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 Les Portes du Soir (feat. Moira)

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Duelliste illégal


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Vega A. Hingsley





Les Portes du Soir (feat. Moira)
09.01.17 18:07

bal
I
l avait accueilli les vacances à bras ouverts. Retiré ses piercings sans se faire prier, et encre recommencé cette mascarade, jouer au fils modèle qu'il n'était pas. Ses derniers jours à Poudlard lui avaient laissé un goût d'étrange dans la bouche. Flottement, incertitude, trouble. Il ne savait pas bien pourquoi à vrai dire. Il avait porté ses ecchymoses sans un mot, baissé les yeux quand il croisait Moira.
Sans bien savoir pourquoi.
Qu'avait-il fait.
Qu'avait-il voulu ?
Que Moira cesse ses petites tapes dans le dos pour le voir vraiment. Qu'elle le blesse. Qu'elle l'insulte. Pour qu'il se sente mieux. Et. Ça avait marché. Il se souvenait encore de l'apaisement qu'il avait ressenti sous ses coups. Une sensation de justice, que tout était... (enfin à sa place). Il y avait eu un baiser, ridiculement chaste par rapport à ce qu'il pouvait faire. Parce que ses lèvres étaient fendues et douloureuses, parce qu'il était fatigué. Parce qu'il était las. Et que Moira avait eu l'air fragile, parce qu'elle avait souffert ce jour là. Souffert autant que lui. Il l'évitait sans savoir pourquoi. Il n'y avait pas de gêne ; Moira n'allumait pas dans ses reins le désir que provoquaient les garçons. Il était. Trop déviant pour ça. Et elle était trop pure malgré ses blessures, certainement encore vierge malgré la maturité de ses insultes. Trop pure, dans son absence de sexualité, dans sa violence sans ambiguïté. Il ne pouvait pas se justifier ce besoin de prendre l'air. Peut-être avait-il simplement eu ce qu'il voulait ; cette paix, cette sérénité et... souhaité laisser à Moira du temps pour elle, sans la parasiter de son mal-être, sa souillure.

❝ Est-ce que tu connais nos tristes pouvoirs
Et toutes les fleurs qu'on trouve dans le noir,
Dans le fond... ❞


Mais le bal... Le bal aurait été plus drôle à deux. Difficile de médire seul. Difficile de ne pas avoir l'air misérable. Dans ces cas-là, il sur-compensait.
Et ça c'était facile, facile de se réchauffer aux fils d'or qui ornaient sa veste, de s'apaiser au contact de son jabot de soie ivoire. Il aimait les plumes carmin de son masque et ses gants qui s'arrêtaient à mi-paumes, aimait avoir l'air d'un prince alors qu'il n'était.
Qu'il n'était.

Bref. Il n'était pas venu pour danser. Se regard glissait avec désintérêt sur les robes colorées des femmes, les jambes ou les bras nus qu'elles offraient parfois au regard. Il prendrait une coupe de champagne, se calerait contre un mur et chercherait les types les plus baisables de la pièce, à défaut de reconnaître quiconque.

❝ Est-ce que tu connais les portes du soir
Qui font pleurer l'intérieur des filles
Les jambes écartées, les yeux qui brillent... ❞


Le contact du verre sous ses doigts, mille et une bulles d'or liquide. Il se demanderait distraitement à quel stade de la soirée il finirait ivre. Si l'anonymat des masques lui donnerait l'absolution en cas de connerie. Ces dérapages incontrôlée qu'il connaissait si bien.


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Hibou


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Moira Corcoran





Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
09.01.17 21:52

Ça y est, tu es enfin arrivé.

Par Merlin, ce que tu peux être ridicule! Sérieusement, un jabot, à notre époque? Sorts tu donc ce costume des friperies de tes ancêtres? Vu que tu reviens certainement de pénibles vacances dans le manoir Hingsley, cette réponse aussi grotesque soit elle ne me semble pas improbable. Et puis, je reconnais bien là ton mauvais goût : comme tu dois être fier de ces plumes écarlates qui sortent de ton masque! Au moins, tu te démarques facilement dans ce bal insipide, avec ton allure de petit prince jouant les mauvais garçons. Mais derrière ce masque, derrière ce rôle que tu incarnes à la perfection en société, je distingue encore les boucles de ta chevelures d’ivoire, et l’éclat perçants de tes yeux verts. Pas de doute: caché sous ce déguisement, tu restes toujours le même écorché vif, mon Vega. Comme tu dois déjà t’ennuyer ici. Je me souviens encore quand nous étions enfant, à quel point nous aimions partager ensemble notre haine de ces événements mondains, comme nous rêvions de les détruire de notre venin!

Patience Vega, patience. Les événements risquent de devenir très intéressants d’ici peu.

Voilà un mois et demi que nous ne nous évitons. Si tu crois que je ne remarquais ta manière gênée de détourner ton regard à mon approche, détrompe toi. Mais je te le pardonne: moi même, j’avais besoin de ce silence. Cette rencontre dans la tour abandonnée m’obsédais chaque heure du jour et de la nuit. Je devais me poser, y réfléchir calmement, mais comment repenser encore et encore aux goûts sublimes de tes lèvres blessées quand il serait si facile pour moi de te voler un nouveau baiser au détour d’un couloir? Ce n’est qu’une fois délivrée de ta présence et de cette tentation constante, que j’ai pu enfin m’apaiser, et me poser enfin les bonnes question. Pourquoi restes tu sourds à mes encouragements, à mon soutien constant et invisible? Pourquoi à l’inverse récompenses tu ma violence, ma sauvagerie? Est ça que tu recherches? Ça qui t’attires chez les déviants et mâles qui croisent ta route? Cette force, cette puissance primitive et brutale? Impossible de trouver la moindre réponse seule: il me faudrait une deuxième chance, mais comment l’obtenir? Si je t’approche après la rentrée, me fuiras tu encore? Et même si je devais te revoir, tu ne me laisseras jamais réessayer: tu retourneras dans le bras du premier bellâtre venu lui confier tous tes désirs et tes secrets.

C’est à ce moment qu’une idée folle germa en moi.

L’invitation pour le bal au château d’hiver tomba à point nommé. Pendant que tous les élèves retournaient à leur vie fade et ennuyeuse auprès de parents aux sourires aussi mielleux qu’insupportable, moi, je retournais au Chemin de Traverse, ou plutôt, à ses allées sombres. Pour que mon plan fonctionne, je devais utiliser les meilleurs cartes possibles. À l’époque où je travaillais encore comme serveuse de jour et dealeuse la nuit, je possédais comme client régulier un employé d’une boutique d’objets enchantés, spécialisés notamment dans la dissimulation de certains physiques  que je qualifierai de…disgracieux, pour rester polie. Bien sûr, ces pièces rares produites uniquement sur commande coûtent une petite fortune, mais avec un petit chantage bien placé, j’obtiens toujours ce que je désire, qu’elle qu’en soit le prix. Aussi, comme un bon petit chien en laisse, il m’apporta comme convenu un magnifique masque -bandeaux en cuire noire, avec de la soie pour cacher mes yeux. L’employé me mis en garde: l’illusion de cet artefact ne durerait que le temps d’un soir, et ne pourra modifier que certains détails. À moi de me débrouiller pour le reste.

Et me revoilà. En face toi. Ton regard croise le mien, je frissonne l’espace d’une seconde. Mais non: tu ne t’attardes pas, ni ne sembles me reconnaitre. Le charme opère parfaitement.

Je me regarde une dernière fois dans une glace: je suis méconnaissable. Le masque recouvre totalement mes yeux d’azur. Je peux le sentir chauffé légèrement sur ma peau, preuve de la magie qu’il dégage. Le résultat m’impressionne: ma chevelure bleu ciel affiche désormais un noir corbeau. Je passe ma main sur mes traits plus anguleux, plus creusé et dur, tout en gardant une finesse imberbe purement féminine. Et que dire de ma tenue! Moi qui pensait mettre ma seule et unique robe décente, je porte un blouson de cuire noir à manches courtes contrastant parfaitement avec mon teint pâle, et un pantalon serré mettant en avant mes hanches musclées. Le sortilège cache également mon tatouage sur mon bras gauche. Pour compléter le tout, un binder empêchera ma poitrine de me trahir: par défi, je laisse même ma veste légèrement ouverte, révélant ainsi le début de mon tout nouveau tatouage (encore un crâne) qui s’étale sur mon omoplate gauche.

Parfait: avec ça, Vega tombera dans mes bras à coups sûrs. Puisque tu ne t’ouvriras pas à moi, laisse moi devenir pour toi, l’espace d’un soir, l’objet de tes fantasmes et de tes désirs.

Allez, courage: je ne suis pas venue aussi loin pour me réviser mon plan en long et en large. L’heure est venue de passer à l’action. Nerveusement, j’attrape une coupe de champagne pour me donner du courage. Je referme mes doigts sur le verre glacé et fourre mon autre main dans une poche: il ne doit pas me voir trembler. À partir de maintenant, j’incarne la confidence. La force. La moindre erreur, et mon déguisement volera en éclat. Je m’approche de lui, le plus lentement possible. Non, pas vers lui directement, sinon, il remarquera quelque chose de louche! Le buffet, je dois me diriger vers le buffet. Je change subtilement ma trajectoire, sans me presser. Le moindre de mes mouvements est calculé pour paraitre souples et nonchalants. J’essaye de ne pas regarder en ta direction, mais ta présence me brûle: je ressers ma prise sur ma flûte, à m’en blanchir les phalanges.

J’arrive enfin à ta hauteur.

Je ne t’accorde qu’un regard, un seul. Même si tu ne peux voir mes yeux, tu les sentiras te traverser, te juger de haut en bas, te dévêtir rapidement. En l'espace d’une seconde, tous les muscles de mon corps se détendent. Comme il est si bon de pouvoir enfin te contempler comme j’ai toujours voulu le faire. Prise d’une confidence nouvelle, je laisse échapper un sifflement admiratif en ta faveur: ma voix sonne si grave!

Sans plus attendre, je détourne mon visage, et reprends ma route comme si de rien n’était, étouffant difficilement mon excitation: n'en pouvant plus, je m'installe sur une table vide au hasard, d'abord les jambes croisées comme d'habitude, puis, après une seconde de réflexion, les jambes écartées. Un sourire éclaire mon visage: oh oui, cette soirée s’annonce des plus amusantes!


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Vega A. Hingsley





Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
09.01.17 23:10

bal
V
ega regrettait dans une coupe de champagne. Il regrettait Moira, et sa façon de tout savoir sur tout. Elle, il en était sûr, aurait reconnu les gens au-delà des masques. Elle aurait pu lui dire quels élèves de Poudlard se retrouvaient ici avec eux. C'était pire qu'aux réceptions de ses parents ; il avait un ancrage familial, il savait à qui parler et où revenir. Les inconnus et l'anonymat ne lui inspiraient que des envies de luxure (vices, il n'avait que des vices). Mais le Ministère était organisateur. Le risque de tomber sur un personne le connaissant lui ou sa famille... (les bulles d'or fondu pétillaient le long de la langue et embrassaient son palais, distraction). Il réfléchissait trop. Il devenait parano. L'impression qu'on le regardait.
Le sifflement le fit légèrement tressaillir, assez pour s'enfoncer un peu le contour du verre dans le palais. Qui ?
Vega se retourna nerveusement (ce n'était peut-être pas pour lui après tout). Blouson et pantalon de cuir (sérieusement), une bonne tête de plus que lui cheveux sombres. Lui ? Il y avait quelque chose de trop étudié dans la coupe de la veste. Taille trop cintrée, pantalon trop fuselé. (On reconnaît les siens). Alors c'était pour lui.
Il s'était fait siffler comme une minette.
Le pire c'est qu'il n'était pas certain de vraiment s'en offenser. Il n'y avait pas eu d'esclandre, pas de rires ni de commentaires de tierces personnes. Ce n'était pas exactement un hommage non plus ; surtout de la part d'un type échappé d'un bar. Est-ce qu'il était con au point d'ignorer jusqu'au terme de dress code ? Ou bien est-ce qu'il n'en avait juste rien à foutre -et ça c'était plus intéressant. Le brun s'était assis non loin. En l'ignorant parfaitement qui plus est. Ce n'était donc pas une invitation, juste un sifflement d'appréciation comme face à un beau fruit sur un grand étal. C'était putain de vexant.
Offense donc.
Restait à savoir s'il se comportait en humain normal et passerait une triste soirée à ruminer sa rage dans son verre. Ici et maintenant, ce serait jouer la sécuriser. Et s'assurer un bal merdique. La prochaine fois, il faudrait penser à se rabibocher avec Moira avant tout voyage scolaire, bal ou sortie sociale, parce que sérieusement sa vie puait en ce moment. Vega était une personne raisonnable, aussi mit-il cinq bonnes minutes avant de se décider à faire la misère à ce réchappé du ghetto. Il prit soin d'avaler le reste de sa flûte de champagne avant de l'abandonner sur le bord de la table.
Et que les choses dérapent.

Le bout de sa chaussure vernie entra en collision avec l'un des pieds de la chaise -pas trop fort, il se serait fait mal. Juste de quoi signaler sa présence à quelqu'un qui ne vous remarque pas, à-mi chemin entre l'héritier dédaigneux et la petite frappe des rues.

« T'avais pas l'argent pour de vraies fringues ? »

Quelque part en chemin, il avait décidé qu'il n'en avait rien à foutre en fait. On ne le reconnaîtrait pas, l'autre avait peu de chances d'être un grand ponte, et si au final il se faisait casser la gueule, et bien.
Il aurait fait quelque chose de sa soirée.
Vega contourna la chaise. Se mettre en face, le forcer à le voir. Il remarqua la veste ouverte sur les clavicules, le tatouage. Un temps de silence.

« T'es vulgaire. »

Rien de tel qu'insulter quelqu'un pour apprendre à le connaître. C'était dans ses moments qu'on prenait la mesure des reliefs d'un caractères. Ceux qui encaissent, ceux qui s'en foutent, ceux qui se taisent... Et ceux qui avaient la rage au ventre.


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Hibou


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Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
10.01.17 1:26

« T'avais pas l'argent pour de vraies fringues ? »

Sa voix, plus que le faible coup dans la chaise, manqua de me déstabiliser. Le champagne déborde, tombe sur mon torse: la morsure du liquide froid contre contre ma peau me donne les frissons. À moins qu’il ne s’agisse de ses mots, jetés avec une hargne, un mépris que je ne lui connaissais pas. Même dans nos pires crises, même quand Vega désire ma souffrance, jamais il ne me rabaisse, jamais il ne me parle de haut, comme une moins que rien, comme de la merde sous ses chaussures. Alors c’est ça, Vega, ton autre visage, cette face cachée que tu ne me présentes jamais? Celle d’un enfant pourri gâté, d’un petit prétentieux qui pense régner seul sur le monde? Je comprends mieux soudainement pourquoi tu recherches ma violence. Si un jour, tu osais te montrer comme cela devant moi, rien n’arrêterai la sévère correction que tu recevrais.

Mais ce soir, je ne suis pas Moira. Je suis un autre.

Je suis Kieran, je suis Bae, je suis un autre de ces dépravés qui t’accompagnent sur le chemin de ta débauche. Aujourd’hui, je forcerai tes derniers secrets, je plongerais jusqu’au plus profond de ta noirceur, et je t’en sortirai. Je comprendrai enfin ce mal qui te ronge, je le vivrai moi même, et je t’en sauverai. Alors vas y Vega. Aucun réconfort, aucun pardon ne viendra t’épargner cette fois. Montre moi le pire de toi même, et je te montrerai le mien. Tu vas comprendre à quel point je ne recule devant rien, à quel point j’obtiens toujours ce que je désire, qu’importe le prix. Pour toi, pour ton salut, je violerai l’unique règle que je me sois jamais imposée:

Ne jamais te manipuler.

« T'es vulgaire. »

Je ne réagis pas. Pas tout de suite tout du moins. Je dois d’abord étouffer l’envie d’exploser sa tête contre le sol, et celle également de pleurer là tout de suite, comme si ces phrases m’étaient véritablement destinés. Calme toi et rappelle toi, rappelle toi tes heures entières d’observation, à espionner les mignons de Vega, comment ils parlent et agissent entre eux, comme si leur comportement détenait la clé me permettant de reprendre à ces raclures mon Vega. Fondent ils en larme sous le coup d’une insulte? Non, évidemment. Laissent ils parler leurs poings quand les mots viennent à faire défaut? Non, ça, c’est uniquement moi et moi seule qui agis ainsi. Alors concentre toi Moira. Respire. Le plus dur commence: je vais devoir réaliser l’impossible, et jouer sur le terrain préféré de Vega. Je relève enfin la tête, faisant mine de te remarquer à peine, essayant d’imiter la même morgue que tu affiches.

« Oui, et alors? Ça te pose un problème, ma mignonne? »

Je sens mes joues rougir sous mon audace: heureusement que le masque supprime également la moindre trace de gêne! Cette voix qui sort de ma gorge, sans hésitation ni faiblesse, ferme et sourde, jamais, même dans mes rêves mes plus fous, je ne pensais pouvoir m’exprimer de la sorte. Là encore, le sortilège marche à la perfection, il corrige la moindre de mes éventuelles failles. Enfin, je me sens capable de te répondre, et d’enchainer mes phrases comme des coups. Pardonne moi Vega. Mais quitte à être protégée par l’anonymat, même pour un soir, autant que j’en profite un maximum. Je vais enfin goûter au bonheur d’une parole libérée, sans me soucier ni de mon image, ni des répercussion de mes actes. Oh oui, je sens que je vais passer un bon moment!

« Mais dis moi, t’es toute jolie dans ce costume. »

Je sirote mon champagne, toujours confortablement assise: derrière les rideaux de soie, mon regard invisible ne te quitte pas une seule seconde. Dans un certain sens, je ne mens pas: même avec ton accoutrement absolument infect et malgré ton air hautain peu crédible, tu n’en demeures pas moins resplendissant. La manière dont tu pinces tes lèvres, dont tes cheveux se hérissent sur ta nuque, dégagent une aura, un certain charisme d’adolescent touchant. Mais au delà de toi Vega, je savoure ce même plaisir qu’une araignée éprouve quand une future victime se perd dans les fils de sa toile. Pour la première fois depuis si longtemps, toute ton attention m’appartiens à moi et à moi seule. Je me sens comme enivrée par ce succès nouveau: j’en oublie presque que je ne dois ce triomphe que grâce à la tromperie. Peu importe. Mon heure viendra. Pour le moment je vais continuer de jouer avec toi, comme si tu n’étais pas différents de tous ces élèves que j’écrase sur mon chemin.

Ma main tapote gentiment une plume, suivi d'un nouveau sifflement admiratif. Les mots coulent hors de ma bouche avec une telle fluidité, comme si mon cœur s’échappait à travers eux.

« Non, franchement, j’aime bien: le jabot, les plumes, les fils d’or, ça te donne un de ses styles! Je parie que ta mère devait être fière de toi quand elle t’a habillée, princesse. »

Par Merlin, même mon ressentiment envers ses parents y passe! Par pitié, que quelqu’un m’arrête, je me fais peur à moi toute seule!


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Vega A. Hingsley





Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
10.01.17 13:20

bal
M
ignonne. Sous son masque, il eut un battement de cils de stupeur. Mais par un étranger, et avec un tel aplomb, c'était inédit. Il retint la correction qui lui brûlait les lèvres, la précision naïve sur son genre. Ce n'était pas une erreur, et sa tenue bien que raffinée ne prêtait pas à confusion. On se payait simplement sa tête. Bien en face. En souriant. Et ça il ne l'avait pas tout à fait vu venir.
Quelques secondes de silence, une faiblesse mise à profit par l'autre qui s'engouffra dans la brèche. À la fois humiliant et flatteur. Est-ce qu'il était intéressé ? Difficile à cerner. Vega doutait que les remarques soient « juste » homophobes -en preuve ; un pantalon trop moulant pour être honnête- mais l'autre pouvait être une petite pute à ours et railler les carrures plus délicates pour passer le temps. À définir. Le reste, il s'en foutait. Coucher avec un type qui l'insultait et le méprisait ouvertement était plus ou moins sa définition d'un bon coup ces temps-ci.

Vega ne cilla pas quand l'étranger tendit sa main vers lui, soutenant son regard pâle au-delà du masque (un trouble, l'espace d'une seconde, l'impression de le connaître). Qui-oh putain, sa mère carrément ? Lui-même faisait peu cas des conventions sociales à la mords-moi le nœud. Il se tamponnait du fair-play et codes d'honneurs à la con, frappait sous la ceinture plutôt deux fois qu'une parce qu'il se savait faible. Mais ses conflits ne regardaient que lui. Lui et les autres, lui et le reste du monde. Il en excluait les adultes autant que possible -à moins de les évoquer comme pression, des influences extérieures manipulables. Il n'avait jamais insulté la mère de personne.
Qu'on évoque la sienne le fit tiquer. Une bouffée de panique intérieure, se souvenir qu ce type ne savait pas, ne savait rien. Et, raidi par l'irritation, il gifla du dos de la main les doigts qui caressaient les plumes de son masque.


« Aussi fière que ton maque quand il a choisi tes fringues, pétasse. »

Stop. Juste là. S'arrêter juste là.
Vega plissa les yeux derrière son masque, laissant son ego irradier librement.

« T'es pas à ta place ici. »

Là. Le mépris comme une gifle. Et ses lèvres s'étirèrent en un sourire insupportable. Que l'autre ait eu envie de le baiser ou de lui casser la gueule, il lui avait tendu les meilleures perches.
Maintenant, partir. Laisser derrière lui l'inconnu, le buffet et la coupe de champagne vidée. Il partit du côté des alcôves aménagées pour les têtes à têtes, discussion politique ou charnelles. Il attendrait. Il verrait bien...


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Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
10.01.17 17:12


« Aussi fière que ton maque quand il a choisi tes fringues, pétasse. T’es pas à ta place ici. »

Et il part, sans un regard en arrière, son si beau visage défiguré par un sourire malsain et vengeur. Merde, je suis allée trop loin. Je me mords les lèvres, retenant in extremis un cri rageur. Non mais quelle idiote! Je me laisse emporter par ce maudit masque, j’en oublie à qui je parle, et pourquoi je joue à cette mascarade! J’aimerai courir après toi, te retenir, m’excuser et redevenir ta Moira, celle qui t’attends sagement dans m’ombre…Non. Non c’est faux. Chaque mot, chaque intonation moqueuse dans ma voix nouvelle me font frémir de plaisir. Je te comprends désormais Vega, je vis la même excitation qui t’enflammes quand tu craches enfin toute la haine en toi sur le visage d’un autre. Quel curieux mélange d’excitation et de dégout. Je me déteste pour t’avoir parlé ainsi. Mais tout mon corps en désire plus, encore plus de ta colère, encore plus de ce spectacle pervers où tu danses sur mes phrases tel une marionnette.

Qui parle ainsi dans ma tête? Moira, ou un autre?

L’alcool commence à me faire tourner la tête: je ne pense pas avoir autant bu depuis longtemps. Je distingue au loin ta silhouette disparaitre dans les alcôves privées. Comment dois je le prendre? Cherches tu à me fuir, ou m’invites tu à te suivre, dans ces lieux à l’abri des regards indiscrets et de la société. Je me lève lentement, prise de nausée, comme si le monde tourne autour de moi. Pas le choix: je dois continuer. Quitte à ce que cette expérience se termine en une débâcle, autant que j’y ailles à fond pour éviter le moindre regret. Sur mon passage, je reprends deux coupes: je risque fortement de m’en prendre une en travers de la figure d’ici la fin de la soirée, mais au moins, j’aurais essayé une approche plus subtile. Courage Moira. Après une dernière respiration, je me jette dans la gueule du loup.

Je sais pertinemment que tu m’y attends.

Je te retrouve enfin dans une petite loge surplombant la salle de balle. Ta simple vue me trouble. Je ne pensais pas que tenir ce masque aussi longtemps se révélerait être une tâche si difficile. J’aimerai m’assoir à tes côté, dans ma robe aigue-marine, partager avec toi cette soirée pour oublier ensemble nos différents, comme si cette rencontre dans la tour abandonnée n’existait pas. Bon sang, Moira, ressaisis toi! Si je flanches maintenant, jamais tu ne me le pardonneras. Je m’installe derrière toi sans un mot, observant longuement ta nuque et la racine de tes boucles soyeuses. Mes mains fébriles sortent un paquet de cigarette: par mesure de précaution, il ne s’agit pas de ma marque habituelle, juste où cas où l’odeur me trahirait. J’inhale longuement la fumée nocive à m’en bruler la gorge, avant de souffler doucement sur ton cou. Je passe ma langue sur mes lèvres: notre duel reprends. Cette fois ci, je saurais me montrer plus subtil Vega, je te le promets.

« Inutile de te vexer pour un rien tout à l’heure. Même si je dois avouer, tu es craquant quand tu t’énerves. Sincèrement. »


Ma main se pose sur son épaule. Même à travers le velours, je peux sentir ta peau si douce. Encore une fois, je ne mens pas. La force avec laquelle tu rejetas ma main et  la violence de ta réponse cinglante laissèrent sur ma langue le souvenir du goût métalliques de tes lèvres ensanglantés. Lorsque je te frappe d’ordinaire, tu ne répliques jamais, non pas seulement par faiblesse, mais aussi par retenu. Te voir aussi mordant et hargneux m’excite. Comme j’ai rêvé du jour où tu défendrais enfin de mes attaques. Lentement je te donne de derrière la seconde coupe de champagne, et avec elle, te propose également une cigarette, sans briquet néanmoins. Si tu désires la flamme, il te faudra faire un effort, te retourner et accepter de me confronter en face. Moi, confortablement installée dans ma chaise, je t’attendrais avec impatience, mes doigts pianotant un à un sur ta clavicule.

« Tu as raison cependant: je n’ai rien à faire ici. Mais toi aussi, tu fais tâche dans le décors. On ne vois que toi, un sale gosse sans manière au milieu de culs serrés ».


Je marque une pause, et humecte mes lèvres: attention Moira, ne le brusque pas trop non plus! En douceur, tout en douceur, essaye d’imiter Vega et ses piques doucereuses empoisonnées. Je reprendre une longue bouffée de nicotine, avant de poursuivre d’un murmure dans ton oreille

« Alors dis moi, qu’est ce qu’une mignonne petite perle comme toi fait tout seule en cette soirée? Tu as perdu tes parents? À moins que tu ne joues au grand garçon...dis moi, elle est où ta cavalière? Ou ton cavalier… »



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Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
10.01.17 18:46

bal
A
u moins, c'était une alcôve à vue. Le spectacle qu'offraient les danseurs ne manquait pas d'intérêt ; des couleurs mouvantes -il fallait remercier ces dames, les tenues masculines étaient d'une tristesse. Vega croisa les jambes, le coude en appui sur son genou et son menton niché au creux de sa paume. La solitude l'étreignait un peu plus. Sans raison. Il n'était pas moins seul, dix minutes plus tôt lorsqu'il buvait seul près du bar. Pure impression générée par l'ennui -et cette fois il n'avait pas Violette à qui parler pour passer le temps.

Il perçut le bruissement des lourdes tentures de velours, se força à ne pas se retourner. On venait de le rejoindre. L'autre, ou bien un quelconque invité en mal d'espace vital. Il ne se retournerait pas, et comptait les secondes en écoutant les bruissement produits par chaque geste. Léger bruit d'étincelle, odeur de nicotine. Et enfin quelques mots pour lever le doute.
L'inconnu l'avait suivi. Intéressé alors. Et moins brutal que ce qu'il avait cru au premier abord. Doucement, il rayait mentalement les cases. Moins emporté que prévu, moins dominateur mais plus joueur. Plus subtil que prévu.
Il ne tressaillit pas au contact, mais le frisson contenu parcourut ses os et ses nerfs, accélérait son cœur. Adrénaline, la promesse d'une nuit moins pourrie que sa soirée. Il tourna légèrement la tête, un geste infime pour indiquer au besoin qu'il n'était pas sourd, juste méprisant. L'enseignement de ses parents qu'il avait le mieux retenu : avoir le port des princes et leur indifférence. Il ne tournait pas la tête au premier compliment.

L'étranger ne se démonta pas (joueur). Et Vega referma ses doigts sur le pied d'une coupe de champagne offerte, étira l'index et le majeur pour accepter la cigarette éteinte. Odeur de nicotine, la chaleur d'un souffle sur son oreille.
Il échoua à contenir ce frisson-là.

« Tu dois avoir une obsession particulière pour ne voir que moi. »

Enfin, il daigna se retourner. Il gardait en main le verre intact, et présenta de l'autre sa cigarette éteinte. Tout était étudié, de la négligence du geste à la façon de ne le regarder que de biais. Les dernières exigences du prince.

« Je n'en ai pas. » Un sourire lancinant, porteur de cet acide qui le rongeait lui-même. « Parce que je me casse le matin avant leur réveil, en général. »

Il portait un masque ; il pouvait être ce qu'il voulait. Et ce soir il voulait être celui qu'on utilise et qu'on jette. Se faire plaquer contre un mur, être ravagé sans tendresse et laissé en larmes sur le sol. Même pas par culpabilité, mais parce que l'idée lui nouait le ventre, lui rougissait les joues derrière son masque.
Parce qu'il était déviant.
Parce qu'il ne pouvait pas changer.
Alors, que ce soit ce type ou un autre...

« Comment je peux t'appeler ? »


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Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
11.01.17 0:21

« Tu dois avoir une obsession particulière pour ne voir que moi. »

Tu n’imagines même pas à quelle point.

Tu te retournes à peine, ton visage masqué ne trahissant qu’une moue boudeuse peu convaincante. Tu tentes de résister avec tout dédain de ton sang pur, mais je lis dans tes yeux la même étincelle qui brillent lorsque tu me racontes tes nuits de débauche. Un frisson me parcourt l’échine: alors, depuis tout ce temps, pour capter ton attention, je devais juste m’abaisser aux comportement le plus primaire? Devenir un vulgaire séducteur aux accents viriles? Pourquoi, pourquoi avec toi Vega, l’excitation et le plaisir se teintent toujours de larmes amers? Tu mérites tellement mieux. L’envie me brûle de retirer mon masque, pour que tu saisisses ta propre débilité, mais je me retiens. Je ne suis pas là pour te juger. Je suis là pour te comprendre. Tant que des questions continueront d’obscurcir mes pensées, alors je dois aller plus profond, plus loin.

Quitte à franchir un point de non retour.

Tu me tends ta cigarette avec un dédain non dissimulé: j’aimerai tant l’allumer avec la mienne, comme dans la tour, mais ces baisers indirects ne me satisfont plus depuis que j’ai goûté à tes lèvres. Je ne céderais pas, ni à mes envies, ni à ton attitude de petit prince de la maison Hingsley. Je prends fermement ton menton et redresse ton visage, mes yeux plongeant dans les tiens. Je ne lâche pas prise, même après avoir placé la clope dans ta bouche adorée. Je t’observe un moment, t’étudie au plus prêt, enregistre le moindre de tes détails comme jamais je ne pouvais le faire auparavant. Au moins, quel que soit l’issu de ce jeu de dupe, je te garderai imprimé dans ma mémoire à jamais.

« Comment je peux t'appeler ? »

D’instinct, j’allais répondre Moira. Pauvre idiote. Moi qui croyait avoir penser à tout, je me rends compte qu’il me manque encore un prénom! Ma connerie m’impressionnera toujours. Entre la frustration envers  mes propres erreurs et la rage de te voir ainsi de livrer à un inconnu au lieu de moi, je commence à étouffer sous l’assaut des mes émotions. et tu es si proche, trop proche: je sens ta délicieuse odeur, et tes yeux me dévorer. Comment te résister? Même le masque ne peut rien contre ton charme. Les mots qui sortent de ma bouche sont à peine les miens, mais ceux de mon désir brute retenu depuis si longtemps.

« Quelle importance? Demain matin, quant tu te casseras comme un lâche, tu ne garderas de moi que la trace de mes ongles et de mes dents »


Je termine mon verre d’une traite, me faisant violence pour me donner la force de continuer. Le tien par contre est sur mon chemin: d’un revers de la main, je l’envoie au sol avant de te pousser sur la rangée de fauteuils vides. Je me penche vers toi, gardant une bonne distance de sécurité: si je m’approche plus, je déraperai, c’est certain. Mes mains emprisonnent les tiennes: comme tes poignées me paraissent si fragile, si délicat. Je pourrais si facilement te briser. Mais non, je ne dois pas…pas encore. Rappelle toi, joue la subtile. Laisse le parler, laisse le te livrer ces désirs, ne lui impose pas les tiens. Lentement, ma tête descend à la rencontre de la tienne: j’esquive tes lèvres, et ma bouche se porte à ton lobe, le mordillant gentiment avant de susurrer à tes oreilles:

« Après tout, c’est ce que tu désires pas vrai? Ne la joue pas petit prince avec moi. Je le vois dans tes yeux. Au fond de toi, tu es aussi pourri que moi. »


Étrange comme ses simples mots, même avec une voix si différente, résonnent exactement comme les questions sans réponses, posées il y a une éternité dans cette tour abandonnée. L’espace d’un instant, le souvenir de cette fille au cheveux bleus me revient. Qu’aurait elle fait à ma place? Je me relève, rongée par le doute, réalisant toute la portée et la violence de mes gestes. Mais je n’arrive pas à m’arrêter. Pourvu que tu ne vois pas main trembler quand elle se porte sur tes lèvres. Du bout de mes doigts, j’en redessine délicatement le contour, m’arrêtant sur les derniers vestiges des blessures que je t’ai infligé. Pour mon salut comme pour le tien, je me dois de poser une dernière question, avant l’abysse.

« À moins que tu en aies assez de fuir. À moins que tu désires plus que juste un pauvre soir. Dans ce cas, vas y, crache le morceau, car je peux te l'apporter ça aussi. Mais après, il sera trop tard. Tu seras à moi. »



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Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
11.01.17 14:45

bal
P
roches. Et Vega se laissait manipuler sans résistance, habillé de son seul orgueil. Ça lui suffisait pour soutenir l'autre regard, avec morgue, avec défi. Sonder ses yeux, au-delà du masque. Et malgré les ombres, des teintes de bleu familières, troublantes... (Est-ce que je te connais ?) La question flottait sur ses lèvres, rapidement chassée par le doux contact du filtre de la cigarette. Il entrouvrit la bouche, presque docile, sans ciller une seconde.

« Quelle importance? Demain matin, quant tu te casseras comme un lâche, tu ne garderas de moi que la trace de mes ongles et de mes dents »

Oh. Le temps de sentir son cœur rater un battement, le sang affluer à ses joues. Promesse de violence, certitude de luxure. I m p a t i e n c e. Et ses lèvres demeuraient entrouvertes sur un soupir muet, retenant à peine sa cigarette. Il restait immobile, sciemment. Attendre, le défi au fond de ses yeux, l'attente. L'espoir. Et c'était une boule de lave dans son ventre -pesante- qui s'effritaient en phalènes aveugles, se heurtant et se blessant contre les cages de ses côtes. Une envie de sexe. Le besoin de lutter et d'être vaincu ; se sentir en danger, se sentir protégé.
Un battement de cœur.
Le bruit doux du verre qui heurtait l'alcôve, l'odeur du champagne qui imprégnait la moquette pourpre, éteignait la cigarette qui lui avait glissé des lèvres. La surprise lui avait tiré un hoquet aigu. Son masque avait glissé un peu plus loin sur les sièges -le dernier de ses soucis. Parce que des lèvres chaudes se refermaient sur son lobe, annihilant le monde autour.

« Hh..ha... »

Si seulement il n'était pas si rapide à gémir. Il entendait le plaisir et l'avidité dans sa propre voix, s'en serait embarrassé s'il en avait eu quelque chose à faire. Mais là ils n'étaient que deux anonymes.
Pourtant... la présence à l'odeur de cuir se recula, son absence créant un gouffre de froid sur sa chair brûlante, sa peau humide. Le temps d'un souffle, aspiré entre les doigts qui jouaient sur ses lèvres. Contraint d'écouter. C'était fou comme même les étrangers avaient des scrupules.
Il avait du être trop sage.

« Tu parles trop... » Le souffle court, car il avait trop de désir dans les veines. Mais le voile sur ses yeux n'atténuait même pas la morgue de son regard. « Tu crois que tu seras assez bon pour que j'en redemande ? »

Il y avait peu de choses plus excitantes que l'arrogance lancée comme une gifle à quelqu'un qui le maîtrisait déjà. Il replia une jambe, effleurant l'intérieur de la cuisse en le regardant droit dans les yeux.

« J'attends de voir... »

Bae avait raison. Il n'était qu'une pétasse. Une pétasse déguisée en prince. Peut-être que c'était aussi simple que ça ? Ce qu'il était, ce qu'il devait accepter...
Vega se redressa, malgré ses poignets épinglés au sièges. Il ne lui fallait pas grand chose, juste atteindre les autres lèvres, forcer sa langue entre elles pour le gratifier d'un baiser lascif.
Après tout... c'était tout ce qu'il était.


❝ Je sais que je suis en progrès
Je suis sans regrets. ❞


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Moira Corcoran





Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
11.01.17 17:47

« Tu parles trop… »

Ces mots, les adresses tu à cet homme qui te domine, ou à moi?

Je n’arrive plus à respirer. Dans ma poitrine, mon cœur prêt à exploser, bat en un rythme endiablé. J’étouffe dans ces vêtements trop chauds, la sueur perle déjà sous le masque. Je ne sais plus où je suis, qui je suis. Le monde se résume à toi, à ton visage découvert, à ton gémissement aigu, à cette jambe qui remonte le long de ma cuisse lentement. Le contact de ta chair m’enflamme, je ne sais par quelle miracle je retiens ma voix de crier de plaisir. Toutes ces nuits passées à t’imaginer dans mes bras palissent en comparaison de cet instant magique. Incapable de te résister, je suis en train de perdre le contrôle face à ta superbe morgue, face à tes mots qui transpercent. Je me perds dans tes yeux, dans cette tant attendue promesse de luxure et de plaisir. Pour la première fois, tu défies mon emprise sur moi et redresses, fière et magnifique, radiant d’une confiance que je ne te connaissais pas. Et tu cueilles mes lèvres d’un baiser lascif, à peine appuyé, ta langue se forçant un chemin dans ma bouche. Je ferme les yeux, pose mes mains sur joues si douces…

Et je pleure.

Le charme du masque arrêtera-t-il mes larme? Je l’ignore. Je m’en moque. Rien n’a d’importance pour toi après tout. Pourquoi Vega? Pourquoi faut il toujours que tu mêles douleur et plaisir? Ce baiser, le même que tu m’accordas dans la tour abandonnée, le délivres tu aussi facilement au moindre étranger qui croise ta route? Ne signifie-t-il donc rien pour toi? Non, je refuse d’y croire. Je réfléchis trop, je dois juste apprécier ce moment. Trop tard. Le doute me ronge déjà les entrailles. Je ne peux plus continuer avec cette comédie ridicule. Je dois savoir. Je dois en avoir le cœur net. Et pas en tant qu’un séducteur d’opérette, en tant que moi, Moira Millie Corcoran, celle à qui tu appartiens, tu te souviens? Je n’imiterai plus tes amants de passage. Je te sais irrécupérable, mais en moi, tu trouveras un poison à la hauteur de ta soif. Une rage nouvelle coule dans mes veines. Mes mains ébouriffent ta chevelure, avant de la tirer violemment en arrière, me libérant enfin de l’emprise de ton envoutement. Je ne te laisse pas le temps de réagir: me voilà déjà à l’assaut de ton cou, j’y plante mes dents jusqu’à ce que perle ton sang. Voilà. Désormais, tous verrons ma marque sur toi.

« Tu m’appartiens désormais. »


Ma langue nettoie les gouttes écarlates de ta nuque, avant de partager avec toi le délicieux goût métallique de ton sang en un baiser brûlant. Ce goût ne te rappelle-t-il donc rien? Ne t’inquiète pas Vega, je saurais bientôt rafraichir ta mémoire. Je te pousse à nouveau sur les fauteuils, haletante. Je ne me lasserai jamais de cette vue, de ton corps offert à moi comme un sacrifice. Enfin, à moi…à cet étranger au cheveux corbeaux plutôt. Prépares lui tes adieux Vega: son temps est désormais compté. Je ne tolérerai aucun rival, pas même cet autre version de moi, ce déguisement ridicule à l’identique des tes amants haïs.

« Ferme les yeux, princesse.»


C’est un ordre. Un impératif. Presque une menace. Nous n’avancerons pas plus loin tant que tu ne t’y soumets pas. Mais je sais que tu t’y soumettra. Une fois tes paupières closes, je saisis ton jabot ridicule, et l’arrache d’un coup sec: pas de doute, tu es beaucoup mieux sans. Je respire profondément ton odeur dans l’étoffe, avant de te bander les yeux avec. Je sers le plus possible, qu’importe si cela te gène.

« Laisse toi faire, ça va te plaire. »


Mes doigts quittent le bandeau de fortune, et descendent lentement, explorant avec une lenteur méthodique l’arrête de ton nez, la rondeur de tes lèvres, la brisure entre ton menton et ta cou, le creux entre tes omoplates. Allongée contre toi, j’observe ma main disparaitre sous ta veste, faisant sauter un à un chaque bouton. Sous ma peau, je peux sentir ton souffle saccadé, les battements affolés de ton cœur, la sueur de ton torse. Ma langue emprunte alors le chemin inverse, jusqu’à rencontrer tes lèvres que je mordille doucement entre les miennes. Ton plaisir résonne à mes oreilles comme la plus enivrante des mélodies, j’en suis les inflexions pour vérifier la justesse de mes caresses. La chaleur de ton corps contre le mien me rend folle: mes pensées se brouillent à nouveau,  mon regard se trouble, gêné par ce masque qui m’oppresse.

Le moment est venu.

Je m’écarte, me relève, te laisse pendant un court instant sans un contact, sans une réponse. Une tentation horrible me traverse. Je pourrais fuir. Te laisser ainsi. Reprendre ma vie normale, revenir à notre routine et à mes intrigues. Ce serait si simple, si facile. Ta respiration me rappelle à la réalité. Même ici, allongé sur des chaises en sueur, ta veste entrouverte, je te trouve si beau. Ce soir, avec ou sans déguisement, je ne tairais pas mes sentiments ce soir. Je t’aime Vega. Lentement, mes mains tremblantes dénoue les fils de mon masque. D’un geste souple, je le laisse tomber sur ton ventre, avant de revenir vers toi. Aveugle, tu ne verras pas ce rideaux de cheveux azurs se refermer tout autour de toi. Mais tu sentiras certainement ces larmes de bonheur tomber sur tes joues, juste avant que je ne t’embrasse à nouveau.

Enfin, nous voilà réuni.


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Vega A. Hingsley





Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
11.01.17 19:32

bal
T
u m'appartiens. Vega retint un ricanement cruel, en désaccord avec le gémissement voluptueux qu'il émettait en sentant les dents l'égratigner. Désolé John Doe, je n'ai jamais appartenu à personne. Je n'ai même pas ce droit. Mes parents ne m'ont jamais donné la vie ; ils l'ont gardé au creux de leur paume. En font. Ce qu'ils veulent.

❝ Je ne rêve plus à rien
Je sens que je me profane. ❞


Alors quelle importance. Décoiffe-moi plus, fais moi saigner davantage, frappe-moi, marque-moi. Fais-moi mal. C'est encore ce que je ressens le mieux. Ces douleurs n'appartiennent qu'à moi. Et il restait allongé, la gorge offerte et le souffle court ; une acceptation totale de son sort. Il attendait plus. Il attendait pire. John déposa sur ses lèvres un baiser au goût de sel et de métal. Sang. Et il le lui rendait avec fièvre, mordillait les autres lèvres en une supplique silencieuse, entrechoquait maladroitement leurs dents pour communiquer son besoin.
Se battre.
Se faire terrasser.
S'il te plaît...
Il ferma les yeux. Il se foutait éperdument des noms et des insultes (pire, il aimait, comme il aimait susurrer des vulgarité à ceux qui laissaient entrevoir trop de faiblesses). Il étouffa entre ses dents un grognement de surprise, plus soucieux de l'état de sa tenue que de son corps. Remarque, pour ça il y avait toujours un sort... Il laissa John attacher le tissu avec une docilité remarquable.

« Oui... » souffla-t-il, sans se soucier de savoir à quoi il répondait au juste.

Oui, ça lui plairait sans doute. À vrai dire, même si d'autres inconnus les rejoignaient pour en faire l'objet d'une tournante, il n'aurait pas eu d'objection -enfin si, pour la forme. Il n'y avait de pire qui pouvait lui arriver.
Il se laissait découvrir du bout des doigts, impatience programmée, la sensation du tissus de sa veste qui lâchait lentement. Une sensation de faiblesse qui lui allait. John prenait son temps. Il jouait. Chatouillait son cou, l'embrassait déraisonnablement. Au-delà du bandeau, il le... regardait ? Peut-être. Il avait beaucoup commenté son apparence. Et ses caresses avaient un faux goût de découverte, restaient douloureusement chastes.
Et lui était impatient. Trop.
Un instant sans mots ni contacts (est-ce qu'il le regardait?). Le doute, l'attente et la frustration, avant que le faible poids d'un masque ne lui heurte le ventre. Une gêne en moins, il comprenait. Il offrit son visage à la caresse volage des cheveux, sentit des gouttes s'écraser sur ses joues avant un nouveau baiser.
Oh John. Tu me déçois...
L'orgueil ne le rendait pas con. Il n'était pas beau à pleurer -personne ne l'était. Les états d'âme de John ne l'intéressaient pas, personne ne l'intéressait à vrai dire. Et John, j'espère que tes larmes t'insuffleront un peu de rage, je serais pas l'épaule sur laquelle chialer.

Vega reprenait la main. Ses doigts trouvèrent au jugé l'autre corps et glissèrent le long de la veste en cuir comme un repère. Il mordit la lèvre de John, menace informulée (j'exploiterais la moindre faiblesse). Ses pouces dépassaient les hanches, et ses mains agrippèrent les fesses moulées par le cuir, plaquant leur bassins ensemble avec une exigence de prince. Il laissa une main sur sa prise (si moulant, Merlin ça devait sévèrement lui aplatir l'entrejambe) débouclant de l'autre la ceinture d'un geste qui trahissait ô combien l'habitude.

« Et moi qui te prenais pour un grand garçon... »


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Moira Corcoran





Re: Les Portes du Soir (feat. Moira)
11.01.17 22:39

Je retiens un gémissement de surprise quand tes dents se referment sur mes lèvres sans ménagement, avec un rage animale. Tes mains descendent le longs de mon dos, effleurent mes hanches, m’agrippent là où personne ne l’a fait auparavant. Tu reprends le contrôle, et moi, je me laisse faire. Une voix en moi m’ordonne de résister, mais je sens au fond de mes entrailles une envie irrésistible de devenir une poupée entre tes mains. Après tous, dans mes rêves les plus fous, tu menais la danse, tu me conduisais au fond de ton lit, et non l’inverse. J’aime cette nouvelle violence qui se dégage de toi. Montre m’en plus! Montre moi ce Vega acide que je ne connais pas. Tu resserres ton étreinte, à m’en couper le souffle. La ceinture de mon pantalon glisse entre nous, et s’en va rejoindre ton masque en contrebas.

Et moi qui te prenais pour un grand garçon... »

En à peine quelques mots, tu réveilles la peur en moi.

Bordel Moira, rappelle toi, Vega attends de toi un corps d’homme, celui de cet immonde séducteur brun qui n’existe que dans ses fantasmes. Si sa main descend plus bas, aucun bandeau, aucun sortilège au monde de maintiendra l’illusion. Avec la panique, j’en reviens à l’instinct, à cette force avec laquelle je règle tout mes problèmes. Sans le moindre avertissement, je m’empare de tes mains et les plaques à nouveaux sur les sièges, mes ongles s’enfonçant dans la chair douce de tes poignées fragiles. Haletante, je ne te laisse pas le temps de protester: je bâillonne tes lèvres d’un énième baiser, avant que ma bouche ne redescende sur ton cou. Je dois gagner du temps, mais comment? Que faire? J’ai honte de l’avouer, mais mon expérience dans les plaisirs de la chair approche du zéro. Le souvenir du délice de ta jambe contre ma cuisse: forçant le passage, mon genou remonte lentement vers ton entrejambe. Je déglutis difficilement lorsqu’il entre au contact de ton intimité.

Par Merlin, qu’est ce que je fous là?

Je ne suis pas une romantique, loin de là, ni une prude qui rougis à la simple évocation du sexe, mais je n’imaginais pas ma..ma première fois de cette façon. Je pensais que Vega me guiderait, me dirigerait, lui qui maîtrise ce terrain à la perfection. Et me voilà comme une conne, parasitée par la peur d’être découverte, aussi timide qu’une pucelle à ne pas savoir où comment te combler. Au moins, il me reste toujours ma colère: tu sembles apprécié comment mes doigts crochètent ta peau. Après une brève hésitation, je libère tes mains meurtris, pour mieux griffer ton torse exposé, creusant des sillages dans tes muscles. Un simple avertissement si jamais tu essayais de reprendre le dessus. Bon grès mal grès, je mène désormais la danse, aussi bien en terme de douleur, que de plaisirs, comme le prouve la pression constante et appuyée de mon genou contre toi.

Et maintenant quoi?



Prisonnière de mon propre plaisir, je gémis à l’unisson avec toi.


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