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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













Gentlemen only. (Seth)

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12.11.16 15:55

Vous n'avez jamais vu Isaac de Ghulle en colère, et c'est normal, puisque bien peu de choses peuvent le faire de ses gonds. Elles sont en tout cas bien moins nombreuses que les choses qui le terrifient qui, elles, constituent une liste longue comme le bras. Mais la colère n'est pas vraiment un attribut d'Isaac. L'historien est bien trop subtil pour se laisser aller à de si violentes et négatives émotions.
Plutôt que de colère, il est bien plus pertinent de contrariété. Lorsque Isaac rencontre quelque chose qui lui déplaît, il serre les dents en silence mais n'exprime pas ouvertement son déplaisir. Il préfère trouver une solution en parlementant ou en négociant plutôt que d'opposer une haine brutale qui ne donnera rien d'intéressant.
Isaac n'était donc pas en colère. Peut-être légèrement agacé, à la rigueur, puisqu'il se retrouvait dans une situation qui ne lui plaisait pas vraiment. Mais cela restait une réaction tout à fait normale, après tout. Se rendre compte qu'une des heures de cours qu'il avait été contraint de reporter tombait le même jour qu'un des cours de potion du professeur Rollins lui avait tiré une grimace disgracieuse. Bien entendu, Isaac n'avait pas beaucoup d'estime pour les potions, le fait qu'il était lui-même assez peu doué dans la discipline lorsqu'il était étudiant expliquait sans doute le peu de goût qu'il avait pour la matière. À ses yeux, il ne s'agissait que d'une activité manuelle qui requérait d'être un très bon exécutant, mais pas d'avoir un cerveau. Ceci dit, il valait mieux éviter de révéler le fond de sa pensée au professeur Rollins : critiquer de but en blanc sa matière n'était pas une bonne stratégie pour trouver une solution à l'amiable pour résoudre ce problème qu'il avait plus ou moins causé. Cela ne l'aidait pas du tout à se détendre. Isaac était en effet un peu anxieux : avec son mètre quatre-vingt quinze et ses nombreux tatouages, le professeur Rollins était plutôt impressionnant, et savoir qu'il s'agissait d'un ancien Auror n'aidait pas vraiment l'historien à se détendre. Il connaissait au demeurant assez mal le caractère de son collègue, qui était assez récent à Poudlard et qu'il n'avait pas eu le temps de découvrir. À première vue, Rollins n'avait pas l'air très méchant, mais mieux valait ne pas se  fier aux apparences.
Mais en fait, ce qui angoissait le plus Isaac était le thé. Inviter un professeur de potions boire du thé, sur le coup, ç'avait semblé être un acte de sociabilité exemplaire, mais après coup, Isaac s'en voulait énormément. Un bon professeur de potions s'y connaissait parfaitement en incantation, décantation, infusion, il ne savait pas trop quel terme utiliser, et donc révélerait n'importe quelle erreur d'Isaac dans le domaine. Bien entendu, l'historien, parce qu'il était de bonne famille, savait que sa maîtrise du thé était impeccable, mais il craignait que l'anxiété ou la contrariété ne l'empêche de réaliser correctement l'infusion. Isaac préféra vérifier que ses scones étaient parfaitement alignés sur leur présentoir en attendant que son invité ne se manifeste à la porte.
Il faillit sursauter, bien sûr, mais Isaac se reprit rapidement et se dirigea avec dignité vers la porte de son bureau.

« Professeur Rollins, le bonjour, déclara Isaac d'un ton guidé qui, à ses yeux, passait pour tout à fait détendu. Entrez, je vous en prie, le thé est pratiquement prêt. Installez-vous où vous le désirez. »

Isaac avait fait l'effort de débarrasser une table des nombreux parchemins qui l'encombraient en temps normal, mais le reste de la pièce n'était qu'un fouillis de livres, parchemins, folios et autres papiers, tandis que sa collection de sceaux, trois fois volée, trônait bien en évidence dans le seul coin ordonné de la pièce. Isaac ne s'assit pas tout de suite : il prit la peine de demander à son hôte auparavant :

« Du thé noir de Ceylan vous agréerait-il ? »

Même pour Isaac, l'emploi du verbe « agréer » était peut-être un peu fort. Sans doute était-ce sa façon d'évacuer la tension qu'il ressentait à cet instant précis.
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Re: Gentlemen only. (Seth)
14.11.16 16:47


Seth Abel Rollins & Isaac de Ghulle

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Seth marchait, tranquillement, dans les couloirs, tournant et retournant cet origami qu'il avait reçu de la part du professeur d'Histoire de la Magie, M. de Ghulle. Qui l'invitait à aller prendre le thé dans son bureau. Voilà une demande bien étrange. Seth était à peine arrivé en poste que déjà les professeurs voulaient prendre le thé avec lui? Voilà qui était définitivement très étrange, d'autant plus que l'invitation venait du professeur d'Histoire de la Magie, ni plus, ni moins. En marchant dans les couloirs, le Maître des Potions faisait le récapitulatif de ce qu'il savait du professeur d'histoire : Presque rien. C'était un homme qui, semble-t-il, était absorbé par sa matière, et Seth ne savait vraiment pas à quoi s'attendre de la part du professeur. D'autant plus que le colosse n'avait véritablement que les bases en termes d'Histoire de la Magie, donc ce ne serait vraiment pas facile de tenir une discussion, si passionnante fut-elle, sur ce domaine précis, avec cet interlocuteur précis. Quoiqu'il se doutait que parler de Potions avec un historien aurait sans doute eu le même effet, mais dans l'autre sens : À moins que M. de Ghulle soit aussi une pointure en ce qui concerne la fabrication de Potions, il ne serait véritablement pas capable d'assurer une conversation poussée sur les Potions.

Il ne faisait pas chaud dans les couloirs de Poudlard, du moins, pas aussi chaud que dans son bureau, où Seth laissait toujours un bon feu crépiter quand les feuilles à l'extérieur commençaient à rougir. Véritablement, le climat écossais n'était pas tendre avec les gens. Il préférait largement le climat qu'il avait pu rencontrer à Himeji, au Japon, ou même à Sydney. Il aurait voulu être en Australie en ce moment, alors que l'hiver approchait à Poudlard, et que le Soleil commençait à taper bien fort sur les plages australiennes, à pouvoir se prélasser sur les plages de sable chaud, perdant journée après journée à faire le vide, entre la plage et la mer. Et les promenades dans les jardins publics de la ville. Et peut-être boire une ou deux pintes dans un bar. Mais il n'avait pas envie de porter ces vêtements épais, censés le protéger des affres du climat écossais, qui devenait trop froid à son goût quand l'automne puis l'hiver arrivait.

Seth recentra son esprit, qui à nouveau venait de s'égarer. Du thé. Voilà fort longtemps qu'il n'en avait pas bu, avec quelqu'un de surcroît, et en plus quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Et qui tenterait sans doute de respecter toutes les conventions associées à un tel événement. Conventions qu'il avait oublié. Sinon totalement, du moins en partie. Il se souvenait de quelques trucs que Noémie lui avait appris, mais cela remontait à longtemps, et on ne peut pas dire que ce genre de conventions et de politesses étaient véritablement l'apanage du professeur de Potions. Mais tout de même, il essaierait de faire le plus d'efforts possibles pour ne pas passer pour un rustre fini aux yeux du professeur d'Histoire de la Magie. Quoiqu'il ne savait pas comment son hôte interpréterait ses tentatives, fort maladroites, du reste, de respecter l'étiquette du tea time. Mais là encore, il aurait préféré être à des années-lumière de ce genre d'obligations mondaines. Il savait que sa filleule, Abigail, serait plus à même de survivre à ce genre d'interaction, et cette pensée était suffisante pour lui donner envie de rebrousser chemin.

Mais il était déjà arrivé devant la porte de la salle d'Histoire de la Magie, son objectif, du moins actuel. Il frappa deux fois à la forte et, conformément à ses attentes, le professeur ouvrit la porte.

"Professeur Rollins, le bonjour. Entrez, je vous en prie, le thé est pratiquement prêt. Installez-vous où vous le désirez."

Le ton du professeur semblait. Faux. Comme s'il essayait d'évacuer, sinon de dissimuler, une forme de tension.

"Bonjour, professeur de Ghulle."

Seth essaya, tant que faire se peut, de ne pas massacrer le nom de son hôte, quand bien même il en ignorait la prononciation exacte.

"Merci de l'invitation, voilà bien longtemps que l'on ne m'avait pas fait telle invitation."

Il n'aurait pas du dire ça. Seth regarda rapidement la salle, pleine à craquer de livres, parchemins et autres folios. M. de Ghulle était véritablement un homme passionné par l'Histoire. La voix de son hôte le ramena à la réalité :

"Du thé noir de Ceylan vous agréerait-il ?"

"Mais très volontiers."

Seth s'assit à la seule table qui n'était pas encombrée après bien sûr que son hôte l'ait désigné comme la table où ils prendraient le thé.




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Re: Gentlemen only. (Seth)
20.11.16 14:46

Était-ce à cause des manières d'Isaac, ou bien était-il naturellement lui aussi coincé que l'historien ? Le professeur Rollins se montra tout aussi poli que lui, acceptant sans problème de rentrer dans son jeu. Isaac sentit une légère hésitation dans sa voix au moment de prononcer son nom, ce qui l'aida à se détendre. Il n'était pas le seul à vouloir préserver les apparences et faire en sorte que cette invitation ne tourne pas au drame. Voilà qui allait l'aider.
Très docile, Rollins s'installa à table dès lors qu'Isaac la lui indiquât et ne refusa pas le thé qu'il lui proposait. S'il n'avait été aussi grand, Isaac n'aurait sans doute pas trouvé la situation aussi... étrange. Il avait presque l'impression d'avoir l'élève idéal devant lui, qui s'exécutait face à chacun de ses ordres. C'était stupide, mais Isaac avait pensé que Rollins allait lui poser des problèmes dès le départ, qu'il serait exigeant, qu'il n'aimerait pas le thé, etc. Au lieu de cela, il se comportait exactement comme il le fallait, et il ne faisait aucune remarque sur l'apparent désordre du bureau d'Isaac. Il se montrait tellement poli que l'historien se sentit obligé de s'excuser :

« Veuillez me pardonner, je n'ai pas pris la peine de ranger mon bureau récemment, et ces documents d'archives ne sont pas suffisamment fragiles pour que je pense à les protéger. »

Les documents étaient tous de la période contemporaine très récente : au delà d'un certain âge, le papier et le parchemin devenaient plus fragiles et requérait une conservation particulière. Cependant, Isaac était quasiment certain que le professeur Rollins n'y avait pas pensé. Il savait peut-être que certains ingrédients se conservaient d'une certaine façon, mais il n'avait peut-être pas envisagé que c'était également le cas du papier.
Isaac vérifia rapidement l'état de l'infusion. Le temps de la servir, elle devrait être parfaite. Il se réjouissait de ne pas s'être trompé sur la ponctualité de son hôte. Se saisissant de la théière, il fit le service :

« J'ai pris le loisir de préparer le thé avant votre arrivée, me disant que vous seriez sans doute plus aise si vous n'aviez pas à attendre. » expliqua Isaac en versant le thé d'un geste expert.

Il se servit ensuite, puis s'installa face à Rollins en lui désignant les biscuits qu'il avait arrangés sur la table. Pour l'instant, cela ressemblait en tout point à une invitation de courtoisie, et pour Isaac, cela devait le rester pour le moment, au moins jusqu'à ce qu'il ait fini son thé. Il avait fait l'effort de proposer à son collègue l'un des meilleurs qu'il possédait, ce n'était pas pour le gâcher par d'amères paroles. C'est donc tout naturellement qu'Isaac croisa les jambes, approcha doucement la tasse de sa bouche, huma le parfum unique qui s'en échappait, et reporta son attention sur son invité :

« Je crois savoir que votre arrivée à Poudlard n'est que très récente, me trompé-je ? Vous êtes-vous habitué à notre école ? Comment se passe votre reconversion ? J'imagine que cela doit bien vous changer de votre ancien travail d'Auror. Le plus grand danger que vous courez ici est sans doute la facétie des élèves... »

Il y avait également l'affaire sigma, mais Isaac ne jugeait pas qu'elle vaille la peine d'être mentionnée : était-on vraiment plus en sécurité ici qu'ailleurs, était-on vraiment moins en sécurité ici qu'ailleurs ? Ce ne devait de toute façon pas être quelque qui effrayait un homme comme Seth. L'enseignement, en revanche, c'était autre chose. Isaac savait à quel point faire classe pour la première fois pouvait être impressionnant. Les élèves n'étaient ni des ennemis ni des parchemins, juste des têtes vides qu'il fallait s'évertuer à remplir. C'était un défi de tous les jours, une guerre qui ne pouvait être gagnée mais qui était souvent perdue. Il y avait de quoi faire perdre espoir au plus vaillant des professeurs, croyez-moi.
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Re: Gentlemen only. (Seth)
21.11.16 17:58


Seth Abel Rollins & Isaac de Ghulle

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Le stress que l'invitation avait causé à Seth avait été au moins un petit peu évacué quand il vit son hôte visiblement aussi stressé. Il laissa une longue, mais silencieuse, expiration tenter d'évacuer à nouveau une partie du stress qu'il avait accumulé. Seth était une tour par rapport aux autres professeurs humains. Bien sûr, le prof Pendragon, lui, était une tour pour Seth, mais comme il dirait dans ce genre de cas "C'est comme comparer une pomme et une poire", tout en sachant qu'il avait été lui-même bien avantagé avec sa taille. Cependant, cette tour musclée avait plus sa place dans un ring de boxe ou de catch ou dans une salle de muscu à s'entraîner pour la prochaine compèt' d'haltérophilie que dans un salon de thé, à boire avec un professeur d'histoire de la Magie qui visiblement, semblait bien frêle, snob... Et ennuyeux. Le professeur de Ghulle s'excusa du chaos qui régnait dans son bureau.

"Il n'y a pas de mal, garder un bureau en ordre n'est pas une tache aisée, surtout quand, comme vous et moi, nous sommes aussi dévoués à notre matière."

Franchement, s'il ne passait pas ses journées cloîtré dans sa salle des Potions, son bureau serait au moins autant en désordre, voire sinon plus. Le professeur de Potions n'avait jamais été un homme d'ordre, et l'idée de travailler dans sa salle de cours lui permettait, d'une manière où d'une autre, de garder son bureau en relativement bon ordre.

"J'ai pris le loisir de préparer le thé avant votre arrivée, me disant que vous seriez sans doute plus aise si vous n'aviez pas à attendre."

Il n'avait pas spécialement tort, c'est toujours mieux de ne pas avoir à attendre que le thé s'infuse, et comme ça, on a moins à parler. Pas que Seth était antisocial, ou même asocial, mais c'était juste qu'il ne savait pas comment maintenir une discussion efficacement.

"Une attention louable et, ma foi, bien sympathique."

Sitôt que les tasses furent servies, Seth saisit la sienne doucement, par l'anse. Il se souvenait que c'était un magistral faux-pas de la saisir par le corps si elle avait une anse. Il l'amena devant sa bouche, et huma les arômes qui s'en échappèrent. Le thé noir de Ceylan n'était pas un de ses préférés, mais il savait que si le professeur de Ghulle lui avait proposé celui-ci, c'était sans doute son meilleur thé. Après tout, cette invitation ressemblait à une gigantesque vitrine destinée à l'impressionner. Son hôte reprit la parole.

"Je crois savoir que votre arrivée à Poudlard n'est que très récente, me trompé-je ? Vous êtes-vous habitué à notre école ? Comment se passe votre reconversion ? J'imagine que cela doit bien vous changer de votre ancien travail d'Auror. Le plus grand danger que vous courez ici est sans doute la facétie des élèves... "

Il essayait d'initier une discussion autour de son arrivée à Poudlard, et son passé. Ce genre de mondanités n'était véritablement pas du tout la tasse de thé de Seth, mais ce fut docilement qu'il répondit à son interlocuteur.

"En effet, je suis arrivé cette année. L'enseignement est une nouveauté pour moi, mais fort heureusement, les Potions sont mon domaîne de maîtrise, si je puis m'exprimer ainsi. Poudlard ne m'est pas vértibalement inconnue, même si les différences avec ce que j'ai connu pendant mon temps en tant qu'étudiant ici sont quand même nombreuses. Je crois que le chagement qui m'a demandé le plus d'adaptation doit être, peut-être..."

Il hésitait un peu.

"La réforme. L'introduction des cursus doit être le plus important changement. Du moins à mes yeux. En ne comptant pas la situation de crise actuelle que représente la menace de Sigma. Poudlard n'a peut-être jamais été très sécure pour les élèves, mais... Je crains que Sigma ne représente une menace à laquelle nous sommes préparés. Il y aurait des membres de Sigma dans le château."

Il marqua une nouvelle pause.

"Ma reconversion s'est bien passée, après tout, voilà bien cinq ans que je ne suis plus un Auror. J'ai passé deux ans en tant que Fabricant de Potions indépendant, avant de..."

Il n'avait pas envie de parler des trois dernières années.

"Disparaître de la circulation. Jusqu'à aujourd'hui. Mais assez parlé de cela."

Il détournait le regard, comme s'il voulait enterrer ce qui s'était passé pendant ces trois ans.

"Bien entendu, la charge d'enseignant diffère de celle d'Auror, elle diffère aussi de manière assez importante de la charge de Fabricant de Potions. Mais ce renouveau est, ma foi, bien appréciable. La perspective de transmettre mon savoir aux élèves de Poudlard est, en soi, une excellente motivation. Même si j'imagine que certains élèves se passeraient volontiers de ce cours. Comme je me serais bien passé de certains cours, quand j'étais à leur place."

Quant au danger que poseraient les élèves...

"Pour ce qui est des élèvs, oui, c'est peut-être ma plus grande crainte... Mais j'ose croire et avoir l'espoir que parmi la masse qui entre et sort de cours chaque jour, il y a quelques personnes qui sont dotés, sinon d'un don, du moins d'une capacité, et d'une volonté d'apprendre l'art de la Fabrication de Potions."

Seth avala doucement une gorgée de thé.

"Mais dites-moi, j'ai cru comprendre que vous étiez professeur depuis plus longtemps que moi. Auriez-vous des conseils à me donner, dans l'éventualité où il y a quelques fauteurs de trouble dans mes cours?"

Seth aurait aimé éviter de poser ce genre de question, mais Isaac était sans doute plus expérimenté. Et puis de toute façon, ça ne coûte rien, non?




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Re: Gentlemen only. (Seth)
03.12.16 16:57

Les effluves d'un thé infusé à la perfection étaient les prémices d'un plaisir gustatif qu'il fallait apprécier à la juste température pour en sentir tous les arômes. Mais aucun des deux ne semblait pour le moment manifester ce plaisir-là, Rollins peut-être parce qu'il n'avait pas l'habitude de boire ce breuvage, Isaac parce qu'il était persuadé de l'avoir raté. Il buvait sa tasse sans faire attention à son contenu, piquant du bout des doigts des scones de temps à autres pour accompagner des gorgées trop fréquentes, et écoutait attentivement son collègue, qui n'avait pas eu besoin de beaucoup d'efforts pour se lancer dans de longues explications. Sans doute Rollins n'était-il pas aussi timide que ses manières maladroites au début de l'entretien avaient laissé supposer. Isaac se rendit très rapidement compte qu'il n'avait pas besoin de questions pour le relancer : une fois qu'il était parti, Rollins s'en sortait très bien tout seul. Pour certains, cette façon de monopoliser aurait pu constituer une gêne, mais Isaac, coutumier du fait, n'y voyait aucun mal. À ses yeux, les dialogues ne devaient pas être une succession de phrases courtes et cinglantes, mais une série de phrases longues et travaillées où chaque interlocuteur prouvait la virtuosité de sa langue par des mots et formules alambiquées et une construction lourde, pompeuse et propre à provoquer l'endormissement - je rajoute le dernier. Rollins était donc tout à fait loquace. Étonnant de la part d'un professeur de potion : on se serait attendu à un esprit plus rationnel et cartésien.
Il ne fut pas difficile pour Isaac de suivre le flots de ses paroles : elles étaient organisées, comme si un plan sous-tendait chaque transition, comme si celui qui les prononçait n'avait d'autre choix que de suivre une progression logique dictée par le déroulement de sa pensée. Avec lui, Isaac fut renvoyé à l'époque lointaine où Poudlard était une école normale, où les élèves ne côtoyaient pas les dragons et où la scolarité s'achevait à la majorité. Toute une époque que Rollins avait également connue, peut-être même en même temps qu'Isaac, mais alors pas dans la même maison. Cependant, Isaac ne voyait pas forcément avec nostalgie ses jeunes années. Aucune période de sa vie ne lui semblait meilleure qu'une autre, à la réflexion, et il était aussi heureux à présent qu'à cette époque. La seule chose qui lui manquait était la discipline qu'il régnait alors sur les élèves. Elle avait irrémédiablement disparue.
Si Isaac regrettait les bons aspects de l'ancienne méthode, Rollins avait surtout eu beaucoup de mal à s'adapter à la nouvelle. Isaac le comprenait : il était arrivé à Poudlard peu après la réforme et avait subi de plein fouet ses conséquences inattendues. Réflexion faite, il y avait tout de même des périodes de la vie d'Isaac un peu difficiles, et son arrivée à Poudlard en faisait indéniablement partie. Un système qui se mettait en place, une nouvelle vie à laquelle il fallait s'habituer, des élèves pas franchement réceptifs, autant d'obstacles auxquels le jeune professeur d'histoire avait dû alors faire face. Isaac avait encore sa tasse dans la main lorsqu'il résuma sa pensée en quelques mots :

« Ah la réforme... »

L'importance était dans le ton. Celui-ci reflétait les regrets, les amertumes et les tendres souvenirs qui accompagnaient son arrivée. Car en dehors des temps durs, Isaac avait tout de même connu quelques bons moments. La vie n'était pas si noire, après tout. Il regrettait peut-être des choix effectués à cette époque, mais la plupart du temps, Isaac ne laissait pas ces regrets porter atteinte à sa vie.
En revanche, son avis critique sur la réforme, lui, ne pourrait pas changer. Il était certain que les effets étaient bien plus catastrophiques que bénéfiques. Mais simple avis personnel. Isaac ne le partageait jamais.
Isaac n'engageait pas la discussion sur le sujet, et ce fut tout naturellement que Rollins se dirigea vers le récit de ses années précédentes, récit court et résumé qui intéressa fortement Isaac. C'était merveilleux. Cet entretien lui fournissait tous les éléments dont Isaac aurait eu besoin pour rédiger la biographie de ce personnage, pour peu que celui-ci fût célèbre. Les paroles concises lui permettaient de reconstituer une chronologie rapide du parcours personnel de Seth Rollins, première étape indispensable afin de savoir dans quoi il s'engageait. Isaac aurait pu analyser la façon dont il mettait en avant certains éléments ainsi que le ton employé, mais le premier réclamait des qualités littéraires que l'historien était loin de posséder, tandis que le second des qualités de communication qu'il ne possédait pas non plus. Il ne ferait pas, mais il n'en appréciait pas moins l'esprit de synthèse qui était à l'œuvre derrière ces paroles.
Cela rendait l'affaire encore plus difficile.
Avant qu'il n'ait la possibilité de poser de plus amples questions, Rollins détourna le sujet. Isaac s'en doutait : la façon dont il évoquait sa disparition, un fait qui aurait sans doute affolé les tabloids, prouvait qu'il voulait parler d'autre chose. Heureusement, Isaac n'était pas particulièrement curieux et n'insista. La preuve : il n'avait fait que penser à son propre passé ou analyser son discours pendant tout ce temps, sans s'interroger sur le sens des mots de Rollins.
La conversation s'orienta tout naturellement sur l'art de l'enseignement. Rollins y voyait un renouveau profitable. À sa place, Isaac aurait sans doute eu la même impression. Lui n'avait jamais changé de travail : il ne savait pas ce que changement faisait. Ce devait être une force : le parcours particulier de Rollins lui offrait sans doute un point de vue inédit sur les choses et surtout un pragmatisme à toute épreuve qui s'illustrait par sa perception des élèves. Isaac avait été presque étonné de constater que leur point de vue à ce sujet n'était pas si éloigné que cela. Tous deux rêvaient de découvrir des génie de leur discipline parmi les rangs de leurs élèves. Et tous deux avaient conscience de l'indifférence de certains élèves à leur enseignement. Rollins se rappelait l'élève qu'il avait été et se mettait probablement à leur place. Isaac, lui, n'avait que faire des élèves qui ne suivaient pas son cours. Ignorance mutuelle.
Isaac aurait pu rester silencieux plus longtemps encore, tel le témoin d'événements se déroulant à la fois loin et proche, mais Rollins, jugeant sans doute que l'historien ne s'investissait pas assez dans le dialogue, décida de le prendre à parti et de l'interroger sur sa façon de gérer les problèmes posés par les élèves. Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres d'Isaac, qui était particulièrement ravi de parler de cet aspect de son métier plutôt que de son histoire personnelle, par exemple.

« Personnellement, je n'utilise que des méthodes traditionnelles qui ont fait leurs preuves : la retenue, la punition, le retrait de points, le contrôle surprise... j'aurais bien aimé reprendre d'autres méthodes, par exemple, le fait de taper sur les doigts des élèves avec un règle, mais il semblerait que ce ne soit plus dans l'air du temps... »

Ceci dit, même avant la réforme, certaines des méthodes auxquelles Isaac pensait n'étaient plus appliquées depuis longtemps. Si autrefois on autorisait au professeur un peu de violence envers un mauvais élève, aujourd'hui, c'était à peine s'il avait le droit de donner des mauvaises notes. Pourtant, en raison de la baisse de niveau, les notes auraient dû être plus mauvaises que jamais. La logique de l'enseignement... Isaac n'était vraiment pas en accord.

« En tout cas, il est très important que vos élèves comprennent que vous détenez l'autorité et que vous n'hésiterez pas à en faire usage s'il le faut. La menace est souvent bien plus efficace que la répression. »

Isaac avait résolu le problème en ignorant ses élèves, mais il était persuadé d'avoir une très grande autorité sur eux. Il fallait croire que l'on était souvent aveugle avec soi-même. Mais logiquement, si Isaac avait remis en cause sa façon d'enseigner d'une façon ou d'une autre, il se serait mis à la pédagogie il y a quelques années déjà. Il était trop ancré dans les vieilles méthodes pour comprendre. Et puis, il connaissait l'histoire, une histoire où la violence s'ancrait dans le fait politique et octroyait peu à peu à l'État le monopole de la violence légitime. Il était donc logique qu'Isaac crût en ces principes parfois très vieux plutôt qu'à de nouvelles idées que personne n'avait vraiment eu l'occasion de tester.
Isaac avait pratiquement fini sa tasse de thé, et il avait mangé plus de scones qu'il n'en avait l'intention. Il reposa la tasse où un fond baignait encore. Il avait désormais une opinion plutôt bonne du professeur Rollins. Pour un enseignant en potions, il était plutôt mal. Eût-il été historien, Isaac l'aurait adoré. Cela ne rendait que la discussion à venir plus pénible. Isaac, sans en avoir l'air, prépara le terrain.

« Je constate avec joie que vous avez jusque là mené une vie riche et heureuse, commenta Isaac. J'en suis fort aise. Je n'ai pas le bonheur d'avoir connu une vie si aventureuse, mais l'enseignement représente le cœur de mon métier et, si je puis me permettre d'être si audacieux, ma raison de vivre. »

Moi, j'ai envie de rire en l'entendant dire cela.

« Sans doute puis-je vous fournir davantage de conseils ? proposa-t-il d'un ton désintéressé. Je ne peux prétendre connaître avec perfection toutes les ficelles du métier, mais enfin, j'ai quelques expérience, autant qu'elle nous serve ! Voyons voir, que pourrais-je vous dire pour commencer... »

Isaac fit semblant de réfléchir, alors qu'il était clairement en train de noyer le poisson. Si Rollins avait des doutes, ils seraient balayés par l'incroyable ennui des paroles d'Isaac. Ne pas bailler relevait sans doute d'un exploit que la politesse, pourtant, exigeait. L'illumination surgit faussement dans son esprit : il claqua des doigts comme s'il avait trouvé. Alors que tout, depuis le départ, n'était que manipulation.

« Vous avez l'air d'avoir à cœur d'intéresser vos élèves, je me trompe ? Dans ce cas, permettez-moi d'engager un débat qui passionne depuis quelques années certains de mes collègues. Considéreriez-vous qu'il faille donner la priorité à certains enseignements sur d'autres, dans l'objectif, bien sûr, d'aider au mieux les élèves et de répondre à leurs besoins ? »
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Re: Gentlemen only. (Seth)
23.02.17 23:19


Seth Abel Rollins & Isaac de Ghulle

Gentlemen only

Seth continuait, lentement, de boire sa tasse. Il aurait bien aimé manger un peu de ce qui était présenté, mais malheureusement, son ventre semblait avoir été placé dans une machine infernale qui s'employait à lui retourner les boyaux avec une application toute particulière. Non seulement il était stressé par l'invitation, mais aussi par le fait qu'elle émane d'un professeur qu'il ne connaissait pas, mais aussi l'ambiance peu agréable qui émanait de cette salle.

Alors que son collègue présentait ses méthodes particulières, Seth ne put s'empêcher de penser que ces méthodes arriérées étaient sans doute la raison même pourquoi, semblait-il, l'histoire de la magie avait si mauvaise réputation parmi les élèves. (Il avait droit, de la part de sa filleule, à une connaissance assez bonne de l'avis général des élèves sur les différentes matières. Il avait cependant soigneusement évité d'aborder les potions). D'autant plus que, sur ce point tout particulièrement, les visions de Seth et Isaac divergeaient totalement. Il serra les dents pour masquer son mécontentement envers ces méthodes antédiluviennes.

Son interlocuteur expliquait qu'il était important que les élèves comprennent que le professeur détient l'autorité. Même s'ils semblaient être d'accord sur cela, ils restaient en désaccord sur la majorité des autres sujets, notamment la façon de considérer les élèves. Pour Seth, il était important, primordial même, que les élèves comprennent ce qui faisait vibrer le professeur, et qu'ils trouvent aussi ce qui les faisait vibrer. Du coup, s'il devait faire le pitre en cours pour maintenir l'attention des élèves, il le ferait. Après tout, il avait été élève avant même d'être Auror ou professeur, et même s'il avait toujours été bon en Potions, c'était uniquement sa propre détermination qui lui avait fait continuer. Même avec le prof qu'il s'était coltiné, il avait persévéré. Mais avec un prof du même gabarit que son interlocuteur? Même Seth aurait abandonné.

"Je constate avec joie que vous avez jusque là mené une vie riche et heureuse, commenta Isaac. J'en suis fort aise. Je n'ai pas le bonheur d'avoir connu une vie si aventureuse, mais l'enseignement représente le cœur de mon métier et, si je puis me permettre d'être si audacieux, ma raison de vivre."

Seth retenait un fou rire. Un fou rire, rire fou mélé d'une colère et d'un mépris qui bordaient presque sur la haine. Lui? L'enseignement? Représenter sa raison de vivre? Seth aimait les blagues, mais celle-là n'était pas vraiment drôle. Un enseignant dont l'enseignement représentait la vie ne se coltinerait pas du tout une réputation de l'ordre du professeur de Ghulle. Il demandait s'il pourrait prodiguer d'autres conseils à l'intention du colosse.

"Non merci, j'ai déjà ce dont j'ai besoin, merci énormément."

Réponse très polie, trop polie, diront certains. Et en effet, il voulait masquer tous les sentiments que ce professeur lui inspirait. Et s'il devait en dresser une liste, il y serait écrit "MÉPRIS" en gros, à l'encre rouge, en lettres capitales. Mais il valait mieux taire cela, une invitation comme celle-ci n'était pas vraiment des plus adaptées pour se battre. Son interlocuteur reprit la parole.

"Vous avez l'air d'avoir à cœur d'intéresser vos élèves, je me trompe ? Dans ce cas, permettez-moi d'engager un débat qui passionne depuis quelques années certains de mes collègues. Considéreriez-vous qu'il faille donner la priorité à certains enseignements sur d'autres, dans l'objectif, bien sûr, d'aider au mieux les élèves et de répondre à leurs besoins ?"

Le poignet gauche de Seth commençait à briller et brûler. Il rabatta discrètement sa manche dessus, espérant masquer la colère qui était en train, lentement mais sûrement, de le gagner. Ainsi donc, Isaac voulait parler des cursus? Il venait de démarrer Seth comme on démarre une moto.

"Pour moi? C'est même primordial, dans une certaine mesure. Mais avant qu'ils puissent faire le choix des marières qu'ils souhaitent étudier, il faut qu'ils aient tout de même une assez bonne idée de ce qu'ils veulent étudier, des matières qui pourraient les intéresser. Et du coup, il en incombe à nous autres, professeurs, de faire de notre mieux pour leur transmettre toute la beauté de nos matières, qu'il s'agisse des Potions, de l'Histoire de la magie, du droit magique, ou d'une autre matière. Et vous, quel est votre avis?"




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Re: Gentlemen only. (Seth)
24.02.17 17:58

Isaac constata avec un brin de déception que Rollins ne partageait pas tout à fait son point de vue sur l'enseignement, et qu'il n'avait donc pas particulièrement envie de recevoir des conseils de la part d'un homme qui avait pourtant bien plus d'expérience que lui dans le domaine. Une lueur de tristesse s'alluma dans les yeux d'Isaac, reflet de tout ce que le professeur subissait depuis ces dernières années et qu'il regrettait amèrement. Malheureusement, l'enseignement dont Isaac rêvait n'existait plus depuis bien des années. De nos jours, plus personne ne respectait vraiment les professeurs, et les élèves semblaient même considérer cette carrière comme un choix par défaut, une solution pas trop pénible tout de même à défaut de mieux. Mais où étaient la passion de l'étude, l'émulation du classement, les bienfaits d'une sévérité juste et nécessaire ? Tout le monde semblait penser que rien de cela n'était utile, que tout ce qui comptait était de mettre des bonnes notes à un maximum de personnes, et qu'on verrait plus tard ce qu'on ferait des incapables qui auraient réussi leurs études malgré leur imbécillité.
Ainsi, Rollins était ce nouveau genre de professeur, qui pensait qu'il fallait se mettre à la place des élèves et même à leur niveau, qui concevait le cours comme une récréation et non comme un lieu de connaissance, et qui serait peut-être même du genre à mettre en place des âneries comme la classe inversée si l'occasion lui était donnée - oh que le mépris d'Isaac pour ces nouvelles formes d'éducation était marqué. Avec tant de désaccords entre eux, il était évident qu'ils ne parviendraient jamais à trouver un terrain d'entente. Il était même stupide d'avoir essayé - il pensait pourtant connaître ses collègues, mais vraisemblablement non, il était encore trop optimiste à leur sujet.

« Moi ? Je pense que toutes les matières sont d'égale importance. » Rien que sa façon de le dire contredisait ces paroles. « Mais que certaines sont moins accessibles que d'autres. La métamorphose, c'est beau, c'est magique, c'est attirant, mais cela semble tout de même bien plus simple que les potions, n'est-ce pas ? Et je suis persuadé que par nature, l'homme est attiré par deux choses : la gloire, ou l'argent, et la facilité. À moins d'être ambitieux, on cédera toujours à la facilité. Vous avez raison quand vous dites que c'est à nous de les intéresser. On se doit de leur montrer que derrière la difficulté se cache des plaisirs plus grands que ceux de la paresse. »

Mon dieu. Dire qu'il ne faisait aucun effort pour véritablement les intéresser. Isaac savait bien que l'histoire de la magie ne pouvait pas plaire aussi facilement que cela, mais il avait abandonné l'idée de faire quelque chose pour changer cette perception que les jeunes en avaient. Parce qu'Isaac savait qu'il ne pouvait leur promettre ni la gloire ni la richesse, mais des années de galère à essayer de se faire sa place dans un monde vieillissant où les éditions coûtaient presque plus cher à faire que ce qu'elles rapportaient. Et ne parlons pas des capacités de travail qu'il fallait... Il fallait emmagasiner des tas de connaissances et de dates, comprendre l'esprit d'une période qui n'avait rien à voir avec la nôtre, réussir à ne pas juger quand l'envie était si forte... Il fallait de la réflexion, de l'intelligence et un peu de génie aussi. Non, ce n'était pas donné à tout le monde. Seuls quels "élus" pouvaient s'imposer. Pourquoi s'embêter à emporter les autres dans une voie qui était de toute façon trop dure pour eux ? Futilité. Cependant, l'avouer à Rollins était hors de sa portée. Cela l'aurait peut-être rendu plus supportable au professeur de potion : un professeur d'histoire mal dans son temps, persuadé que sa matière ne plaira pas et qui a déjà jeté l'éponge.
Y penser ruinait davantage le moral d'Isaac. Lui, il aimait ce qu'il faisait, et il se faisait mépriser pour cela - il n'était pas dupe, il s'en foutait complètement parce qu'il savait qu'il était supérieur d'une façon ou d'une autre, mais c'était triste quand même. Isaac n'avait plus envie de jouer les précieux avec Rollins : il ne le convertirait jamais à sa cause, alors pourquoi s'embêter à faire attention à ce qu'il pensait de lui ?

« Allons, jouons cartes sur table. Vous me trouvez rétrograde, n'est-ce pas ? Allez-y, vous pouvez le dire, ils le pensent tous. Peu importe les raisons pour lesquelles vous le pensez, ça n'a pas d'importance, je le sais. Vous vous dites, quel sale type, je n'aimerai jamais l'histoire de la magie à cause de lui. N'est-ce pas ? »

Le regard était accusateur, presque blessé - même Isaac ne l'était pas du tout, bien au contraire. Les jeunes professeurs modernes l'énervaient, et s'il ne haussait jamais la voix, il ne pouvait pas s'empêcher d'exprimer ce qu'il pensait d'eux.

« Logiquement, cela fait de moi un mauvais professeur, qui n'a rien compris à l'enseignement et qui ne doit sa place qu'à la faible popularité dont jouit sa matière. »

Il devait bien y avoir au moins une personne à Poudlard qui devait pensait cela, et plus probablement, c'était l'opinion générale. Isaac connaissait pourtant quelques jeunes historiens en situation précaire qui auraient accepté le poste pour les mêmes raisons que lui : parce qu'ils ne trouvaient pas mieux dans leur domaine de prédilection. La place d'Isaac était donc moins assurée que ce qu'il voulait bien laisser croire, mais il se gardait bien de le révéler à quiconque, par peur que cela se retourne contre lui. Il savait qu'il aurait du mal à convaincre Rollins d'échanger leurs créneaux - quoique, une faible chance subsistait tout de même, si le professeur de potions avait des valeurs. Mais cela ne dépendait plus du tout d'Isaac, qui pouvait donc se lâcher.
Et il se lâcha.
À sa manière.

« Et moi qui pensais que nous aurions pu surmonter tout cela. » se désola Isaac. « Quel dommage que les préjugés ont la vie si dure. »

Il ne manquait plus que la plus larmichette, et l'effet était parfait. Isaac faisait preuve d'une mauvaise foi exemplaire, on ne va pas se mentir, mais il espérait bien éveiller un peu de culpabilité de la part de son cher collègue, afin de lui faire regretter d'être si moderne par rapport à lui. Le chantage émotionnel, ça marchait bien, quand on savait s'y prendre.
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