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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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c'est une belle écharpe _ NORTHROP

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c'est une belle écharpe _ NORTHROP
24.10.16 18:50


Il lui arrivait de s’oublier dans cet endroit-là, quand elle venait à s’y aventurer perdue dans ses flâneries fréquentes. La galerie des glaces lui paraissait infinie et presque immense quand son regard curieux cavalait sur les lustres et les tableaux, tentant de comprendre quelques dessins ou ornements. Le cou plié vers l’arrière, Joan ne devait sans doute pas avoir l’air très fine ainsi, alors qu’elle s’était arrêtée immobile parmi les gens au mouvement, droite comme un piquet et le nez pointé au plafond. Seulement, il y avait des détails qu’elle n’avait jamais vu auparavant dans une scène dépeinte par une peinture ; Elle n’avait remarqué le bruissement d’air agitant les feuillages d’un arbre et elle se demanda donc si les habitants du tableau pouvait en ressentir la caresse.
C’est seulement quand on la bouscula à l’épaule et qu’elle lâcha une poignée de magazines gardée serrée contre sa poitrine, qu'on l’arracha à sa contemplation.
Joan battit ses cils alors qu’elle avait à présent conscience de tout ce mouvement autour d’elle. Constatant que ses bras étaient vides et se rappelant d’un bruit mat, elle pointa son regard au sol et s’accroupit afin de ramasser tout son bazar.
Ceci fait, elle reprit sa marche et de nouveau la décoration de la galerie des glaces ne tarda pas à réclamer son attention de nouveau ; Pour quelques secondes seulement cette fois-ci puisqu’elle remarqua alors Rosabel Northrop et sa fameuse écharpe ondulante et écaillée sur les épaules.
Fascinée, Joan ralentit son allure en se rapprochant peu à peu de la Serpentard. Elle ne lui avait jamais parlé de toute sa scolarité (et n’avait jamais compris qui l’avait stupéfixiée à l’entraînement) mais on racontait beaucoup de choses sur Rosabel Northrop. Même Joan, avait eu vents de quelques rumeurs : on la disait désagréable voire méchante et sans doute un peu intimidante même. Mais ne lui ayant jamais parlé auparavant, Joan ne sentait aucune tension en elle, car elle ne la connaissait pas. Elle admettait cependant volontiers, qu’elle avait une certaine allure et Joan pensa qu’il aurait été bien pratique d’avoir une telle figure pour s’habiller. Vestimentairement parlant, Rosabel Northrop pouvait sans doute tout ce permettre et c’était un luxe dont parfois rêvait Joan quand elle tournait les pages de quelques catalogues de vêtements à la recherche de quelques trouvailles.
C’était d’ailleurs un accessoire de Rosabel qui avait toujours intriguée Joan. Si d’ordinaire, elle avait l’attention disparate et très particulière, s’attachant plutôt à détailler la branche particulière d’un arbre ou la forme que prenait une lézarde, parfois elle avait souvenir de certaines personnes. Et donc dans le cas précis de Rosabel, Joan s’était toujours demandée où elle avait trouvé sa si belle et si fabuleuse écharpe, qui bougeait d’elle-même. Au soleil, elle était même parfois luisante sous l’effet des rayons, y reflétant ses écailles scintillantes. Et toujours elle ondulait, coulissait le long des courbe du cou de la Serpentard d’une manière presque naturelle.
Joan trouvait ça vraiment très à la mode et s’était décidée qu’elle en voulait une pour son anniversaire. Il ne faisait pas de doute que c’était un vêtement de sorciers mais elle n’en avait vu aucune trace malgré une fouille longue et constante ces dernières semaines. Aussi n’avait-elle pas croiser Rosabel, donc n’avait pas eu l’occasion de l’interroger quant à son écharpe. Mais à présent elle était enfin là et Joan espérait qu’elle lui en révèle la provenance. Si elle doutait que sa mère puisse le lui offrir car elle était moldue, peut-être qu’Orion voudrait bien la lui offrir.
Après avoir mis un temps infini pour parvenir à quelques mètres de Rosabel, Joan se figea de nouveau et posa sur son aîné ses yeux qu’elle ouvrit un peu plus grand. Les accents vaporeux de sa voix se firent entendre juste après.

- Bonjour Rosabel. J’aime beaucoup ton écharpe et je souhaitais savoir où tu l’avais acheté. Je voudrais la même pour mon anniversaire.


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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
29.10.16 22:07

Elle paradait comme personne n’avait jamais su si bien le faire, et ses hanches allaient et venaient dans un dandinement presque outrageant, ses longs bras accompagnant le mouvement de ses longues jambes d’un vol gracieux, quoiqu’audacieux. Car ce fut là un adjectif qui aurait trouvé toute sa définition dans l’élégante Rosabel Northrop, comble du raffinement et impératrice de prestance.

Rosabel ne souriait pas. Elle avait la figure fine, le visage était celui d’un mannequin, fermé, lourdement maquillé mais toujours pour le mieux puisque cela figeait ainsi ses traits dans cette perfection austère et fanée qui ne lui allait bien qu’à elle, défilant ainsi sur le grand podium de la vie. Et tous n’aurait d’yeux que pour elle et cette suprême indifférence, froide, qui la rendait à la fois si arrogante, si cruelle, tout en contribuant indéniablement à renforcer le charme mystique qui entourait toute une attitude si pensée, si soignée ; dans ce snobisme, dans la dureté même de son regard, dans cette malveillance presque salope qu’on lui aurait volontiers attribué, Rosabel possédait le magnifique de ces femmes que l’on disait fatales.    

On ne dérangeait pas Rosabel Northrop, car elle était de celles qui allaient toujours vers un but, droitement, et sans jamais s’accorder de déviation. L’existence de Rosabel, quoiqu’elle fut plus anarchique que ce qu’elle laissait présager, donnait exactement l’air d’un millimétré strict. Aussi, lorsque sa haute silhouette posa devant un miroir simplement pour palper d’une main experte toute une épaisse mèche de cheveux enroulé tout le long de son visage, et pour ce sensuel mouvement des lippes, petit bruit éclatant depuis ses lèvres badigeonnées de mauve, elle donna l’impression que le but même, originel de son déplacement n’était autre que cette prétentieuse contemplation de soi. Le tout dans une satisfaction prononcée.

_ Diablerie ! Peste que voilà, vous et votre vanité ! J’exige réparation pour l’affront que votre aïeul m’a fait subir il y a de cela quatre générations !

Un léger vice pointa sur la figure de la jeune femme, un sourire suffisant, mais sans détourner le regard, une main toujours en train d’arranger une coiffure qui n’avait pas besoin de l’être tant elle était sophistiquée, Rosabel répondit à une armure rutilante qui braillait du haut de son tableau, et qui avait une dent particulière contre elle depuis qu’un membre de sa famille avait jadis par accident brûlé trois millimètres de sa toile.

_ Réparation ? Enfin. Pour qu’il y ait réparation, il faudrait que vous ayez déjà une certaine valeur... Hélas ! Elle vous fait cruellement défaut.

Et elle se préparait sans doute à partir de son grand rire démoniaque, celui qu'elle avait dû hériter d'un quelconque ancêtre machiavéliquement aliéné, car malgré tout, elle avait un rire grave qui sortait d'une profondeur de gorge, qui le rendait terrible.

Ainsi l'affreuse Rosabel aurait poursuivi ses artifices de parade, reine badinant oisivement dans sa galerie, et en allant de son rire démoniaque se gausser de ses courtisans, si une voix n'avait pas interrompu ce traditionnel défilé. La tête fièrement dressée, une épaule remontant doucement vers sa joue, le cou emprisonné sous une lourde masse écailleuse, elle dévisagea d'un regard en biais absolument snob l'affligeant énergumène qui croyait sans doute voir en elle le sosie de la très célèbre Christina Cardoula.

_ Et moi je souhaite savoir d'où tu as pu hériter d'un tel mauvais goût, car je n'en ai jamais rencontré d'aussi prononcé. Ca frise la bêtise.  

Ci fait sa main avait battu l'air les séparant d'un geste souple comme elle aurait chassé un agaçant insecte ou bien une odeur persistante. Ci fait encore, c'était la première fois que quelqu'un d'aussi négligé se trouvait si près d'elle. Car l'uniforme avait beau être le même, force était de constater que tous n'étaient pas égaux dans la manière de le porter. Voilà qui manquait terriblement de noblesse. Et cette couleur de cheveux... Grimace de mépris et de dégoût.

Bien sûr le visage, l'allure, le violet, cela ne lui était pas inconnu. On manquait rarement le bizarre. Car c'était bien l'impression qui demeurait. L’extravagance manquait cruellement de sobriété, et quoique Rosabel ne pouvait lui nier un certain style, le tout lui semblait tantôt biscornu, d'un goût douteux et nébuleux. Rosabel était un élégant portrait classique digne d'un Botticelli. Quant à Joan Parker, elle devait être le résultat d'un grossier fauvisme.

Une main sur la poitrine, l'autre sur la hanche, le dos cambré, fermant un instant les yeux, les cheveux balayés vers l'arrière d'un pivotement sec de la tête, elle reprit d'un ton pompeux.

_ Sotte. Ca, une écharpe ? Comment peux-tu confondre mon noble animal avec une vulgaire écharpe ? Cela me dépasse. Regarde, observe, et apprends. Tu as devant toi l'un de mes plus beaux spécimens, un python Royal noir. Un mètre dix de muscles. Il ne faut pas être fragile pour cette créature-là, ça te briserait la nuque d'un geste sec.

Elle tapota enfin de deux doigts l'animal qui au signal sembla s'éveiller, se mouvant lentement, desserrant l'emprise autour de son cou, et s'étendant comme une fleur dénouée tout le long de son buste, révélant la petite tête noire, sifflante, du serpent.  

_ Naturellement, je connais tous les meilleurs éleveurs de Londres, je pourrai facilement te conseiller. Certains sont plus agressifs que d'autres, et à moins d'être fourchelangue... Oh. Chewie, je viens d'avoir une excellente idée !

Car rien ne mettait plus en joie Rosabel que cet intérêt spontané et naturel qu'on pouvait bien lui porter, à elle ainsi qu'à son compagnon de toujours pour qui elle avait une affection toute particulière. En démontre le baiser qu'elle donna avec tendresse entre les deux globes de la bête.

_ Voudrais-tu le porter ? Pour essayer. Cela devrait te donner un peu plus d'allure.
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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
31.10.16 14:18

Joan n’avait pas compris tout ce que Rosabel venait de lui dire.

Car en toute logique, Joan, appréciant l’écharpe qu’elle portait, elle devait avoir un goût vestimentaire similaire au sien. Puis cela la frappa ; Peut-être que Rosabel n’aimait pas son écharpe et la portait seulement car elle y était contrainte. Ce ne serait somme toute pas étonnant car beaucoup d’hommes mariés portaient leurs alliances car ils y étaient contraints par les lois ô combien sacré du mariage, alors que dans leurs cœurs beaucoup rêvaient de s’en défaire et d’attraper quelques jolis minois dans le premier bar du coin. Du moins c’était ce que sa mère lui racontait souvent et avec le temps elle avait découvert effectivement, que parfois, certaines personnes revêtaient des choses qui ne leurs plaisaient pas, pour plaire à d’autre ou ne pas vexer. C’était quelque chose qu’elle ne comprenait pourtant pas, car pour Joan presque tout était précieux et après de longues réflexions, elle finissait toujours par trouver un certain style à tout. Et le moindre cadeau la ravissait ; L’objet pouvait être banal en soi, elle aimait l’intention derrière et ne s’en lassait jamais.
Mais à cet instant elle se demanda alors si Rosabel était donc contrainte de porter son écharpe. On la savait d’un milieu différent des autres. Elle constituait le gratin et la crème de la crème de la sphère sorcière. Aussi comme dans les hautes sphères des moldus, tout fonctionnait différemment et quelqu’un comme elle ne pouvait que deviner, le fonctionnement de ses rouages. Peut-être avait-elle des parents très stricts lui imposant un code vestimentaire. Peut-être avait-elle un fiancé qui lui avait offert cela en cadeau (et quel cadeau !). Ou peut-être était-ce la tradition familiale ou une tradition sorcière dont elle n’avait pas connaissance.
Puis soudain cela la frappa, alors que Rosabel tapota son écharpe, lui révéla sa nature dans son discours. Les lèvres de Joan s’entrouvrirent alors dans une lente expression de surprise qui étira les traits de son visage. Ses yeux s’écartèrent, se firent plus grand, comme ceux des chouettes. Et elle resta muette.

- Oh.

Ce n’était pas une écharpe.
C’était un serpent. Enfin plus spécifiquement un python royal noir comme venait de lui révéler Rosabel. Il mesurait un mètre dix et était tout en muscle. D’un geste sec il pourrait lui briser la nuque.
Pourtant il semblait si paisible à coulisser sur les épaules de Rosabel. Si docile à s’y prélasser et Joan s’émerveilla alors du rapport qu’il devait entretenir avec sa maîtresse. On disait beaucoup de chose sur Rosabel. Qu’elle était vile et méchante. Qu’elle buvait du sang de vierge afin de rester jeune et d’autres choses dont elle n’avait plus conscience. Si Rosabel lui avait paru fort désagréable un peu plus tôt et que Joan n’avait pas alors trouvé absurde les gens la décrivant comme très vexante, elle ne pouvait pas avoir mauvais fond. C’était presque évident lorsqu’on regardait le serpent trônant sur ses épaules. Il avait l’air si à l’aise qu’il ne pouvait recevoir que de l’affection de la part de sa maitresse.
Aussi Joan pensa alors que Rosabel devait sans doute être incomprise. Ou qu’alors elle avait du mal à se faire comprendre.
Parce qu’au fond, Rosabel devait sûrement être gentille.
Et Joan qui avait pensé se faire renvoyer d’un geste sec de la main sans avoir de réponse, observait à présent Rosabel d’un air curieux. La jeune femme semblait être prise d’une verve soudaine et l’appela même ma chérie ; Chose que même Orion ne faisait pas et Joan pensa alors qu’il était difficile de suivre le raisonnement de son aîné.
Elle l’observa embrasser le serpent entre les deux yeux et Joan qui aimait tous les animaux sans exceptions, sauf les dindons, eut l’envie de passer sa main sur la tunique écailleuse de l’animal. Et comme pour répondre à ce désir, Rosabel ajouta quelque chose mais sa suggestion étonna quelque peu Joan.

Elle écarquilla les yeux avec lenteur.

Confuse d’être sujette à une telle marque de confiance elle se sentit légèrement intimidée alors qu’elle détailla la bête avec un peu plus d’attention. Un mètre dix tout en muscle qui pourrait lui rompre la nuque d’un geste sec. Elle entendit le bruit lointain d’un os se briser et quelques frissons lui parvinrent alors mais sa curiosité, son intérêt profond fit taire cette peur ; Car Joan se ravissait toujours qu’on la laisse, elle, s’occuper d’animaux ne lui appartenant pas. On la voyait souvent caresser le chat ou la chouette d’un autre car sa mère ne voulait pas lui confier de compagnon. Chose assez compréhensible en considérant le naturel étourdi de Joan qui s’occupait d’elle assez péniblement et avait la chance d’avoir trouvé Clementine et Orion, pour la sauver de ses propres maladresses.
Quoiqu’il en soit, Joan désirait à présent avoir ce serpent autour de ces épaules ; Pour une raison de style premièrement, même si l’allure fatale de Rosabel lui serait à jamais inaccessible et tout simplement car l’expérience l’intriguait.

Aussi avait-elle hoché la tête avec lenteur sans détacher ses yeux du serpent avant de répondre.

- Je peux vraiment ? Ca ne le dérangerait ni lui, ni toi ?

Peut-être que Rosabel lui faisait une blague. Ce ne serait pas la première fois en tout cas. Elle avait l’habitude des fausses promesses un peu cruelles qui avaient cependant le mérite de bien faire rire ceux qui les faisaient. Mais Joan n’y pensa pas trop longtemps, car elle avait l’air si authentique, si intéressée sur le moment, qu’elle ne l’imaginait pas factice une seule seconde.

- Je veux bien. Mais je ne sais pas comment faire.

Elle regarda encore un peu l’animal. Avait-il un nom ?

- Comment s’appelle-t-il ?



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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
05.11.16 16:48

L’étirement de ses commissures avait dévoilé une rangée de dentition, et de concert avec ce sourire carnivore, les yeux sombres de Rosabel avaient lui, d’un bourgeonnement chafouin et presque malsain. Elle possédait une fascination étrange pour tous ces visages hébétés qui découvraient son reptile pour la première fois, alors de ses regards éloquents, pour l’observation scientifique et mauvaise qu’elle en faisait, Rosabel Northrop se délectait, paradant de nouveau, les écailles rugueuses rampant toujours autour de ses épaules. Car même le serpent semblait vouloir narguer, puisqu’un seul sifflement suffisait à rappeler une désagréable réputation qu’on avait brossée autour de lui. N’était-il pas une légende ? Responsable de la Chute, de l’exil des Hommes du Paradis et de tous les maux qui s’en suivirent. Mais il ligotait toujours le port de tête de Rosabel dans une abjecte délicatesse, d’une paresse royale, et lui aussi aurait donné l’impression de régner, du poids de ses lourdes ondulations.

_ Oh je t’en prie, inutile de t’enlaidir plus.

Le timbre moqueur, quoiqu’elle parut véritablement amusée comme semblait en témoigner un sourire ravi, d’une pointe sardonique ou diabolique, un ongle s’aventura sous le menton de Joan redressant ce dernier d’un geste lent, refermant l'éclosion des lèvres, taisant cette figure absolument stupide qu'elle ne saurait tolérer plus en avant.

Minaudant une fois de plus de son plus beau profil, dans cette attitude exécrable, Rosabel profitait de l’attention qu’on lui portait soudain, et dont elle se gorgeait volontiers, puisque malgré une beauté certaine, un raffinement ancien qu’on prêtait d’ordinaire à ces femmes d’antan, ces divas entrées dans l’Histoire, auxquels elle apportait néanmoins tout le modernisme de son époque de par ses goûts, ces formes ondulantes qui habillaient sa grâce naturelle, et bien malgré tout ; on abhorrait Rosabel Northrop. Et si on ne pouvait qu’admirer ou jalouser cette allure qui lui était propre, qu'ils étaient de fait bien trop peu à posséder ou trop nombreux à seulement pouvoir rêver, rares étaient ceux qui s’intéressaient réellement à Rosabel au-delà de l’injustice des apparences.

Et dans cette habituelle solitude, ce mépris dans lequel elle s'obstinait et qui la caractérisait, Rosabel ne chassait pas l'importune. Joan Parker s'immisçait, tandis que Rosabel en véritable modèle levait les bras pour présenter ce qui était l'accessoire très en vogue d'une garde robe. Comme elle ne manquait jamais une occasion de mettre en avant ce qu'elle considérait être comme la quintessence du bon goût, puisque la demoiselle demeurait assurée de chacun de ses artifices de superficialité. On aurait ainsi eu tort de penser que Rosabel dédaignait par mauvaise humeur ; son dédain résultait seulement d'une exigence pointilleuse qu'elle avait pour elle-même ainsi que pour les autres. Ainsi ceux qui ne satisfaisaient ses préférences sensibles se devaient de le savoir. Le fait était qu'on ne côtoyait pas Rosabel Northrop si l'on était dépourvu de patience ou si l'on craignait le châtiment d'un juste jugement. Rosabel était une pression et un tourment pour ceux qui ne savaient pas l'apprécier à sa juste valeur. Et de la valeur, elle ne doutait pas d'en être abondamment pourvue.

Un gloussement s’étouffa entre ses lèvres, qu’elle chercha à camoufler d’un geste pudique, deux doigts aplatis  sur une lèvre rebondie. Car il lui sembla reconnaître en Joan une hésitation devant sa proposition. Enfin, cela suscita en elle un bref mépris, et une vague interrogation. Oserait-elle ? Car ces gens-là agissaient souvent avec dégoût, et c'était à cela que Rosabel jugeait de l'intérêt des autres, car il n'y avait de son avis rien d'aussi grotesque que de craindre la docilité d'un animal domestique qu'on avait rendu à l'esclavage dès sa naissance, et de surcroît dépourvu de tout venin.

Elle daigna alors attendre une réponse. Sachant déjà qu’une négation la décevrait. Rosabel n'aimait pas qu'on lui fasse perdre son temps.  
Et tandis que les mots tombaient, le visage de Rosabel gagnait une composition de snobisme et de pédant.

_ Si tu ne pouvais pas, je ne te le proposerai pas. La voix pompeuse, la figure très légèrement détournée dans un effet un peu cruel, elle ajouta. Ne t'inquiète pas, si tu nous déranges nous te le ferons savoir... D'une façon ou d'une autre.

Et derrière cette douce menace qui n'en était en réalité pas vraiment une, visait tantôt à procurer ni plus ni moins que quelques frissons, comme elle préférait l'usage des sortilèges au craquement des os, Rosabel consentit à se défaire de sa lourde écharpe.

_ Dans ce cas tu n'as qu'à me laisser faire.

De sa démarche traînante, dandinante, ses longues jambes fendirent la petite distance qui la séparait de Joan Parker. Et on aurait trouvé dans cette association étrange et inhabituelle, une certaine extravagance qui à défaut de se rejeter préférait se complémenter dans l'expression de leur singularité.
D'un geste assuré, tenant le serpent à bout de bras et visiblement accoutumée à manier le reptile, ce dernier quitta les fières épaules de sa maîtresse pour rejoindre celles, moins nobles, d'une toute autre demoiselle. Et mécaniquement, l'animal vint prendre sa prise, d'une queue et d'une tête venues s'enrouler autour des avants-bras de leur nouveau trône de fortune.
Cela fait, et d'un geste un peu brusque, de ses deux mains posées à plat sur les omoplates de Joan, Rosabel força le corps à pivoter en direction de la glace devant laquelle elle s'était un peu plus tôt maquillée. Et il fut curieux de constater que le même serpent ne les habillait certes pas de la même manière, car s'il conférait à Rosabel un certain charme effrayant il paraissait donner à Joan une note plus loufoque encore.

_ Allons, s'il avait un nom on ne le trouverait pas si effrayant, et les filles dans ton genre ne cesseraient de me courir après pour me le voler... Mais tu as de la chance, Joan Parker, il n'y a pas d'autre fille comme toi, donc si tu jures de ne pas répéter son nom, je te le dirai peut-être. Son nom secret.  
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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
05.11.16 19:51

En un instant, de cette démarche si particulière dont seule elle était pourvue, Rosabel rompit la distance les séparant et les yeux de Joan s’écarquillèrent très légèrement. Ce n’était un effet impressionnant qui coupa soudainement le souffle de Joan, étrangère à une telle notion, mais d’avantage l’intérêt vif et mordant, de se découvrir bientôt avec le reptile autour des épaules. Aussi n’avait-elle pas esquissée un geste, tandis que Rosabel se défaisait de son majestueux compagnon, dont elle déposa bientôt le corps ondulant, sur elle. Du fait de l’uniforme qu’elle portait, elle ne put sentir la texture des écailles luisantes du serpent, qui, lui, coulissa autour de ses épaules comme si tout cela lui était naturel. Joan le trouva lourd. Elle pouvait sentir toute la force latente dont était pourvu l’animal, alors qu’elle avait l’impression d’avoir un étau le long des courbes de son cou. Mais ce n’était somme toute pas désagréable. Peut-être un peu encombrant, parce qu’elle n’avait pas l’impression de pouvoir tourner sa tête à sa guise, avec ce pensionnaire temporaire. Elle avait également l’impression, d’entendre la respiration tout en sifflement de l’animal et intriguée, elle osa un regard de côté pour observer sa petite tête. Elle ne le trouva pas différent que lorsqu’il ornait Rosabel et Joan fut contente de le constater. Cela voulait dire qu’elle n’avait rien de désagréable, puisqu’il semblait tout aussi à l’aise, sur elle, que sur sa maitresse.

Le cœur palpitant d’une douce joie, un lent sourire étira les lèvres de Joan qui se ravissait toujours de la proximité et de la compagnie d’un animal. Perdue dans sa contemplation, elle ne remarqua pas Rosabel appuyant sa main contre ses omoplates, la faisant tourner. Ce fut seulement quand son regard oscilla et qu’elle cligna des yeux, qu’elle prit conscience de se trouver au-devant d’une glace.

Battant des cils, Joan dévisagea son reflet une seconde. L’écharpe d’écaille lui renvoyait une impression un peu bizarre. Evidemment comme elle s’y était attendue, l’accessoire, sur elle, n’avait pas le même effet qu’il pouvait avoir sur Rosabel. Ce n’était que trop prévisible puisqu’elles n’avaient pas du tout la même physionomie et surtout pas, la même façon de se tenir. Mais Joan aimait bien cette image d’elle dans le miroir, qu’elle regarda rêveuse un instant, avant de froncer les sourcils. Elle trouvait l’animal beaucoup trop épais pour sa stature et elle songea qu’il lui en faudrait un plus petit, si jamais elle devait en acquérir un.

Elle avait l’impression de porter une écharpe over-size, ce qui dans son bouquin était l’équivalent d’un fashion faux-pas.

Mais cette séance n’étant qu’un essayage et Joan hocha longuement de la tête.

Elle en voulait définitivement un.

Et ce jugement fait, elle repensa alors aux mots que Rosabel avaient eu plus tôt, qu’elle avait entendus puis oubliés et qui sonnaient à présent de nouveau dans son esprit, dans ce petit temps de décalage qu’elle avait souvent.

Qui expliquait aussi, pourquoi on l’appelait Barjo Parker, tant par moments, ses pensées étaient complètement ailleurs.

Elle s’humecta les lèvres puis jeta un coup d’œil vers l’animal. S’il était le sien, elle savait exactement quel nom elle lui aurait donné tant il allait naturellement avec le noir de ses écailles et sa stature imposante.

- Je suis vraiment la seule ? Je suis certaine que ça va faire fureur cet hiver. Dans sorcière-mag il y avait toute une section consacrée aux écharpes à écailles. Mais peut-être qu’elles n’osent pas venir te demander.

Dans le fil de ses pensées elle ne songea pas qu’elle pouvait être indélicate tandis qu’elle continuait.

- C’est parce que tu fais si peur je pense. C’est dommage d’ailleurs. Moi je trouve que tu as bon fond, Rosabel. Et je promets de ne rien dire si tu m’apprends son nom.

Elle jeta un coup d’œil à l’animal. Joan ne comprenait pas pourquoi certaines personnes le trouvaient si effrayant. Il était si docile, là, tout contre ses épaules, à onduler avec douceur sur l’étoffe de son uniforme. C’était sans doute parce qu’il n’était pas commun d’en croiser un domestiqué et qu’on était d’avantage habitué à voir un chat au pelage lisse, une chouette au plumage doux, qu’un reptile à la morsure potentiellement dangereuse. Les gens avaient peut-être peur parce qu’il n’était pas habitué. Et Joan songea, qu’elle aurait voulu qu’Orion soit là, en cet instant, pour voir s’il aimait bien les serpents.

Parce qu’à présent, Joan était certaine d’en vouloir un. Et elle était bien décidée à envoyer une lettre à sa mère dès qu’elle aurait le temps pour lui en parler.

Cessant soudainement d’observer la glace, elle lança un regard à Rosabel :

- Si j’en avais eu un comme ça je l’aurai appelé Basile.




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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
05.11.16 22:29

_ Grand bien leur fasse. Je n’ai pas envie qu’elles viennent. J’ai en horreur tous les enquiquineurs. Je ne tiens pas à avoir une cour d’admirateurs derrière moi. Les gens m’insupportent.

Une secousse des épaules avait accompagné d'une énergie lasse ce défaitisme qu'on lui connaissait bien, et qui expliqua encore la raison du pourquoi du comment de cette si odieuse conduite. Rosabel Northrop n'avait goût à rien, et certainement pas à la norme de socialisation qui avait décrété qu'un être humain émotionnellement doté nécessitait la présence de ses pairs. Cependant Rosabel avait appris à aimer la solitude qui l'accompagnait depuis sa plus tendre enfance, qui l'avait sans doute endurcie, de cette différence aussi ; Rosabel s'était toujours sentie unique. Et elle se souvenait pourtant de ce choix très flagrant qu'elle avait adopté si jeune en entendant les gloussements devant ces vieilleries poussiéreuses qui comblaient le vide de sa demeure de souvenirs ancestraux, mais qui avaient suscité les critiques de ces visiteurs venus rendre hommage à son défunt père, des jugements esthétiques d'un deuil. Alors, étreinte dans ses froids silences Rosabel rejetait la chaleur envahissante de ces intrusions ponctuelles dont elle se nourrissait pourtant brièvement à l'abri derrière ses prétentieuses apparences.

Car Rosabel avait décrété que l'Homme était mauvais.

Et Joan Parker dans cette bouffonnerie ennuyeuse qu'étaient les complexes formes des situations sociales n'évoquait bien qu'une ridicule trêve dans la morosité d'un quotidien. Quelqu'un d'autre l'aurait jugé attendrissante, et au contraire pleine de cet optimisme renversant, dans l'innocence de ses yeux si vastes, qui donnaient ainsi l'impression de vouloir englober chaque petit coin du monde pour le rendre sans doute plus grand. Mais Rosabel ne s'émerveillait pas de ces philanthropies qu'elle aurait jugé tantôt dépouillées d'intérêt. Elle préférait le charme de ces immondices incomprises qui marquaient les silhouettes et les âmes de ces gens dont la vie n'avait pas été épargnée. Naturellement, elle aurait cependant été la première à mettre au goût du jour et en verbe la laideur qui caractérisait la misère. Et là précisément dans cette fascination malsaine qui l'obsédait par moment se nichait toute la complexité de l'intrigante Rosabel Northrop.   

Joan Parker n'était qu'une eau de source ; pure et transparente.

A l'eau, Rosabel préférait l’enivrement rougeoyant du vin.

Ses cheveux basculant en arrière sans pour autant se défaire de cet aspect net de perfection, son terrible nez qui se dressait avec arrogance au centre de sa figure et coupait cette dernière avec une symétrie soignée, Rosabel dans une moue grimaçante et vaniteuse dressa son index en direction du miroir, impérieux, sur le reflet de Joan.

_ Et ne t’y trompes pas, tu es aussi une enquiquineuse !

Car l'on aurait eu tort de se sentir privilégié en compagnie de Rosabel Northrop qui avait la fâcheuse manie de ne jamais accordé trop d'importance à ceux qui avaient l'audace de pénétrer d'un pas, de deux, dans le cercle imaginaire qui la coupait du reste du monde ; la tolérance. Rosabel en était presque dépouillée.
Aussi la remarque de Joan lui arracha une mine un peu grave, qu'elle portait souvent d'ailleurs. Une main encore sur l'épaule de la jeune fille se crispa doucement.

Elle rencontra sa propre image dans la glace, y reconnut sa sévérité, et ce quelque chose d'affolant dont on l'avait doté. Elle avait hérité de la beauté stérile de sa mère, de la sévérité de son père qu'elle voyait se refléter, maussade, dans un regard trop dur. Rosabel était surchargée, du poids d'une allure trop rigide, d'un maquillage dont elle usait sans modération et qui rendait à la pâleur de ses traits un inquiétant contraste tout en superficialité qui ajoutait à l'ensemble une touche vipérine.
Joan Parker avait raison.    

_ Si je faisais si peur, tu ne serais pas là. Je ne suis en rien responsable de ceux qui se laissent intimidés trop facilement.

Imperturbable, elle resta droite derrière la silhouette de Joan, et même ce qui sonna comme un compliment la laissa de marbre. Sans sourciller, et vierge de toute émotion qui aurait pu trahir ses pensées, Rosabel s'affaira à la seule tâche qui comptait vraiment : arranger cette chevelure indisciplinée et mauve. Glissant sans tact ses doigts dans la cascade colorée, d'un soin précis et expert, on aurait reconnu dans au geste une certaine finesse.

_ Quelle naïveté. Je ne sais pas si c’est touchant ou agaçant. Il n’y a pas de gens qui ont bon ou mauvais fond. Il n’y a que des choix. Et crois-bien que j’en ai fait de biens pires. Ne définis pas ma bonne humeur par un adjectif aussi puéril, c’est inapproprié et tout à fait erroné.

Ainsi aller les mèches de Joan qui convergeaient toutes en une longue tresse souple et déliée entre les phalanges efflanquées et adroites de Rosabel.

_ Mais je te crois. Donc je vais te dire son nom. Le nom de mon plus grand secret. Il s'appelle... Octave.

Et cela ne voulait sans doute rien dire pour Joan qui comprendrait uniquement, peut-être, l'importance de la révélation. Mais c'était tout chargé de sens pour Rosabel, un nom tout chargé d'histoire, et de souvenirs, de trahison.

Et le passage de la longue galerie des glaces aurait ainsi donné lieu à un singulier spectacle, car il fut proprement remarquable de voir Rosabel coiffait Joan Parker tout en se livrant à quelque confidence curieuse.

De l'insolite.

_ Une dernière chose. Lorsqu’on porte un véritable serpent autour de son cou, on évite les écharpes en écailles. C’est de très mauvais goût. Et ça ne vaut clairement pas l’allure du vivant. Aussi, Joan Parker, si un jour je te vois avec une de ces atrocités, je viendrai personnellement m’en occuper et tu pourras te vanter d’avoir senti d’aussi près l’odeur du roussi.

Et clôturant son oeuvre, elle avait rejeté par dessus l'épaule de Joan, par dessus la masse écailleuse, la lourde tresse.

_ Félicitations, Joan Parker, ton capital de beauté vient d'augmenter.
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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
06.11.16 16:04


- Mais tu fais peur Rosabel. Tu fais peur et je fais bizarre. Pourtant nous ne le sommes pas.

Joan avait répondu avec cet air d’évidence, comme si cela était une vérité aussi implacable qu’un et un faisait un. S’il y avait tant de certitude dans cette déclaration, c’était parce que Joan, aussi perchée qu’elle avait parfois l’air d’être, n’était pas aussi sourde que ce à quoi on pouvait s’attendre et elle comprenait bien qu’on n’existait pas de la même façon au travers des autres, qu’au travers de soi. Que cela soit dû, à un problème de communications ou tout simplement une exclusion imposée par la dure et incontournable loi des premières impressions, nombreux de ses camarades s’arrêtaient à la surface et ne creusaient pas plus loin.
Ainsi Joan était bizarre. Ainsi Rosabel était parfois effrayante pour ceux ne les connaissant pas et il n’y avait aucune honte à ce que ce soit le cas. Du moins pour Joan, car elle avait bel et bien conscience de ne pas être différente et étrange par rapport à la moyenne. Peut-être avait-elle simplement l’esprit un peu plus ouvert que la moyenne. Mais elle était aussi saine qu’un autre, que Rosabel par exemple.

- Pourquoi s’appelle-t-il Octave ?

On avait senti un intérêt poindre dans cette question, prononcée d’une voix lente et légèrement flottante, tandis que son regard en biais, elle observait encore et toujours la tête luisante de l’animal.
Octave voulait dire huit. Octave était d’origine latine et était également, le nom d’un empereur. Cela sonnait un peu comme Basile au fond et Joan trouva donc que ce prénom lui était seyant, car il résumait bien la noblesse et l’élégance certaine du python noir de Rosabel. Mais elle ne doutait pas qu’il pouvait y avoir une signification un peu plus profonde, que la simple résonnance du nom lorsque prononcée, et Joan appréciait toujours connaître l’explication de telles choses. Aussi elle aurait voulu savoir toute l’histoire derrière ce nom, derrière ces écailles à l’éclat sombre.
Si accaparée par cette réflexion, Joan n’avait pas remarqué les doigts de Rosabel parcourant le travers de sa chevelure sèche et abîmée. Elle ne le comprit que quelques secondes plus tard, en observant de nouveau le miroir. Et les yeux de Joan s’agrandirent un peu, s’écarquillèrent d’avantage devant cette vision de Rosabel derrière elle, la coiffant avec application. Toute silencieuse, Joan oublia de respirer un temps, si obnubilée par le reflet de Rosabel s’affairant. Elle eut l’impression d’y voir quelque chose de tendre quoiqu’un peu machinal. Cela lui fit vaguement penser à sa mère le soir, qui brossait ses cheveux hirsutes avant qu’elle n’aille s’endormir. Et pendant une fraction de seconde, cette comparaison ne lui parut pas inapproprié, car Rosabel, impressionnante Rosabel, semblait savoir tant de choses de la vie. Elle avait malgré ses moues, une impression d’intemporel et de presque imperturbable. Malgré la différence minime d’âge, Joan pensa alors que Rosabel devait savoir tant de choses qu’elle ne connaissait pas.
La tresse finie, Joan observa à présent son visage dégagé et constata qu’elle ne savait pas en faire d’aussi belles. Rosabel était si habile. Ce qui somme toute n’était pas très étonnant lorsqu’on l’observait ; Elle dont l’apparence était sans le moindre défaut, toujours apprêtée avec la plus grande des attentions. Joan pensa alors, que la noblesse sorcière n’avait rien de trop différent avec celle des moldues car dans les deux mondes, l’apparence semblait être toute primordiale. Et c’en était presque un art inaccessible dont on ne comprenait pas les codes à moins d’en faire partis. Ou d’avantage une formalité et quelque chose de naturel, auquel on ne pensait plus au fil du temps.
Aussi, Rosabel lui parut donc à la fois proche et lointaine. Inaccessible et pourtant tangible.

- Je t’enquiquine pour de vrai ? Pourquoi est-ce que tu m’as coiffé alors ? Tu dis que je t’enquiquine mais tu ne comptes pas me laisser faire un fashion faux-pas. J’ai du mal à te comprendre, Rosabel.

Elle s’était alors retournée avec lenteur pour lui faire face et la dévisager avec ses yeux grands ouverts. Elle ressemblait vaguement à une chouette ainsi, tandis qu’elle détaillait Rosabel comme pour tenter de la comprendre avec exactitude.
Joan n’avait aucune idée de si Rosabel l’appréciait ou non. Mais il lui paraissait que oui. Si l’on oubliait ces mots, elle aurait presque eu l’impression d’être avec une amie.

- Tu es gentille avec moi.

Joan n’avait pas souri, car elle souriait rarement mais il y avait une constatation heureuse qui tapissait le fond de sa voix. Un accent joyeux, tandis que d’autres questions s’affairaient dans son esprit et que ce moment lui semblait agréable.

- Pourquoi s’appelle-t-il Octave ?

Elle regarda à présent le serpent et cela lui fit penser qu’elle devrait demander à Rosabel la liste des boutiques où l’on pouvait se procurer un tel animal, avant qu’elle n’oublie. Fouillant aussitôt dans le grand bazar organisé qui prenait place dans son sac en bandoulière, elle retrouva entre deux pommes de terre et un artefact alambiqué, un crayon ainsi qu’une feuille de papier blanc. Elle ne tarda pas à les tendre à Rosabel.

- J’aimerai bien que tu me notes le nom des boutiques du coup. S’il te plait.



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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
07.11.16 19:07

Les lèvres de Rosabel possédaient un défaut, infime, sur le côté droit, à la toute extrémité ; le chevauchement d’une lèvre sur l’autre. Défaut qui ne surgissait vraiment que dans cette pointe de contrariété qui frisait l’agacement que ne provoquaient vraiment que ces interrogations un tantinet indésirables.  

Mais oublier cet agacement qui aurait pu la surprendre tandis que les cheveux secs et colorés semblaient rappeler cette simplicité douce qui s’écoulait en fluide de la bouche de Joan Parker, Rosabel conservait cette attitude rigide derrière cette silhouette légèrement plus basse et qu’elle dévisageait par moment d’un bref regard dérobé qui, s’il aurait eu l’air strict n’aurait pas tant donné l’impression d’ennui qui la saisissait parfois lorsqu’on croyait bon de la contredire de quelques inepties. Mais elle reconnut à Joan Parker une vérité ; elle n’était pas si étrange que son look d’épouvantail pouvait le laisser présager, et peut-être Rosabel lui aurait accordé la vivacité d’esprit qu’on prêtait souvent aux protégés de la maison de Rowena Serdaigle. Mais silencieuse, elle ne parut pas bouleversée vraiment par les pensées échappées de Joan qui la laissèrent sans réaction notable.

_ Parce que c’est son nom.

Sa voix précipitée trancha sèchement dans l’air. Intransigeante.
Et un peu avare, la manière dont elle avait encore expédié le sujet témoignait de l’existence de ces occultes secrets que l’on aurait imaginés encore dramatiques, comme cela aurait dû correspondre au caractère parfois excessif que l’on prêtait volontiers à Rosabel, et comme l’on se disait que tout chez elle devait tendre vers un improbable mystère puisqu’on lui aurait encore refusé l’idée saugrenue d’une pudeur, l’envie simple de ne pas conter les aléas de sa vie privée à la première venue.    

On pensait parfois à Rosabel comme on rêve un film en noir et blanc, et son héroïne un peu invraisemblable à qui la vie n'a quasiment ou presque rien refusé. On lui donnait ces plans avec ces regards toujours très lents, le talon impatient, et la fumée de cigarette qui venait semblable à un épais brouillard dissimuler les énigmes qu'elle devait forcément cacher derrière une bouche intrépide. On se disait à l'entendre aussi, que Rosabel aurait parlé toute seule dans un divan pendant près d'une heure trente, et sans jamais se lasser, car les femmes telles que Rosabel causaient toujours trop sur toutes les vies ancrées en elles sans ne jamais divulguer l'unique. Alors malgré tout, même en se répandant de subordonnées en subordonnées, on aurait tout de même l'impression persistante et irritante de ne toujours rien connaître.

Rosabel n'était pas aisée à suivre, ni à comprendre. Elle avait ces réactions imprévisibles qui survenaient parfois sans grande cohérence et qui rendaient ses façons de penser plutôt nébuleuses. Elle trouvait donc agaçant que l'on puisse relever ainsi une incompréhension qui n'avait pas lieu d'être comprise, comme elle ne s'attendait de toute façon pas à ce qu'on la comprenne vraiment.

_ Naturellement, que tu m'enquiquines. Tu pensais réellement faire autre chose ? La lèvre de Rosabel se courba d’ironie. Bras croisés sous sa poitrine, et déviant son buste d’un coup sec de la hanche, elle ajouta de ses grands airs : Et c’est justement parce que tu es une enquiquineuse que je te coiffe. Parce que quitte à te supporter autant rendre ta vision moins déplaisante et moins inconfortable.

Un soupir épuisé siffla entre ses dents, dédaigneux.

_ Et de toute façon, on ne te demande pas de comprendre.

Elle se reprit enfin à détailler ce visage qui s’évertuait à dévisager le sien. Deux yeux bien trop grands qui ajoutaient à ses regards un air de fixation bête avec un je-ne-sais-quoi qu’elle trouva encore pitoyable. Une frimousse qui si elle n’était pas vilaine demeurait néanmoins parfaite pour aborder les futilités mielleuses telles que la gentillesse. Et cette bouche qui comme un petit bouton dans sa grande ascension initiatique vers l’éclosion semblait ne plus vouloir se taire ! C’était là encore des lèvres qui dessinaient les contours d’un grand puits versé dans les mièvreries.
Le visage de Joan Parker ne se refusait rien. Il était indigeste.
Ce devait être un caractère propre à l’ignorance. Il en suintait de tous les pores de sa peau.  

_ Tu as l’air tellement stupide.

Mais outre ces prunelles qui avaient une manie de fixer les gens de cette immobilité dérangeante, l’ampleur de la catastrophe frappait Rosabel dans cette allure générale qui rassemblait un pêle-mêle de mauvais goût pour un effet très cheap de grossière bohême.
Joan Parker apparaissait pour Rosabel Northrop comme cette entité chaotique dont l’obstination flirtait avec la bêtise et le pénible.

_ Tu n’as pas besoin de le savoir.

Ignorant le crayon qu'on lui tendait, et de cette mesquinerie assez féroce qui ne pouvait vraiment s'empêcher d'accompagner chacun de ses faits et gestes, sa main s'abattit fermement sur les joues de Joan. Ses doigts serrèrent la mâchoire ; elle obligea une bouche en cul de poule.

_ Silence, maintenant. Ca suffit.  

L'ordre donné, ses doigts malaxèrent doucement sa prise dans cet effet tout à fait burlesque qui fit sourciller Rosabel.
Et de sa main libre, on eut pu la voir se livrer à une nouvelle fantaisie tout à fait inattendue ; se saisissant d'un rouge des tréfonds de sa robe de sorcière, elle badigeonna les lèvres de Joan Parker d'une toute nouvelle teinte carmin.

_ Voilà qui semble bien mieux. Dorénavant, Joan Parker, je t'interdis de m'adresser la parole sans être coiffée et maquillée.    
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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
09.11.16 2:49


Et Joan s’était alors tue soudainement, quand Rosabel lui intima l’ordre de se taire. Avant qu’elle ne comprenne réellement tout ce qu’il se passait, cette dernière posa ses mains contre ses joues, les enserrant avec une poigne certaine. Joan se demanda alors si elle avait fait quelque chose de mal car elle trouvait ce geste agressif et méchant.
Soudainement triste et blessée, Joan sentit son cœur se serrer à l’intérieur de sa poitrine car jusque-là, elle avait eu l’impression de bien s’entendre avec Rosabel. Et il ne lui semblait pas avoir fait preuve de maladresse ou d’avoir été volontairement irritante. Mais elle avait bien conscience que parfois, elle ne faisait pas toujours ce qu’il fallait et elle pensa que cela avait dû être le cas. Et c’était bien dommage, elle commençait à apprécier Rosabel et n’avait pas voulu l’irriter. Mais au moment où elle s’apprêta à esquisser un geste pour écarter la main de Rosabel de son visage, cette dernière fit quelque chose d’inattendu. De sa main libre elle partit fouiller une poche de ses robes, en tirant un petit objet indistinct et Joan se demanda alors ce qu’elle comptait bien faire avec ça. Trop intriguée, le monde sembla se réduire à ses doigts et ce tube noir qui découvrit rapidement sa langue à la couleur sanguine ; Il s’agissait d’un rouge à lèvre et avec quelques gestes vifs, Rosabel l’appliqua sur sa bouche.
Prise au dépourvue, Joan eut à peine le temps d’y songer que Rosabel l’avait déjà lâché. Encore un peu surprise, elle se contenta d’écarquiller les yeux et de continuer à regarder droit devant elle avant de lever lentement le bras. Du bout des doigts, elle effleura ses lèvres maquillées, un brin rêveuse, puis pensa que Rosabel était définitivement très déroutante. Joan ne savait plus très bien quoi retirer de tout ça tant il était difficile d’extraire un avis, de ce qu’il venait de se passer.
Elle avait l’impression de gêner Rosabel ; Pourtant elle ne l’avait pas encore envoyé paître et lui avait même fait grâce de son serpent et de sa connaissance en matière de mis-au-point. Mais elle n’avait pas eu les mots très tendres. Aussi Joan était encore un peu déroutée car elle ne savait plus vraiment comment appréhender Rosabel.
Aussi, elle resta figée encore un peu dans ce silence total et complet. Puis elle repensa aux dernières paroles de Rosabel. Cette dernière avait vaguement sous-entendu, que Joan pourrait continuer lui adresser la parole, à condition d’être bien maquillée et bien coiffée.
Et à présent, Joan perdit cette brève impression qui l’avait fait se sentir parasite et elle reprit le cours de ses anciennes pensées. Elle revint alors au moment où Rosabel l’avait surprise et interrompue, comme si de rien n’était :

- Mais j’aimerai bien le savoir. C’est le genre de détails qui m’intéresse.

Elle jeta un regard en biais à Octave qui se prélassait toujours sur ses épaules et Joan eut soudainement envie de le voir regagner les bras de sa maîtresse, comme si en les voyant ensemble, elle aurait pu comprendre la signification de ce nom qui l’intriguait tant. Mais ne sachant comment déloger le reptile de ses épaules, elle préféra ne rien tenter et resta immobile.

- Tu veux le reprendre ?

L’instant d’après, Joan se fit un peu plus lointaine, un peu plus absente, alors qu’elle cherchait le meilleur moyen de s’exprimer afin de faire comprendre ses pensées à Rosabel. Elle reprit au bout de quelques secondes :

- Je sais bien que j’ai l’air stupide on le dit souvent. Mais ce n’est pas grave qu’ils disent ça parce que je sais que je ne le suis pas.

Joan avait dit ça avec cet air d’évidence, qu’on lui connaissait si bien, comme lorsque par exemple, elle expliquait l’une de ses théories loufoques à propos d’un sujet dont on n’avait jamais entendu parler. On le remarquait dans la gravité de sa voix et le sérieux de ses yeux, dans ce détachement profond qu’elle trouvait dans l’énonciation d’un simple fait.

Car cela ne l’avait pas dérangé qu’on la traite comme étant quelqu’un de stupide, non. Joan était habituée à de tels mots et de telles paroles. Aussi elle n’en avait jamais été réellement affectée, car on n’y trouvait aucune vérité. Si bien qu’elle en était insensible et qu’elle ne s’en refrognait jamais. Même si parfois elle trouvait que c’était un peu méchant, ce n’était pas non plus de leurs fautes si elle renvoyait une telle impression.

En parlant d’impression d’ailleurs, Joan en se retournant vers le miroir avait pu constater à quel point, sa mise en beauté quoique sommaire et très rapide, était très réussie. Elle ne s’était jamais vu ainsi et bientôt, cette vision étiola un petit sourire sur ses lèvres car elle était heureuse et découvrait dans son reflet une nouvelle Joan.
Enthousiasmée elle se retourna vers Rosabel :

- Tu es super douée pour coiffer et maquiller en vrai. Merci beaucoup.

Joan lui adressa un sourire et cette joie soudaine lui fit oublier toute l’ambiguïté que lui avait renvoyée Rosabel. Ce sentiment fut aussi noyé, par une idée qui avait germé dès l’instant où elle s’était aperçue.
Inspirant un grand coup, elle poursuivit.

- Tu sais Rosabel, tu devrais ouvrir une chaine youtube pour faire des tutos et des DIY. Je suis certaine que tu aurais un succès fou. Tu pourrais t’appeler RosyBeauty ou quelque chose du genre.

Puis elle se rappela qu’elle n’avait pas eu la liste des boutiques ou elle pouvait trouver un serpent mais elle ne savait pas s’il était judicieux d’en reparler tout de suite, car Rosabel avait ignoré ce geste en particulier.
Joan se ravisa donc de le faire à nouveau et pensa qu’au pire, elle pourrait lui envoyer un origami.

- D’ailleurs, je suis certaine que du platinum white t’irais à merveille !




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Re: c'est une belle écharpe _ NORTHROP
16.11.16 22:33

Rosabel pouvait sentir les petits pincements contrariés qui saisissaient sa mâchoire de nouvelles crispations, et qui lui donnaient ainsi des allures grimaçantes qui juraient follement avec sa beauté. Et à raison. Joan Parker ne savait pas lâcher l’affaire, et c’était là une insistance qui taisait progressivement sa patience, puisque malgré tout Rosabel détestait se répéter et prônait un non totalitaire qui n’avait pas vocation à être remis en cause.

Il fallait admettre que Joan était bien partie, car il apparaissait alors curieux que la redoutable serpentard ne l’ait toujours pas abattu de ces quelques perfidies acerbes dont elle avait le secret ou le talent. Elle n’appréciait néanmoins pas Joan Parker, c’était encore un fait puisqu’elle mettait un point d’honneur à n’affectionner personne, quoiqu’Anton et Darwin auraient pu prétendre le contraire. Mais il s’agissait sans doute de ces trop rares journées où il arrivait que Rosabel ne fut pas aussi désagréable qu’à l’accoutumé. Et en détaillant Joan comme elle l’avait fait plus tôt, la jeune femme en avait tiré une conclusion : Joan était de cette innocence adorable que l’on ne bouleversait pas. Mais elle ne s’attendrissait pas bien sûr, jamais, puisque cela ne lui ressemblait pas, cependant, Joan lui rappelait encore d’autres souvenirs qui ne l’invitaient certes pas à hausser le ton de sa voix. Ainsi, si elle paraissait agacée, irritée, accablée, désespérée peut-être par tant de désinvolture, Rosabel Northrop ne ressentait aucune animosité envers Joan Parker, pour la simple et bonne raison que le comportement de cette dernière lui évoquait une entité plus tendre et plus douce.

D’un geste familier, ses doigts s’égarèrent une fois de plus, de trop, sur le visage de la jeune fille.

Rosabel avait un geste qui lui était propre, et qui témoignait pauvrement de la sympathie qu’elle pouvait parfois ressentir envers d’autres. Et malgré ce qu’elle en disait, Joan Parker ne lui était pas désagréable.

De son assurance habituelle, et sans trop réfléchir, et tout en fixant toujours les grands yeux bêtes de Joan, ses doigts pincèrent sa joue sans ménagement.

_ Repose-moi une fois encore la question, et je t’enlèverai des points. Pour enquiquinement. Et tu ne voudrais pas faire perdre des points à ta maison pour quelque chose d’aussi bête. C’est mon dernier avertissement.

L’air naturellement grave de Rosabel aurait encore appuyé ce sérieux qu’elle avait dans ses propos.
Rosabel Northrop n’était pas drôle, et malgré un certain nombre de menaces jetées en l’air de cette pointe de sadisme, elle ne craignait certes pas l’abus de pouvoir.
Elle n’était pas juste, c’était un fait qui se justifiait encore parce que le monde en général ne l’était pas.

Elle reporta un instant son attention sur le reptile qui siégeait sur les épaules de Joan. Mécaniquement, elle porta une main sur sa nuque douloureuse qui lui rappelait qu’elle avait bien suffisamment porter son poids pour la journée.

Elle répondit dans un léger ricanement.

_ Pourquoi, tu veux me le rendre ?

Et sans le moindre signe de remords ou la moindre honte, elle abandonna purement son fardeau fétiche sur ce qu'elle considérait sans doute comme son nouveau porte manteau, et ne tenta rien pour soulager l'incapacité propre de Joan à se défaire de l'étreinte du serpent, comme cela l'arrangeait plutôt de se débarrasser de la bête pour le restant de la journée.

_ S'il n'essaye pas de te tuer, c'est que tu n'es pas aussi inconfortable que ce que tu parais... Tu as l'air si raide ma pauvre chérie... Ce disant, la paume de sa main avait doucement claqué contre sa joue, de cet air dramatique et faussement peiné alors qu'elle dévisageait les bras immobiles contre lesquels s'enroulaient les anneaux écailleux.

Ne changeant pas d'avis, elle se détourna enfin dans un soupir long et fit quelques pas en direction d'une large fenêtre, s'appuya d'une épaule dans l'encadrement de la pierre et regarda sans voir s'étendre sous ses yeux las l'étendu du domaine. Elle agita une main dans les airs en même temps qu'elle écoutait vaguement les divagations de Joan, dont elle ne comprenait plus véritablement la signification des mots. Et quoiqu'elle comprit bien qu'elle lui parlait de choses moldues, elle leva simplement les yeux au ciel dans ce sempiternel agacement, quoique bien ancré ; la technologie moldue.

_ Bla. Bla. Bla.

Voilà qui lui donnerait bientôt un furieux mal de tête, elle en était certaine. Car enfin, Joan Parker l'affublait de tant de mots depuis tout à l'heure, de tant d'inepties et de bêtises. Mais le langage moldu, c'était sans doute le summum de ce qu'elle voulait bien supporter. Et elle ne supporterait certainement pas la chose pour une Joan Parker.

_ Vois-tu Joan, dans la vie, il y a énormément de choses qui m'agacent. On compte plus de choses qui m'agacent que de choses qui me plaisent. Que tu m'enquiquines passe encore, parce que tu as raison, tu n'es pas stupide, naïve sans doute, pleine de bonne volonté peut-être, mais pas stupide, et c'est un bon point pour toi puisqu'il n'y a rien qui m'insupporte plus que la bêtise. Tu parles beaucoup. Qu'à cela ne tienne, moi aussi. Cela passe donc encore. Mais que tu te mettes à parler comme une moldue, vois-tu, cela me dérange bien plus. Elle se retourna à moitié, dévoila une longue et délicate baguette dont le bout scintillait déjà d'une petite lumière verte. Nous ne sommes pas des moldus, nous ne vivons pas comme tels. Nous sommes des sorciers. Et je suis Rosabel Northrop ; retiens-le bien. Et j'ai en horreur que l'on m'assimile de près comme de loin à toutes activités dépourvues de la moindre magie. Me prendrais-tu pour une sang de bourbe ?

Son regard dur s'était ancré dans celui de Joan, et une note plus droite, plus sévère avait étreint le dialogue. La voix grave surfa sur son timbre fatal.

_ Ne deviens pas si inintéressante, veux-tu. Sois mignonne chérie, je n'ai pas envie de te jeter un silencio mais je le ferai si tu m'insupportes trop.

Un bras sous sa poitrine, dos contre la pierre, port de tête fièrement dressé, deux doigts agitant avec assurance le fin morceau de bois en direction de la silhouette de Joan en guise de menace, d'un petit mouvement des lèvres, elle parut interdire l'autre de rétorquer tandis qu'elle poursuivait dans sa lancée.

_ La classe, chérie, ça ne s'apprend pas ; on naît avec. Toi, tu n'as pas de classe. Tu auras beau lire toutes les éditions de sorcière hebdo, tu ne l'atteindras jamais. Mais ce n'est pas grave.

Un petit moulinet du poignet, un sortilège informulé, et ce fut l'uniforme complet de Joan Parker qui parut soudain se lisser de tous ses grossiers plis.

_ Tu as du style. Et du cran. Et ça me plait. Tu me plais, Joan Parker.
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