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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













Dead like me - Caelum

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08.11.16 17:54

_ Les moldus sont souvent méprisés à tort sur un certain point ; ils sont tout autant efficaces dans la tuerie que nos valeureux mages noirs. Ce poison-ci est très ingénieux, il ressemble à s’y méprendre à des petites baies des bois. Et qui s’inquièterait de boire une infusion aux petites baies des bois ? Comme ce devait être pratique…

La voix s’égarant dans quelques rêveries morbides, sur une liste sans doute imaginaire de noms qu’elle s’imaginait éradiquer de la surface de la terre, les regards lointains de Rosabel s’égarèrent vaguement sur les contours du professeur Bones. Une certaine tension se saisissant progressivement de sa vue, sans doute liée à la folie qui unissait leur précieux temps.
Sa main illustra encore ses propos, paume ouverte droit devant elle et où se nichaient dans le creux quelques petits fruits noirs mortels.

_ Atropa belladonna, aussi appelée Cerise du diable. Plutôt éloquent, vous ne trouvez pas ? Dîtes leur bonjour et au revoir.

Elle fixa sans ciller les dits fruits défendus qu’elle écrasa lentement avec ce sang-froid habituel, un épais filet rougeâtre glissant droit depuis son poing refermé dans un petit chaudron disposé sur son plan de travail. Et touillant proprement sa mixture, Rosabel n’aurait pas tant eu l’air dérangé par ce qu’elle s’apprêtait à faire. Cela l’aurait encore rendu étrange pour bien des regards, quand elle-même ne voyait là qu’une rigueur usuelle et une application totale dans son travail, d’autant qu’elle n’avait pas fabriqué de potions depuis l’obtention de ses BUSES, ce qui constituait une autre raison suffisante à cette impassibilité qui ne la quittait pas. Bien que s’intoxiquer ne fut pas ce qui composait la vraie difficulté de ce projet. S’empoisonner était une chose, se soigner en était une autre.
Essuyant la traînée rouge dans un torchon, la jeune femme désigna du menton une petite fiole sur l’autre extrémité de sa table.

_ Et voici ma solution à base d’Angélique que vous devrez me donner aux premières hallucinations.

Solution dont elle ne doutait pas vraiment de la qualité. Elle ne suivait certes plus de cours de potions mais possédait des compétences et savoirs solides ainsi que quelques connaissances approfondis sur le sujet, et au cas où cela ne suffirait pas disposait d’un professeur censé veiller à ce qu’elle ne bascule pas trop tôt de l’autre côté. Bien qu’en y réfléchissant, un professeur versé dans l’occultisme ne fut certes pas un mauvais choix, demander à un médicomage n’aurait pas été superflu. Mais dans ces disciplines là, on préférait sans doute prévenir que guérir et elle doutait donc qu’on l’aurait laissé expérimenter le produit sur sa propre personne. Ce qui expliqua aussi qu’elle demanda l’aval de monsieur Bones et non pas celui du professeur McFayden qui s’y serait sans doute opposée, ou même celui de monsieur Solberg à qui était vraiment destiné le projet, puisqu’elle répondait ainsi à son devoir d’étude des moldus, mais… Et bien c’était le professeur Solberg qu’elle avait donc mis devant le fait accompli en demandant la permission au préalable au professeur Bones.

Naturellement, elle aurait pu se mettre en duo avec un autre élève de son parcours initial, mais l’idée de confier sa vie à un élève l’avait presque immédiatement rebuté.

Ses yeux scrutèrent une nouvelle fois les brûlures qui ornementaient d’une grâce vilaine la figure du trentenaire. Et dépourvue de toute confusion, tout trouble ou tout embarras, elle épluchait de ses regards emplis d’une assurance presque impertinente chacune des tâches incrustées sur la peau qui tombaient dans la ligne droite que suivaient ses orbes sombres.
Elle supposa qu’étant donné qu’il constituait là son meilleur choix, elle lui épargnerait tout commentaire dérangeant. Elle n’avait de toute façon pas tant d’intérêt pour les malheurs des autres.

_ Je vous en aurai volontiers proposé, mais il n’y aurait plus personne pour me soigner. Quel dommage, vous devrez donc renoncer à cette expérience riche et passionnante !

Elle quitta finalement l'aberrante observation du faciès de monsieur Bones pour en revenir à son poison qu'elle fit basculer d'un coup de baguette expert à l'intérieur d'une autre petite fiole.

Portant le récipient au-dessus de sa tête, elle remua un tantinet la mixture sanguine qui éclaboussa les parois du verre. Là résidait certainement le moment le plus intéressant, la question qui importait vraiment ; oserait-elle ? La réponse parut équivoque. Il suffisait de la regarder. Car certes bien que de ce raffinement maniéré, Rosabel avait le goût de l'audace, de l'intrépide, et peut-être en arrière un plan un semblant de passion pour le risque et l'auto-destruction.

Un sourire satisfait qui traduisait peut-être d'une certaine excitation creva ses lèvres d'un nouveau cran.

Elle contourna la table pour mieux s'asseoir dessus, face au professeur Bones pour lequel elle leva sa fiole. Il était temps d'aller titiller la mort.

_ A ma déchéance future et à la votre qui est déjà faite.

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Re: Dead like me - Caelum
11.11.16 1:03

Cheers !
Certains de ces gamins étaient perchés. Majoritairement stupides et inconscients, aussi. Forcément, ce château réunissait dans un seul et même endroit une bande de jeunes adultes un peu paumés. Je le savais, en venant ici. J’avais une petite idée de ce qui pouvait se passer dans leur tête, j’avais été paumé, un jour, moi aussi. Il y en avait pourtant d’autres dont la psyché m’échappait complètement.

Celle de Northrop m’intriguait, mais je comprenais. Je comprenais qu’il y avait quelque choses dans ces yeux-là qui ne saurait tromper. Un peu de défi peut-être, un intérêt aussi. Une bonne dose de curiosité morbide. Bref. Je pouvais comprendre ce qui lui trottait dans la tête. Ou du moins imaginer un motif, vague, dont les contours flous ont des airs malsains.

Peut-être que c’était pour ça que c’était moi. Moi qui l’écoutait déblatérer. Moi qui le regardait écraser une poignée de baies mortelles. Je haussais les épaules, assis. Indifférent. Je suis là pour contrôler. Gérer et m’assurer qu’elle se relève après avoir bien évidemment essayé de s’empoisonner.

C’était ce cran, celui qui je pouvais encore distinguer dans ses yeux, ce mépris pour sa propre vie au profit de l’expérience qui m’avait convaincu même de participer à ce projet. Bien que je ne me limiterai qu’à une observation placide et froide. Jusqu’à qu’elle vienne toquer lentement aux portes de l’éternité. C’était à moi de la ramener, quitte à l’y extirper par la peau du cou. Quoi que. Placide, froide. C’était pas tous les jours qu’un élève me proposait d’assister à sa presque mort. Nom d’une gargouille. Il me faudra trinquer ce soir à son audace. Même si je devais finir raide après une seule foutue gorgée.

Northrop, Rosabel. Pas mon élève. Blonde. Serpentard. Cinquième année. C’était là tout ce que je savais d’elle. Je n’avais pas cherché à en savoir plus. De toute évidence à quoi bon, c’était pas comme si nous allions nous revoir souvent. Savoir importait peu. Ou du moins, ce n’était pas là le plus important. J’avais juré qu’elle ne crèverait pas devant moi et j’imagine que je tiendrai parole.


S’il le faut je tournerai le dos. Je pense et j’esquisse un sourire, je me perds dans ces yeux. Regard qui m’inspecte, quelques commentaires frémissant sur le coin de sa bouche. Je hausse les épaules. Encore. Habitué. Trop peut-être. Je sais qu’il y en a qui ressentent le besoin de me disséquer avant de pouvoir me regarder. Comme d’autres n’osent pas et se contentent de fixer mes épaules intactes. Un rien soulagé. Jusqu’à ce qu’ils se rendent que quelque chose cloche à droite. J’aime les airs déconfits et je me marre trop de ceux qui esquissent une grimace et prétendent compatir, comprendre, accepter. Je préfère qu’on me dissèque. Certitude.

J’ai toujours pas desserré les dents. Faut dire que sa voix à elle occupe bien l’espace. Après le poison, le remède. Je me concentre sur la fiole et hoche la tête quand elle m’explique quand je dois lui donner. Je n’oublierai pas. De toute façon, c’est tout ce qu’il m’était important de savoir. Un antidote pour un poison. Je retourne sur son visage. Impassible encore. Je fixe et je me demande ce qui ferait vaciller son visage tendre. Un peu de belladone sur le carmin de sa bouche. Sans doute. Est-ce que l’expérience en valait la peine ? Sans doute, oui. Affronter la mort et y survivre donnait du pouvoir à la vie et à la volonté. Et pour quelqu’un qui l’avait affronté mainte fois, on pouvait dire que ma vie et ma volonté avait plus de pouvoir maintenant que n’importe qui, sur cette foutue terre. Alors les frémissements je pouvais les reconnaître, mais aussi les contrôler au lieu de subir.


Je ne prends pas la peine de chercher de la peur, chez elle, je sais qu’elle est là, mais qu’elle attise plus qu’elle n’arrête. Elle me dit qu’elle m’en proposerait bien. Je dis :

 « C’est très aimable, mais je suis immunisé à beaucoup trop de poisons aujourd’hui pour être certain que ça ne m’apporte pas moins qu’un mal de crâne. » J’exagère un peu. La douleur serait sans doute atroce, mais elle ne me tuerait pas. Ni ne me ferait sourciller. Il y a longtemps que j’ai oublié comment hurler de douleur. Car après tout, quand un brasier vous consume pendant 6 mois sans jamais s’arrêter et que vous y survivez, votre opinion sur la douleur change aussi. Même marcher sur un lego ou même me cogner le doigt de pied - cet enfoiré de petit doigt de pied qui ne sert qu’à se cogner partout - me fait à peine sourciller. Tant que ça touche pas le bras. Ça va. Alors une gorgée de poison…


Northrop s’avance. Semble prête. À boire et mourir un peu. Juste un peu. Elle s’installe sur la table, mes yeux ne la quittent pas. Ils s’incrustent sur sa peau quand j’essaie de graver cet état dans ma mémoire. Pour reconnaître les premiers signes. Dans ma poche il y a une vasque remplie de jus de citrouille – même si je préfère qu’ils pensent qu’il s’agit là d’un alcool particulièrement infect et fort. Je n’ai pas d’exemple en tête, mais je suis à peu près certain que cela les conforte un peu dans l’idée que je me fais vieux et con et qu’un jour il ne me restera plus qu’à me noyer dans le fond de mon verre de firewhisky. Peut-être que ça les rassure de penser que ce machin pourrait éventuellement mettre fin à mon existence et donc à mon attitude tyrannique. Donner de l’espoir et leur inspirer du désespoir quant à leur futur carrière. C’était indispensable. J’étais un mélange d’espoir. De désespoir aussi. Oui. Vraiment. Plus j’y pense et plus je me dis que c’est pour cette raison unique je suis là.


Elle trinque à ses futures maux. Au miens. Anciens. À ce qu’elle appelle déchéance. J’éclate de rire, parce que je trouve ça particulièrement drôle.  « On peut toujours tomber plus bas, tu sais ? » Il suffirait qu’elle meurt et là on me jetterai dans un trou. Azkaban. Ahhhh, rien de tel qu’un petit séjour là-bas pour vous donner envie de vous suicider. Décidément cette petite expérience pouvait avoir des conséquences franchement marrante. J’apporte le goulot près de ma bouche, mes yeux dans les siens…


Mais je me fige. Je range ma flasque, me ravisant soudainement. Je me lève. Récupère ma chaise et la ramène avec moi pour m’installer à quelques centimètre d’elle. Elle avait fini de préparer sa scène, il ne me restait plus qu’à l’observer. La voir interpréter. Je ressors de nouveau mon jus de citrouille.

 « Tu verra Princesse, avant la déchéance viendra l’élévation. Un instant. Minuscule. Avant que tu ne commences à tomber, t’écraser quelque part dans ta petite tête de blondinette. Crever te paraîtra moins douloureux et cruel, crois-moi. » Je vais me tapoter la tempe du pouce, les doigts refermés autour de ma flasque.  « J’essaierai de me souvenir qu’il faut que je te soigne avant que tu expires une fois de trop. » Rassurant, n’est-ce-pas ?  « Je trinque à ta santé. » Dis-je finalement, ironique, avant de boire une gorgée, avant elle.

Mais je ne doutais pas un seul instant. Elle finirait par boire elle aussi.
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Re: Dead like me - Caelum
24.11.16 16:16

Le rire du professeur Bones raisonnait dans la salle, et Rosabel ne s’épargnait aucun sourire, dans cette évocation un brin morbide et vague des conséquences de son hypothétique mort. Mais elle savait. Il ne lui apprenait rien. On ne se précipitait pas du haut d’un gouffre si on parvenait à en distinguer le fond.
Son visage redevenu sérieux, elle fixa un instant la mixture qui ne réclamait que les saveurs de son gosier. Elle rétorqua machinalement :

_ Vous n’aurez pas à vous inquiéter de ça si vous faîtes correctement votre boulot. Vous ne tomberez pas plus bas aujourd’hui. J’ai bien assez de responsabilités sans avoir à rajouter celle de votre dégénérescence.

Et il y avait ce mépris des conventions presque inconscient chez elle qui lui faisait friser la familiarité avec la plupart des professeurs, une presque nonchalance libérée dans cette façon de s'exprimer, et pourtant ses yeux dans les siens n'étaient pas dénués de tout respect ; le professeur Bones avait une légende tristement célèbre. Mais il ne l'intimidait pas malgré les souvenirs qui parsemaient son teint et levaient le voile sur les mystères d'une ancienne carrière. Il lui sembla alors qu'il y avait une certaine ironie à ce que l'homme soit à présent un éminent professeur à la meilleure école de sorcellerie. On oubliait parfois que ça avait un quelque chose de prestigieux, quoique moins stimulant.
Monsieur Bones avait l'allure d'un homme de terrain, non moins celui d'un fonctionnaire cantonné derrière sa paperasse administrative et l'élaboration de ses cours.

Un peu diva, croisant ses jambes, elle resta stoïque tandis que l'homme rapprochait sa chaise et qu'ils se faisaient à présent face, de quoi trinquer à cette pitoyable philosophie entre ses doigts froids.

_ Ne m'appelez pas Princesse. C'est méprisable, infantilisant et tout à fait loin d'être vrai. Elle marqua une pause, leva un regard un brin glacé. Ce n'est pas la mort que je cherche, car je vous assure que j'ai déjà réfléchi à la meilleure façon pour moi de me suicider, et que celle qui me ressemblerait le plus ne se perd certainement pas sur les rivages des moldus. Ne me dîtes pas que vous n'y avez jamais pensé, ça ne prend que quelques minutes, ce genre de questionnements est commun ; comment aimerai-je mourir, si je devais tuer quelqu'un où irai-je enterrer le corps ? J'ai un penchant certain pour le morbide. J'ajouterai, monsieur Bones, que je n'ai pas l'intention de mourir vieille, je ne deviendrai pas une grande sorcière et je ne contribuerai certainement pas à l'évolution de notre petite communauté que j'abhorre. Je mourrai avant cela, je prendrai tout et je ne donnerai rien. Mais il n'est pas encore l'heure. Et je sais que je ne mourrai pas aujourd'hui, parce que vous allez faire en sorte que ça n'arrive pas. Pour l'instant, je vais goûter un peu de cette élévation, et je lui dirai bonjour de votre part.

Cela dit, sa fiole percuta franchement celle de monsieur Bones, officialisant le début de cette séance particulière. Elle but après lui, doucement, une longue très longue gorgée, un peu de poison pour habiter son corps et fusionner avec ses entrailles, nourrir toutes ses idées macabres.

_ Vous vous donnez de grands airs. Vous n'êtes même pas à la moitié de votre espérance de vie. Le danger ne vous manque-t-il pas ? On raconte pas mal de choses sur vous, dans les couloirs. Vous n'êtes pas assez vieux pour vous morfondre. Laissez-moi deviner, avec votre gueule d'amour, là, vous vous croyez fini.

Mais elle parlait trop comme à son habitude de cette verve qui n'appartenait qu'à elle ; Rosabel ne craignait pas les mots. Rosabel savait ce qu'elle voulait, ce qu'elle ne voulait pas. Il y avait chez elle comme une assurance résignée et le sentiment qu'elle n'aurait jamais 50 ans. Jamais.
Elle descendit finalement, se tint debout, le bas du dos appuyé contre la table, toisant de sa hauteur la silhouette assise du professeur Bones. Son doigt s'égarant sur les contours de ses lèvres carmin, elle effaça les petites tâches de vin qui saisissaient sa bouche d'une nouvelle touche belle mais dramatique. Car des deux, elle était bien celle qui se pavanait avec ses grands airs de Dame.

Elle agita une longue cigarette, fine et distinguée, de celles qui faisaient fureur à l'époque des amatrices du Charleston.

_ J'aimerai fumer en attendant que le poison fasse effet. Me le permettrez-vous ou me retirerez-vous des points ?
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Re: Dead like me - Caelum
12.01.17 0:24

Cheers !
Poison sur sa bouche, de ses doigts blafards à ses lèves purpurines, ses mots s'accrochent sur ma chair pour y faire pourrir quelques réminiscences. Miss Northrop et sa langue trop bien pendue qui crache plus qu'elle ne le croit des vérités qui feraient grincer des dents les plus fiers. Et c'est drôle comme à Serpentard ils ont la sale habitude de prendre pour de l'esprit ne sont rien d'autre que des sursauts de vanité qui ne trompent personne. On peut parler longtemps de moi et du gouffre. Ne suis-je pas l'exemple même de la déception et du gâchis ? Ne sont-ils pas tous heureux de pouvoir glisser mon nom comme définition à la déchéance ? À leur place j'en serai heureux. Et j'utiliserai mon nom à tord et à travers puisqu'il est si tordant de se moquer, de nuire. D'espérer et de se dire qu'il y a pire que soit. Parce que moi aussi je suis serpentard dans le sang et que mes sarcasmes me plaisent et qu'il faut être deux déplaisants pour pouvoir saccager toute une conversation aux allures disciplinées. Il n’y a rien à contester ici, rien à protester.

Rien de cruel quand elle s'exprime. Peut-être qu'il y a ses yeux trop froids et moins enjoués et inconscients que beaucoup de jeune fille de son âge. Je fixe un point sur son visage, l'albâtre qui deviendra trop gris si je la laisse trop dériver. J'écoute, d'une oreille intéressée son dernier monologue. Il ne manque ni de souffle, ni de conviction et pourtant c'est comme si je percevais des consonnes trop mornes. Mélodie du déclin. Peut-être que c'est la mort qu'elle invite pour la défier. Elle en parle comme on parle d'une vieille amie. Comme si ce quelqu'un lui trottait dans la tête et lui soufflait de temps à autre des plans qui semblent si parfait. Et délicats. Elle dit qu'elle ne veut pas mourir d'un poison moldu et elle devrait garder ce qu'il y a de pire pour elle dans un coin de sa tête. De son cœur. Pour que personne ne puisse l'utiliser contre elle. Elle avance sa main délicate, sans jamais trembler une seule fois, vers ma flasque. Elle trinque avec moi, mais il serait ridicule pour elle de souffler santé, quand elle s’apprête à ingérer de quoi saccager sa gorge et ses jolies prétentions.

Sourire sur ma bouche, sursauts de mes doigts inutiles et immobiles qui frémissent, mon propre poison est mon amusement et mon habitude de jouer trop souvent avec la mort. C’est l’excitation du trompe la mort que je suis qui se réveille un peu, ma paupière bat calmement la mesure. L’incarnat sur sa bouche est réel, ce n’est pas le sang, mais ce qui l’empoisonne, il faudrait qu’elle tamponne ses deux lèvres d’un mouchoir blanc pour terminer ce tableau charmant.

Miss Northrop n’a pourtant pas le temps, elle ouvre la bouche, non pour soupirer et papillonner des yeux, mais glisser d’autres mots acides. Je ne l’interromps jamais, même quand certains mots mériteraient que je l’accroche au lustre et que je retire à cette petite tête blondes des points bien mérités. Je me fous de savoir après tout ce que les élèves murmurent, comme je me fous de savoir combien d’heure et d’année il me reste à traîner ma jolie gueule d’amour. Elle veut deviner et c’est drôle quand on sait que la divination et moi on est aussi proche qu’elle l’est de la mort. Je dis :  « Mh. Je dirais plutôt que c’est ce que le collectif pense que je fais. Me morfondre et penser qu’il ne me reste plus rien d’autre à faire que pleurer, puisque comme tu le soulignes justement, ma gueule d’ange n’attire pas grand monde. »

Elle se lève finalement, éreintée d’être porcelaine et poupée. Elle se pavane et je sais que c’est tout un show que je ne dois pas manquer. Elle s’attend peut-être à ce que je raconte ou que je soutienne sa version quand elle se racontera à elle-même qu’elle n’a pas flanché, qu’elle est restée aussi digne qu’elle le pouvait. Plus encore. Belle indifférente, trop lisse, mais assez. Elle me demande si elle peut fumer. Je hausse les épaules. Si j’étais susceptible de lui enlever des points pour ça, je crois que je serai pas là, à attendre qu’elle daigne mourir un peu cause du poison.  « Fais-toi plaisir, je dirai rien si tu dis rien. » Je me lève pour aller récupérer la petite fiole après avoir débarrassé mes mains. La fiole qui pourra lui sauver la vie.


 « Ce qu’il y a de plus transcendant, je crois que ce n’est pas la mort, mais la certitude d’avoir un pouvoir. Et c’est ce qui te conduira peut-être à l’élévation. C’est la certitude que tu as du pouvoir sur ta propre mort. Bien sûr, tenir la vie de quelqu’un dans le creux de sa paume est aussi une façon de se rapprocher de cette impression, mais elle n’est ni vraie, ni aussi exaltante qu’on peut le penser. C’est choisir… Savoir que l’on peut donner ou reprendre, sauver ou nuire, de façon irrémédiable… Mais une fois le choix fait, il ne reste plus rien qu’un vague… Soupçon de déception. » Je marque une pause et je demande, sans la regarder, les yeux sur cette fiole.  « Tu sais pourquoi les gens tuent, Rosabel ? » Je cherche son regard, cette fois.  « Parce qu’ils sont lâches et qu’ils ont peur. Qu’ils sont stupides et trop bêtes. L’acte en lui-même est une aberration. Ils veulent toucher du doigt cette élévation… Ils veulent ressentir une fois dans leur vie qu’ils ont le choix et qu’ils sont tout puissants, mais ce qu’ils ressentent est un ersatz. Ce qui compte vraiment c’est ce que tu fais maintenant. C’est risquer ta vie. Accepter le fait que tu puisses mourir dans la seconde si tu le décides. Accepter le fait que tu puisses vivre aussi. Être pleinement conscient de ce fait. » Je tends la baguette pour allumer sa cigarette sans prononcer un mot.  « Je suis devenu auror parce que j’étais conscient de ce fait. Je voulais traquer ceux qui avaient compris… Et non les vulgaires criminels. » Je hausse l’épaule, finalement dans un soupir.  « Je suis la preuve vivante de mon échec pourtant. Quand je pensais mourir et choisir de le faire, je suis vivant et parfois je me dis que je n’ai pas choisi de le faire. » Je sors de ma poche la fiole d’Angélique que j’avais rangé plus tôt pour allumer sa cigarette.  « Ou alors je suis la preuve vivante ma réussite. Parce que j’ai trompé la mort quand elle pensait me cueillir. Je suis assez fier de mes cicatrices, peu importe ce qu’on en pense. Ou alors c’est parce que j’ai une fascination un peu trop prononcée pour ce qui est morbide. Qu’est-ce que toi tu en penses ? » Maintenant que les portes de la mort s’entrouvrent et te chantent des requiems ?
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Re: Dead like me - Caelum
27.02.17 12:08

Avec un peu de fausse nonchalance, comme tout dans sa posture demeurait toujours si bien pensé, si bien calculé, une main qui rejetait les volumineuses boucles, et une autre tendue devant elle qui secouait d’un doigt sa cigarette qui se fumait tantôt seule ou qui tantôt venait charbonner les rouages de ses poumons ; Rosabel écoutait d’un œil aigu, attentif, insistant, dévisageait la figure éraillée avec ce pointilleux qui lui était propre.  

Elle avait somme toute un sens du détail évident, de sorte que rien ne lui échappait tout à fait ; elle remarquait, observait, constatait et finissait toujours par pointer du doigt ce qui ne sautait pas assez aux yeux des autres. C’était là un petit penchant qui l’habitait, non pas par amour de la vérité, non pas par mesquinerie comme on aimait tantôt le dire, comme elle le faisait tantôt croire à cause de ses grands airs, mais seulement comme une impulsion, pour parler de toutes ces choses qui l’agaçaient plutôt comme elle ne savait ni se taire mais juste s’exprimer.

Une conclusion s’était alors révélée à elle, alors qu’ils parlaient là, que sa petite gueule d’amour cramée lui faisait face, qu’elle y supportait toutes ces imperfections, ces marques qui rampaient sur l’épiderme de l’homme.

_ Si vous aimez penser que vous avez trompé la mort, pourquoi laisser penser les autres qu’elle vous a désabusé ?

Elle n’avait pas la chance d’avoir le professeur Bones dans ses cours, la vie avait fait que son chemin l’avait éconduite des forces occultes. Elle préférait le calme de la littérature, les mystères des anciennes langues au tumulte des traques, des sortilèges. Elle aspirait secrètement au calme, et seuls les grimoires savaient encore le lui accorder. Mais elle était bien au fait que le professeur Bones ne constituait pas ce que l’on pourrait appeler un bon pédagogue, et qu’il ne ménageait pas réellement ses troupes. Qu’importe. Le fait était qu’ils étaient nombreux en cherchant bien à le mésestimer. Mais c’était sans doute le lot quotidien de tous les professeurs un brin sévères, un brin « despotes ». Il lui vint à l’idée alors que malgré ses mots qui sortaient de ci de là, de sa petite arrogance nichée à l’ombre d’un sourire, elle n’avait rien à y redire. Et elle avait bu ses paroles plus qu’elle ne l’aurait dit, car elle aimait sans doute raisonner et philosopher, et qu’ils n’étaient pas nombreux à savoir la contenter à ce niveau-là, alors peut-être n’aurait-elle pas envisagé certes découvrir quelqu’un d’aussi intéressant. Car il devait l’être pour attirer si bien son attention.  

_ Je n’ai aucun jugement à porter, si j’en avais vraiment un, cela laisserait penser que vous m’intéressez. Mais ce n’est pas le cas. Et de toute façon mon avis ne vous intéresse pas non plus, n’est-ce pas ? Que pourrai-je vous apprendre que vous ne savez pas déjà, du haut de mes petits dix-neuf ans et du haut de vos… Quel âge avez-vous, c’est difficile à dire, vos brûlures vous vieillissent.

Et elle disait ça si naturellement, comme si ce n’était rien, et au fond, cela ne lui était rien. Elle avait ces regards qui s’attardaient sur ces ombres de souvenirs douloureux, se surprenait à imaginer ce que cette vie avait dû être.  

_ Vous connaissiez les risques, et vous avez couru derrière la mort en toute connaissance de cause. Vous avez été Auror, un héro aussi peut-être même si personne ne s’en souvient, parce que les héros comme vous sont des héros de l’ombre, vous brillez tombez puis sombrez dans l’oubli. Vous avez risqué votre vie, y avez laissé quelques plumes au passage et tout le monde s’en moque. Vous ne serez jamais un personnage historique et vous vieillirez à Poudlard, à supporter le regard de gens comme moi, et ce sera toujours la même rengaine, dans cinq ans, dix ans, vingt ans, ils se moqueront encore de ça. Et ce disant, elle l’avait désigné d’un signe de tête, lui, sa vilaine petite gueule d’amour. Mais pour avoir pourchassé ces mages noirs, côtoyé leur démence, vous tiendriez presque de la faucheuse. Mais à vous voir là, vous n’êtes bien qu’un sorcier comme un autre, moins commun que la moyenne je vous l’accorde, ce qui ne rend pas moins prestigieuse votre carrière. Ou tragique ? Mais le tragique a un quelque chose de prestigieux. Et personne ne s’en rend encore compte. Alors que la mort ait ri de vous ou que vous ayez ri d’elle, dans les deux cas je ne vois rien de risible. Vous êtes peut-être de ceux qui survivent. Vous avez le droit de penser que vous l’avez rejetée, mais vous pouvez aussi penser que c’est elle qui n’a pas voulu de vous. Alors vous êtes là, et c’est tout ce qui importe. Au diable ce que les autres pensent, ce que je pense. Mais n’allez surtout pas imaginer que je vous admire. Je suis bien trop difficile pour ça.

Se détournant enfin du professeur, elle s’était affairée autour de la table, ses longues et fines mains se dépêchant de courir sur le vieux bois, attrapant fioles vides qu’un tergeo formulé du bout de la baguette magique suffisait à nettoyer et récurer. Mais ce n’était pas un brusque excès de propreté qui la secouait soudain, sinon quelques vertiges qui la prenaient soudain et qu’elle tentait dans un excès de pudeur ou de fierté de cacher. Et à quoi bon encore tandis qu’il la connaîtrait bientôt dans une décadence qu’il serait le seul à voir encore.

_ J’ai décidé que je serai la seule à choisir le jour de ma mort et que je n’attendrai pas qu’elle vienne me cueillir. On trouverait ça arrogant, mais je suis arrogante. Je ne mourrai pas d’une vulgaire maladie, ni même me donnerai la mort par désespoir. Je préfèrerai mourir à mon apogée. On trouverait ça grotesque. Je veux seulement garder ma dignité jusqu’à la fin. Quitte à partir, je préfère que cela soit fait avec noblesse.

Et sur ces mots, elle s’était doucement tue, s’était figée ; comme les contours des objets s’effaçaient doucement, se flouter. Elle écarquilla les yeux, par réflexe.
Elle se retourna alors, pupilles dilatées, regarda sans voir le professeur Bones. D’une voix monotone, elle énonça.

_ Symptôme un. Troubles de la vision.

Ce qu’une plume enchantée à l’autre bout de la table s’empressa d’écrire sur un bout de parchemin.

_ Comme c’est charmant, monsieur, votre gueule d’amour s’est estompée.




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