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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST

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 sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST

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sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
05.11.16 3:01

Encore.

Un doigt levé, esquissant un geste qu’il répétait depuis quelques minutes déjà, Demeter sentit son estomac remuer mollement. Derrière le comptoir poussiéreux sur lequel il était accoudé, un homme haussa vaguement des sourcils mais ne broncha pas et s’affaira.

Il était quinze heures et quelques quand on servit à Demeter son troisième whisky-pur-feu.

Il devait être curieux de le voir ici, un samedi, s’abandonnant à un état de telle déchéance. D’ordinaire, il était le genre de personne allergique à ce genre de lieu déjà ; La tête de Sanglier était certainement l’établissement le moins fréquentable de Poudlard. L’endroit était décrépi, sombre, tombait en ruine et sa rare clientèle se composait de quelques personnes aux allures obscures et étranges. Comme par exemple, cet homme tout à sa gauche, au fond de la pièce, encapuchonné et qui semblait parler à sa main gauche, agitée de curieux soubresauts. En arrivant, il avait formé un contraste plutôt détonnant avec eux. Toujours bien rangé et très propre sur lui, il était inadéquat à un endroit aussi minable et lugubre. Avec sa chemise bien blanche, boutonnée jusqu’au col et sa peau parfaitement lisse, on l’aurait plutôt vu avec les autres élèves de son âge, trainer du coin des trois balais.  

Pourtant il était bel et bien là.

Et dans un curieux état.

A présent, le col de sa chemise pendait ouvert et froissée. Ses cheveux blonds et fins, toujours peignés avec grand soin, tombaient désordonnés un peu partout, comme s’il avait tenté de se les arracher. Il y avait des cernes noirs et profonds, sillonnant le dessous de ses yeux. Sa posture lui était étrangère, tandis que juché sur son tabouret, ses épaules s’étaient relâchées.

Demeter Green n’avait alors rien du petit crétin goguenard qui arpentait les couloirs de Poudlard comme un roi parcourait les forêts de son vaste domaine mais tout d’une âme en peine, dont le chagrin sourdait les veines.

Il ne se cachait plus de tout le vide qui l’habitait depuis les débâcles des semaines passées et avait, au contraire, complètement accepté toute la vacuité dont il était empli. Dépourvu de son orgueil habituel, que Daphné avait poignardé, il se faisait cynique et caustique, avait décidé de se moquer de tout mais surtout de lui.
Et par-dessus tout il souhaitait oublier le temps de quelques instants. Afin que ce vide soit un peu plus agréable, un peu moins dégueulasse.
Alors comme nombre de gens l’avaient et le faisait toujours, Demeter s’était penché vers l’alcool comme solution miracle ou échappatoire. Il ne savait pas mais n’en avait pas grand-chose à faire. Tout juste avait-il conscience que se brûler la gorge en buvant à cul-sec, lui rappelait qu’il n’était pas qu’une carcasse vide mais qu’il était bel et bien vivant. Il recouvrait son amertume, à l’aide de cette liqueur dégueulasse qui lui laissait un sale goût en bouche. Mais c’était justement en étant aussi atroce que cela lui permettait d’oublier. Alors il se concentrait sur cette chaleur dévorante et cette impression d’engloutir du feu liquide, afin de rendre son existence un peu moins fade.
Et au bout du deuxième verre, il en était venu à oublier tous ces gens qui n’en valaient pas la peine. Les Daphné, les Argus, les Juniper. Lui revenait aussi enfin, toute cette colère qui avait toujours constitué le fer et sans laquelle Demeter n’aurait pas été Demeter et silencieusement, il se mit à invectiver tout ce monde qu’il détestait tant.

Avant que tout ne retombe brusquement, car même cracher tout son dégoût le laissait étrangement vide.

C’est à ce moment-là, qu’il prit conscience de sa présence. Il n’aurait pas pu dire si elle venait d’arriver, ou si elle avait toujours été là tant il n’avait été attentif à rien.

D’une inflexion naturelle il prononça son nom avec la voix traînante qu’on lui connaissait si bien :

- Poltergeist.

La blondasse d’Argus dont il avait toujours exécré la compagnie car elle avait tout de gryffondor. Autant dire qu’elle était insupportable et que dans la liste  des gens qu’il appréciait le moins, elle s’était offert une place de choix tout en haut. Car non contente d’être détestable, elle trainait avec de la vermine. Vermine dont Argus faisait aujourd’hui parti. Au moins, il ne la haïssait pas avec passion comme les Nails ou autre sang-de-bourbe pullulant à Poudlard.

Sa présence ne l’irrita pas. Tout juste la trouva-t-il pitoyable et un rictus narquois ne tarda pas à trouver ses lèvres. L’instant d’après il fit fleurir une remarque en la dévisageant longuement.

- C’est un véritable plaisir de te croiser ici Poltergeist. Je n’aurai pas pu rêver de meilleure compagnie. Ravi de voir que tu n’es pas avec ta bande de crétins.

L’alcool lui faisait dire des bêtises qu'il ne pensait pas. Mais au point où il en était, il se fichait bien de l’impression qu’il pouvait lui renvoyer. D’un trait, Demeter acheva son dernier verre avant de s’adresser de nouveau à sa camarade.

- Quoi de neuf l’handicapé ?
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Re: sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
05.11.16 20:41





sans tambour ni trompette, laissons tomber le rideau au dessus de nos têtes ; retirons nos faux-semblants, relâchons les épaules et écorchons nos âmes d’enfant


sans tambour ni trompette

avalon & demeter


Elle était hideuse.
Avalon n’était ni du genre à se voiler la face, ni du genre à apprécier ce qu’elle voyait dans le miroir. Elle était hideuse. Écorchée, les fissures pâles déchirant son bronzage naturel -vergetures, cicatrices,  souvenirs tordus d’un camion trop rapide- lui arrachent une grimace dégoûtée. Elle avait pourtant l’habitude et se forçait à trouver tout ça normal; ses études étaient dangereuses, elle mettait sans arrêt sa vie en péril, et le medecin lui avait dit que le souvenir de son accident resterait gravé à jamais dans sa chair.
C’était bien la raison de ses hanches, de son dos tatoué.
Mais quand on le savait, on ne voyait que ça.
La laideur sur son corps pourtant élancé.
Elle ferme les yeux, se retourne brusquement et termine de s’habiller. Elle voulait sortir. Seule. Oublier les derniers jours éprouvants, trouver du calme où se détendre. Elle aimait les samedis pour la liberté qu’ils lui apportaient. Elle aimait les samedis pour pouvoir s’évader et esperer ne penser qu’au vide. Qu’à des choses futiles. S’éloigner de la réalité qui parvenait à devenir trop pesante, souvent.
Alors Avalon sort du château, figure écarlate sur le chemin du village.
Elle ne réflechis pas vraiment en poussant la première porte qui lui tombait sous la main.
Tête de Sanglier.
Ah.

Elle hausse les épaules et continue d’avancer, ses talons claquants sur le bois de l’auberge. Elle se fichait de faire tâche dans son manteau vif, sa robe immaculée, ses cheveux propres et son audace démesuré. Elle se sentait aussi sale que l’établissement, aussi souillée que le monde, aussi creuse que.
Le verre de Demeter.
La boule dans sa trachée bascule en bas de son estomac et ses lèvres se tordent: une grimace dégoûtée, un sourire tordu, aucune idée. Oh, il avait l’air si brisé, le Demeter, que ça la faisait sourire. De ce sourire moqueur qu’il lui avait enseigné -parce qu’elle avait appris, avant lui, à haïr en silence, mais jamais à le montrer. Elle contemple sa silhouette, étonnée par l’allure désordonné qu’il n’aborderait jamais.
Et elle sourit.
Parce qu’elle sait.
Pourquoi.
Elle est choquée, évidemment. Dégoûtée, choquée et déçue. Elle n’aimait jamais aimé le Serpentard. et le peu de chose qui lui donnait de l'intérêt -la raison pour laquelle elle n’arrivait pas à abandonner, à passer à autre chose, à oublier- il l’avait anéantis quelques jours auparavant d’un coup de baguette.
Il lui faisait.
Pitié.
Et quand il prononce son nom -elle s’était avancée vers le comptoir- sa voix creuse la fait frissonner.
Avalon n’aimait pas Demeter.
Mais Avalon ne souhaitait à personne ce qu’elle endurait encore aujourd’hui.
« Poltergeist. » « Demeter. » Elle ne s’était jamais résolue à l'appeler Green. Parce que c’était aussi le nom de Juniper et qu’elle n’avait rien contre son capitaine. Elle hésite une fraction de seconde avant de prendre place à gauche du blond, ses iris orageux passant du verre plein au visage creux, puis se figeant sur le barman alors qu’elle commandait à boire.
Il était quinze heure et, si ce n’était pas dans son habitude d'ingérer de l’alcool aussi tôt, elle se disait que c’était sûrement le seul moyen qu’elle avait à porté pour supporter les commentaires amères du garçon qui ne tardent pas à fuser.
« C’est un véritable plaisir de te croiser ici Poltergeist. Je n’aurai pas pu rêver de meilleure compagnie. Ravi de voir que tu n’es pas avec ta bande de crétins. » Elle étire ses lèvres et ses épaules se secouent d’un rire moqueur. Encore des faux-semblants. Encore des mensonges découverts. « Plaisir partagé. Je suis venue te tenir compagnie puisque tu es manifestement tout seul. » Elle porte son verre au bord de ses lèvres.
Si l’alcool pouvait lui faire oublier cette journée qui s’était obscurcie d’un coup, elle était preneuse.
« Quoi de neuf l’handicapé? »
Ses muscles se tendent et elle repose son verre sur le comptoir. Peut-être un peu trop brusquement si elle en croyait le leger sursaut du barman.
Sa mâchoire se crispe et ses yeux se plissent.
Ca ne servait à rien de le frapper, elle le savait déjà.
Ca ne servait à rien de s’indigner, elle le savait déjà.

Avalon avait l’habitude des remarques sur ça.
Surtout de sa part.
Mais ça ne l'excusait pas. Ca n’excusait rien.Elle avait grandie avec une soeur paraplegique et avait appris à lancer les coups qu’elle ne pouvait pas atteindre. Elle avait la tolérance gravé dans son ADN, mais tout les jours l'existence de Demeter lui faisait rappeller à quel point elle pouvait avoir envie d’enterrer quelqu’un.
Mais Avalon avait encore sa dignité.
Et elle ne se laisserait pas rabaisser.
Par celui qui avait manqué de tuer son meilleur ami.
« Pas grand chose. C’est calme depuis la Dragonrun. Mais.. » Elle avale une nouvelle gorgée avant de poser les coudes sur le comptoir, la joue mollement appuyée contre sa paume libre. Et ce petit sourire narquois, insupportable et si doux qu’elle avait l’habitude de porter quand le coeur n’y était pas. « Vu que tu t’es cassé la gueule de ton piédestal, tu dois en avoir des choses à raconter. Pour finir à 15h à boire ici. »
A quel point la chute était-elle douloureuse, Demeter Green?



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Re: sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
05.11.16 22:31

Il avait tôt fait d’abaisser de nouveau son regard vers son verre vide. Et toujours du même geste lent et légèrement désarticulé, il en fit venir un autre. N’y trempant pas ses lèvres immédiatement, il en remua plutôt le contenu et répondit à Avalon de manière doucereuse.

- Je ne suis pas seul puisque tu es là. Et avant que tu arrives, j’étais en charmante compagnie.

Il accompagna sa réplique d’un bref coup d’œil sardonique, désignant les quelques pauvres demeurés les entourant. Puis il reporta son attention, tout contre le bois miteux du comptoir.
Avalon s’installa le plus naturellement du monde à ses côtés, comme s’ils avaient été des vieilles connaissances ayant convenus de se retrouver à cette heure précise. Comme si tout cela était un rituel hebdomadaire auquel ils s’adonnaient depuis bien longtemps déjà, tant il n'y avait rien de malaisé; Sans doute une impression que lui imposait le vide ou l’alcool. Il ne savait pas bien.
Ils devaient sans doute avoir l’air insolite à présent. On aurait remarqué sans peine ces deux curiosités perdues à la tête de sanglier en pleine après-midi. Et Demeter n’en avait que bien trop conscience mais dans son indifférence il n'y trouvait rien d’inapproprié.

- Ah oui. La dragonrun…

Il l’avait presque oublié et l’aurait sans doute fait, si ce n’était pour la forte impression qu’avait faite Bêta lorsqu’il était venu interrompre ce minable événement.

- J’aurai aimé t’y voir Poltergeist. A la place de Nails, tiens. En train de cramer. Tu aurais peut-être vraiment eu la tronche d’une grande accidentée. D’ailleurs, comment va El Aoudi ? J’espère bien qu’elle a la même gueule que Bones.

Un nouveau sourire provocateur lui vint et il observa Avalon avec un rictus cynique. Mais cette petite pique qui auparavant lui aurait retiré le plus grand des plaisirs, ne remua rien en lui. C’était plus par habitude qu’autre chose, qu’il avait tenté de faire tiquer Avalon. Qu’elle s’énerve ou non, au final, il n'y accordait pas d'importance. Quoi que. Il était toujours drôle de venir la titiller. Et peut-être que cela pouvait être amusant dans cet après-midi si vide.
Il parut réfléchir quelques secondes avant de poursuivre. Demeter parlait comme il le pensait et mima un air faussement désolé. Il s’était pris au jeu de la conversation et divaguait comme bon lui semblait, jouant avec les pièces de son âme car il n’avait rien de mieux à faire. L’absurdité lui arrachait un rire cynique.

- Quoique. Tu sais bien que je ne souhaiterai jamais le malheur à quelqu’un d’aussi rayonnant que Siham…

Il faussa un air complice ; De cette amicalité factice dont il se pâmait auparavant lorsqu’il se trouvait coincé entre elle et Argus. Par égard pour le gryffondor, il s’était toujours forcé à être amical, même s’il n’en pensait rien. Aujourd’hui, tout revint naturellement, malgré l’absence d’Argus.
Avalon au fond n’aurait pas été insupportable s’il ne s’était pas pris à la détester par principe. C’était une règle tacite et inscrite dans le cœur de tous les sorciers. Le carcan des traditions qu’il admirait tant ; L’inviolable rivalité entre Gryffondor et Serpentard. Evidemment, cela avait toujours été la source d’un grand conflit intérieur, puisqu’Argus et Juniper avaient fini par s’y retrouver.
Mais quand ça ne les concernaient pas, il se faisait une joie malsaine d’haïr, d’embêter, d’écorcher ces impétueux rouges, à la fougue affaiblissante. Que ce soit cette sotte de Beauty, ce bouffon de Nails, il s’était efforcé de grossir leurs défauts et de ne retenir que ça.
Dans le cas d’Avalon Poltergeist, c’était son caractère de chien, ce répondant brûlant qui au-delà du mépris, lui avait toujours donné parfois quelques envies violentes de l’écraser soudainement. Et son rapport à elle, en était donc un peu plus profond, un peu plus insidieux. Il ne se résumait pas à bel et simple et dégoût car en soit, elle possédait également des qualités admirables, presque enviables qu’il avait été forcé de constater.
Il ne se l’était jamais avoué cependant et à présent l’alcool empêchait tout raisonnement de sa part. Demeter se contentait de parler comme il en avait envie. Dans sa tête rien n’était franchement ordonné.
Il avait simplement conscience de sa présence. Elle l’indifférait tout au plus. Quoique. Il y avait quelque chose de divertissant, dans ce jeu auxquels ils s’adonnaient. Et il n’avait jamais bien supporté la solitude, même dans cet état, où tout paraissait abstrait.
Au fond ce n’était pas si mal que d’être en sa compagnie.

- Pas grand-chose, non. Je suis là, avec toi. Et ce qu’il reste de moi.

Oui tout ce cirque ne rimait à rien et c’était sans doute ce pourquoi il le faisait. Alors comme s’il s’agissait d’une vieille amie, comme s’il l’eut apprécié, Demeter fit mouvoir quelque peu son tabouret et se rapprocha d’elle. A présent plus proche, il pivota son cou et observa son visage en détail, avec minutie, comme pour accrocher ses pensées à quelque chose, comme pour parvenir à enchaîner. Elle ne lui avait jamais semblé aussi blonde et l’or d’une chevelure était toujours un détail qu’il aimait remarquer. Esthétiquement il trouvait ça plaisant. Et Avalon lui sembla alors un peu moins laide.
Au bout de quelques secondes, il finit par enchaîner, sans pour autant détacher ses yeux d’elle.

- Je peux te raconter mes malheurs si le cœur t’en dit.

Dans cet état il n’avait rien à cacher. Il n’avait tout simplement rien ; Plus d’égo, plus d’orgueil, pour gronder devant les plaies et les entailles, qu’il exhibait à l’ennemi de toujours. Cela l’indifférait. Elle pourrait se moquer, le parjurer, l’injurier, il n’y avait plus rien à faire sur cette plaine où déjà tout avait soufflé. Alors il s’en fichait bien. Il pourrait lui conter ses malheurs si elle le désirait. Il lui raconterait la douleur soude et aigue, les plaintes soudaines et surtout la douloureuse chute si c’était ça qu’elle souhaitait entendre.
Il lui en ferait grâce. Tout simplement parce qu’elle était là en cet instant présent.
Avalon.

Ou Cassiopée d’ailleurs.

Cela lui alla un peu mieux car le second prénom avait une connotation houleuse sur ses lèvres, tandis que celui-ci était un peu plus ambigu. Il convenait donc parfaitement à la situation présente, ou il lui balançait des vacheries en toute impunité et surtout, l’invitait à partager toute son intimité.
Car il était vide et c’était comme être nu. Et en plus il se sentait bien ivre déjà.

- Et toi que viens-tu faire ici ? Ne me dis pas que tu es venue pleurer sur ton sort. Cassiopée.

Avalon avait toujours été de ces lions un peu farouches passant son temps à rugir et à griffer. Cassiopée était peut-être un peu plus délicate. Peut-être était-elle de ces filles un peu plus fragiles que s’était toujours plu à mimer Daphné. Celles victimes de maux dont personne ne connaissait le nom.

Peut-être que Cassiopée était fragile quand Avalon lui avait toujours paru si désespérément forte.

- Ca nous ferait un point commun. Et pour peu je t’en détesterai un peu moins.

Puisqu'elle serait alors un peu comme lui et la similarité avait parfois de troublant, qu'on y trouvait parfois de la sympathie.
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Re: sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
09.11.16 22:19





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avalon & demeter


Je ne sais pas.
Pourquoi je reste, pourquoi je lui parle, pourquoi je m’interesse à Demeter.
On m’avait toujours dis que le contraire de l’amour était l'indifférence et non la haine. (c’est vrai; se faire ignorer est pire que tout.) Mais l’irritation qui me démangeait ne me permettais pas de rester impassible en face de lui; je crevais d’envie de l’abattre. C’était cruel. Je sais. Mais à quoi sert l'innocence face à la violence?
A rien.
Et pourtant.
Pourtant son indifférence flagrante et le vide qui semble l’habiter me fait balancer. Entre le rire et l’hésitation. Entre le mettre à terre comme je l’avais toujours voulu depuis notre première rencontre ou éprouver ne serait-ce qu’une once de compassion.
Compassion.
A l’égart de Demeter.
Une chose à laquelle je n’aurais jamais pensé, parce qu’à part son attitude déplorable, rien n’indiquait que ce moment-là arriverait. (on aurait dû pourtant, c’était si facile à deviner vu ses propos) Mais on est tous humain. Certains juste plus que d’autres. « Ah oui. La dragonrun… » J’hausse un sourcil, détourne les yeux de lui pour les planter dans le vide du mur. Il parlait comme s’il avait oublié; comment était-ce possible? J’aurais aimé l’oublier, moi aussi. Tout le monde ne parlait que de ça , de l’arrivée de Beta, de l’hécatombe que ça avait entraîné. « J’aurai aimé t’y voir Poltergeist. A la place de Nails, tiens. En train de cramer. Tu aurais peut-être vraiment eu la tronche d’une grande accidentée. D’ailleurs, comment va El Aoudi ? J’espère bien qu’elle a la même gueule que Bones. »
Ah.
La revoilà, l’envie de l’étrangler, de l’envoyer valser dans le mur, d’entendre son crâne craquer sur le bois du comptoir. Et pourtant je reste immobile, tâchant de refroidir la vague de colère qui monte douloureusement. S’il remarque mes doigts crispés à mon verre, son sourire provocateur sur son visage d’ange (fatigué et déchu, l’ange) ne grésille pas.
Ah.
Qu’est-ce que j’aimerais arracher ce sourire de tes lèvres, Demeter.

« Quoique. Tu sais bien que je ne souhaiterai jamais le malheur à quelqu’un d’aussi rayonnant que Siham… » « Bien sur... » Même moi je peux entendre l’amertume de mes mots, le zeste de colère qui les peint doucement. Et la si belle et si fausse amitié qu’on avait tâché de jouer, jouer devant Argus parce qu’il était (et l’est toujours pour ma part) trop précieux pour nous pour se risquer à le perdre en injure publiques et colère maladives, elle revient doucement. Plus par les mots que par le ton, plus par l’attitude que le regard.
Pourtant son absence d’arrogance et d'orgueil (emmené par Argus et Juniper, sans doute) parvient, un peu, à me faire garder mon sang-froid.
Et c’est.
Etrange.
Parce que je n’ai aucun souvenir de m’être déjà retrouvée dans une situation semblable.
Je ferme les yeux, port à nouveau mon verre aux lèvres, et pousse mes pensées sur le côté. « Pas grand-chose, non. Je suis là, avec toi. Et ce qu’il reste de moi. » C’était beau, ça avait l’air profond, et j’en avais rien à foutre. Je l’entend qui se rapproche, entrouvre mes yeux pour les garder dans le vide et sent son regard sur moi. Longtemps. Trop longtemps.
Je suis hideuse.
Arrête.
Arrête.
Regarde autre part.
Lâche-moi.

C’est pas que ça m’importe qu’on me défigure ou pas; mais être observée, si longtemps, si attentivement, par lui, ça avait quelque chose de dérangeant et de terriblement gênant.
Comme se sentir nue au milieu d’une assemblée.
Alors qu’il avait l’air si mort.
Mais se faire fixer par un mort était sans doute plus terrible.
« Je peux te raconter mes malheurs si le cœur t’en dit. » J’hausse les épaules feignant l’indifférence; « Ils ont l’air nombreux et passionnants, je t’en pris. » Et le coeur n’y était qu’à moitié. Entendre Demeter se plaindre n’aurait rien de bien passionnant, mais l’entendre au bout de son monde serait jouissif. « Et toi que viens-tu faire ici ? Ne me dis pas que tu es venue pleurer sur ton sort. Cassiopée. » Un frisson désagréable me glace la gorge. Cassiopée. Seuls mes parents et Spencer utilisaient encore ce prénom. De la bouche de ce dernier ça ne me faisait ni chaud ni froid; mais, autrement, ça me faisait crisser des dents. Perséphone m’avait toujours appelé Avalon et j’avais fini par l’adopter entièrement. Et revenir à Cassiopée, c’était comme dire qu’Avalon n’avait jamais existé. Comme dire que la carapace d’acier que je tâchais de construire petit à petit pouvait se déchirer à chaque instant pour dévoiler l’enfant que, je sais, attend toujours au fond du couloir qu’on vienne la chercher.
J’ai toujours attendu que Perséphone revienne et me prenne par la main; et lorsque j’ai enfin compris que, non, elle ne se retournerait pas, Cassiopée s’est perdue.
Sans lumière.
Seule.
Dans le noir.
« Ca nous ferait un point commun. Et pour peu je t’en détesterai un peu moins. » Je met sans doute un peu de temps à intégrer sa question précédente. Non. Je ne pleurais pas sur mon sort quand je le désirais. C’était si compliqué et si destructeur, cette ‘maladie’ qu’on m’attribuait. Mais j’en avais l’habitude. Parce qu’après sept ans à cohabiter avec la dépression dans le coin de mon cerveau, on finit par ne plus y faire attention.
« Ca serait dommage, hein.. » J'étouffe un rire cynique au bout de mes lèvres et secoue la tête, doucement, faisant valser les boucles blondes autour de mon visage.« Non, j’étais venue chercher un peu de calme. Sûrement pas au bon établissement. » Je tourne légèrement la tête et mes iris rencontrent les siens, vide de sens, impassible et fatigués. J’avais voulu parler de la clientèle habituelle de l’auberge. Pouvait-ce s’appliquer à lui?
Sans doute.
Sans doute..
« Peut-être pas avec la bonne personne. t’as au moins le mérite d’être plus calme que la grande salle. T’as l’air.. » Je laisse en suspens, cherchant mes mots.« mort. »
On avait l’air de deux cadavres perdus, de retour sur terre et incapable de s’en rendre compte.
On avait l’air de fantôme oubliés et inconscient d’être visible.
On aurait dit.
Sans doute une petite Avalon à treize ans à côté d’une Cassiopée de vingt ans.



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Re: sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
10.11.16 15:56


Et Avalon remua faiblement de la tête alors qu’il devinait un souffle cynique sur le bout de ses lèvres, tandis que l’or de ses cheveux suivait le mouvement désabusé attisé par sa remarque. L’observant toujours avec le même regard vide, Demeter détourna enfin son attention à ce moment-là, reportant plutôt son attention sur son verre bientôt vide. Il commençait à avoir la gorge un peu chaude et presque râpeuse mais ce n’était pas une sensation désagréable au milieu de tout ce néant. Bien au contraire ; Il avait besoin d’un goût bien dégueulasse et amer logé en lui afin d’être certain de ne pas être devenu une coque complètement éviscérée et vidée de toutes ses entrailles, incapable de ne plus rien ressentir.

Au fond Poltergeist n’avait pas tout à fait tort et cette réalité sonnait trop bien à ses oreilles, puisqu’il en avait déjà fait le constat.

Il avait l’air mort.

On le sentait tout du fond de son regard autrefois narquois, maintenant creux et inanimé qui se perdait dans le vide sans réellement voir. On le voyait sur ses lèvres qui ne s’étiraient plus et avaient laissé l’affiche d’un sourire agressif, pour celle d’une moue blasée. On le sentait à ce corps abandonné, assis sur son tabouret, qui ne se révoltait pas de la présence de la gryffondor alors qu’auparavant, il aurait eu des mouvements un peu vifs, et tendus. Mais la vacuité habitait à présent, la gestuelle de Demeter, dont tout trahissait l’indifférence et l’abandon auquel il semblait vouloir se livrer.
Elle avait raison et il ne le niait pas car c’était une évidence. Un rire muet le fit tressaillir une seule seconde. Ivre, il était drôle de constater à quel point il avait l’impression de n’être plus rien et ses traits forcèrent et caricaturèrent alors, son sourire acéré et ce regard pointu qu’on lui avait tant connu.

Il n’était pas théâtral habituellement, mais il avait bu alors cela lui paraissait de circonstance.

- J’ai l’air mort parce que je me sens mort. Et toi tu as l’air fatiguée. Je te préfère comme ça d’ailleurs. Ça te rend beaucoup moins moche. C’est toujours moche, une femme qui s’énerve d’ailleurs. On dirait des harpies. Les femmes ne sont pas faites pour de telles expressions. Elles devraient toutes être comme Louise.

Mais la plupart ne l’étaient pas; Il y avait Nails et sa sale petite tronche renfrognée en permanence, comme si elle avait sans cesse une crotte sous le nez. Il y avait Amandine et son visage aux milles expressions qui ne savaient pas rester stoïque plus d’une seule seconde. Il y avait Coughlin et ses cheveux noirs, ses mains abimés à force de trop bricoler qui était morte à présent et c’était tant mieux. Il y avait Clémentine et ses airs blasant de stupidité. El Aoudi et son ineffable énergie que rien ne semblait pouvoir tarir. Autant de visages méprisants, ridicules tant il lui était désagréable de les regarder.

Il aurait fallu à ce monde d’avantage de Louise, oui. De Stella. De ces grandes dames qu’on assimilerait plus tard au Professeur McFayden, de part cette prestance naturelle qu’on leur sentait…
Et là, il y avait Cassiopée, ou Avalon, ou Poltergeist ; Tout ça à la fois et il se rendait compte à quel point il était alors curieux d’être en sa compagnie. Il ne l’avait jamais observé en détail auparavant car le fait d’être à Gryffondor, suffisaient amplement à la rendre laide. Mais dorénavant défait du carcan aveuglant de ses colères, il la regardait avec une curiosité toute innocente et intriguée qu’encourageait tout l’alcool qu’il avait ingurgité.

Et il y avait quelque chose d’étrange dans toute cette désinhibition. Il avait l’impression d’être nu face à elle, tandis qu’il lui exposait tous les fragments fracassés de son âme. Sa présence lui était alors étrangement familière, étrangement réconfortante dans un sens. Et les piques qu’il avait lancées alors un peu plus tôt étaient au final comme des petite boutades, qu’il aurait pu adresser à un vieil ami de toujours. Des mots pleins de vides, car il n’avait plus rien à mettre à l’intérieur et qui donc sortait par réflexe ; Un mécanisme dont il n’oubliait jamais les rouages tant il avait eu l’habitude de lui en faire.

Sans tourner complètement son visage vers elle, il se mit à la détailler de nouveau pendant quelques secondes avant de la quitter des yeux puis reprendre.

- Enfin passons. Si je me sens si mort, c’est à cause de mes nombreux et passionnants malheurs, oui. D’abord James, puis Juniper et enfin Argus. C’est toujours agréable de se faire lâcher comme une bouse de dragon par ses meilleurs amis. Et le mieux c’est lorsqu’on commence à se relever, à croire que tout pourrait aller mieux pour simplement se faire ouvrir de l’intérieur, par la personne en qui on a le plus confiance.

Il n’avait pas idée de ce qui le poussait à s’épancher ainsi et lui livrer tous ses états d’âmes. Surtout à elle qu’il avait toujours pris un malin plaisir à détester.

Sans doute était-ce parce qu’il se sentait mort, oui. Et qu’elle ne pourrait de toute manière pas l’enfoncer comme il était déjà au point le plus bas.

Un peu amer en repensant à la fin de ce dernier récit, l’image d’une autre blonde lui arriva en tête. Celle dont les sourires éclatants et les battements fébriles des paupières, dissimulaient un gouffre béant. Celle dont les mots doux battaient l’air comme le faisaient les ailes d’un papillon mais n’étaient au fond que de promesses veines et éphémères pour vous attirer dans le précipice de ses bras ; Là où il n’était plus qu’un pion dont on se jouait et se divertissait. Il croyait être un roi quand elle le prenait pour un bouffon.

- De Lange est une catin.

Et le sujet était clos, alors qu’il avait subitement cessé de penser à elle. Ses doigts qui s’étaient imperceptiblement raidis, se détendirent et il porta le verre jusqu’à ses lèvres pour en finir le contenu et le reposer avec douceur sur la table. Suite à quoi, il leva vaguement son bras et fit un geste au tenancier qui ne tarda pas à revenir avec deux verres.

D’humeur généreuse aujourd’hui, il poussa du bout des doigts le second vers Avalon, sans la regarder. Il ne toucha pas au sien, conscient des propres limites de sa tolérance à l’alcool et il jugea plus prudent d’attendre s’il ne souhaitait pas vomir ; Il était encore trop tôt pour ça. Mais il lui brûlait d’en avoir de nouveau le goût amer logée dans le creux de la gorge et insatisfait, il fit claquer sa langue contre son palais sec. Puis il plissa des lèvres et coula un regard en biais à Avalon.

Une question lui était venue ; Il en avait d’autre pour elle d’ailleurs car sa compagnie ne lui était pas déplaisante. Elle avait rendu l’après-midi un peu ennuyante et à présent que sa lucidité commençait à lui échapper, il naissait en Demeter un intérêt tout particulier et tout innocent pour elle ; Il s’agissait simplement de passer le temps, de le rendre un peu moins ennuyant, de le rendre moins mort.

- Pourquoi Avalon et pas Cassiopée ? Le premier est plus agréable, tu sais.

Cassiopée, Cassiopée, sonnait très bien à l’oreille.

Alors pourquoi pas oui, pourquoi pas une trêve ce soir ? Alors que tout semblait si particulier, qu’elle était là un samedi après-midi et qu’elle buvait avec lui. Il ne se voulait ni malicieux, ni agressif. Il était tel qu’il était naturel ; Méprisant et vide. Un petit con qui traînait son spleen et ne cachait même plus ses plaies. Demeter n’était pas une bête blessée mais d’avantage une âme en peine, proférant des absurdités car elle n’avait rien de mieux à faire.  Alors il se contentait d’énoncer ses interdits. De penser Avalon parce qu’il ne l’avait jamais pensé auparavant, s’arrêtant seulement sur son handicap et sur l’irritation qu’elle lui évoquait. A présent elle ne lui renvoyait rien, si ce n’était un écho désagréable de tout ce vide dans lequel il nageait. Il lui trouva un air vaguement fatiguée ou défait ; Il ne savait pas bien avec sa lucidité défaillante si c’était bel et bien le cas.

Elle avait dit vouloir trouver le calme et ça lui rappela alors ses semaines précédentes, quand il passait son temps à fuir ses propres démons.
Jusqu’à ce que de Daphné ne l’attrape et le jette dans leurs bras.

Et ses pensées lui arrachèrent un soupire alors que son regard avait disparu dans le fond ambré de son verre. Quand il parla, il n’avait pas réellement conscience de le faire.

- J’ai passé mon temps à tenter de fuir l’évidence avant que Daphné ne me le dise. Au final tout est de ma faute.

Il avait toujours accusé le destin et ses desseins, plutôt que de songer à se regarder un seul instant. De toute sa vie, Demeter ne s'était jamais remis en question jusqu’à ce qu’on fasse s’écrouler tout ce qu’il était.

Et maintenant il était vide.

Il se sentait mort, oui. Et cela le fit sourire en pensant à Argus et ses phrases vaguement philosophiques. Avec un rictus cynique il ne tarda pas à ajouter.

- On ne peut échapper à soi-même hein. Comme disent si souvent ces filles moldus sur ce truc la, l’internet.

Puis il avait arrêté de parler. Il fit remuer son verre quelques instants, avant finalement de poursuivre.

- Mais bon. Cessons de parler de moi. Ce n'est pas très intéressant de parler d'un mort.

Un rire cynique l'agita une seconde.

- Parlons plutôt de toi Cassiopée. Tu cherches du calme. Pourquoi ?

Avec ce rouge qui lui allait si bien, cette robe qu'il ne lui avait jamais connu, cette familiarité qu'ils n'avaient jamais partagés, Demeter s'en posait des questions car elle ne lui avait jamais semblé être aussi peu elle même, qu'en ce moment là.

Il n'y avait ni fougue, ni impétuosité. Il ne savait pas si cela venait de lui ou si cela venait-d'elle. Mais la question était là.

Es-tu en train de fuir Avalon.

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Re: sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
20.11.16 5:23





sans tambour ni trompette, laissons tomber le rideau au dessus de nos têtes ; retirons nos faux-semblants, relâchons les épaules et écorchons nos âmes d’enfant


sans tambour ni trompette

avalon & demeter


J’ai l’impression d’être plus légère quand son regard se désintéresse de ma personne. C’était sans doute le stress -mais le stresse à quoi? Je pouvais lui faire détourner les yeux d’un simple mouvement brusque, d’une simple poigne sur sa nuque nourrie par la colère qui m’habitait tout les jours. J’avais toujours voulue attirer l’attention de certaines personne, et je récoltait celle des autres -la vie était une pute. Mais je garde mes yeux sur son profil, quelques instants, admirant son visage arrogant tombé dans la défaite. C’était plaisant.
« J’ai l’air mort parce que je me sens mort. Et toi tu as l’air fatiguée. Je te préfère comme ça d’ailleurs. Ça te rend beaucoup moins moche. C’est toujours moche, une femme qui s’énerve d’ailleurs. On dirait des harpies. Les femmes ne sont pas faites pour de telles expressions. Elles devraient toutes être comme Louise. » J’hausse les sourcils et serre la mâchoire. On aurait dit un de ces discours machiste sur le comportement des femmes et ça m’avait toujours énervée -comme beaucoup de choses il faut l’avouer. J’avais pas l’intention de devenir comme Louise -elle avait ce petit quelque chose qui me rappelait Perséphone, cette petite chose proche de la perfection qui m’irritait sans le vouloir- , au moins pour la satisfaction de le contrarier. C’était immature, je sais.
Je n’ai jamais dis être mature.

Mais je tiens à ma colère parce qu’elle me maintiens en vie; elle me permet d’exister, la force de vivre qui m’empêche de couler, de replonger. Je me moquais bien d’avoir son aura, d’avoir sa prestance qui force le respect. On sait jamais quand le livre touche à sa fin, et j’ai choisis d’écrire des lettres de feu, de conter quelque chose de fort, quelque chose de puissant, vivant et brûlant, quitte à finir en nouvelle. Et être aussi contente que possible d’avoir vécu comme je pouvais. Je sens les pensées filer au rythme de l’alcool dans mon sang -je ne le tenais pas particulièrement bien- et ferme les paupières un instant. « Enfin passons. Si je me sens si mort, c’est à cause de mes nombreux et passionnants malheurs, oui. D’abord James, puis Juniper et enfin Argus. C’est toujours agréable de se faire lâcher comme une bouse de dragon par ses meilleurs amis. Et le mieux c’est lorsqu’on commence à se relever, à croire que tout pourrait aller mieux pour simplement se faire ouvrir de l’intérieur, par la personne en qui on a le plus confiance. »
Je sens mes lèvres s’étirer subtilement à l’écoute de ses mots; c’était si plaisant de le savoir si mal, cette ignoble sensation de bien-être lié au malheur des autres. C’était ça que t’aimais autant ressentir, Demeter? « Et c’est de leur faute, évidement. » Ironie pure. Si j’étais au courant de l’état du blond, c’était bien parce qu’Argus et Juniper m’avaient raconté ce qui s’était passé; Ce soir-là avait été horrible parce que je m’étais rendue compte de la fragilité d’une vie, brisable avec deux petits mots, douze petites lettres et un geste du poignet. J’avais compris bien tôt à quel point le sang était important chez la plupart des sorciers; mais pouvoir tuer pour cette raison était au dessus de ma compréhension. James méritait-il de mourir par la seule faute du sang qui coulait dans ses veines? Absolument pas.
Quand est-ce que Demeter le comprendra?

Sans doute jamais. C'était si triste à dire, et pourtant. On ne guérit pas de ça.
« De Lange est une catin. » Je ne prend même pas la peine de dissimuler mon ricanement léger -sûrement l’insulte la plus horrible jamais entendue- quand j’ouvre à nouveau les yeux pour les poser sur mon verre presque vide, que je ne tarde pas à vider. « Daphné a eu raison... » Ma main allait se lever pour en demander un autre mais une vague sensation d’inconfort me traverse en voyant Demeter faire de même. Penser la même chose que lui avait quelque chose de dérangeant.
Si dérangeant.
Et étrangement apaisant. J’hausse les sourcils et cligne des yeux, déstabilisée lorsqu’il pousse un des verres qu’on lui a donné, dans ma direction. J’hésite quelques instants avant de tende les doigts et d’accepter. « Pourquoi Avalon et pas Cassiopée ? Le premier est plus agréable, tu sais. » Mes muscles se rigidifient et mes épaules se tendent.  Putain. J’avais pas envie d’en parler, mais je savais que j’allais le faire quand même. Parce que le secret attise la curiosité, mais l’absence de détails a plus de chance de faire oublier. L’alcool qui descend rapidement me fait oublier ma fougue, me fait oublier à quel point j’avais cette tendance au brusque, au secret, à la franchise maladive. Alors je ne reflechis pas trop et espère tout simplement qu’il puisse oublier un peu cette journée. « Mes parents m’appellaient Cassiopée. Ma soeur a choisi Avalon et j’ai gardé celui-là. Cassiopée a un goût de déception et de solitude, sur ma langue. »  Et Avalon un goût de regrets, d’amour inavoué, de culpabilité morbide, de houx et de bruyère. « Mes parents avaient sans doute bons goûts. » Puisque maman a préféré Perséphone à sa jumelle un peu moins brisée.
Je ne savais pas vraiment jusqu’à quel point le dégoût était palpable dans ma bouche, mais j’étais fatiguée de le cacher. De me cacher. De tenir mes secrets forcée par la peur, de vivre dans le déni que tout redeviendra comme avant. Maman n’aimera plus autant papa, Seph ne reviendra pas et aucun de mes géniteur ne me regardera comme Cassiopée, comme Avalon, comme quelqu’un d’autre que Perséphone 2.0. C’était compliqué d’être soi-même quand la moitié était partie, mais ça valait toujours le coup d’essayer.  « J’ai passé mon temps à tenter de fuir l’évidence avant que Daphné ne me le dise. Au final tout est de ma faute. » Je tourne la tête, d’abord doucement, vers lui, avec ce visage qui exprimait si bien ce que j’allais dire. « Il t’en a fallu du temps pour t’en rendre compte. Comment tu t’es débrouillé pour ne jamais te remettre en question malgré tout c’qu’on te disait? » Et j’attendais réellement une réponse, parce que tout ça paraissait irréel. Ne jamais penser à autre chose, ne jamais changer d’avis, ne jamais douter; comment? Si je savais, je serais peut-être un peu plus comme lui. Un peu plus certaine, un peu plus assurée, réellement, profondement. Je serais sans doute un peu moins effrayée de mes actions. « On ne peut échapper à soi-même hein. Comme disent si souvent ces filles moldus sur ce truc la, l’internet. » Puis c’est un silence pendant lequel j’esquisse un sourire, un sourire franche et amusé, par l’ignorance qu’il évoquait. Je n’avais pas grandis parmis les-dit moldus, mais je l’aurais souhaité. Apprendre à les connaître,les apprécier vraiment. Sûrement ma curiosité qui s’était épanouie lorsque j’avais désiré, il y a longtemps, une autre vie.
« Mais bon. Cessons de parler de moi. Ce n'est pas très intéressant de parler d'un mort. Parlons plutôt de toi Cassiopée. Tu cherches du calme. Pourquoi ? » Fuir cette foule qui ne me va pas, m’échapper du bruit qui me rend malade. Je baisse les yeux sur mon verre et le vide à nouveau; mes doigts viennent tirer une mèche derrière mon oreille et mon sourire se fâne. « On a tous besoin du silence. » trop vague, trop secrète. « Non; je suis fatiguée du bordel qu’on nous impose. C’est presque plus plaisant d’être endormie que consciente de tout. » Comme pendant toutes ces années où je dormais en attendant qu’on me réveille, qu’on me secoue, qu’Argus me tire vers la lumière. « Tout parait bien plus simple dans l’ignorance. Ma soeur le disait souvent quand on était petites. S’éloigner un peu de la réalité. Se mettre un peu de côté. Ca m’permet d’exister, un peu. » J’avais envie de me taire, parce qu’on ne sait jamais ce dont il se souviendra. Mais j’avais raison; j’étais fatiguée de m’imposer toutes ces contraintes. Rien que pour une fois, se vider un peu, poser le fardeau à côté et fermer les yeux. Pouvoir exister, ne serait-ce qu’une journée. « Elle aimait la foule, ma soeur. J’ai passé ma vie à la fuire. »
Perséphone ou la foule?
Les deux.
« Et je l’ai condamnée au calme. » Je ferme les yeux, refusant catégoriquement un quelconque craquage. Pas devant lui, sûrement pas devant lui . « Alors j’aime me condamner avec elle. » Je frémie, sens mes organes se serrer et entrouvre les yeux. « On fuit forcement tous nos démons pour finir ici, aussi pitoyable. Toi. Moi. Un peu tout le monde. »



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Re: sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
20.11.16 17:29


Dans l’ivresse, Avalon lui parut se revêtir d’un intriguant voile de mystère qu’il brûlait alors d’écarter du bout de ses doigts. A l’ennui et au vide, sa présence arrachait un bref sursis, un interlude où il lui paraissait être vivant alors qu’il plongeait tout contre une existence, ne lui appartenant pas. Un tel intérêt si vif et si lâche à la fois, était étranger à Demeter dont la vie des autres n’avait jamais soulevé des passions en son cœur. Mais ce soir-là, enfiler le costume bien taillé d’un amoureux transi des hommes, ne lui paraissait pas inapproprié ; Enfoncé dans ses réconfortantes chaussures, il était vaguement plaisant de voir qu’il n’était pas le seul à trainer sa carcasse et le poids morts de quelques regrets crevés. Et de toute manière, demain, quand arrivera l’aube puis le matin, il aura sans doute oublié et Cassiopée redeviendra Avalon et elle quittera sa belle robe rouge pour l’uniforme hivernal de Poudlard.
Ou peut-être s’en souviendrait-il mais son esprit brumeux et divaguant semblait lui soutenir le contraire.
Demeter ferma les yeux et les garda clos en écoutant la voix d’Avalon qui répondait à ses questions.
Il remarqua une certaine similarité entre lui et elle ; Quelque chose d’un peu troublant d’ailleurs, à constater que lui aussi, préférait le sommeil et des rêves doux, à l’étendue abrasive et morne, qu’était devenue sa vie depuis quelques temps. Au final, Demeter était dans cet état cathartique où il se contentait d’observer le temps défiler, avec à ses côtés toutes les pièces brisées de ce lui qu’on avait fracturé, tout le tas des fautes puantes qu’il avait commise et dont il avait conscience, mais qu’il n’osait pas toucher ; Parce qu’il n’en avait pas la force et ne savait plus comment s’y prendre.
Alors il se retrouvait dans tout ce que lui disait Avalon et c’était une chose qu’il n’aurait jamais cru, s’étant toujours arrêté sur la différence marquante, clivant gryffondor et serpentards. Mais de la même manière dont il ressemblait à Argus, il voyait dans le miroir d’Avalon, des reflets qui lui paraissaient être sien.
Un petit rire l’agita alors, amusé de constater qu’il n’y a pas si longtemps, il prenait son pied à tenter de faire de sa vie un véritable enfer, mais qu’à présent il était à ses côtés et se retrouvait en elle. Une vague tendre de compassion et de pitié l’ébroua et il dodelina de la tête désabusé. Puis il coula un regard vers elle, tourna légèrement son visage dans sa direction.
Et il l’observa de nouveau pendant quelques secondes, s’étonnant encore de cette expression qu’il lui connaissait si peu. Elle n’avait plus sa fougue, plus cet air irritant et pugnace, si peu féminin pour venir lui déformer les traits.  Avec son sourire qui venait de s’évanouir, quittant le rose de ses lèvres et sa mèche blonde qu’elle venait de rabattre, Avalon lui parut aussi creuse que le verre qu’elle venait d’achever d’un trait. Demeter pensa alors qu’il n’était pas le seul à s’être pris de violentes bourrasques dans sa vie et il se demanda quel genre de tempêtes, Avalon avait pu connaître.
Pour être en sa compagnie en fin d’après-midi, à finir verre après verre, c’est qu’elle devait en avoir, des histoires pas belles à lui raconter.
Demeter rajusta le col de sa chemise et fit un nouveau signe de la main au tenant du bar qui ne tarda pas à lui apporter un nouveau verre. Décidément généreux aujourd’hui, Demeter le tendit glissa vers Avalon qu’il quitta des yeux afin d’observer la pièce et tous les autres gens s’y trouvant.
Sa bouche s’étira, dessinant un sourire qu’on aurait eu du mal à reconnaître en tant que tel :

- Finis le un peu plus lentement cette fois, ou tu vas finir dans un sale état et qui sait, ce qu’il pourrait arriver à une jeune femme vulnérable.

Il marqua une courte pause et d’un geste éloquent du bras, désigna l’ensemble de la clientèle, peu recommandable, de la Tête de Sanglier.

- Je ne suis pas Jones. Ce n’est pas mon genre de sauver des demoiselles en détresses.

Un nouveau sourire, marqua ses lèvres et il observa Avalon, vaguement amusé, en s’imaginant venir à son secours. C’était une idée complètement saugrenue mais pas complètement impossible ; Après tout, il était déjà venu en aide à Amandine une fois, car il avait toujours eu un peu de tendresse bien enfouie pour cette dernière et dans l’alcool, il s’en découvrait également pour Avalon, qu’il avait autrefois, détesté avec une ardeur certaine. Mais à présent cela lui paraissait si lointain, oui, alors qu’elle semblait nouvelle sous ses yeux et que son cerveau s’était décidé à la baptiser Cassiopée, comme par symbolisme.
De plus il y avait sa robe. Sa robe dont il ne pouvait s’empêcher d’admirer les dessins plaisants ; Demeter avait toujours aimé les filles en robes car il aimait les choses paraissant fragiles et délicates et c’était une vieille image dont il ne pouvait se départir car cela avait toujours été ainsi chez lui ; L’homme fort et imposant, à ses côtés la femme douce et sensible. Mais bien vite il avait appris que cette vision était dépassée. En partie à cause de Juniper qui s’était toujours efforcée de démolir toutes ses idées préconçues sur la nature fondamentalement romantique d’une femme, tandis qu’elle braillait, mordait, se battait, mettait des jeans et des horribles baskets.
Demeter soupira puis cessa d’y penser tout à fait, reportant son attention sur son verre toujours rempli au trois quart, car il faisait attention et souhaitait vomir ses tripes vers minuit plutôt qu’en début de soirée.
Reprenant le fil de la conversation précédente, dont le cœur nébuleux l’obnubilait, Demeter resta silencieux un instant, cherchant les mots, cherchant les phrases. Enfin, ses yeux rivés contre Avalon, il ne tarda pas à reprendre.

- Comment s’appelait-elle ?

Il n’avait jamais été bon pour lire entre les lignes et beaucoup de sous-entendus lui paraissaient cryptiques, tant Demeter avait parfois besoin qu’on lui annonce les choses noires sur blancs, sinon il ne comprenait rien.
Demeter, n’avait jamais su qu’Avalon avait une sœur. Il ne s’était jamais intéressé outre mesure à elle, si ce n’était à son handicap physique dont il avait toujours été plaisant de se moquer et à quelques rumeurs, où l’on parlait de son esprit friable et malade.

- Tu l’as condamnée au silence ? Tu l’as tuée ?

Et elle avait décidée de se condamner avec elle.
Avalon n’avait peut-être pas encore fait son deuil et se raccrochait encore à un passé fuyant qu’elle ne pouvait plus changer. En cela elle n’était pas si différente de lui et de sa mère.
A une différence près.

- Moi c’est le monde que j’ai décidé de condamner quand ma mère est morte.

L’évocation de ce souvenir, entraîna un mouvement automatique de son poignet qui alla trouver son verre, le portant vers ses lèvres. L’alcool lui brûla la gorge et il grimaça en plissant des yeux avant de reprendre.

- Mais il est temps je crois, de laisser les morts en paix et d’avancer. Tu ne penses pas, Cassiopée ?

Demeter ne savait pas ce qui le poussait à tenter de la comprendre et à tenter de deviner ses états-d'âmes. Il ne savait même pas, s'il avait raison où s'il se trouvait à des lieux de la vérité avec toutes ses présomptions. Mais il se fichait bien de tout ça, car l'ivresse le rendait léger et déliait son esprit. De toute manière cela n'avait aucune importance.

- Je dis n'importe quoi.

Mais cette impression de ne plus être seul et d'errer à deux dans cet espace où tout était gris, tout était moche, n'était pas désagréable.
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Re: sans tambour ni trompette _ POLTERGEIST
14.12.16 17:30





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Je regrette mes paroles au moment où je les prononce, me donnant l’impression d’être un frêle agneau offrant sa carcasse au loup. Comme me condamnant seule en lui offrant les outils pour me détruire. Suis-je si désesperée de retrouver Perséphone? Et pourtant tout semble juste. Tout semble normal. Comme si je savais qu’il ne trahirait pas ma confiance car il n’y en a jamais eu, comme si je savais que ce jour restera gravé dans nos souvenirs oubliés. Une trêve pour un secret, un aveu pour un malaise. Je fais tourner mon verre entre mes doigts écorchés, tapotant le verre de mes ongles vernis d’écarlate. Le fond d’alcool coule dans ma gorge et je tend les doigts vers celui que Demeter pousse vers moi, un vague regard aimable dans mes yeux gris et unmerci douloureux raclant ma trachée.
« Finis le un peu plus lentement cette fois, ou tu vas finir dans un sale état et qui sait, ce qu’il pourrait arriver à une jeune femme vulnérable. Je ne suis pas Jones. Ce n’est pas mon genre de sauver des demoiselles en détresses. » Un ricanement amer secoue mes épaule et je me retiens de vider le verre cul-sec par pure contradiction. Il avait raison; personne n’avait envie d’être inconscient ou dénué de sens dans ce genre d’assemblé. Et si je doutais qu’il ait l’audace et le vice de me laisser à leur emprise, j’étais loin d’être prête à parier. Argus, oui, m'aurait aidé. Comme il l’a toujours fait, comme il m’a toujours tiré hors des chambres trop froides et trop sombres. « Comment s’appelait-elle ? »
Le vif souvenir des sourires de ma soeur éclipse celui du brun et un sourire incertain cueille mes lèvres. Notre mère avait eu un amour prononcé pour la mythologie grecque, et nos prénoms y trouvaient leur source. Et peut-être que si j’avais changé de prénom porté, c’était parce que ma mère n’avait plus d’amour. Pour rien, pour personne. Parce que maman était vide et que Cassiopé ne semblait contenir que la même tristesse. « Perséphone. » J’avais souvent fait le rapprochement entre Perséphone et Demeter. Seul leur nom et leur pâleur les rapprocher, mais j’avais un espoir, au tout début, de pouvoir m’approcher de Demeter. Sans doute pour la remplacer elle; mais ils n’avaient tellement rien à voir que tout points communs s'était envolé. Et là où Perséphone était blonde, Demeter est platine. Là où Perséphone était innocence, Demeter est vice. « Tu l’as condamnée au silence ? Tu l’as tuée ? » Un frisson, brusque. « Non. » Je force ma main à arrêter de trembler et inspire, profondement, répêtant en boucle les mêmes phrases que les psychologues ont passé mon enfance à dire. Je ne l’ai pas tuée. C’était un accident. Pas un meurtre. « Mais c’était de ma faute. »
Je ne sais pas si un jour j’arriverais à me pardonner.
Si un jour je me dirais qu’il s’agissait réellement d’un accident et que je n’aurais pas pu l’arrêter.
Peut-être que s’il y avait un Dieu en haut, il aurait la réponse. Peut-être qu’il me la dirait si je croyais un peu plus en lui. « Moi c’est le monde que j’ai décidé de condamner quand ma mère est morte. » Le vide de creuse en quelque paroles. J’avais vaguement entendu parler de la famille Green sans m’y interesser tant que ça. Une mère. Pourrais-je compatir? Je ne sais pas. Parce que je ne suis pas sûre de sentir grand chose si la mienne en venait à mourir, mourir vraiment, officiellement. Mais peut-être que Demeter était comme ma mère. A perdre un être si proche, on devient creux. A perdre une moitié, on devient vide. Je lui aurais sûrement effleuré les doigts s’il avait s'agit de quelqu’un d’autre. Mais je me contente d’y baisser les yeux « Navré pour ta mère. »  Et je l’étais.
« Mais il est temps je crois, de laisser les morts en paix et d’avancer. Tu ne penses pas, Cassiopée ? » Je retiens un rire au choix du verbe et laisse un sourire amer étirer durement mes lèvres. Sept ans que j’essayais d’avancer, et deux que je suis pervenue à me redresser. A quel moment est-on censé atteindre la ligne d’arrivée? « Peut-être. C’est compliqué quand on la voit dans chaque miroir. » Peut-être qu’au fil des année notre ressemblance aurait été amoindrie. Peut-être qu’elle serait restée pâle et fine, sans doute plus petite, ses traits moins tirés. A soixante ans elle aurait sûrement les plissés du soleil à force de sourire sans arrêt. Et sa peau lisse et parfaite, et ses joues roses. Perséphone n’aurait jamais eu un corps détruit comme le mien, aussi hideux. « Je dis n'importe quoi. » Je lui jette un coup d’oeil et vient tremper mes lèvres dans l’alcool. « Tu dis toujours n’importe quoi, Demeter. T’as juste une excuse. Et c’est sans doute plus vrai que les atrocités qui sortent habituellement de ta bouche. » Parce qu’à aucun moment et même avec trois litres d’alcool dans le sang je pourrais être d’accord avec tout ce qu’il racontait. Sans doute aujourd’hui sera une exception, sans doute aujourd’hui sera ce jour déstabilisant qu’on préfère oublier pour continuer à vivre comme si de rien n’était.  « C’est ta mère qui t’a élevée? Aucune mère n’aimerait voir son fils détester le monde, je pense. » Je fais doucement tourner mon verre entre mes doigts, les yeux rivés sur le liquide qui ondulait. « C’est plus facile de se blâmer, tu sais. Le coupable est à porté de main. On sait toujours à qui en vouloir. Et l’objectif est plus réalisable. » J’avais imaginé bien trop de fois à quel point la tombe de Perséphone serait plus belle avec la mienne à ses côtés.
« Demeter? Pourquoi déteste-tu tant de monde? » Mes yeux se tournent vers lui, et sans doute peut-il y lire la tristesse et l'incompréhension; et, peut-être, un peu de pitié, un peu de tendresse, un peu de curiosité. Un peu de tout dans ces yeux incolore.



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