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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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Paroles dans l'ombre _ DE LANGE

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08.10.16 0:59

L’heure des tempêtes.

Il avait bouchonné tout son mal être la journée durant, celle suivant le terrible accident fratricide et à présent, Demeter avançait sans voir. Ses pas trainaient tout son poids dans les couloirs du château d’un pas trop rigide et coupant. Il avançait sans voir peinant à distinguer clairement ce qui se trouvait devant lui et seul une dernière once de fierté l’empêcher de s’effondrer complètement dévasté au milieu de ce couloirs horriblement bondé. Tout défilait devant lui, dans un mélange confus et surtout secondaire de couleur alors que son être semblait crier au désespoir. Jamais n’avait-il été si fragile. Jamais n’avait-il été si fébrile.

Il avait besoin de quelqu’un.

Et elle était là, toujours, l’attendait avec son sourire de glace figé sur les lèvres, cette demoiselle qui prétendait être une princesse. Ses yeux se posèrent sur sa silhouette gracile assise sur un banc, occupée à flâner observant comme d’habitude tout, ou plutôt rien. Un sourire éreinté étira le visage blafard de Demeter qui s’empressa d’aller vers elle et se hâtant presque, se noyant dans le flot de ses tourments. De Lange n’avait pas menti. De Lange était là. Il souffla sous nom entre deux respirations courtes :

- Daphné, Daphné.

Pourquoi l’avait-on fait d’un charme si terriblement innocent ? Dans le noir de ses tourments, le doux halo de sa chevelure de satin semblait illuminer son horizon, comme un phare dirigeant le marin perdu. Pourtant il semblait y avoir quelque chose de terrible l’attendant à ses côtés car il ne connaissait trop bien l’abysse dont elle était éprise mais il ne pouvait s’en défaire. Et peut-être voguait-il vers les terribles gouffres de Charybde en s’abandonnant à elle ainsi vulnérable, ainsi minable. Mais elle sentait les promesses des jours meilleurs et d’une adoration sans faille comme si on l’avait un jour dessiné pour lui. A bout, Demeter vacilla vers l’avant et ses genoux fléchirent alors qu’il glissa à genoux. Dans la pénombre du soir naissant, Daphné seule semblait présente au milieu du parc et l’illuminait de son obscure tendresse. Déglutissant péniblement Demeter laissa son visage s’échoir dans le creux de ses genoux sans se soucier de si on les voyait où non. Il s’en fichait bien et les envoyait tous paître dans son désespoir. Il n’en avait que faire de ce monde qui semblait le rejeter, dégueulant à sa face des malheurs qu’il n’avait jamais demandé. Il était seul. Seul dans sa colère. Seul dans son désespoir. Seul dans sa haine. Et brisé, il n’y avait qu’elle pour ne rien dire, pour excuser toutes ses fautes et lui offrir une chaleureuse présence. Et tant pis si elle était fausse, tant pis si elle se fichait de lui, tant qu’elle prétendait l’aimer, il prendrait. Il prendrait tout en ce moment sans une hésitation, s’accrocherait au moindre bout qu’on lui offrait. Et Daphné Daphné s’offrait à lui sans compromis. Elle qui le connaissait de fond en comble, des parties les plus cachées de son être aux plus évidentes, elle avait tout vue, était restée puis partie. Avant de revenir à nouveau et maintenant il l’en implorait presque, de rester pour lui offrir tout ce qu’elle pouvait bien lui offrir.
La respiration saccadée, la haine enfouie de Demeter fila de ses lèvres se perdant en murmures rageurs et étouffés :

- Daphné sauve moi, sauve moi je t’en prie. Je pensais être plus fort que ça.
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Re: Paroles dans l'ombre _ DE LANGE
08.10.16 13:49

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Il y a les jours sans.

Ceux dont elle traverse les heures sans les vivre réellement, méprisant les gens stupides heureux dans leurs bonheurs et leur insouciance, dans l’écho tumultueux de leurs discussions joyeuses et leurs rires fracassants. Daphné contente alors d’observer cette horde de gamin, silencieuse, ne brisant son mutisme que pour quelques sarcasmes souriants mais piquants. Qu’on la traite de garce, de peste ou de chipie, ces jours-là, les mauvais-regards, les insultes se perdent et se noient dans son indifférence, même si parfois elle s’amuse à être détestée, à jouer le rôle de petite vipère. Mais pas aujourd’hui. Elle n’a envie de rien ; C’est ce vide toujours qui la rend si fade, alors elle veut contempler le gris de son existence, seule. Sans envie particulière elle s’est rendue dans les jardins, au milieu des fleurs particulières et s’est assise près de la roseraie en souriant de son idiotie. Daphné blonde et douce, au beau milieu des roses, parait peut-être tendre et délicate. Mais elle est ennuyée et lasse, se révolte de cet état sans pourtant le faire, pas assez vivante pour.
Cette fin d’après-midi semble se promettre à une fin morne et vide d’ailleurs. Il y a quelques oiseaux qui piaillent, quelques couples qui semblent batifoler, ou simplement quelques personnes qui sont là, font elle ne sait quoi. Rien pour colorer sa journée alors que Demeter a filé entre ses doigts, qu’elle n’a pas pu taquiner Arthur et doit donc se satisfaire d’une routine peu excitante. Tant pis. Il y a demain. Il y aura toujours demain. Voilà d’ailleurs, l’avantage d’être désabusée. C’est qu’on ne connait pas de déception, on ne connait pas d’attente angoissante, on se contente d’attendre car tout ne peut aller qu’en s’améliorant. Elle a d’ailleurs raison de continuer à espérer, quand Demeter arrive. Un bref sourire illumine son visage. Daphné a levé la tête, presque ravie de le voir enfin et se rappelle alors que ce matin, c’est elle qui lui a envoyé un message pour qu’ils se retrouvent maintenant. Et si elle a oublié, son inconscient le lui a rappelé. Le cerveau est bien fait. Voilà qui l’arrange.
Demeter a le visage agité de tourments. Elle ne reconnait pas toute la peine soufflant ses bourrasques dans le cœur du blond, étrangère à une telle douleur, mais Daphné s’émeut de le voir dans cet état-là. Eprise d’un élan de tendresse alors qu’il vient poser sa tête dans le creux de ses genoux, ses doigts balaient le blond de ses cheveux presque avec vigueur. Demeter Demeter Demeter. Elle murmure son nom en une douce litanie, avec amour et affection, le contemplant d’un regard bienveillant. Il a complètement basculé. Le navire a chaviré. Et c’est si fascinant de contempler l’étendue de son malheur pour elle qui ne saurait se soumettre à de telles violences. La douleur terrible de Demeter est à ses yeux comme un bobo d’enfant qui chiale sa douleur. C’est presque mignon de le voir se tordre ainsi. Il lui en brûle d’en connaître les raisons :

- Que s’est-il passé Demeter ?

Raconte. Raconte le drame qui a sévit. Daphné étrangère à un chagrin aussi profond, veut vivre quelque chose de fort au travers de son récit. Elle aussi veut connaître les pics et les vallées de l’existence plutôt que la linéarité désespérante qui trace son existence. C’est pour ça que Demeter la fascine tant. Petit écorché vif, si attachant. Peut-être est-ce malsain, mais Daphné s’en fiche. Elle veut savoir ce qui se trame dans le cœur des drames. Elle prendra tout ce que Demeter, son cher Demeter peut lui offrir.

Car le roi est enfin tombé.

Et il a chuté droit dans ses bras.
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Re: Paroles dans l'ombre _ DE LANGE
08.10.16 16:46

A genoux, son visage enfoui contre les genoux de Daphné De Lange, Demeter cherchait de la douceur. Tout son être semblait hurler et se déchirer continuellement. Il n’y avait aucun bruit dehors pourtant dans sa tête régnait une véritable cacophonie. Il pensait à Juniper, à Argus, à ce traître de James, sans savoir s’il fallait les détester ou les pleurer.
Quand Daphné lui demanda ce qu’il s’était passé il ne répondit pas tout de suite.
Ce monde hideux, affreux, avait disparu alors qu’il avait clos ses paupières. Tout était noir à présent. D’un noir parfait et calme. Les mains de Daphné se mirent à parcourir sa chevelure, le réconfortant quelque peu. L’instant bref de quiétude, cessa bientôt lorsqu’il repensa à l’après midi désolante d’hier et il trembla avec violence, par soubresauts. Il serra les dents en revoyant le visage défait de James Taylor. Sa rage à l’égard du serdaigle encore intacte, gronda comme un élan de tonnerre et d’un souffle haineux il répondit :

- C’est James.

L’odieux traître qui a osé lui mentir durant tant d’années, le côtoyer quotidiennement, allant même jusqu’à s’immiscer dans son cœur alors qu’il était de ces gens-là, qu’on lui avait appris à haïr. Car il aurait dû le haïr, le mépriser, l’écorcher dès le départ, ce misérable sang de bourbe aux mots balbutiants et à la timidité maladive. Mais il s’était pris au contraire d’affection pour ce garçon lui ressemblant tant, cet orphelin dont le manque d’affection avait formé un chasme en lui. Demeter avait reconnu la peine silencieuse, y avait compati pour finalement l’adopter comme un frère. Il avait même apprécié son calme, sa raison et cette intelligence vive habitant derrière son épaisse paire de lunettes. Mais James était un petit menteur et son sang était sale, impur. Pire encore il avait osé le faire vaciller dans ses croyances mais on ne le chamboulerait pas aussi facilement. Jamais il ne lui pardonnerait.

- Ce sang de bourbe. Je les déteste tous. Je voudrais qu’ils disparaissent tous autant qu’ils sont.

Son souffle était devenu plus rauque alors que sa cruelle déception réaffirmait toute sa haine à l’égard des moldus. Il avait hâte que Sigma parvienne à ses fins pour purger ce monde de leurs présence. Mais cette pensée ne lui apporta pas le réconfort escompté et au contraire il fut d’avantage agité, encore pris par l’envie de briser quelque chose et de laisser libre court à toute la colère qui saisissait chacun de ses nerfs dans une étreinte douloureuse et furieuse.
Mais trop bouleversé il n’en eut pas la force et tout retomba aussi brusquement que c’était arrivé. La courte éruption passée, Demeter fissuré se laissa échoir à nouveau dans son chagrin et leva finalement la tête, y portant ses mains ou de douleur il laissa ses ongles s’enfoncer dans sa peau avant que son visage couvert de ses doigts ne retombe vers Daphné.
Daphné qu’il était venu trouver dans sa solitude. D’elle il n’attendait rien si ce n’était qu’elle se contente d’exister et qu’elle le laisse épancher toute sa colère et toute sa rage car il savait, qu’avec elle il pouvait être aussi mauvais qu’il le souhaitait, elle ne cillerait pas.
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Re: Paroles dans l'ombre _ DE LANGE
09.10.16 20:43

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C’est James.
James Taylor, ses lunettes rondes, son intelligence timide et ses chemises trop grandes qui l’ont renversé. Un éclair amusé traverse Daphné pourtant compatissante avec ce chagrin. Car tout de même ! Que c’est bête, que c’est faible un cœur ! Il suffit de quelques attaches trop fortes et en un souffle tout s’écroule et se brise en petits morceaux. Voilà qui est tristement pathétique pense Daphné, alors que sur elle, Demeter n’est plus qu’une ombre se noyant presque dans son désespoir. Qu’il est loin le garçon à l’assurance glacée, aux sourires goguenards que rien ne semble pouvoir renverser. D’habitude si fort dans la splendeur de son arrogance, ce grand méchant que tout le monde craint. C’est dommage il ne lui manque pourtant qu’une seule chose pour ne jamais faiblir ; L’indifférence et le détachement. Pourtant c’est un mal pour un bien, car sans cette dualité, ce paradoxe, Demeter aurait été tristement générique. Un loup parmi d’autre loup ; Guère plus que du noir qu’on dépose sur du noir. Mais ce n’est pas le cas et il est là. A présent pitoyable dans les tréfonds de son désespoir, foudroyé par son amour trop grand. C’est attachant de le voir dans cet état-là, si seul, si déboussolé. Elle aussi pourrait le quitter, enfoncer encore plus son délicat visage dans ce sol auquel il fait déjà face. Cette possibilité la fait frémir, l’amuse presque en l’imaginant livré à lui-même. Mais une partie d’elle est émue, se réjouit presque d’être celle sur qui il a décidé de s’accrocher. Sotte Daphné. Superficielle Daphné. Comme toujours elle se moque d’elle-même et de ses moindres émois. La tendresse arrache un sourire à son visage tandis qu’elle continue de balader ses mains dans la chevelure de Demeter. Elle ne compte pas l’abandonner. Car gueux, ou noble, il est trop fascinant, trop important, pour elle si sensible à lui.
Mais aussi attendrie qu’elle soit par Demeter, Daphné ne résiste pas à l’envie d’appuyer sur le malheur du garçon. D’en explorer les ruines et les fissures. Toute cette bâtisse abimée qui se soulève au rythme erratique de sa respiration, coincée dans sa cage thoracique. Elle aime voir à quel point certaines personnes sont abîmées, écorchées par la vie. Ca la réconforte tant, de voir des insatisfaits, malheureux, coléreux alors elle est un peu moins lasse, un peu moins amère en constant qu’elle n’est pas simplement entourée d’imbécile heureux, elle qui parfois se sent si vide et ennuyée et maudit son existence dont elle ne peut se défaire car elle n’en a pas le courage.
Alors Daphné marmonne des excuses intérieurement sans être réellement désolée, profère des mots qui n’ont en aucun cas pour but de l’abaisser :

- Et Juniper. Et Argus ? Ils n’ont pas compris à quel point tout cela est terrible pour toi ? Je les ai vus parler avec James aujourd’hui.

Et sa main oublie d’être douce en cavalant sur l’arrière du crâne blond de Demeter. Il y a un rythme presque agité dans son geste répétitif. Daphné souhaite pour l’instant remuer toute cette colère afin d’en voir l’étendue des dégâts et ce qu’il reste encore du garçon. Car cela arrive si rarement qu’il serait dommage de ne pas en profiter. Alors Demeter reste au sol encore un peu, qu’elle admire tout ce chagrin dans lequel tu es si fascinant.

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Re: Paroles dans l'ombre _ DE LANGE
10.10.16 15:02

Et Juniper et Argus étaient partis.

La rousse et le brun ne fouleraient désormais plus son quotidien après presque toute une vie passée à le faire, c’était une évidence après tout ce qui venait de se passer et ce qu’il avait fait. Pourtant si tout était à refaire, Demeter procèderait exactement de la même façon en priant cette fois ci que personne n’arrête son geste ; Car le tort ne lui appartenait pas. Oh non, comme d’habitude il était évidemment plus facile de rejeter la faute sur les autres et de se sentir incompris. Une fois de plus Demeter n’avait rien fait. Lui la simple victime de tous ses évènements n’aurait pu agir autrement. Et à cause de cela, Juniper et Argus avaient choisi de le quitter. Ils préféraient la compagnie de l’exécrable James Taylor, plutôt que la sienne, cousin pour l’une, ami d’enfance pour l’autre et il se sentait terriblement blessé. Comme si l’on eut enfoncé dans son cœur un épieu. Dévasté par ses pertes, Demeter avait l’impression que son cœur était en chute libre et qu’il n’y avait pas de fin à son chagrin.
Et dans le noir l’enveloppant, celui de ses mains, celui de Daphné, sa solitude le frappa. Tout semblait si froid, si vif alors que Daphné frottait contre lui ses mains avec une vigueur remuante qui accélérait chacun des battements de son cœur. Il avait mal, si mal. Quelque chose le brûlait, le piquait férocement. Il tremblait de rage et de chagrin alors que les mots de Daphné faisaient écho dans son esprit.

- Partis. Ils sont partis.

Argus et Juniper n’ont pas compris. Argus et Juniper ont préféré partir plutôt que de comprendre.
Il n’avait plus personne et il détestait la solitude. Aussi paradoxale que cela pouvait paraître, Demeter l’irascible, n’aimait pas rester seul car quand il l’était, il ruminait sans cesse et cela devenait rapidement lassant. Il avait en permanence besoin d’une compagnie, bonne ou mauvaise, pour le distraire. Mais depuis cette année il était trop anxieux ou trop las avec quiconque, aussi retirait-il rarement du plaisir dans des discussions plaisantes, mesquines, ou anodines. Son esprit même, ne pouvait supporter les autres car trop soucieux par les moindres parcelles de suspicions qu’il pouvait déceler, alors qu’on racontait milles choses sur lui. Et malade alors de toutes choses-là, de ne pouvoir être lui-même, Daphné avait été d’un indicible réconfort car il n’y avait rien à cacher. Elle savait tout. Acceptait tout.

Comme en ce moment où son chagrin le ravageait, Daphné acceptait ses maux, venait l’accueillir dans son chagrin, contre elle et ses jambes, entre ses mains et ses doigts si fins.

A cet instant il réalisa alors à quel point il avait besoin d’elle. A quel point il serait misérable si elle advenait à le priver de sa compagnie. Et dans ses caprices, c’était bien quelque chose dont était capable Daphné De Lange. Seulement, il n’avait d’autre choix que de lui faire confiance car on l’avait privé de toutes ses défenses. Alors il se reposa tout contre elle, s’engouffra encore un peu dans la chaleur de son corps, brisé.

- Je suis seul.
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Re: Paroles dans l'ombre _ DE LANGE
10.10.16 22:15

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Demeter souffre, remue, se tortille contre ses genoux.

Pauvre Demeter qui n’a personne de mieux qu’elle, à qui confier sa carcasse fracassée d’enfant tumultueux et aveugle. Car oui, à trop marcher sur un fil, on finit inévitablement par chuter rudement contre terre. Il suffit d’un souffle, d’une brise légère pour brusquer tout cet équilibre fragile dans laquelle on se maintient. A se nourrir d’illusions, se raccrocher à des chimères on perd forcément le sens des réalités. Et c’est évidemment bien pathétique, digne du scénario d’un roman de gare acheté dans le premier tabac presse du coin. Mais cette ignorance, cette fragilité ignorée, est justement ce qui le rend si touchant, si fascinant.
Demeter n’est guère plus qu’un château de sable, aux remparts imposants mais fragile, dont la structure est complexe, admirable. Et rattrapé par ses fautes, ses crevasses qui le composent, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne s’écroule de la sorte. Il avançait, fringant dans son armure scintillante, superbe dans son arrogance, sans apercevoir le précipice qu’il longeait, ses propres démons le lorgnant.
Alors à présent Demeter se noie. Son chagrin semble sans fin alors qu’il enfouit son visage toujours plus contre elle. Compatissante Daphné l’observe avec tendresse. Puis le garçon continue de sombrer, de s’épancher. Il étale à ses yeux toutes ses pièces cassées et fracturées par la sottise de ses croyances. Presque comme une douce mère, des douces remontrances lui viennent en tête, car il est réellement pitoyable à ne pas se rendre de compte de la nature des problèmes l’affligeant. La réponse est pourtant si simple ; Il suffit simplement de baisser les yeux Demeter. Mais comme il est d’avantage plus drôle de le voir se débattre ainsi, à chercher, à inventer des raisons. A toujours étaler sa colère, la déverser sur le monde entier comme pour l’en noyer, comme si cela aurait pu faire taire définitivement les maux dont les murmures le torturent depuis que sa mère est morte. Demeter se croit victime, s’accorde trop d’importance. Comme il est tentant de lui faire remarquer que tout cela est de sa faute. Le seul architecte de la tragédie qui le dévaste, c’est lui-même mais pourtant il continue de l’ignorer. C’est presque navrant de se rendre compte à quel point il se dédouane sans cesse. Et elle serait tentée de le lui faire remarquer, de lui dire toutes ces vérités brûlantes, mais elle n’en a finalement pas envie.

- Non tu n’es pas seul, Demeter.

Daphné reste encore muette, contemple Demeter entre ses jambes puis finalement quand elle juge que son malheur a assez duré comme ça, elle arrête ses mains. Puis elle vient glisser son index sous le menton du garçon, le levant vers elle. Daphné lui adresse un sourire plein de douceur alors qu’elle cherche ses épaules et le lève enfin, qu’il cesse d’être genoux au sol. L’accompagnant elle se redresse aussi et plante ses mains contre sa chemise, en lissant les plis, en rajustant le col et en resserrant la cravate. Elle les laisse contre sa poitrine où un instant plus tard elle pose sa tête à l’endroit où l’on trouve son cœur. Sous le tissu, elle entend la pulsation de son cœur et murmure.

- Moi je suis là.


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Re: Paroles dans l'ombre _ DE LANGE
11.10.16 17:33

Au fond du trou.

Demeter se sentait au fond du trou.

Son équilibre précaire rompu, il avait littéralement dégringolé et n’arrivait même plus à se relever. Très sincèrement, il aurait pu s’oublier des heures ainsi prostré contre Daphné, à tenter de noyer son chagrin dans le creux de ses genoux. Il faisait sombre et il n’avait plus envie de rien. La douleur se substituait à tout ; l’avalait tout en entier et impuissant il ne pouvait rien y faire. Seulement voilà, il y avait Daphné qui semblait bien décidée à le protéger contre vents-et-marée. Mais quand la main de la jeune fille cessa de bouger, ce fut comme une piqure aigue. Privé de ce réconfort, son cœur se resserra puis se détendit une seconde plus tard, lorsqu’elle vint poser son indexe sur la courbe de sa gorge. D’un geste impérieux elle lui fit relever le menton et les yeux rougis, bouffis, Demeter la regarda d’un air implorant. Orné d’un sourire délicat, le visage de Daphné paraissait angélique alors que ses boucles d’or vaporeuses, encadraient ses traits fins. Elle portait bien son patronyme celle-là. Même si ce n’était qu’en apparence et que l’intérieur ne s’y apparentait en rien, Demeter décida pour une fois de faire comme tout ce tas d’abrutis qu’elle hypnotisait et donc de croire à l’illusion qu’elle renvoyait. Dans son désespoir il aurait tout pris, d’elle. Réel ou non.
Et quand Daphné d’une douceur incroyable le força à se relever, Demeter se laissa faire sans rien dire. Il lui sembla chanceler brièvement avant qu’elle ne le stabilise et vienne balader ses mains contre son torse. De ses doigts délicats elle lissa les plis de sa chemise froissée, renoua le nœud légèrement défait de sa cravate et rajusta son col en bataille. Le regard souffrant, Demeter l’observa faire sans rien dire. Baissant la tête, il voulut se laisser tomber en avant et s’étaler au sol ; Rester debout ne lui avait jamais paru aussi difficile. C’était simple pourtant. Il suffisait de de tenir sur les deux bâtons lui servant de jambes. Daphné soudainement, vint appuyer sa joue contre sa poitrine. Elle dégageait une tendre chaleur. Cette sensation fit cesser le chancellement de ses membres et tremblant Demeter se mit à déglutir péniblement, alors qu’il reposait à nouveau tous les poids de ses maux, en l’être serti contre lui.
Désarmé, anéanti, les bras de Demeter vinrent s’accrocher d’eux même contre les omoplates de Daphné. Ses doigts se crispèrent, saisissant les os qu’ils sentaient sous sa poitrine. Un sanglot sans larme et sans bruit souleva sa poitrine. Il noya son visage dans les cheveux de Daphné y fit disparaitre le monde comme lorsqu’il avait fait en se réfugiant dans ses genoux.
Elle lui déclama sa présence, son aide. Cela ne le réconforta cependant pas. Que Daphné soit là où non, ne changeait rien au poids de son chagrin ; Tout juste servait-elle à stopper l’avalanche brutale de ses émotions, empêchait les pièces de son cœur de continuer à s’éparpiller. Il souhaitait simplement que tout redevienne comme avant mais c’était quelque chose dont il s’était privé. C’était désespérant :

- Je ne sais plus quoi faire. Ils ne reviendront pas Daphné.

Elle avait beau être à ses côtés, l’accueillir dans ses bras, elle ne comblait pas le trou béant, l’abysse siégeant et formant désormais un néant dans sa poitrine. Elle ne suffisait pas. Mais pourtant, il avait besoin d'elle. L'une des rares choses qui lui restait et son nom effleura alors son esprit avant de s'évaporer dans la brume de ses maux.
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Re: Paroles dans l'ombre _ DE LANGE
15.10.16 14:03

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Fébrile, fragile Demeter qui s’accroche un peu plus à elle, la ramène contre lui dans son étreinte désespérée. Et Daphné se laisse aller dans ce contact, serrant le corps du garçon doucement. Avec tendresse elle aventure ses mains le long de ses côtes et les arrêtent dans son dos. Leurs paumes se stabilisent alors et ses ongles se déplient lentement contre le tissu de sa chemise. Près du lobe de son oreille, résonne le battement emporté du cœur de Demeter dont l’arythmie dissonante a presque des allures de mélodie. Elle en sourit presque car comme elle aime la symphonie du chaos et l’harmonie bordélique du désastre.
Pourtant ça en devient vite lassant et bientôt le plaisir ne devient que lassitude. Condescendante, Daphné souhaite à présent que Demeter cesse de noyer.

Allez, il est temps de te relever maintenant. Tu es si pitoyable là, à suffoquer et t’étouffer dans ton chagrin. Tu bats des bras dans du vide. Tu patauges dans ta vacuité.

Pourtant elle ne saurait se montrer sévère et aigre. Trop d’élans de tendresses la saisissent, trop de fantaisies enfantines la captives quand elle réalise qu’il n’y a qu’elle pour Demeter et l’idée de se frayer un chemin au milieu des ruines de son cœur, pour ériger son palais dans les affres de son amour est terriblement tentante. Et Daphné cède à ses pulsions inexplicables, inexpliquées. Peut-être finira-t-elle blasée un jour de cette envie mais pour l’instant le désir est souverain et jusqu’au bout, elle souhaite rester aux côtés de Demeter. Son vide, sa capacité à se sublimer puis s’effondrer la seconde d’après l’attire terriblement. Alors elle souhaite rester à son côté pour observer du plus près possible, l’inconstance des brasiers que font flamber son âme. Et là, Daphné souhaite le voir se relever de nouveau.
Il n’a pas mordu pourtant ; Ni aux maigres mots dont elle lui a fait grâce, ni à la chaleureuse présence de son corps qu’elle étend contre lui. Mais c’est normal. Il a tant souffert. Le ciel lui est tombé sur la tête quand il s’y attendait le moins et elle sait bien qu’il suffit d’un rien pour dévoiler un gouffre chez Demeter.
Daphné a un nouveau sourire plein de tendresse. Elle a envie de le chérir et de le noyer d’affection. Que grâce à elle seule, il se relève au milieu des décombres et secoue toute la poussière l’ensevelissant. Il est si faible et pathétique qu’elle trouve ça attachant. Allez viens mon enfant, ce n’est rien. Demain tout ira mieux.

- Tu n’as pas besoin d’eux Demeter.


Il est évident que ce n’est pas le cas, mais Daphné souhaite insuffler une nouvelle vigueur à l’égo arrogant dont il est doté. Elle veut recoller tous ces morceaux épars et tant pis si c’est bancal, tant qu’il fait illusion. Car de toute manière elle sera là, toujours, s’il vient à s’effondrer de nouveau. Mais déjà, il faut que Demeter prenne sa main. Et Daphné continue à panser les blessures du garçon, balançant des grands mots et des belles phrases idiotes, pourtant plaisantes à ânonner :

- Pendant longtemps tu as agi de telle sorte à ne créer aucune friction parce que tu savais bien qu’ils ne t’accepteraient plus sinon. Mais maintenant c’est fini Demeter. Ils ne sont plus là pour t’empêcher d’être la personne que tu souhaites être.


Puis elle se détache de lui et plante un regard impérieux dans celui vacillant du garçon :

- Ne te mets pas dans un tel état pour eux. Oublie les, Demeter, ils ne sont rien.


Et elle ne sourit pas. Se veut grave et sincère, car elle veut redonner du tranchant à son âme émoussée. Qu’il lui montre à quelle vitesse il peut chanceler d’un vide à un sommet, fébrile et fragile Demeter.

- Et toi tu es mieux.

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