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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
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I was a hot mess in my Sunday best [Siham]

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I was a hot mess in my Sunday best [Siham]
24.10.16 17:51

Losin' my mind
Je maîtrise mon souffle, les yeux accrochés sur le plafond blanc. Ma bouche n’est plus qu’un rictus, mes yeux sont trop secs de ne pas cligner. Je me fais violence, mais toi tu ne sais pas. Non tu ne sais pas. Égoïste, si égoïste. Tu n’as jamais du ne serait-ce que penser. Tu as gagné, après-tout. Tu as remporté cette stu-pi-de Dragonrun. Tu es une championne. Une héroïne. Tu as survécu à l’enfer des dragons. De la ruine et des sigmas. Bien sûr que tu as survécu. Qui a bien pu penser qu’il avait assez d’importance pour ne serait-ce qu’effleurer tes cheveux. Je ne le permettrais pas. Jamais. C’est mon privilège, le mien et je ne le laisserai à personne d’autre.


Je patiente, les yeux toujours fixés sur le plafond blanc. Je ne savais pas que je disposais d’une si grande patience, d’ailleurs. Je suis restée immobile et silencieuse. J’ai assisté à ton triomphe aux acclamations de joie, discrètes et ténues, puisque les sigmas ont un peu gâché la fête. C’est la leur qu’on aurait du faire. Comment ce Bêta avait-il pu… ? Mes phalanges sont trop blanches et j’ai des crampes à force de serrer le poing. À forcer de contenir ce qui ne peut être contenu. Une rage acide. Une jalousie et un courroux brûlant. Ma langue tique. Mais je reste immobile. Allongée. Invisible derrière les baldaquins tirés.


J’ai été amené avant toi. Ou après. Qui sait. Je m’étais trop penchée. Pour hurler ton nom. Espérer qu’il arrive à éteindre les flammes. Espérer aussi que tu puisses me voir comme j’étais belle. Belle et prête à assister à ton triomphe avec indifférence. À étreindre et te faire croire que j’étais passée à autre chose ? Te faire croire ? Non. Non. Non. Je suis passée à autre chose. Sauf que, Bêta est arrivé. Et il a tout gâché. Provoquer une bousculade dans les gradins. Et j’étais trop près du rebord. Trop près. Je n’ai même pas eu le temps de me retourner et de lui faire face qu’on m’avait bousculé et que je me suis sentie tomber. La tête en avant. Je me suis accrochée comme je pouvais. Aux tentures, aux banderoles. Pour ralentir ma chute. Mais la gravité est ce qu’elle est. Et je suis tombée. J’ai hurlé. Oui j’ai hurlé dans l’indifférence générale. À m’en écorcher la voix. Et je suis tombée sur le sol. Poupée de chiffon. Certaines articulations tournées dans le mauvais sens. Et j’exagère à peine.

Je me suis réveillée. Je me suis réveillée et je n’avais rien senti. Absolument rien. Trop anesthésiée. Je me souviens avoir sombré de nouveau dans l’inconscience. Assistée. À quelques rires. Des moments de joie. Les tiens. Et puis j’ai attendu qu’ils s’en aillent tous. Tous. Tous. Qu’ils aillent tous. Tous. Touuus absolument tous se faire voir. Ailleurs.

Je ne sais pas quel jour ou quelle nuit nous sommes. Ni combien de temps j’ai passé entre l’inconscience et la conscience. Peut-être que j’ai tout fantasmé et que tu n’es même pas là.
Même plus.
Là.
Que tu n’as jamais su.
Jamais su que j’étais là.
Là.

Coincée à côté de ton lit. À ne pas savoir à quel point ta jolie peau est marquée. À quel point tes jolis cheveux ont été endommagés. Tu n’as jamais su que j’étais là, à côté, la main désespérément inerte. Avec l’envie pourtant de glisser mes phalanges dans tes cheveux pour les caresser affectueusement ou les tirer avec violence.

Je. Ne. Sais. Pas.

 « Sihaaaam. » Ma voix est rauque. Si seulement je pouvais tirer ces fichus rideaux. Voir. Oui je crois que je veux te voir. Mais je ne sens rien. Absolument rien. Et j’hésite finalement. Je ne sais même pas si je suis présentable. Sans doute que non. Maudis. Mau-dis soient-ils, ces sales trolls poilus et difformes de Sigmas. Ils ont tout ruiné Et même mon chemisier à cœur et pourtant tu l’aimais tant. Je mords la lèvre furieusement. Je le jure. Ils paieront
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Re: I was a hot mess in my Sunday best [Siham]
05.11.16 17:57


Tu dors.

C'est le milieu de la nuit, bien sûr que tu dors. L'infirmier a fait ce qu'il a pu pour toi, il a remboîté tes articulations déglinguées, cousue la plaie béante de ta jambe, désinfecté les brûlures qui courent sur ta peau. Mais il n'a pas éteint le feu. Il ne le peut pas. Tu le sens qui couve encore, dans la chair de ton cou, qui te lèche la joue. Il va s'étouffer, on te l'a dit, et tu vas guérir. Mais quand.

La douleur est supportable, bien plus qu'elle ne l'était au départ. Tu as passé la première journée dans un brouillard cotonneux dont tu ne te souviens pas. On t'a dit que tu avais sauté du dragon et que tu t'étais effondrée. Avalon t'aurait réceptionnée sans que tu la reconnaisses, perdue dans la panique comme tu l'étais.

Ensuite, tu as dormi.

Tu as dormi longtemps pendant qu'on te réparait, ressoudant les morceaux et rafistolant les tissus. Tu es contente d'avoir dormi à ce moment-là tu n'aurais pas aimé voir ça. Tu as dormi jusqu'à ce que Kieran et tes amis te réveillent, que Basma vienne prendre de tes nouvelles. Leur inquiétude a réveillé la tienne ; on t'a raconté ce qu'il s'était passé. Les Sigmas. Beta. Son discours que tu n'as pas entendu.

Tu as tremblé (un peu) au début, puis tu as souris (parce que c'est ce qu'on attendait de toi). Tu as fait le pitre, tu as mangé du pudding et des dragées surprises, tu as demandé à tes amis de poursuivre tes chocogrenouilles en fuite à ta place. Puis ils ont dû partir, parce qu'aucune magie au monde ne peut enlever la fatigue d'un corps blessé, et tu as dormi.

(Winnie n'est pas venue prendre de tes nouvelles.)

Quand tu t'es réveillée, le même cirque s'est répété. Les visites, les disputes avec ton voisin de lit, la douleur un peu amoindrie. Le temps semble passer différemment dans cette salle coupée du monde et tu as l'impression étrange de déjà faire partie du décor alors que tu n'es là que depuis deux jours. Cette idée t'effraie un peu.

Pour la première fois, cette nuit-là, tu rêves. Jusqu'ici ton esprit abruti t'avait offert des sommeils paisibles et profonds. Ce soir, le feu de tes cicatrices reprend vie et te dévore entièrement, tandis que tu regardes au loin, impuissante, des masques dorés massacrer les tribunes. Ta sœur cri. Winnie aussi. Tu te réveilles en sursaut, persuadée d'avoir entendu sa voix prononcer ton prénom.

Le plafond blanc accueille ton regard, immobile et immuable, et bientôt les ronflements réguliers de Kieran résonnent à ton oreille. Tu réalises seulement alors que tu sers tes draps dans tes poings, à t'en faire blanchir les doigts, et les relâches lentement. On a beau avoir remis ton épaule et ton coude en place, ton bras droit te fait souffrir. Il fait nuit, mais une lumière diffuse passe entre les rideaux. Personne ne peut te voir, alors tu ne prends pas la peine de sourire comme tu le fais la journée. Tu n'en as pas la force.

Ton cœur bat encore à tout rompre de ton cauchemar mais tout est familier autour de toi, exactement à la même place que la veille. Seulement tu ne peux te défaire de cette sensation étrange d'avoir entendu quelque chose. Tu te mordilles la lèvre, indécise (la droite de ton visage tire à cause des brûlures). D'un coup d’œil, tu vérifies que Kieran dort bien dans le lit à côté du tien.

Puis tu diriges ton regard sur celui à ta gauche, celui avec les rideaux tirés, celui derrière lequel le mystère reste complet. Et tu murmures.

- Winnie ?

Un instant, tu te sens stupide. Comme un enfant qui appelle des fantômes. Sauf que dans le monde dans lequel tu vis, les fantômes existent.

As-tu vraiment envie qu'elle se trouve dans ce lit ? Cela voudrait dire qu'elle a été blessée. Cela expliquerait pourquoi elle n'est pas venue te voir. Et toi, es-tu en état de la revoir ? La dernière fois que tu l'as aperçue en cours, tu as cru défaillir. Comment vas-tu survivre à cette rencontre avec ton esprit affaibli et ton corps brisé ? Mais il est trop tard pour cela, son prénom a déjà franchi tes lèvres pour la deuxième fois.

- Winnie, c'est toi ?

Si tu le prononces une troisième fois, ton ex-petite amie va-t-elle apparaître dans un miroir et te promettre vengeance ? Tu frissonnes car cela ne t'étonnerait presque pas.
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Re: I was a hot mess in my Sunday best [Siham]
27.11.16 16:05

Losin' my mind
L’éternité de ton silence m’avait bercé un peu. M’avait retenu de hurler encore des insanités pour seulement faire réagir le monde et prouver que j’existais encore. Malgré mon corps exsangue et offert au vent. Mais non. Ça c’est le rêve. Éternel de celui de la chute. Est-ce que tu as entendu comme je me débattais, pendant que toi tu gagnais ? Non. Certainement pas. Toi tu as mille amis qui s’agglutinent autour de toi. Des êtres ridicules, plus ridicules que des mouches au bourdonnement incroyablement irritant. Erratiques, ils sont, à chercher constamment l’attention, la tienne. Comme tu brilles et que tu es miel. Ils s’accrochent, s’accrochent, mais pas un seul ne mérite réellement tes sourires et ton amour, mais ça, ça toi tu t’en fiche. Tu brades et tu donnes, des sourires et des rires. Et tu aimes à tour de bras tous sauf moi, alors je me dis que je les déteste et toi encore plus quand tu ne sais pas que je suis là où que tu sais, mais que tu es trop occupée à être un soleil des plus radieux.

Moi je suis comme la tempête et je me demande encore pourquoi. Pourquoi il y a dans mes doigts des soubresauts terribles qui me donnent envie de briser et de tordre des cous. Du coup je me dis qu’il vaut mieux que je sois brisée et que je tremble encore, ma bouche est un cœur palpitant qui s’émeut encore de te savoir. En vie là. Libre et heureuse loin de moi. Oh oui que je déteste et comme tu es ridicule. Minuscule c’est moi et toi tu es géante, une planète trop jolie et des millions de satellites et de lunes gravitent autour de moi, te protège de moi. Moi qui suit le vide et qui te dit que tu es laide et que personne ne peut t’aimer et te trouver si belle. Personne sauf moi. Qui existe, qui existe parce qu’il faut que je sois.

Reine, belle, si incroyablement vivante et expressive. Heureuse et souriante, quand tout s’écroule et que le monde m’érafle et sectionne ma peau. J’existe pour sourire et pour hurler aussi de la joie. Enfin ils le veulent, mais toi tu m’écoutes quand je vais mal, tu te mets en quarante cinq pour que chacune de mes inspirations me redonnent mon souffle. Quand tu ouvrais tes bras et que je m’autorisais à arrêter d’être forte, c’était là ma maison, mais toi tu m’as éjecté. Humilié. Tout dérobé.

Tu existes toi aussi et tu souris. Tu es désolée, véritablement désolée de m’avoir largué, tu essaies de paraître contente quand je suis là. Tu penses que tu peux tout arranger, mais on ne répare pas les coups de couteau avec des pansements petits poneys et ça tu je peux te le certifier. Alors tu existes et tu m’agaces. Même dans l’ignorance. Je ne sais pas ce que tu pourrais faire de moins pire pour que je ne sois pas si contrariée. Peut-être crier mon nom comme tu le fais. Mais il faudrait que tu sois plus désespérée. À l’agonie aussi. Peut-être que tu le ferais si je t’étranglais et que je t’embrassais. Mais je sais que nous sommes trop distante. Et c’est bien. C’est mieux. Pour toi qui exulte de vivre et d’être, alors que tu es si inutile sans moi.

 « Siham… Est-ce que tu vas bien ? » Ma bouche tremble un peu, mais c’est une traîtresse et tu ne dois pas la croire, non.  « Est-ce que tu es en vie pour de vrai ? » Je me déteste et toi plus encore, alors vraiment tu ne dois pas croire mon cœur idiot qui s’épanche, puisqu’il est ridicule. Peut-être qu’ils m’ont donné trop de calmants et que je suis trop cotonneuse pour haïr encore à haute voix. Trop cotonneuse pour mentir.  « J’ai passé l’après-midi à écouter ton rire, mais je ne savais pas. Peut-être que mon esprit est malade et que tu n’existes pas. Pas plus que tes ridicules amis. » Ridicules parce qu’ils t’accaparent et même dans mon esprit, parce que tout ceci me semble trop irréel.  « Je ne sais plus trop. Je crois que personne ne sait que je suis là. Parce que vous, les héros de la dragonrun avaient survécu. Bravo.» Je retrouve un peu de mon amertume dans mes murmures.  « Ou alors je rêve et tu es morte. Ou tu rêves et je suis morte. » Peut-être qu’il vaut mieux que cela se passe ainsi. Dans la réalité. Mais je cligne des yeux et les effets des potions me font un peu perdre pied.
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Re: I was a hot mess in my Sunday best [Siham]
07.01.17 21:08


Un instant seul le silence te répond, et tu ne sais pas si tu es déçue ou soulagée. Le soupir est coincé quelque part vers ton sternum et hésite sur comment sortir (avec force, avec douceur ?) avant de se transformer en bloc de pierre quand la voix de Winnie prononce ton prénom. Tu t'étouffes avec ton air et tes sentiments tandis qu'à côté de toi, à quelques mètres à peine derrière un rideau tiré, ton ex-petite-amie prend de tes nouvelles.

Elle te demande si tu es toujours en vie et soudain tu te le demandes. La fonction aussi simple qu'automatique de respirer ne te semble plus si évidente que ça, de même que les tremblements de tes membres et l'emballement de ton cœur te soufflent que rien ne va plus chez toi.

Winnie est juste à côté de toi.

Tu pourrais te lever mais tes jambes ne te porteraient pas. Pas avec tes blessures, pas avec ta fatigue, pas avec ta faiblesse. Sa voix t’apparaît cotonneuse, éloignée, encore amoindrie par la mince séparation du rideau blanc et pourtant si nette à ton oreille qu'elle couvre la cacophonie du sang qui tambourine dans tes tympans et des frissons qui dressent les cheveux de ta nuque. Comme s'il n'y avait qu'elle qui importait.

Déjà les horreurs glissent entre ses lèvres (tu les imagines roses, douces comme dans tes souvenirs) et tu n'es pas de taille à les repousser, pas cette fois. Tu t'en veux d'avoir continué à rire avec tes amis sans même savoir qu'elle se trouvait-là, prête à tout entendre. Tu t'en veux d'avoir guetté son arrivée tout l'après-midi, presque blessée qu'elle ne soit pas venue prendre de tes nouvelles. Tu t'en veux et baisses les yeux sur tes bandages, honteuse que ta victoire ait masqué sa disparition.

Ses félicitations te sont plus cuisantes que le feu qui continue de te ronger la peau.

Comment en êtes-vous arrivées là ? Tu bascules contre tes oreillers, ton regard fixé au plafond et les dernières paroles de Winnie s'infiltrant en toi comme un poison insidieux. Tu retrouves avec une violence oubliée les sensations de l'année précédente, cette douleur latente dans tes artères, ce fourmillement horripilant dans les tendons de tes poignets. Cette souffrance qu'elle est la seule à pouvoir faire naître en toi, que tu as combattue et battue et que tu pensais avoir terrassée et enterrée. Tu sens les vagues venir t'enserrer la poitrine et les larmes affleurer aux coins de tes yeux.

Cela faisait un an que tu n'avais plus éprouvé un mal-être pareil. Un an que Winnifred avait fui en France, abandonnant derrière elle les morceaux de ta carcasse brisée et piétinée. Une année que tu t'étais lentement reconstruite après votre rupture, avec l'aide de tes proches et de tes amis. Cela faisait plus d'une année que tu ne t'étais pas réfugiée dans les bras de César au milieu de la nuit, son corps comme muraille entre toi et toutes ces choses qui te soufflaient de te faire du mal. Une année entière, et il lui a suffit de quelques mots prononcés au pire des moments pour tout balayer.

Au final, tu es trop vaincue pour pleurer.

- Qu'est ce qu'il t'est arrivée, Winnie ? 

Ce n'est qu'un murmure, parce que c'est ainsi que se pose ce genre de question. Ces questions qui englobent une existence entière, qui se posent à la fin et au commencement, qui demandent une explication, une justification, une raison. Pourquoi tant de douleur, pourquoi tant de méchanceté, pourquoi tant d'acharnement, pourquoi elle, pourquoi elles. Pourquoi était-elle dans un lit à l'infirmerie.

Dire que tu as voulu la voir, que tu l'as cherchée dans les couloirs, que tu as souhaité qu'elle passe ces portes pour te demander comment tu vas. Et tout ce temps elle était-là. Et tout ce temps rien n'a changé. Tu étouffes un rire et grimaces un sourire entre tes brûlures.

- Tu es venue me voir pendant la dragonrun ?

Tes tripes te disent bien sûr que oui parce que de la même façon que Winnie t'entendra toujours qu'importe la puissance de ta voix, il te semble inconcevable qu'elle ne soit pas venue te regarder voler sur le dos d'un dragon. Si les rôles avaient été échangés, tu sais que tu serais venue. Mais tu lui demandes quand même, incertaine, fragile. Parce que si tu es devenue indifférente aux yeux de Winnie, alors comment oublier qu'elle a de l'importance pour toi ?

- J'ai pensé à toi là-haut, tu sais.


Tu pensais votre histoire terminée et pourtant, quelque part, tu sais qu'elle ne l'est pas. Il lui manque toujours une fin.
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Re: I was a hot mess in my Sunday best [Siham]
09.01.17 21:01

Losin' my mind
Je n’ose pas détourner la tête du plafond, décrocher mes yeux de là pour chercher ton ombre sur le drap blanc qui nous sépare. J’ignore encore si c’est une voix décharnée qui me répondre ou si c’est la mienne qui l’est, mais que je ne le sais pas. Mes doigts s’agitent et il faudrait que cela cesse pour que je puisse me concentrer. Sur ta respiration et la mienne, pour être certaine que nous ne sommes pas des cadavres rachitiques oubliés. Mais toi si tu venais à mourir je me dis qu’ils viendraient tous se recueillir et t’apporter mille présents. Des bouquets. Qu’ils viendraient nettoyer ta tomber et partager des rires encore, mais moi. Moi je sais qu’ils ne viendront pas pour moi, parce qu’il y a trop peu de monde qui sait encore je suis là et qu’ils préféreraient sans doute que je te laisse sur mon sillage. Peut-être que ce sont eux qui t’ont consolé. Qui on réussit à te faire oublier comme tu m’étais dévouée et qu’il aurait du en rester ainsi.

Parfois je me dis que ce sont eux qui t’ont convaincu et je pense que je les tuerai bien de mes mains pour leur apprendre qu’ils ne doivent pas s’interposer. Tuer est un mot facile, tu sais et je crois qu’il me vient trop facilement quand je pense à toi. Où à mes géniteurs. Peut-être que je me suis trop perdue et trop perfide et qu’il ne me reste que du poison sur mes lèvres. Qu’il vaut mieux que je ne puisse pas me lever.

J’entends ta voix et j’en frissonne vraiment quand je me rends compte qu’elle est belle, même trop rauque d’avoir hurlé tes brûlures pendant la dragonrun. Tu me demande ce qu’il m’est arrivée, mais je ne sais plus moi-même. Je dis :  « Je suis tombée des tribunes. » Quand je me penchais trop en avant pour te féliciter. Pour t’encourager et te héler.  « Mon chemisier à cœur y est resté. » Mais ce n’est qu’un détail pour toi. Sans doute minuscule. Alors que moi il était important parce que vraiment, je pense que tu l’aimais bien. Je ferme ma bouche pour accueillir le silence, pour ne plus rien dire qui risquerait de montrer trop franchement les ressentiments de mon cœur et l’errance de ma tête qui ne sait plus trop si elle doit te dire ou se taire, souffrir mille tremblement et palpitations. Pour toi qui ne mérite rien.

Ma paupière tremble quand tu me dis que tu as pensé à moi. Ma bouche esquisse un sourire victorieux parce que je voulais que tu en sois troublée à ton tour. Que tu te demandes pourquoi tu accroches mon ombre à tes pensées. Que tu finisses par penser que je te suis de nouveau indispensable et que tu viennes me supplier. Mais à ce moment-là je t’écraserai, un nom poli accroché sur ma bouche moi, sous ma chaussure. Oh, oui. Ce serait une formidable vengeance.

Mais ma bouche n’esquisse rien de bien. Rien de pire. Peut-être une grimace torturée qui voudrait souffler: « Pardon. » Je cligne des yeux. Oui je crois que je voudrais vraiment te le dire, avec sincérité que je suis.  « Tellement désolée. » Vraiment. J’ai fait ce voyage pour oublier, mais j’ai remarqué et décelé qu’il y a  « Quelque chose de trop sombre en moi, tu comprends ? » Je crois que je n’ai plus la force de prétendre. Et pourtant ça devrait être.  « Terrible. Vraiment. Je devrais rire. » Mais je crois que je pleure parce que  « Je sais que je te fais souffrir et c’est quelque chose qui me tue. » Au quotidien  « Et je regrette d’avoir été si … Moi. Avec toi. » à t’insulter et te faire comprendre que tu n’es rien quand tu es  « tout pour moi, tu comprends ? » Ou alors c’est le passé et je n’arrive pas à te lâcher. Et c’est  « Ridicule. Je suis ridicule. Parce que tu ne devrais rien provoquer, je ne devrais pas te poursuivre ainsi. Parce que tu n’es rien.  » Et je ne sais pas pourquoi, ou peut-être que si. Je sais que j’ai longtemps été  « Trop heureuse dans tes bras. » et que le vide que tu as laissé me tue lentement.  « Je crois qu’il faut que tu arrêtes d’être dans ma tête. Et de penser à moi. Sur un dragon ou dans les couloirs. » Ma bouche est trop sèche quand je le dis.  « Continue. Et ne t’arrête plus quand je t’appelles. » Parce que je ne suis capable que du  « Pire avec toi. » Quand je voudrais le meilleur.

Voilà ce que j’aimerai te dire. Mais je ne suis pas assez courageuse pour tout dire et tout assumer.  « Il faisait beau et tu étais belle depuis la tribune. »

Je ferme les yeux.
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Re: I was a hot mess in my Sunday best [Siham]
09.02.17 20:23


Tu sers un instant ton drap au creux de tes poings, l'idée d'une Winnie tombant d'une tribune t'étant insupportable. Tu imagines la panique qui agite les élèves et les professeurs, tu imagines le coup de coude malheureux qui l'a poussée par-dessus bord, tu imagines son corps rebondir sur le sol avec une souplesse anormale, tu imagines l'indifférence des spectateurs égoïstes.

Si tu avais été là, tu aurais pu la rattraper. Si tu avais été là tu aurais pu la secourir. Si tu avais été là... Tu étais là. Inutile sur le dos d'un dragon. Inutile, inconsciente dans les bras d'Avalon.

Tu relâches le drap, la douleur de ton épaule déboîtée encore comme un écho dans ton bras. Le destin du chemisier de Winnie arrive, par un mystère inconnu, à t'attrister encore plus que tu ne l'es déjà. Il allait si bien avec ses cheveux flamboyants et son visage en forme de cœur.

Tu as envie de la réconforter et de fuir à toutes jambes. Mais tu es coincée dans ce lit, condamnée à entendre tout ce qu'elle aura envie de te dire et à sentir tes sentiments contradictoires te déchirer de l'intérieur. Pourquoi est-ce que tu ne dors pas, comme Kieran ? A la place tu te livres à elle, les armes à ses pieds, tes poignets déjà liés. Tu n'as pas la force d'être forte cette nuit.

La peur t'es inconnue. Tu n'as pas le temps pour elle, pour ses hésitations et ses doutes qui font ralentir le pas et trembler les doigts. Tu mourras un jour, à quoi bon gaspiller de l'énergie à l'éviter. Pourtant, ce qui agite ton cœur et comprime tes organes y ressemble.

Te savoir si vulnérable, à la merci de Winnie et de ses humeurs t'effraie. Ça t'effraie car tu sais de quoi elle est capable, tu l'as vu et tu l'as vécu. Ça t'effraie aussi car tu sais que tu ne peux rien y changer. Toutes tes barrières sont tombées, fissurées. Tu te sens comme un chevalier sans armure, et sa princesse capricieuse tient une épée. Tu pourrais presque en sentir le fil sur le bord de ta gorge.

- Pardon.

Ton cœur rate un battement. Tu penses avoir mal entendu, même si le mot vibre encore à ton oreille.

- Tellement désolée. 

Tu ne peux plus douter. Il y a quelque chose de cassé dans la voix de Winnie, quelque chose de terrifiant dans le chaos de ses propos, comme un masque qui tombe ou une maladie qui se révèle. Tu écoutes avec un malaise grandissant son discours qui n'a ni queue, ni tête, ni but, ni sens. Tu te demandes pourquoi elle te dit tout ça, tu te demandes pourquoi elle te dit tout ça maintenant. Tu fixes le rideau qui vous sépare du regard, comme si voir à travers allait t'aider à décoder les mystères de ses paroles.

Des éclairs de clarté fusent de temps à autre, et tu reconnais une phrase qui t'es adressée à toi et personne d'autre, et ces mots dédiés te font plus mal que la folie qui semble les entourer.

Tu as toujours su qu'il y avait quelque chose derrière les yeux de Winnie, un creux rempli d'ombres, trop noires pour qu'aucune lumière ne puisse jamais les disperser. Tu as su mais tu as échoué à le découvrir, tu ne t'es pas assez battue pour qu'elle s'ouvre à toi. Tu t'es contentée de ses sourires et de son amour, te laissant volontiers distraire quand elle répondait de façon élusive à tes questions trop directes.

Quand votre histoire s'est terminée et que l'amante de hier s'est transformée en ton cauchemar d'aujourd'hui, tu as perçu à nouveau l'obscurité maladive qui était la sienne. Mais encore une fois, tu as souffert et tu as pleuré, mais tu n'as pas cherché à comprendre.

Là, ce soir, alors qu'elle déverse ce qu'elle doit contenir depuis trop longtemps (combien de temps ?) c'est bien la première fois que tu y es confrontée de plein fouet. Et tu comprends que, pour ton propre bien, tu devrais détourner le regard, fermer tes oreilles et tourner tes pas dans la direction opposée. Que c'est la meilleure chose à faire pour te préserver de la destruction assurée que te promet Winnie. Tu songes distraitement qu'on devrait baptiser un ouragan à son nom.

Mais tu es Siham. Et franchement, est-ce qu'on t'a déjà vu faire quelque chose qui soit bon pour toi ?

- Tu n'es pas obligée.

Même toi tu n'es pas sûre de ce que tu vas dire, alors tu fais une pause et tu t'humectes les lèvres. Le temps que ça sorte.

- Tu n'as pas à faire souffrir autour de toi. Tu n'es pas obligée d'être comme ça. Les fleurs poussent. Les gens évoluent. Ils ne sont pas fixés.

Ils ont la vie devant eux, pas comme toi. L'espace de quelques secondes, tu te laisses bercer par l'absence de paroles et les ronflements des dormeurs. L'infirmerie est paisible, comme si rien de crucial ne s'y déroulait.

Une des phrases de Winnie te revient en mémoire, et tu la répètes doucement, rien que pour toi. Comme un mantra.

- On était heureuses.
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