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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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Going nowhere, doing nothing // Luna


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Going nowhere, doing nothing // Luna
30.11.16 13:05

going nowhere, doing nothing
Ce n’est pas la plus accommodante des heures, c’est même pour elle la moins propice au moindre mouvement.

Dorothéa, lève-toi, quelqu’un d’autre veut s’asseoir. Tu prends toute la place.

Elle prend toute la place, comme d’ordinaire. On ne change pas une équipe qui gagne; Dorothéa ne réussit que lorsqu’elle prend toute la place ...

Petit temps et, Ah ! La voilà qui se fait tout de même violence pour se redresser, et sa lente remontée dans le monde des vivants lui blesse le dos. Elle rabat la gazette qu’elle serrait contre son ventre, l’aplatissant méticuleusement sur ses genoux, de ces gestes qui lui sont si familiers. Gestes dont elle s’efforce de dissimuler la hargne qui les empreint. Les nouvelles ne sont pas bonnes; encore un attentat perpétré par ceux qui s’en octroient le droit. Et soudain Dorothéa se découvre une crainte dérraisonnée pour le bien-être de ses parents.

Tu te crois à même de les protéger, Dothy
mais ils sont si loin… et pour toute l’année à venir qui plus est. Puis ce n'est pas tout; comment pourrais-tu être apte à protéger qui que ce soit, toi qui te vautre lamentablement à la moindre complication ?
Puis tu n’as jamais mis l’orteil hors du sol anglais, alors tout te semble si loin, hors d'atteinte - et là tu as une pensée pour Adélice - même le mur, là-bas, à l’autre bout de la salle principale de l’auberge, au-delà du réconfortant brouhaha des voix et des verres qui s’entrechoquent. Ce même mur que tu dois atteindre afin de remplir ton devoir. Paresse ou phobie ? Qu’importe, tu n’en n’as pas envie, au risque de te retrouver démunie une fois à Poudlard. Tu regrettes un peu d’avoir fait la grasse matinée et d’avoir rabroué tes amis lorsqu’ils se sont risqué à te réveiller, tout à l’heure. Toujours en retard, Dothy, toujours à la ramasse.

Pas grand chose en somme, et pourtant ça te courbe le dos et te laisse encombrée d’un souffle erratique. On se rendra compte qu’il n’est pas si ardu de te décontenancer, Dothy, tu te déstabilises sans aide, toute seule, comme une grande. Ça te prend et te surprend comme ça, une main sur ton épaule qui te tire brusquement en arrière. Une même main enduite de peinture noire ou bien rouge qui s'abat sur la toile un instant blanche de tes pensées. Un crochet qui s'enfonce dans le creux de tes épaules, là ou ça fait mal. Et puis après ? Tu veux qu'on te plaigne ? Qu'on se lamente de ta défortune ? Qu'on t'enlace, que tu te délectes de la pitié de ton entourage ? Non, ce serait la débâcle. Tu veux juste prendre toute la place.

Elle reste donc assise, petite caboche accidentée aux sombres pensées, oublieuse de son voisin, mais glisse tout de même une main distraite et abimée dans cet abysse magique qu’est la poche droite de sa veste favorite.

Oui, tu as assez de gallions pour faire tes emplettes. Maintenant lève-toi et marche. Marche ou crève. Crève ou disparaît.

Il ne lui faut pas plus de quarante-deux secondes pour parvenir au mur dans la partie arrière du Chaudron Baveur, cinq secondes de plus pour le tapoter aux endroits adéquats et neuf de plus pour s’extirper de l’auberge et atterrir dans le Chemin de Traverse. La brise automnale lui ébouriffe les cheveux, les odeurs et le chahut ambiants t’assaillent.

Tu viens tous les ans et pourtant ça ne manque jamais de t’électriser.

Elle enfonce ses mains dans ses poches pour les retirer aussitôt: cette sensation de vide sans fond ne lui est pas agréable.

Et alors que tu t’apprêtes à emboîter le pas à un groupe de passants, une silhouette. Devant une échoppe dont tu ne cherches pas à t’enquérir de la marchandise. Et ça te fait sourire; le hasard fait bien les choses. Bah, il y en a plein d’autres des silhouettes par ici. Mais celle-ci c’est Luna Abberline, toujours un délice à achaler, même si ça ne l’achale vraiment jamais.

Elle s’en approche, mi-marchant, mi-courant, mi-souriant. Le dos lui est tourné, alors elle pose son menton sur l’épaule et sa main sur l’avant-bras de la jeune femme, comme pour s'emparer d'elle, se saisir de son essence, et puis déclame gravement:

Luna, qu’est-ce que tu fais ?” 

De faire ton intéressante, ça te revigore, de feindre l'assurance, de te moquer des cieux en empruntant le chemin risqué d'une audace affectée. Mais quelque part t'as le dos nu et les ailes rouillées, ça t'épuise et ça te corrompt. Alors tu réclames un peu de cette huile salvatrice dont des soleils personnifiés comme Luna regorgent.
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Re: Going nowhere, doing nothing // Luna
01.12.16 16:20




Cela faisait des heures déjà que Luna parcourait le Chemin de Traverse, un simple sac en bandoulière pour toute compagnie. Elle aimait flâner et passer du temps devant chaque vitrine et dans chaque magasin à contempler chaque ouvrage et chaque fourniture dont elle pourrait avoir l’utilité, ou non d’ailleurs, si bien que chaque année jamais personne ne l’accompagnait pour faire ses emplettes, bien trop exaspéré de devoir mettre des heures pour n’acheter que quelques babioles. Mais Luna ne leur en tenait pas rigueur. Elle les en remerciait presque d’ailleurs, adorant pouvoir profiter de cette balade en solitaire avant de retourner se plonger dans les études durant de longs mois. Seule et silencieuse, perdue dans ses pensées et dans son monde, elle se sentait bien, rien ne pouvait l’atteindre et ça, c’était le plus important. Ce monde, elle seule était autorisée à l’occuper, à l’inverse de cette rue passante noire de monde. Mais la jeune fille ne voyait pas ses gens, n’en tenait pas compte et eux ne la remarquaient pas non plus. Lorsqu’elle ne parlait pas, Luna devenait presque invisible, du moins, c’est l’impression qu’elle s’en faisait.

Alors qu’elle était là depuis plus d’une heure, ou deux peut-être, n’ayant pourtant encore rien acheté, elle passa les portes de sa confiserie préférée et n’en ressortit qu’après de longues minutes, tenant contre elle un énorme paquet de friandises en tous genre. Parfait pour pouvoir correctement poursuivre son paisible périple.

Le point de passage suivant était la librairie, probablement la partie qui allait lui prendre le plus de temps. Très certainement même, car, malgré le grand choix d’ouvrage contenu dans la bibliothèque de Poudlard, elle aimait posséder ses propres livres et ainsi être certaine de toujours les avoir sous la main en cas de besoin. Elle observa les exemplaires présents en vitrine tout d’abord et, déjà là, elle s'attardait longuement, happé par son contenu. Sans même déplacer son regard, elle plongea sa main dans le sac de douceur et en attrapa une au hasard, venant la coincer entre ses dents.

C’est après de longues minutes, à rester immobile et concentré, qu’elle sentit une pression sur son épaule et une main se poser sur son bras. Et cette voix qui la fit légèrement sursauter, Luna l'aurait reconnu entre milles, tout comme cette façon d’apparaître par surprise à ses côtés, s’insinuant dans la bulle de solitude qu’elle avait pris soin d’ériger et où elle ne se doutait pas que quelqu’un s’inviterait.

Elle tourna à peine la tête pour apercevoir le visage de Dorothea et lui offrir l’un de ses habituels sourires.

« Hey Dothy ! Je ne pensais pas te croiser ici ! Je ne pensais pas croiser de visage connu d’ailleurs. Sinon oh, je regarde juste, enfin, j’hésite à vrai dire. J’ai déjà un exemplaire de cet ouvrage, mais j’ai fait tomber un peu de confiture sur la couverture l’an passé et il est resté tout collant maintenant. Je sais que je devrais éviter de manger en étudiant, mais si je ne le fais pas, je crois que je ne mangerais presque jamais. Enfin tout ça pour dire que j’hésite parce que le contenu est le même au final, je trouve presque ça stupide de racheter un livre qu’on a déjà, mais c’est un livre que j’apprécie tout particulièrement. C’est l’un des plus complets concernant la métamorphose. » Elle se tourna finalement pour faire face à son amie. « Et toi alors ? Tu as des achats à faire ? Tu as besoin d’aide peut-être ? » Elle lui tendait alors l’énorme sachet de confiserie qu’elle tenait entre ses mains. « Tu veux un bonbon ? J’en ai acheté beaucoup trop, comme à chaque fois, mais je ne sais jamais quoi choisir. »

Comme à son habitude, Luna déversait un flot de paroles pour remplir le silence qui l'avait entouré avant l’arrivée de Dorothea.




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Re: Going nowhere, doing nothing // Luna
01.12.16 17:52

going nowhere, doing nothing
Elle sursaute, Luna, et ça t’amuse. Ça t’égaie de surprendre ton entourage, Dothy. D’ailleurs peu importe qu’il soit proche ou éloigné : le résultat est satisfaisant la plupart du temps. Déboussoler pour ensuite réorienter leurs pensées vers toi, voilà un de tes stratagèmes pour t’octroyer cette attention dont tu ne jouis pas d’ordinaire.

Dorothea a donc le sourire large et absurde, ainsi que les yeux papillotants et vrillés pour croiser le regard de Luna. Elle espère qu’enfin sa petite victime, si l’on puit dire, émettra quelque forme de protestation, cherchera à se défaire de cette désagréable - elle l’espère - présence. Eh bien non, voilà que la brune la gratifie d’un charmant sourire et de toutes aussi charmantes paroles, tant et si bien que Dorothea se redresse, le sourire fané, en tâchant cependant de dissimuler son désarroi derrière des airs soigneusement impavides.

À croire qu’elle essaie de te parodier, là où ce devrait être ta prérogative, à toi et toi seule.

Dorothea se décale sur le côté, délaissant l’épaule et l’avant-bras de la bavarde pour la lorgner de son regard inquisiteur, un peu comme un renard devant un mulot qui ne se laisserait pas manger. Elle écoute d’une oreille distraite, réprimant l’urgente envie de jeter un coup d’œil théâtral à sa montre, en croisant les bras sur son thorax.

Quand on veut feindre l’adoration, il faut au moins se donner la peine de simuler un semblant d’attention, Dothy. Bien heureusement, tu as le béguin pour le théâtre, alors tu te reprends et tu arbores brillamment ta mine de sempiternelle enthousiaste un peu sotte. Ce n’est pas là une tâche aisée, parce qu’elle en a, de la tchatche, notre énergumène, mais tu tiens le coup. En serrant les dents. Et les poings.

Lorsqu’elle lui tend le sachet de sucreries, Dorothea hésite un peu avant de se servir de mauvaise grâce. Petite défaite mais pas question de hisser le drapeau blanc. Elle s’accorde une seconde de répit en examinant pensivement la petite pâte de fruits qu’elle malaxe entre son pouce et son index puis l’avale. Aïe. Sucré. Une petite douleur l’assaille au coin de la mâchoire, alors que Luna achève enfin sa magistrale tirade.

Tu es seule ?” S’enquiert enfin Dorothea, d’une voix mielleuse et enjôleuse. “Moi aussi” ajouta-t-elle sans attendre de réponse. “On a qu’à faire nos courses ensemble, t’en dis quoi ?

Une fois de plus sans s’attarder, elle gratifie Luna d’un regard qu’elle veut aguicheur, pioche à nouveau dans le sachet de confiserie de la jeune brune - un chocolat cette fois - crochète son bras à celui de cette dernière puis l’entraîne vers la librairie.

En avant toute !” Se permet-elle de s’exclamer - oh petite folie Dorothea, tu te plais dans cette audace éphémère.

L’intérieur est bondé, et tu es obligée de te serrer un peu plus à Luna, ce qui n’est pas plus mal, au vu de tes mutines intentions. Tu portes ton parfum favori qui plus est. Pivoine, rose et geranium dentu; j’ai nommé Witchcraft, inspiré de la chanson éponyme. Tu cherches quelque chose à dire, tandis que vous déambulez dans les allées, quelque gentillesse ou compliment à prodiguer. Tu ne te risques pas à l’interroger sur son été, cependant, ce serait risquer une nouvelle tirade dont il serait difficile de se sauver.

Ton livre, ça m’étonne que t’aies pas pensé à le recouvrir : ça t’éviterait de gaspiller de l’argent pour rien et la tache serait pas si gênante” la sermonnes-tu finalement, d’un air suffisant et du bout des lèvres.

Ce disant, tu déloges un ouvrage au hasard de son étagère, en te haussant sur la pointe des pieds. La vie secrète des Bandimons, de Doris Midgeon. Super. Les emplettes s’annoncent sensationnelles. 
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Re: Going nowhere, doing nothing // Luna
03.12.16 13:00


Dorothea l’entraînait dans la librairie et c’était sans aucune forme de protestation qu’elle la suivait en acceptant implicitement son offre de se joindre à elle pour leurs emplettes. Même si elle avait apprécié faire le début de ses achats en solitaire, Luna appréciait bien trop Dorothea pour refuser sa proposition. Elle aimait beaucoup la serpentard et était heureuse de pouvoir partager un moment avec elle hors des murs de l’école.

« C’est une bonne idée ça, le recouvrir. Je n’y avais pas pensé, en effet, merci !» Elle la regardait alors récupérer un ouvrage sur l’une des étagères et ajouta « Oh, je l’ai à la maison celui-là. Si tu veux, je pourrai te le prêter si jamais ça te dit. Ou même te l’offrir d’ailleurs. Tu veux qu’on passe par chez-moi une fois terminée ici pour que tu puisses le récupérer ? Sinon je l’apporterais à l’école, c’est toi qui vois. »

N’attendant même pas la réponse de la jeune femme, elle se penchait alors vers l’étagère à son tour, son attention ayant été happé par un ouvrage qu’elle ne tarda pas d'examiner sous toutes les coutures, le feuilletant rapidement, comme si déjà, elle avait oublié ce dont elle venait de parler et était déjà partie dans un autre univers. Elle fronça finalement légèrement son nez et le reposa à sa place, se tournant vers Dorothea et lui souriant largement, se replaçant dans le même monde que la jeune demoiselle.

« Tu as beaucoup de choses à acheter ou tu as déjà fait une partie de tes achats ? Pour ma part, je n’ai pas encore vraiment commencé, je suis très lente à me décider, c’est pour ça que je viens toujours seule pour faire mes courses de rentrée. Je crois que j’agace trop ma famille pour qu’ils ne supportent ça.»

Elle riait un peu alors qu’un client qui croisait leur chemin lui donna un coup d’épaule qui la repoussait un peu plus contre Dothy. Elle s’empressa alors de s’excuser aussi bien auprès de son amie que de l’homme qui, pourtant, était pleinement en tort dans la collision. Elle le gratifiait même d’un sourire, comme à son habitude. Celui-ci ne la remarqua même pas et continuait sa route, sans que ce manque d’attention à son égard ne froisse Luna.

« Il y a vraiment beaucoup de monde aujourd’hui. »

Son regard parcourait l’ensemble de la foule de la librairie alors, silencieusement, comme rarement elle avait été silencieuse depuis que Dothy l’avait rejoint. C’était aussi ça, Luna. Une succession de bavassement entre coupés de recueillement quasi-religieux.

Elle plongeait une nouvelle fois la main dans son sachet de friandises et en porta une à ses lèvres, observant autour d’elle, jusqu’à ce qu’elle remarque une allée miraculeusement déserte.

« Ah ! Le rayon des ouvrages de linguistiques ! Justement, j’ai besoin de plusieurs livres sur le sujet, viens ! »

Et cette fois, c’est Luna qui entraînait Dothy avec elle en essayant de se frayer un chemin dans la foule.





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Re: Going nowhere, doing nothing // Luna
03.12.16 19:32

going nowhere, doing nothing
 Tu feuillettes l’ouvrage qui gît dans ta main, misérable proie à ton regard désenchanté. Drôle de bestioles que les bandimons en effet. Tu te souviens que le grenier de tes grands-parents, sempiternels passionnés d’antiquités et de tout ce qui s’y rapporte, en était et en est probablement toujours infesté.

Ils te terrifiaient, te volaient impunément tes sourires d’enfant, semblaient vouloir engloutir la charmante mais vieille bicoque tout entière. Pour un peu l’intervention d’une brigade du Service des nuisibles aurait été nécessaire. Ça empestait là-haut, ce qui était plutôt incommode pour toi, qui aimait fouiller dans les vieux coffres qui y étaient amassés, malgré les formelles interdictions que tu écoutais d’un quart d’oreille.

Tandis que tu grattes pensivement de ton ongle abîmé une illustration dans le bouquin, tu te dis qu’il est très probable qu’un bandimon se soit emparé de l’avorton qui te sert de cœur. Ça te gangrène de l’intérieur, Dothy. Ce n’est rien que de l’acide, rien qu’une flammèche de feu grégeois qui te dévorent allègrement. Pas d’inquiétude à avoir, en somme.

Elle referme l’ouvrage d’un coup sec, tandis que Luna le commente à joyeux flots. Après avoir replacé le livre sur son étagère, elle se tourne vers son éternelle bavarde et lui adresse un sourire oblique, faussement intéressé. Quelque part elle tente de lui signifier qu’à trop l’entendre et l’écouter -partiellement- parler, il lui est impossible de glisser ne serait-ce qu’une syllabe d’approbation, mais la brune s’intéresse à la même étagère, sans attendre quelque forme de réaction de sa part.

Cela ne te vexe-t-il pas un peu qu’on puisse trouver plus d’intérêt à un livre qu’à toi ? Tu as un faible - indéchiffrable, vraiment - soupir offusqué tandis que tu te détournes et t’appuies sur le petit comptoir qui vous devance, afin de t’emparer d’un autre bouquin en te hissant sur la pointe des pieds. Tu ne prends pas la peine de t’enquérir du titre, il n’y a pas d’illustration, tu n’en sais même pas le thème. Tu te contentes de le feuilleter, pour te donner contenance, gratifiant de temps en temps Luna d’un coup d’oeil en biais. Celle-ci, à ton grand dam, est absorbée par le livre qu’elle vient de piocher. Alors tu te réfugies à nouveau dans celui que tu tiens dans tes mains. Les mots, phrases, lignes, paragraphes et pages s’enchaînent sans que tu t’en occupes vraiment.

Finalement, Dorothea repose le livre en même temps que l’électrique et joyeuse brune repose le sien et se tourne vers cette dernière, une main appuyée sur le comptoir, l’autre sur sa hanche. Aux lèvres, elle arbore un sourire qui n’atteint pas ses yeux, un de ces sourires de circonstance qu’elle sert à toutes les sauces, peu importe le souper.

À l’entente de la nouvelle salve d’allègres paroles, Dorothea se dit une fois de plus, mortifiée, que l’après-midi risque d’être longue. Mais elle s’entête. Il lui faut déceler quelque faille dans ce mystère insoluble qu’est Luna Abberline.

À quel point peux-tu être doloriste pour atteindre ce saugrenu objectif, Dothy ? Ridicule bravade à tes prétendues limites. Personne d’autre que toi ne t’en tiendra rigueur, une fois que tu l’auras atteint - parce que tu l’atteindras un jour, possiblement aujourd’hui. Parce qu’une fois que tu l’auras atteint, il te faudra trouver une autre occupation, ce qui n’est jamais simple, exigeante comme tu es.

Et non, Dorothea n’a pas grand chose à acheter en fin de compte. Peut-être quelques anales de droit constitutionnel magique. Rien d’autre ne lui vient à l’esprit pour le moment, mises à part quelques fournitures basiques telles qu’un flacon d’encre et de quoi refournir sa collection de parchemins. Mais alors qu’elle s’apprête à lui répondre, toutes deux se font bousculer par un désagréable personnage. C’est un gros quinquagénaire mal rasé qui n’inspire pas la moindre confiance. Dorothea l’incendie du regard et s’apprête à l’interpeller vertement, mais Luna la devance, d’absurdes excuses déblatérées par ses lèvres traitresses. Dorothea n’est pas si surprise que cela: ça ne l’étonne pas de son interlocutrice. Non, elle est plutôt agacée de ne pas avoir pu rendre à l’autre maroufle la monnaie de sa pièce. Ce dernier ne se donne même pas la peine de se retourner. Quand Luna fait remarquer le nombre de gens, l’offusquée se retient à grand-peine de lui répondre par un “Non, sans blague !” hargneux.

Irritée, elle lui emboîte cependant le pas vers l’allée linguistique, de mauvaise grâce. Le rustre attendra. Si d’aventure elle le recroise, elle ne se privera pas de le remettre à sa place. En attendant, elle se rappelle qu’elle doit acheter un nouveau dictionnaire de Gobelbabil, le sien ayant mystérieusement disparu l’an passé. Elle a vite fait de trouver ce qu’elle cherche et passe le temps en déambulant dans l’allée, lançant de temps en temps des coups d’œil par-dessus l’épaule de Luna.

Dothy, tu n’es pas renommée pour ta patience. Te voilà qui te mets à soupirer, à signifier par une attitude empressée que tu t’ennuies, alors que Luna semble absorbée par ses consultations. Finalement tu ne tiens plus et tu l’informes:

Bon si tu me cherches, je suis au rayon droit magique.

Et tu t’éloignes en claquant tes talons et en te frayant habilement un chemin entre les autres clients. Échec. Mission sabordée, Capitaine. 
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