée au travail. Il croise d’ailleurs un regard qui ne le met pas l’aise. Celui de Deborah Bolton mais il fait comme si de rien n’était et se concentre.
Sa plume glisse contre la surface du parchemin. Elle s’arrête alors qu’il réfléchit à la prochaine phrase ; C’est un devoir demandant beaucoup de rédaction mais il s’en ennuie déjà. Il rature ses deux premières phrases essaie de mettre de l’ordre dans ses pensées mais n’y arrive pas ; Entre deux lignes d’écritures serrées, il y a le joli visage de Deborah qui s’est inséré. Il n’avait pas oublié leur histoire (il n’en oubliait aucune) et proche, elle lui rappelait à quel point il avait été malhonnête sur la fin de leurs relations. Au fond, il ne s’était jamais excusé, pire encore, n’avait jamais eu la volonté de le faire.

Et ça le tracasse, ça le ronge par moment quand il pense à ses regrets. Argus n’a pas l’habitude de regarder derrière lui en disant qu’il devrait refaire tel ou telle chose, mais pour Deborah ça le prend souvent. Car il s’en veut d’avoir été un gigantesque crétin alors que cette fille la valait de l’or. Dans son travail, Argus se déconcentre, regarde à nouveau Deborah puis rebaisse les yeux. Ses doigts ordinairement si sereins, sont parcourus de petits tics. Ils triturent le bout de sa plume et la laissent finalement s’écraser avec un bruit mât sur le sol. Il n’arrive à rien et de l’encre a dégouliné sur son parchemin. Alors Argus chiffonne le papier en une petite boulette et la fait se volatiliser d’un coup de baguette.

Il ne tient plus.

Et il quitte son pouffe en se levant, décide enfin à se diriger vers Deborah, aussi charmante qu’à l’accoutumé. Seulement à présent, son cœur ne sautille plus quand il la voit et il n’a pas l’envie de faire courir ses doigts le long de sa nuque. Il se laisse tomber à côté d’elle et décide que c’est maintenant qu’il faut le faire.

- Salut Deb, tu vas bien ?
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Hibou


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Re: is it now too late to say sorry (deborah)
07.10.16 18:00

Elle couvait une émotion tendre, quelques battements de cils songeurs, une euphorie bête et silencieuse, de ces sentiments qui survenaient avec une brusquerie maladroite au rappel d’un souvenir, non, cette vision brute, cet aguichant visage qui la narguait de quelques envies, de ses savoureuses lippes. Deborah se rappelait, du goût d’Argus. Et si elle déviait par moment ses regards insistants, c’était pour mieux reporter cette attention sur ses mains, si calmes, si tranquilles sur ses cuisses tandis qu’elle se remémorait ses tendres souvenirs si lointains qu’il lui semblait que rien n’avait été vrai, que tout n’avait été que songes et rêveries. Elle peinait à retrouver un contact, découvrait avec mélancolie que ses doigts qui s’étaient si souvent égarés sur le visage d’Argus, dans la brune tignasse, oubliés entre les phalanges de garçon, ne parvenaient plus à éveiller en elle ce contentement béat d’antan, où jadis, un simple toucher, l’idée même l’aurait fait frémir. Mais ses petites mains de femme ainsi délaissées, ainsi privées du plaisir le plus vif, ne se rappelaient plus de la tentation d’Argus.

Sa vision lui provoqua un nouveau chagrin. Argus ne lui appartenait pas, et cette perspective restait injuste. Il ne lui offrait bien que des tourments ; désirer aussi tendrement quelqu’un qu’elle ne saurait avoir. Deborah ne se contentait alors bien que de ses mémoires, ses précieuses mémoires où elle savait, avec arrogance, qu’elle avait déjà occupé ses pensées.

Et jouer encore aujourd’hui et maintenant de ses émotions, fallait-il qu’elle l’adore toujours ? En secret. En secret disait-elle. Cependant, il y avait chez Deborah des détails dignes de la plus haute trahison : la façon dont elle le regardait d’abord, avec une obstination qui ne trompait personne, un sourire évasif parfois naissait dans l’ombre, flottait sur son visage inconscient, ignorant tout de sa propre existence. Deborah s'oubliait elle-même dans cette contemplation tantôt méditative tantôt sacrée. Parfois, au-delà de cette langueur plaintive qui l'envahissait lorsqu'elle pensait à lui, Argus lui donnait de rares vertiges de bonheur. D'insuffisantes miettes, d'un vide dans un coeur trop plein.  

Argus exerçait sur elle une attraction toute particulière, au-delà de ce qu'elle éprouvait parfois pour d'autres garçons, bien plus qu'un simple intérêt piqué ; là où Demeter la fascinait littéralement, d'émotions artistiques, Argus secouait son coeur de battements rapides, et elle sentait cette circulation sanguine redoubler de vigueur. Argus réveillait des envies, des rêveries. Argus s'inscrivait comme de l'encre dans le bleu de ses yeux, là où les contours, les contextes, les vies semblaient se confondre, s'oublier jusqu'à ne plus exister. Et tout se dérobait ainsi.

Elle ne manquait jamais rien d'Argus, et tout chez lui intriguait Deborah au point de ne rien faire d'autre. Elle imaginait Argus, le fantasmait à défaut de pouvoir espérer s'approcher. Deborah savait. Deborah savait que d'Argus elle n'aurait rien, et qu'il ne la verrait jamais comme elle pouvait néanmoins le voir, avec cette admiration bornée, cet éclat pétillant dans l'oeil, comme des petites bulles de champagne bleu dans son horizon ; ce qu'elle pouvait l'adorer son Argus qui ne serait jamais sien. Elle ne désespérait pas pourtant. L'affection de Deborah était brut et pure, sublimée par l'absence d'amertume, de jalousie aussi, puisqu'il y avait là de la résignation, et non pas le désir de posséder mais l'envie d'aimer. Et tous ces sentiments qu'on savait d'ordinaire néfastes comme l'exclusivité, la possession, tout, tout cela se taisait en elle puisqu'elle refusait que de telles vilaines choses viennent entraver la beauté de ce qu'elle ressentait pour Argus. Elle aimait penser que c'était là un trésor, quelque chose qui lui était propre et bien ancré en elle, qu'il fallait le chérir sans en réclamer plus. Pour lui, s'il le savait seulement, cela aurait dû être un privilège.

Elle dévia brutalement son regard ; il venait de se lever. Elle assumait si peu. D'une main nerveuse, elle cacha une petite fissure sur son collant noir. Les épaules voûtées, elle donna l'impression de vouloir entrer, se serrer puis disparaître complètement à l'intérieur de la blouse blanche, d'une qualité grossière si on omettait la dentelle, qu'elle portait et qui trop large avalait aussi bien ses bras que ses cuisses. Boutonnée n'importe comment encore. La gêne empourpra ses joues, tandis que d'un oeil qui osait à peine se soulever dans sa direction, elle le devinait si proche. Elle retint un hoquet surpris ou un soupir extatique -n'était pas vraiment sûre de ce que cela aurait pu être- tandis qu'il se laissait tomber à côté d'elle. Argus. Elle n'y était pas préparée. Et comme cela était mal, pour un garçon de venir ainsi, alors qu'elle se sentait si peu jolie, si peu apprêtée. Les longues boucles brunes cascadant sur sa poitrine, sur ses épaules, et sur son visage, cela parut vouloir dissimuler les nouvelles rougeurs sur sa peau.

_ Argus. C'est toi ? Malgré tout, les lettres roulaient sous sa langue, une certaine douceur, une certaine excitation mièvre pour un innocent petit mensonge. Je ne t'avais pas vu.

Argus l'intimidait peut-être sans lui faire peur. Et si elle évitait soigneusement de le regarder maintenant qu'il se tenait si près, c'était seulement dans le but d'éviter de se sentir défaillir ou emporter par ses mièvres émois. Car Argus était merveilleux, elle en était convaincue.
A cette pensée ravie, les lèvres charnues trichèrent en cousant sur la figure rosée et charmée une caresse, un sourire délicat et câlin. 

_ Je ne sais pas si je vais bien, maintenant que tu es là. Je croyais que... que tu ne m'avais pas vu non plus.

Puisqu'ils n'étaient plus certes que deux étrangers autrefois héros d'une romance oubliée.
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Re: is it now too late to say sorry (deborah)
18.10.16 14:44


Salut Deb.

Argus n’a pas réfléchi réellement quant au choix de ses mots ; Maintenant qu’il y songe c’est sans doute bancal comme approche. Mais il n’a pas voulu être trop formel et se fendre d’un bonjour deborah, car il y a tout un passif entre eux et c’est quelque chose qu’il ne souhaite pas oublier. C’aurait été bien trop triste de la traiter comme une vulgaire connaissance alors qu’autrefois elle constituait l’entièreté de son univers. Peut-être d’ailleurs que le problème est là ; Il a le cul entre deux chaises : une position assez inconfortable. Argus la connait trop pour se réduire à des banalités toutes faites. Mais ne souhaite pas qu’il y ait quoique ce soit d’ambigu non plus. Il pense que ça ne serait en effet pas très correct, même si personnellement il n’y voit aucun mal. Alors il navigue en eaux troubles et marche sur des œufs. Drôle de sensation d’ailleurs pour une personne aussi insouciante et désinvolte que lui. Il faut dire qu’Argus est perdu quand il n’est pas spontané et n’a jamais été du genre à tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l’ouvrir.

Aussi concerné qu’il soit, Argus ne parait pourtant pas soucieux. Il a sa grise mine, légèrement blasée. Puis il s’éclaire un peu de manière soudaine, quand Deborah l’amuse par sa réaction. Sans arborer aucuns sentiments romantiques à son égard, cette fragilité, féminité qu’il lui trouve est touchante. Elle a esquissé un de ses sourires délicats et mutins, de ceux qu’il se plaisait autrefois à aller rencontrer de ses propres lèvres. Son regard est rivé contre elle, mais Deborah ne le regarde pas et il fixe plutôt la cascade naturelle et douce de ses cheveux bruns.

Sa réponse attise une douce tendresse en lui. Il aime ce côté un peu tendre et plein de douceur dont elle est doté. Argus se surprend à vouloir la taquiner et lui arracher des rougeurs, lui dire avec spontanéité : Deborah comment aurai-je pu ne pas te voir. Or il y a la fin de leur histoire et cette barrière intangible du correct qu’il ne veut pas franchir, par égard pour elle, pensant qu’il avait déjà causé assez de soucis comme ça. Alors il répond avec prudence sans pour autant dissimuler un sourire presque nostalgique :

- Je t’ai vu en arrivant. Je t’aurai bien dit bonjour de suite mais je pensais finir mon devoir de sortilèges avant.

Il détourne son regard d’elle et regarde devant lui alors qu’il s’enfonce contre le sofa. Il hausse des épaules désinvoltes et ses sourcils se lèvent puis il ajoute.

- Mais je n’arrive pas à me concentrer. Donc je  copierai sur James.

Après ces quelques banalités, Argus a presque l’impression d’être ridicule. Les regrets qu’il a, commencent à lui peser sur le cœur et il souhaite s’en défaire au plus vite. Il se fait donc un peu plus sérieux en se remettant à fixer Deborah.

- Tu sais je ne crois pas que je te l’ai dit… Mais je suis vraiment désolé.

Sincère, Argus joint ses mains et plisse les lèvres :

- Pour tout.
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Re: is it now too late to say sorry (deborah)
20.10.16 0:43

La voix d’Argus chantait en elle le rappel de ces évidences éphémères qu’ils avaient connu un jour, berçait un moment de ces banalités qui lui avaient manqué. Mais elle ne les connaissait plus, mais elles ne lui appartenaient plus, mais elles n’étaient qu’un reflet de ce qui avait été. Et Argus savait-il que derrière la frêle et délicate silhouette, que dans ces doigts  friables sur la dentelle de sa robe, il devenait soudain saumâtre pour Deborah d’accepter que tout cela ne fut plus. Car elle avait tant attendu les mots d’Argus, car elle avait tant espéré de sa compagnie, l’avait tant rêvé, mille fois, que maintenant qu’il se présentait à elle dans cette formidable réalité elle s’en sentait mouvementée, et confuse. Quoiqu’elle ne put s’empêcher vraiment de ressentir ce plaisir un peu béat, ce qu’elle effleurait du bout des doigts, les reliquats d’un nous.

Et de quelle sorcellerie l’affublait-il alors, tandis qu’elle se sentait encore tressaillir sous l’incommensurable charme d’Argus Jones qui jamais n’avait cessé d’opérer sur la passionnée, l’affolée Deborah Bolton comme de nouvelles intempéries du cœur. Car ce qu’elle avait redouté de lui l’avait presque de suite saisie, alors qu’elle avait finalement tourné son visage vers le sien, alors qu’elle le redécouvrait d’aussi près. Et elle aurait voulu étreindre son visage entre ses mains, sentir filer son épiderme sous le sien, et de toutes ces caresses dont elle aurait voulu le couvrir ; cela vraiment lui apparaissait comme une ultime liberté. Et aurait-on ressenti désir plus vif, attrait plus frétillant ? Comme elle aurait aimé lui dire, lui susurrer affalée contre lui dans ce canapé, Argus, je raffole de toi. Mais si ses lèvres légèrement tombantes appelaient silencieusement les siennes, se rêvant voraces, elle s’oubliait volontiers toute entière dans sa contemplation, de ce béguin qui lui revenait comme une fourberie, la fourberie d’Argus qui vous ranimait d’un engouement sincère. Et aurait-on à cet instant précis, jusque dans une autre vie, dévorer d’affection cet Argus comme ses yeux s’en targuaient ostensiblement, dans cette ivresse qui devait lui être propre. Et Deborah aurai voulu pouvoir lui murmurer que même après quelques années, elle lui était restée fidèle. Et c'était lui, et c'était toujours lui.

Et Deborah savait cependant, à le voir là, auprès d'elle, que ce n'était qu'une illusion et que sa place ne serait plus jamais à côté de la sienne, alors sa voix se taisait et s'étouffait dans des envies qui resurgissaient tantôt dans les expressions de son faciès puisque l'admiration qu'elle ressentait pour Argus dépassait de loin l'entière maîtrise de ses émotions, touchait alors une corde de déraison et d'irrationnel. Car Deborah n'avait rien à gagner à courir après un fantasme.  

Tout son corps s'était senti transporté, dans un élan, et sans même avoir eu le temps de se rendre compte de ce qu'elle faisait, elle se tenait déjà sur ses genoux, le corps penché, appuyé sur ses mains, et à quatre pattes, à quelques centimètres respectables du visage d'Argus, elle était toute entière intriguée dans cette insouciance qu'on lui connaissait bien. Et à cet instant, la raison de la venue d'Argus Jones s'était révélée d'elle-même, surprenante. Et Deborah avait fermé les yeux, non pas tant pour mieux apprécier ce qu'il n'avait jamais jugé bon de lui offrir jusqu'alors mais bel et bien pour tuer entre ses cils la petite larme qui aurait si facilement pu perler sur sa joue, et qu'elle ne désirait pas. Ce temps-là s'était révolu d'une certaine façon.

Elle ne retint pas son souffle, ce sourire mélancolique mais toujours teinté de douceur, pour lui, et un regard accroché aux savoureuses lèvres du garçon.

_ Que racontes-tu, Argus Jones. Ne sais-tu donc pas qu'il est trop tard pour les excuses et qu'il n'y a plus rien à pardonner ? Et rapprochée, ses genoux contre ses cuisses, ses mains avaient lentement dévié sur les siennes, sans les emprisonner, sans chercher à se les accaparer, seulement à ravir un toucher, à offrir une tendresse. Allons, argus, et ne sais-tu pas que je ne t'en veux plus depuis longtemps ?

Et sur cet aveu qui lui avait toujours paru évident pourtant, puisqu'il suffisait de savoir comme elle le regardait pour le comprendre, et relevant son regard, une lueur chatoyante au fond de l'oeil, ses lèvres avaient souri et lui avaient promis, silencieusement, qu'il n'avait plus de raison de s'en faire.

_ Je ne veux pas d'excuses. Car cela fait longtemps aussi que tu es incapable de m'offrir ce que je désire.  

Sur cette vérité qui avait coulé de sa bouche avec limpidité, ses mains s'étaient retirées des siennes, s'étaient égarées dans ses longues boucles brunes, faute de savoir où résider ensuite. Et nonchalamment elle s'était laissée tomber, affalée dans le canapé juste à côté de lui, son front heurta son épaule, s'y attarda, le temps d'un mensonge qui creva ses lèvres d'une douleur sourde.

_ Moi aussi je suis passée à autre chose, moi aussi je ne t'aime plus, et moi aussi je vais t'oublier. Et ainsi Argus Jones n'existera plus pour Deborah Bolton.
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Re: is it now too late to say sorry (deborah)
19.11.16 20:00


- Je voulais quand même que tu saches que je ne m’en foutais pas complètement et qu’aujourd’hui en repensant à tout ça je me sens mal.

Deborah ne lui en veut plus et après tout ce temps c’est normal. Les mois ont fait leurs œuvres et les plaies qu’il lui a laissées ont fini par se refermer. D’ailleurs, Argus se rend subitement compte que ce n’est pas bien malin de sa part, de soulever tous ces vieux souvenirs déplaisants d’une époque révolue.
Enfoncé dans le canapé, Argus a un sourire fin, symbole de son malaise passager et il se redresse imperceptiblement et fixe Deborah d’un coup d’œil cette fois un peu plus désolé.
Toute cette conversation au final est bien égoïste. Cette constatation le rend perplexe.
Peut-être que Deborah a oublié, mais Argus pas encore et c’est quelque chose qui le suit encore. Il a des regrets toujours, qui le minent alors qu’il l’observe calmement. En pensant à tout ce qu’il a fait, Argus a toujours le cœur serré et les émotions douloureuses. Il a bien conscience de s’être comporté comme un crétin et de lui avoir fait mal. Deborah n’avait rien mérité de tout ça ; Elle avait eu la malchance de s’être rattachée à lui, dont les émotions trompent si souvent la raison et qui a la fâcheuse habitude d’oublier le présent en songeant au futur, comme cette fois-là, où il l’a délaissé brusquement pour une autre. Avec des excuses minables mais la gorge serrée, car il se rendait déjà compte à l’époque que ce n’était pas correct. Mais Argus a toujours des pulsions qui ne font pas toujours lui quelqu’un de bien, alors que c’est ce qu’il prétend être, lui dont le cœur se révolte devant les injustices et les inégalités.
Mais il n’est pas quelqu’un de bien s’il a l’audace de faire ça.
C’est là tout le problème d’ailleurs. Deborah Bolton mérite un garçon qui pourrait lui rendre toute sa tendresse et lui donner tout l’amour qu’elle mérite. Il avait crû être ce bonhomme-là. Puis il avait fléchi. Et ça le ronge encore car Argus ne s’est pas pardonné d’avoir gâché une si jolie histoire. Deborah aurait mérité une fin meilleure avec un prince à son bras, plutôt qu’un grand brun désinvolte, assis sur un canapé, à faire ressurgir de vieux fantômes dont il n’est jamais bon de se souvenir.
Le pire dans tout ça, c’est cette douceur qui ne la quitte pas. Argus aurait voulu des injures et une colère froide, plutôt qu’une main attrapant la sienne et un sourire amical. Il y a dans ces traces une nostalgie sourde et passée, qui lui évoque des moments plus chauds alors que Deborah riait et qu’il venait trouver ses lèvres avec fougue afin de lui exprimer son amour.

Argus sort enfin de son inertie momentanée et recule avec douceur son épaule de Deborah, dérangé par cette intimité familière qu’il ne juge pas approprié considérant tout le passif qu’il existe.

- Tu es gentille. Et moi je ne suis pas très malin de reparler de tout ça.

Argus tourne son visage et va soutenir son regard et ses yeux de biches en pensant qu’il est temps d’enterrer tout ça et de se pardonner à lui-même. Ainsi, il sera plus facile de parler à Deborah qu’il a toujours appréciée en tant que personne et dont la chaleur est une note dont le monde a cruellement besoin, maintenant qu’il est sans dessus sans dessous depuis que Sigma a sévi.
Elle lui a manqué cela ne fait pas de doute et il aimerait bien continuer à l’avoir dans sa vie. Tant pis pour les tabous et les mauvaises langues qui le châtieront de le faire.

- Argus Jones voudrait exister pour Deborah Bolton en tant qu’ami ceci-dit.

Un sourire désinvolte lui vient. Puis il se fait soucieux.

- Sauf si tu ne veux pas, ce que je peux comprendre.

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Re: is it now too late to say sorry (deborah)
18.12.16 21:19

C’était encore et toujours le même adjectif, c’était encore et toujours ce constat qu’elle n’avait jamais compris, cette gentillesse disait-il, cela devait la restreindre, la réduire. Elle ne désirait pas être gentille, pas avec Argus, ni avec personne, car si elle avait été si gentille, alors peut-être oui, auraient-ils été plus nombreux à ses côtés mais elle était seule, l’avait toujours été, de cette évaporation qui ne se laissait jamais vraiment attraper. Elle aurait pu être à l’état gazeux, à l’état liquide, se serait exfiltrée des mains de ceux qui auraient tenté de l’emprisonner. Alors la gentillesse, il lui semblait que cela ne voulait rien dire, comme la gentillesse n’avait pas suffit à lui rendre son Argus, comme la gentillesse n’en avait jamais assez fait. Et cela ne la rendait-elle pas naïve, stupidement fragile ? Mais ils avaient torts, torts de croire qu’elle l’était, qu’elle voulait l’être, car elle ne le désirait pas. Elle aurait voulu être regardée et de la même façon peut-être qu’elle-même observait le monde, avec intérêt, désir, passion, frissons, elle aurait voulu qu’on la couvre de baisers, se faire avaler, se déchirer sous un œil artistique qui aurait su la mettre en valeur. A l’époque, cela avait presque été le cas, mais il avait tout repris ensuite, mais il l’avait laissé, et si elle pardonnait elle n’oubliait pas ce que cela signifiait ; l’abandon.

Et comme venant le lui rappeler, il y avait eu cette épaule reculée qui lui avait susurré que cela était déjà trop,  alors elle s’était à son tour éloignée, de quelques timides cm sur le côté, et sans doute un peu gênée, son regard n’avait pas su soutenir le sien et faute de savoir quoi voir s’était reporté sur la dentelle de sa blouse, froissée entre ses doigts. Mais Deborah avait la timidité brûlante, les joues en feu, les yeux sans doute trop grands ouverts, hagards.

Elle aurait aimé être une poésie, ainsi, elle aurait insufflé la beauté et l’émotion à ceux qui l’auraient lu, et ils l’auraient aimée.  

La réflexion d’Argus lui arracha un autre sourire, et peut-être espiègle décida-t-elle de rebondir.

_ C’est sûrement dans ta nature de Gryffondor. Tu es trop fougueux pour réfléchir de toute façon.  

Et Deborah ne lui dirait pas non, que c’était là une chose qui ajoutait à son charme. La fougue d’Argus, comme cela lui avait toujours paru irrésistible. Et il était plein, plein de cette révolte qu’il portait mieux que personne.  Et cela lui avait expliqué tout ce qu’elle aurait dû savoir concernant leur rupture ; Argus était simplement ainsi, un peu inconstant sans doute.

Et c'était cette même fougue qui l'avait un peu fait tressauter d'un bonheur un peu sourd, d'un plaisir doux en rythme. Argus Jones voulait exister pour Deborah Bolton. On lui avait rarement dit quelque chose d'aussi gentil, et comme cela lui paraissait agréable de se sentir un instant concernée, de prendre de l'importance dans l'existence d'un autre, pour une seconde fois, de se dire que, de toutes ces fabuleuses existences autour de lui, c'était son rivage qu'il avait choisi, encore, différemment.

Un rire succinct, audacieux et aigu, emplit l'air d'une joie brève et presque irréelle.

_ Alors nous avons un problème Argus. Comment faire que tu n'existes plus si tu fais en sorte d'exister ? C'est parfaitement insensé !

Mais elle-même n'était-elle pas insensée, en quelque sorte, de cette différence, de ces réactions, d'une manière de penser. Elle aurait voulu lui dire que tout était sans doute de sa faute à lui, qu'il lui inspirait ces mots qui une fois alignés les uns à côté des autres perdaient toute leur raison pour sombrer dans la déraison.
A la vérité elle ne savait pas si elle voulait devenir l'amie d'Argus, peut-être parce qu'elle ne l'avait pas connu autrement, autrement que par ses baisers et ses amours, peut-être parce que l'amitié était une teinte étrange d'un artiste inconnu. Peut-être au fond cela demandait-il une honnêteté qu'elle n'avait jamais eu à fournir.

_ La question n'est pas de savoir si je veux mais si je peux. Enfin je ne sais pas, je crois que je n'ai jamais eu cette habitude-là. Il va falloir que tu m'apprennes. Alors, tu veux m'apprendre ? 

Comme il lui avait déjà appris par le passé, ces teintes rouges sur son visage de jeune fille. Et puis, à devenir autre chose aussi, à aimer différemment, à s'habituer de nouveau, et s'apprivoiser encore, se connaître, s'apprendre, et s'attendrir peut-être devant une complicité perdue. A quelque chose oui qui ne l'aurait pas fait rougir de bonheur si vite. Et se retenir ainsi, plus durablement croyait-elle. Et n'était-ce pas comme se posséder une fois de plus, d'une façon nouvelle, n'était-ce pas pour elle l'opportunité un peu fantasque de retrouver sous une nouvelle forme ce qu'elle pensait avoir perdu. Et elle tourna brusquement son regard dans le sien, et avec ses grands yeux, rêveurs, scintillants, ce fut comme s'il apparaissait enfin comme une entité entière, et plus seulement un souvenir, et plus seulement ce fantasme passé, plus seulement l'égérie d'une nostalgie qui l'avait envahie, éprise. Et ce fut comme une page qui se tourne, le début d'un nouveau roman, le tome 2, au bord de l'éclatement, aux portes de l'allégresse.

Et qui aurait pensé que cela lui deviendrait si important, que cela la ravirait à ce point, comme elle taisait les petites rougeurs de ses joues des deux paumes de sa main appliquées sur son visage, et les petites fossettes qui creusaient ses traits d'un exquis sourire. Cela n'en finissait plus. Car elle rayonnait, car il y avait toute cette joie rieuse qui irriguait tous les tissus de sa peau, qui la rendaient si franche, si crédule, qui lui rendait cet angélisme spontané.

Et tout fut de nouveau possible.

_ Merci Argus.
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