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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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Un jour dans notre vie // Vega

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 Un jour dans notre vie // Vega

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Hibou


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Un jour dans notre vie // Vega
05.02.17 2:56

Encore un sommeil sans rêve. Encore un jour sans toi.

Chaque réveil m’apporte la déception cruelle de toujours respirer. Cela doit faire quoi? Un mois maintenant? Un mois de lutte, de coups, de blessures. Et pourtant, je suis toujours là. Cassée, usée, mais vivante. Pourquoi mon corps refuse de lâcher, d’obéir à mon esprit qui ne demande qu’à disparaitre? Autrefois, une éternité à mes yeux, ces combats m’offraient l’illusions que je pourrais essayer d’exister, d’échapper au monstre que je suis devenue. Mais depuis ma confrontation dans la tour abandonnée, impossible de fuir mes crimes. Ma fuite s’arrête ici. Désormais, je ne demande plus qu’on me libère du fardeau de mes souvenirs. Alors je continue de me battre. Je défie des adversaires toujours plus forts, toujours plus nombreux, toujours plus sadiques. J’espère que cette fois ci, le duel deviendra exécution. Qu’un élève enfin mettra fin à ce déchet, cette ombre errant dans les couloirs, ce fantôme en devenir qui ne demande qu’un bourreau pour m’apporter la délicieuse délivrance.  

Au lieu de ça, me voilà allongée dans la cour…seule.

Tout autour de moi, la neige tombe, si blanche, si pure. À peine touche-t-elle le sol, que déjà, elle se souille de mon sang. Je peux sentir le liquide chaud et âcre coulé de mon nez jusqu’à ma bouche. Le moindre de mes membres hurle à l’agonie. Impossible de me relever. Je n’en ai ni la force, ni l’envie. Je souhaite juste demeurer ici, que la neige me recouvre et me nettoie enfin de toutes mes salissures dans un tombeau de glace. Mais au loin, l’horloge tyrannique sonne la fin des cours. Si je reste ici, un professeur finira par me découvrir, et m’amener à l’infirmerie. Ou pire…je risque de te croiser…. Je soupire, et même cette action m’arrache un glapissement aigüe. Ma côte cassée me poignarde à chaque respiration, comme pour me faire regretter d’échouer encore à une tâche aussi simple que de disparaitre.

Bientôt Moira, bientôt. En attendant, tiens bon. Une dernière fois.

Je me mords ce qu’il me reste de lèvres pour me relever sans hurler. Un pas, et je perds déjà l’équilibre. Le mur amortit ma chute et me supporte. Sans lui, impossible de bouger. Lentement, je parviens à rentrer dans le château. Le trajet est encore long: après ma rencontre avec Alice, la tour abandonnée ne m’offre plus aucun refuge, juste des souvenirs si lointains, d’un ange et de la chaleur de ses bras…. Arrête. Arrête tout de suite. Inutile de rouvrir encore et toujours tes plaies passées. Inutile de penser à ce monde, à cet homme à qui je n’appartiendrai jamais. Pour l’heure, seul compte d’atteindre le deuxième étage. Puis, filer dans les toilettes des filles. S’enfermer dans la deuxième cabines de la dernière rangée. Et sortir de sa cachette le peu de la trousse de soin qui te reste.

Je commence à peine à grimper les escaliers quand je croise le premier élève.

Merde.

Qu’une brute ne me dénonce pas après m’amocher, cela va de soi. Mais les autres, les personnes qui évoluent dans cet univers paisible et si déconnecté de ma réalité, eux ne comprendrait pas. Plus une minute à perdre. De ma veste, je sors un bonnet et l’enfonce sur mon crâne, masquant ainsi ma chevelure d’azur si caractéristique. L’adrénaline m’aide à avancer normalement, sans appuie: j’en profite pour dissimuler mes mains en sang dans mes poches. Reste encore mon visage défiguré par les bleus. Tant pis, je marcherai vite, la tête baissée. Enfin, aussi vite qu’une côté cassée le permet. Le flot d’élève commence à s’intensifier. De ci de là, j’entends des bribes de conversations, de rires, d’inquiétudes face aux examens qui approchent. La vie suit son cours. Dans un sens, je n’existe plus déjà. Parfois, je me demande. Si toi aussi, désormais libre de mon ombre, tu respires enfin et apprends à aimer enfin dans les bras d’un garçon qui te comprends. À moins qu’à jamais, la mémoire de mes crimes ne te poursuive et te hante.

Quoiqu’il t’arrive, je te souhaite un avenir meilleur. Un avenir sans moi.

Je recherche un endroit pour me cacher et pour me faner en paix


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
05.02.17 12:38

R
ien n’entachait le défilé des jours. Il avait souhaité la solitude, et l'univers l'avait entendu. Le reste du bal ; un tête à tête entre lui et plusieurs verres de champagne, une dialogue muet entre ses certitudes ébréchées et les restes de sensation au coin de ses veines. Il avait improvisé des compresses d'eau froide contre son visage, quitté la soirée quand sa peau commençait à bleuir. Partir et cacher ses blessures, enfouir son trouble sus les draps d'un lit.
Que garder de cette nuit qui changeait tout ? L'espoir d'un peu de normalité, un souffle d'air dans sa spirale de déviance ? Il n'y croyait pas. S'espérer un peu hétérosexuel quand sa seule fille s'était faite passer pour un mec à la base. C'était tordu. Comme tout ce qu'il était. Et il disséquait, ravivait ces souvenirs qui lui faisaient mal pour essayer de comprendre. Est-ce que ça avait été juste ça ; l'avoir prise pour un homme et continuer une fois lancé ? Est-ce qu'il se résumait juste à ça ? Et il se recroquevillait sous ses draps, le front posé contre ses genoux, revenait au stade foetal. Sous le tissu, il ne respirait plus qu'un air chaud déjà expiré une ou deux fois. Il avait besoin de cet espace intérieur, essayer de se retrouver, tenter de se comprendre.
Il avait des souvenirs qui le faisaient agoniser de gêne. Il ne se connaissait pas si prude. Lui, il provoquait, se salissait. C'était plus facile, en fait, avec les hommes. Il n'y avait rien chez eux qu'il ne connaissait pas déjà. Le corps des filles lui avait toujours parut trop différent, trop vulgaire, un fantasme trop simple, si évident qu'il lui était insipide avant même de l'avoir intéressé. Est-ce que c'était d'avoir connu Moira qui changeait la donne ? Oui. Non. Peut-être... Il n'avait jamais couché avec un ami d'enfance. Ses histoires de cul étaient simples, se résumaient au désir. Et à la domination, à la violence parfois, s'il fallait compter Bae. Moira avait ramené avec elle tout un fouillis de sentiments contradictoires, amertume et douceur, sadisme et tendresse... Mais elle ne lui offrait qu'une voie sans issue. Les filles lui paraissaient toujours insipides, même maintenant, et aucune ne l'intéressait de cette façon. Le pire, c'est que les garçons l'intéressaient un peu moins. Quelque chose parasitait ses fantasmes, le souvenir de hanches plus larges contre les siennes, le goût du sel sur sa langue, le mélange doux-amer de rancoeur latente et de désespoir... Ça l'obsédait. Tellement que ça l'empêchait parfois de dormir, tellement qu'il se privait d'une autre peau contre la sienne pour revivre seul ses souvenirs, avec un pincement de honte qui lui crevait le ventre. Vega marchait à l'obsession, c'était aussi simple (aussi tordu) que ça. Le temps d'en prendre conscience, le temps de s'y résigner... ça faisait déjà plusieurs semaines qu'il n'avait pas vu l'ombre de Moira en cours. Ça l'avait arrangé au début, quand il démêlait ses pensées, quand il craignait ce que ça ferait de la revoir.
Maintenant il voulait la revoir, et son absence l'agaçait. Il n'était pas très bon pour chercher, pas plus qu'il n'était doué pour faire attention aux autres. Il ne la voyait à aucun cours, ni ceux en commun avec les années supérieures, ceux qu'ils partageaient avec les Serdaigles, ni même les options plus intimistes en groupe. Elle ne répondait pas aux origamis, et son lit restait vide dans le dortoir commun. Il n'avait pas un foutue idée d'où elle pouvait être. Il s'inquiétait. L'inquiétude l'irritait.

« Moira ? »

Il n'était pas sûr. Un bout de mèche bleue dépassait d'un bonnet, tout en bas de l'escalier qui ralliait le troisième étage au deuxième. Si longtemps que ses blessures avaient cicatrisé, et il n'était pas certain de reconnaître Moira sous les ecchymoses. Quelques secondes de doute qui le donnaient déjà perdant dans la courses, ces quelques secondes en trop avant qu'il ne se décide. À aller de l'avant. La rejoindre pour avoir le cœur net.


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Hibou


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
05.02.17 19:28

Un son. Un nom résonne dans la cage de l’escalier et se détache du brouhaha de la foule. Un appel qui m’est destiné, venant d’en haut comme le cri d’un ange depuis le paradis. Quelque part en moi, une voix m’ordonne de ne pas y répondre. De ne même pas regarder pour éviter de souffrir. Mais je suis faible. Je l’ai toujours été. Incapable de résister à la tentation, je lève mon visage à la recherche du tien.

Et te voilà.

Tu es toujours aussi beau. Peut être même plus qu’autrefois. Les rayons du soleil aux travers des vitres semblent luire sur ta peau de nacre et ta chevelure d’ivoire. Ta mèche rose se retombe lascivement sur ton front, comme pour guider mes yeux droit dans les tiens, dans ces puits d’émeraudes qui m’absorbent et me hantent. J’essaye de ne pas remarquer le rose de tes lèvres, ni de chercher sur ton cou les éventuels traces de tes nouveaux amants. Non, ta seule vision suffit déjà amplement à me rendre malade. Comment, comment ai je pu souiller un être si resplendissant? Comment ai je pu imaginer une seule seconde dans ma folie et ma stupidité que tu m’appartiendrais un jour? Tu évolues dans une autre sphère, si loin de la mienne. Au final, je suis désormais à ma place. Là, en dessous de toi. Défigurée par les coups comme mon âme.

Va t’en. Oublie moi.

Je casse notre bref contact et hâte mon pas sans une réponse, dans un regard vers l’arrière. Si je t’observe trop, je sais que je me rapprocherai, attirer par ta lumière tel un misérable insecte égoïste qui ne cherche qu’à se délecter de ton sang. Et tout recommencera. Tes larmes. Tes cris. Ta douleur. Je ne me pardonnerai jamais ces crimes. Jamais. Alors je te fuis, pour ton bien. Je maudis cette côté brisée qui m’empêche de courir. Je t’en supplie, n’essaye pas de me suivre. Va, envole toi, profite de ta liberté nouvelle. Laisse moi disparaitre seule. Haletante, je trébuche tous les deux pas, me rattrapant toujours au mur. Portée plus par l’élan de mes chutes que la vitesse de ma marche, je parviens plus rapidement que je ne le pensais à la porte des toilettes des filles.

Excellent. Jamais il n’oserait me chercher là dedans.

Je m’y engouffre dans un gémissement de douleur et de délivrance. Le voici, mon havre, mon sanctuaire, le dernier endroit qui me reste. Ici, je suis invisible. Une ou deux élèves se remaquillent négligemment dans la glace, trop occupées par leur mondanité pour s'inquiéter du cadavre qui vient de franchir la porte. Vega lui ne passerait pas aussi inaperçu. Une garanti de taille si jamais il tente de me poursuivre…. Pourvu qu’il ne le fasse pas. J’aimerai tant qu’il reprenne le cours de son quotidien et chasse cette apparition, ce spectre dégénéré de sa mémoire. Je l’espère, même si je sais qu’à sa place, je n’y parviendrai pas. Sa présence seule a suffi à me ravager le corps et l’esprit, bien plus que toutes mes blessures physiques réunies. Déjà, je peux sentir du coin de l’œil une larme perlée, la première depuis ce soir de janvier, ce bal maudit où j’ai osé te salir de mes fluides.

Je rassemble le peu de dignité qui me reste pour ne pas craquer devant tout le monde.

J’avance à l’instinct, incapable de réfléchir. Ma tête n’est plus qu’une tornade, une tempêtes amer de souvenirs qui me percent le crâne à la manière d’un million d’épées. Mes pas me guident jusqu’à dernière rangée de box, celles dos au mur, sans issu, sans échappatoire. La deuxième cabine affiche des rubans, comme pour indiquer des travaux. Une petite ruse de ma part, le dernier reliquat de la manipulatrice arrogante et fière que j’étais. Au moins, je suis certaine que personne ne m’y surprendra. Que personne ne m’y trouvera. Après un dernier regard bref de part et d’autres, j’y entre, refermant la porte à double tour le plus discrètement possible. Avant d’exploser. Je m’effondre sur le sol, adossée à un des murs, incapable de rester debout plus longtemps. Je me replie sur moi même, cherchant à empêcher mon corps de trembler sous mes sanglots. Ma respiration saccadée et sifflante se transforme en bref gémissement. C’est trop dur. Trop difficile de vivre en même tant que toi. J’aimerai, j’aimerai tellement me réjouir de ton nouveau bonheur. Me contenter de te savoir heureux. Mais je ne peux pas…. Je ne peux pas. Je ne suis plus qu’une sangsue, une parasite qui se nourrit de toi, qui aspire ton énergie, qui t’entraine dans une spirale infernal. Je me dégoûte. Et mes larmes te sont autant destiné, toi ma pauvre et précieuse victime, qu’à ce monstre difforme né d’une union malheureuse.

Si seulement, si seulement tu ne m’avais jamais rencontré.


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
05.02.17 20:23

P
ourquoi rien n'était jamais simple ? Ça pourrait e tenir du comique, si ce n'était pas aussi atrocement chiant. Là-bas, c'était Moira, c'était forcément Moira. S'il avait eu encore des doutes après avoir croisé son regard, sa fuite le confirmait. Elle était dans un sale état. Elle allait peut-être se cacher quelque part, cacher les blessures et le œdèmes qui lui déformaient le visage. Sans doute. C'était con, une fille. Moira ne faisait pas tout le temps exception. Elle voulait avoir l'air forte, peu importe le nombre de fois où elle l'avait vu lui morveux et pitoyable. Ça l'aurait attendri si ça ne lui compliquait pas autant la vie.
Bien sûr qu'il essayait de la suivre, mais il remontait le flot de quelques centaines d'élèves qui pressaient en sens inverse. Encore une fois, il regretta de ne pas avoir des sidekick à la carrure d'armoire à glace. Définitivement, s'il devait recommencer sa vie un jour, il commencerait par là. La foule, les bousculades lui donnait juste envie d'écharper le monde. Le bois de sa baguette lui caressait les doigts au creux de sa manche, une incitation familière au sort flamboyant qui lui octroierait de l'air.
Mais trop de témoins, et la sanction serait dure. Il protégea de son mieux ses côtes et se fraya un chemin à grandes bourrades d'épaules. Quand il s'engouffra dans le couloir, Moira n'était plus en vue depuis longtemps. Saleté. Il dépassa les toilettes avant de se souvenir du bal, de la fraîcheur de l'eau sur ses contusions... Et revint sur ses pas.

« Moira ? »

L'endroit puait. Les relents de fluides corporels étaient plus ou moins ingénieusement masqué par celle du détergent, et les particules en suspension d'une demi-douzaine de parfums, déodorants et autres produits. S'introduire ici ne le dérangeait pas au regard du règlement, ça lui foutait juste la gerbe. Il regrettait tellement les cours d'éducation sexuelle et les blagues dégueu sur le contenu des poubelles de ce genre d'endroit.

« Cassez-vous, » aboya-t-il aux deux filles qui traînaient sur leur territoire légitime.

Ce qu'elles firent, d'un commun accord et avec une absence de répartie qui laissait à penser qu'un prof risquait de débarquer bientôt et totalement par hasard. Ça n'arrangeait pas son humeur. Cette situation était grotesque.

« Oh Moira, t'es là dedans ? »

Il ouvrait les portes de chaque cabine du bout de la chaussure -il n'allait pas les toucher non plus- le ventre noué par la peur d'y découvrir quelque chose de dégueulasse qui lui ferait tellement, tellement regretter la vie. Les quatre premières cabines ne comportant aucune trace d'un avortement à la sauvage, il se détendit presque. Une nouvelle porte.

« Arrête de faire ta pimbêche, ça m'les brise. Allez je t'accompagne à l'infirmerie... » Il ne remarqua que tardivement la cabine condamnée (où passait le budget de Poudlard, sérieusement?) et poursuivit son inspection dans l'ordre. « S'quoi cette comédie, on t'a pêté le nez ou bien ? »

C'était la seule qui ne s'ouvrait pas. Alors il se planta devant, prit appui sur le lavabo et croisa les bras.

« On a dix minutes avant qu'un prof rapplique, donc si tu pouvais te bouger le cul... »


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
09.02.17 0:01

Non, non, non, NON!!

Pourquoi m’as tu suivie jusqu’ici? Pourquoi prétends tu t’inquiéter pour moi, la garce qui t’a trompé et trahi pour son pur plaisir? Je te connais, tu n’es pas assez courageux ou fort pour chercher la confrontation, encore plus dans un endroit si vulgaire à tes yeux. Pourtant c’est bien ta voix que j’entends, si proche, presque impérieuse. Tu me convoques, tu me grondes comme un maitre mécontent face à son chien désobéissant. Mais te revoir… seule en face à face…c’est au dessus du peu de force qu’il me reste. Mes mains se plaquent sur tes oreilles, comme si de ne plus t’écouter me protége de présence. Je m’accroche désespérément à l’espoir qu’au moins tu ne me trouveras pas… Mais tu persistes, tu reviens sur tes pas pour finalement te poser. Ta langue acide crache une insulte si mineur, un détail rien de plus, mais ma carapace en lambeau ne me protège plus de rien. Est ce donc comme ça que tu me vois maintenant? Une pimbêche, pour rester polie? Une de ses gamines séductrices qui confondent le vulgaire pour le séduisant?

Ça fait mal. Mal de t’entendre dire tout haut ce que je pense tout bas.

Alors tu viens pour clore notre chapitre à ta manière? Dans le fiel et le venin de tes sarcasmes derrière ta pitié de façade? À moins que celle ci soit sincère. Honnêtement, je ne sais laquelle est la pire. Ta haine envers moi, au moins je la partage, elle est le dernier point qui nous relie, la dernière chose qui me reste au creux du ventre et qui me permet encore d’avancer. Sans elle, à quoi bon? Nous ne reviendrons jamais comme avant, le souvenir de cette soirée, de nos corps l’un contre l’autre se dressera à jamais entre nous. Je refuse de vivre dans un monde sans toi, mais t’approcher, te toucher à nouveau ne nous apportera que toujours plus de souffrance à toi comme à moi. Peut être que ton côté malsain y trouverait du plaisir, mais ta curiosité maladive ne dure jamais longtemps. Après tout, tu n’aimes personne, tu es incapable d’aimer. C'est toi même qui me l'a dit.

Mes pensées se bousculent sous mon crâne fiévreux, toutes aboutissent à cette même conclusion qui m’obsède depuis toutes ces semaines: tu es mieux sans moi.

Je sais ce qu’il me reste à faire. Lentement, je me relève, toujours adossée au mur de la cabine pour me soutenir, pour m’apporter la force de te dire ces mots qui blessent, ces mots durs mais nécessaire pour que je te libère enfin de moi. Mes lèvres ensanglantés se décollent difficilement. Allez Moira. Ferme les yeux. Inspire. Expire. Et vas y. Abîme la seule personne que tu aimes une dernière fois.

« Dégage »


Un mot, un seul, une explosion avant que ma côté cassée ne me trahisse et m’oblige à reprendre mon souffle. Ma voix est si faible, presque sifflante, mais la hargne, elle était réelle. Mais pas suffisante. Il mentionne les professeurs, comme si Poudlard et son règlement m’importait encore, à moi, le cadavre ambulant. Un ricanement amer m’échappe, suivi de mon poing qui s’abat contre le mur dans un bruit sourd. Une menace à peine voilée dans sa direction.

« Tu es sourd? Casse toi. T’a rien à foutre ici, t’es pas à ta place. Et si t’as si peur des profs, alors fout le camps et arrête de m’emmerder. »


Une deuxième fois, je cogne le bois contre moi, le peignant de mon sang qui s’écoule de mes jointures ouvertes. La douleur m’aide à ne pas réfléchir. À ne pas pleurer. À maintenir encore cette illusion de force. À me préparer au pire. Je sais que ces phrases ne te toucheront pas, que tu ne fuiras pas devant d’aussi pathétiques bravades que tu connais trop bien. Non, il me faut ressortir la partie sale en moi, cette « pimbêche » du bal, cette étrangère si loin de la petite fille aventureuse que tu apprécies. Ma voix diminue encore plus pour ne devenir qu’un murmure lascif, à peine audible.

« À moins que tu viennes pour en redemander. Ça t’a plu tant que ça la dernière fois que tu veuilles le faire ici, dans des toilettes? Vas y, viens. Fais pas ta timide. La porte est ouverte, je suis déjà tout chaude rien que pour toi. »


Ma main tremblante se tend vers le loquet de la cabine et le tire d’un coup sec, comme pour te prouver que je ne plaisante pas. Je me donne envie de vomir, de mourrir. J’ai si honte, mais les ongles tranchants qui labourent ma chair m’empêchent de craquer. Courage. Je dois tenir jusqu’à ce qu’il parte. Alors tiens bon Moira, et prépare toi s’il résiste à te montrer toujours plus immonde, à t’enfoncer un peu plus à chaque mot. Je dois le faire. Pour toi, Vega.


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
09.02.17 22:27

L
e coup fit vibrer la porte, et Vega tressaillit. Définitivement un mauvais jour. Un battement de cils, et il pencha la tête pour se gratter la tempe du bout de l'index. Fatalisme condescendant. C'était comme un chien qui faisait un caprice avant sa visite chez le vétérinaire. Heureusement qu'il était sensé pour deux.

« T'as fini ? Tu sors ou t’emménage là dedans ? »

Face aux chaos hormonal féminin, rien ne valait une stabilité inébranlable. À y repenser, ce n'était pas surprenant qu'elles aient eu le droit de vote aussi tard. Quand on en venait à se cacher au-dessus d'une cuvette de chiottes pour faire chier le monde on perdait soudain le droit de contester le diagnostique d'hystérie. Enfin...
Moira reprenait, et il dut tendre l'oreille pour l'entendre. Ça ne lui ressemblait pas, ces murmures. À moins qu'elle ne craque, mais pas si vite, pas si tôt ; elle s'échauffait à peine la voix. Le ton non plus ne lui ressemblait pas. Et il retint machinalement sa respiration quand il comprit les paroles. Une putain d'aiguille lui empalait le ventre, diffusant dans son corps un mélange dense de panique et de dégoût. Dégueulasse... Et le fait que ce soit Moira rendait chaque parole encore plus obscène. Horrible, horrible. Parce qu'elle touchait juste, et c'était ça le pire. Il n'avait fait que répondre à son obsession en la cherchant. La revoir, c'était candide. Il avait le sexe dans le sang, l’obscénité facile. Est-ce que c'était si sordide ? Sordide comme baiser une amie d'enfance dans la crasse des chiottes ?
C'était comme ça qu'elle le voyait ?
C'était comme ça qu'elle était ?
Quelques larmes aux yeux, nées de la panique du sale petit con tombé sur quelqu'un qui frappait plus fort.  
Il était dépassé.
Il avait toujours cru être le plus sale. Le plus immoral. Le plus pervers.
Il ne savait même plus quoi dire.
L'ouverture du loquet résonnait comme une invitation. Il ne bougea pas. Il avait peur. Peur de bouger, peur d'ouvrir cette porte. Qu'est-ce qu'il trouverait derrière ? Une pute aux cuisses écartées sur un sexe moite ? Ou une fille qu'il avait connu pendant plus de dix ans, et que merde il n'était pas si con, il ne l'avait pas côtoyée tout ce temps sans la connaître au final.
Mais pourquoi le doute ?
Pourquoi cette peur qui lui dévorait le ventre ?
Pourquoi il n'avait toujours rien répondu ?

Les doigts peints poussèrent le battant de la porte. La nausée le rendait pâle. Mais il n'y avait pas de mise en scène graveleuse pour l'attendre, simplement une fille blessée.

« T'as fini ? » répéta-t-il en forçant sur sa voix, trop faible, trop ébranlée. Et il se sentait encode exsangue, il ne savait pas quoi dire. À part que c'était tellement immonde, ce qu'elle avait dit, et il n'avait rien d'autre en tête, comme un gosse traumatisé. « Tu crois que ça m'impressionne tes conneries ? Allez viens, » il referma ses doigts sur un poignet, tira un peu trop brusquement pour la sortir de la cabine, « On va t'soigner... »

Pas de répartie cinglante, pas de réplique acérée et humiliante. Il était trop déstabilisé pour tout ça. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était maintenir une façade, fuir l'endroit et espérer que les souvenirs y resteraient.


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
11.02.17 0:36

Un long silence s’installe. Ces mots suffisent ils vraiment à te briser? Apparement non. Le sentiment diffus d’une victoire amer s’évanouit au son de la porte hésitante qui grince et s’entrouvre timidement. Je retiens ma respiration, mon regard se fixe au sol. Je ne peux pas, je ne peux pas te regarder. Pas d’aussi prêt. Mais par Merlin, pourquoi t’acharnes tu autant sur moi? D’où te viens cette force nouvelle? Le Vega de mes souvenirs fuit dès la première difficulté sans un regard vers l’arrière, sans le moindre remord. Alors pourquoi restes tu là plantée devant moi, quand j’étale devant toi toute ma noirceur, ce côté sale à en vomir qui me ronge et me dégoûte? À moins que tu ne préfères cette Moira là, la Moira vulgaire et obscène. Y vois tu un écho, un reflet à ta propre perversion? Prends tu du plaisir à te dire qu’ici bas, il existe pire que toi? Bordel Vega, mais cesse de me torturer! Arrête! Pars! Ou dis moi enfin ce que tu viens foutre ici qu’on en finisse!

« On va t'soigner... »

Ses doigts délicats se referment sur mon poignet et me tire vers lui, sans aucun e tendresse: surprise, je me laisse emporter par cet élan, et mes jambes fragiles se dérobent sous moi. Je glisse, et tombe, face contre sol. Mais au moins, je suis libre de son contact. Sa peau si douce contre la mienne me brûle, j’en hurlerai presque si sa phrase ne résonnait pas dans ma tête encore et encore. Me soigner. C’est donc pour cela? Voilà pourquoi tu me poursuis? Pour qu’en un coup de baguette, je redevienne ton gentil petit joujou d’avant qui écoutes tes débauches patiemment sans rien demander en retour, comme si cette nuit entre nous et ce désir au fond de mes entrailles n’existaient pas? Mais ce que tu peux être con! Incapable de me retenir: allongée sur le carrelage, mon nez en sang, j’éclate d’un rire mauvais , remplacé presque aussitôt par une quinte de toux: ma côté brisée par les coups d’Alice continue de se rappeler cruellement à moi. Exactement comme toi.

« T’es stupide ou quoi? Personne ne peut me soigner. Ni l'infirmerie. Ni...»


Merde, reprends toi Moira! Ne cède pas, pas maintenant! Je me relève difficilement, m’appuyant sur les lavabos tout en refusant d’une tape rageuse et sèche toute aide de ta part. Je prends toujours soin de ne pas te regarder, m’accrochant à ma colère et à mon dégout pour me préparer à l’avance à ce qui va suivre. Tu dois lâcher prise Vega, et m’oublier. Il le faut. Ne vois tu donc pas que je ne t’apporte rien d’autre que de la souffrance? Tu crois que je ne remarque l’intonation étranglée de ta voix? Grandis, arrête de jouer le gamin incapable de se débarrasser de ses vieux jouets usés et réduits en lambeaux. Regarde le cadavre qui se tient devant toi et que j’observe en même temps dans la glace. Je suis hideuse. Je n’ai plus la force de te suivre, ni le courage de contenir le monstre en moi. Je ne te sers plus à rien. Alors va t’en. Sinon…sinon….

Je ferme les yeux. Avant de me laisser tomber contre toi. Avant que mes lèvres n’aillent à la rencontre des tiennes.

Il n’y a dans ce baiser, ni larmes, ni passion. Je repense à celui de Cassidy, je l’imite même, pour te délivrer cette mise en garde, cet avertissement. Rien n’a changé depuis le bal. Je suis toujours salie par mes propres désirs et les restes de toi. Celle qui s’impose à toi, qui te pervertit sans aucun égard pour qui tu es, qui tu aimes ni où tu vas. Je m’en moque, pour peu que tu sois à moi, juste à moi. Je te relâche, te repousse loin de moi contre le mur pour que tu contemples bien ce monstre d’égoïsme obscène aux cheveux bleu. Les yeux rivés toujours au sol, je porte mon index à ma bouche et l’essuie délicatement.

« Tu vois? C’était pas si difficile. Tu n’étais pas aussi prude la dernière fois. Il te faut peut être mon déguisement pour t’exciter? »


Je ponctue le tout d’un petit gloussement amusé, même si je me donne plus envie de gerber que de rire. Ma tête tourne, encore sous le choc de mon dernier combat. Je ne pourrais pas continuer ce duel plus longtemps. Le seul son de ta respiration menace à chaque seconde de me rejeter dans tes bras. En moi, le désir et la raison s’affronte, me ravageant de l’intérieur. Je me sens déchirée de toute part, réduite en morceaux par une infinité de sentiments. L’amour. Le dégoût. La culpabilité. L’envie. La haine. Le désespoir. Je ne distingue plus qu’une tempête sous mon crâne. Un son, un geste de toi, et j’explose. Alors tant pis. Tu vas encore souffrir par ma faute Vega. Horriblement même. Mais je dois couper ce lien malsain qui nous relie par tous les moyens. Je laisse flotter le silence une ultime fois. Je me laisser bercer une dernière fois par le rythme de ton souffle. Avant de t’achever.

« T’es devenu ennuyeux, on dirait. Bon tant pis. Au pire, je peux toujours me rattraper sur ton cousin Cassidy. Vous vous ressemblez physiquement, tu sais? Sauf que lui au moins embrasse divinement et fait pas tout un cirque pour coucher. Allez Vega, sans rancune. Moi, je m’en vais retrouver un vrai Hinglsey. »


Et sur ce mensonge, sans l’ombre d’un regard vers toi, je claudique tant bien que mal vers la sortie. Adieu Vega. Ne te souviens jamais de moi. Et surtout, oui surtout, ne me pardonne pas.


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
11.02.17 16:24

I
l avait gardé la veste. Après le bal, il avait récupéré le vêtement de cuir que portait Moira. Un vestige qui avait gardé son odeur, et la texture du cuir était presque charnelle, imitait la peau. Il y avait enfoui son visage pour se souvenir, que la doublure lui caresse les joues, et heurter ses cils aux boucles de métal. Parce que c'était plus simple. Plus simple que d'affronter Moira et les conséquences. Trop dur. Trop douloureux.
Elles étaient là les conséquences. Sa Moira, étalée dans la crasse, le corps brisé par Merlin sait qui, secouée par un ricanement sinistre. Et lui trop démuni pour l'aider. Bien sûr que cette nuit changeait tout, il avait été con de croire, d'espérer le contraire. Il l'avait brisée. Parce que raconter sa saleté et la vivre, c'était différent. Cette fois, elle l'avait vu ; dépravé, vulgaire, dominé. Et ça avait été plus clair que tous ses récits, toutes les jérémiades qu'elle encaissait depuis des années.
Elle l'avait vu.
Et elle le vomissait.
Le repoussait de toutes ses forces.
Moira.
Sa petite fiancée.
La seule amie qu'il ait jamais eu.

Il se heurtait encore à elle, comme les mouches se cognaient aux vitres. Tendait dans sa direction une main qu'elle giflait, malgré son état. Tellement ça la faisait gerber qu'il la touche. Et il ne tenta plus, tellement ça faisait mal, tellement lui aussi se donnait envie de vomir.
Et dire.
Qu'il avait cru que ça irait mieux.
Qu'il pensait qu'il y aurait eu une deuxième fois. Et peut-être d'autres.
Dire qu'il avait été si con.

Il subit le baiser qui le perdit un peu plus. Sans préavis, sans logique, sans passion. Et contre ses lèvres un goût de sang refroidi, de tout ce qui coagulait et mourrait entre eux. Son dos heurta la mur, et encre cette consistance de poupée de chiffons. Comme le jour où on avait daigné le prévenir de la rupture de ses fiançailles. Ces moments trop douloureux où tout foutait le camps, où il n'était qu'un spectateur étourdi. Dans l'espoir que ça passe plus vite.

« N-non je... »

Ta gueule, ta gueule. C'est trop tard. Tu vois bien comment elle te trouve maintenant, comment tu la dégoûte. Y'a rien à faire, rien à sauver. Tu ne mérites personne. Ta gueule.
Il repensait à la veste de cuir qui l'attendait, cachée sous son oreiller.
Il était si con.
Il se faisait tellement pitié.
Les larmes débordèrent de ses yeux. Même ça, il n'avait pas réussi à le faire : rester à peu près digne. Dire qu'il ne pleurait jamais. Sauf face à Moira.
Alors c'était ça l'amour ?
À ce point versatile, si rapide à faner ?

« T’es devenu ennuyeux, on dirait. Bon tant pis. Au pire, je peux toujours me rattraper sur ton cousin Cassidy. Vous vous ressemblez physiquement, tu sais? »

Comme un tressaillement à l'intérieur, comme une gifle à l'âme. Qu'est-ce que Cassidy venait faire là dedans ?

« Sauf que lui au moins embrasse divinement et fait pas tout un cirque pour coucher. »

Un ricanement nerveux, mélangé à un sanglot. Ça ne faisait pas sens. De tous les défauts qu'il avait, on ne pouvait pas lui reprocher d'être difficile à allonger. Ça n'avait pas de sens. Ça expliquait cette conversation qui dissonait comme des ongles sur l'ardoise. Ça sonnait faux. Aussi faux que le son nom de famille sur la langue de Moira -parce qu'elle les haïssait, parce que ne pouvait pas le prononcer sans mépris. Il le savait, parce que trop d'années avec elle -ou bien il était fou, et alors ça ne datait pas d'hier, ça expliquait ce qu'il était, et ça n'aurait plus d'importance.

« Locomotor Mortis. »

Si familier, le contact du bois contre sa paume. L'extrémité de sa baguette pointant entre les omoplates de Moira. Elle marchait déjà si difficilement, pas besoin de plus qu'un maléfique de Bloque-Jambes. Elle chuta encore une fois sur le carrelage lustré à la javel. Il se sentait vide, blessé, confus, mais hameçonné par ce détail.

« Tu détestes les Hingsley. »

Énoncer l'évidence le tira un peu de sa torpeur. Il essuya ses joues du bout des doigts, la baguette pointée vers le sol. Les idées un peu plus claires.

« Il fallait pas me draguer si je te dégoûte. » La faiblesse qui devenait colère. « C'est toi qui est venue me chercher, c'est toi qui a monté un plan tordu. Et c'est toi qui en fait tout un cirque ! »

Ses blessures la rendait si fragile. Il ne la craignait pas, elle qui était d'habitude la plus forte. Rage et blessures. Il lui décocha un coup de pied dans le ventre. Il ne savait même pas bien frapper. Et oui, il tabassait quelqu'un à terre, une fille même. Il attaquait dans le dos. Mais c'était sa faute, elle lui avait fait tellement mal.

« Je t'avais dit que j'étais comme ça. Qu'est-ce que tu essayais de voir ? Qu'est-ce que tu essayais de prouver ? »

Il ne frappa pas davantage. En vrai, il voulait juste que tout soit comme avant, que cette conversation n'ait pas existé. Revenir en arrière.

« C'était pour te foutre de ma gueule ? Te faire cette pauvre pédale de Vega pour rire. » Nouveau coup. Des larmes encore. Qu'est-ce qu'il faisait ? « Foutre le bordel et puis le jeter ? »

Et ça non plus, ça ne faisait pas sens. À moins d'avoir côtoyé tout ce temps une autre personne, à moins d'avoir été con au stade divin. Qu'est-ce qu'il faisait ? Qu'est-ce qu'ils faisaient là, tout les deux, à s'entre-déchirer dans des chiottes ?
Il voulait mourir.
Ça faisait trop mal.
Il s'agenouilla à même le sol, ce sol trop sale pour qu'il daigne y marcher un quart d'heure plus tôt. Il posa sa baguette pour saisir le visage tuméfié de Moira entre ses mains. Fragile. Instable.

« Je te voulais, tu sais ? Je voulais... » Des larmes revenaient le parasiter. Battement de cils. Il ne savait plus où il allait. Ricanement nerveux, presque cruel. « Ça te fait gerber hein. Mais tu vas pouvoir. Le raconter à tout le monde. Tu l'as bien eu le couillon. »

Et il lâcha son visage, espérant qu'un prof déboulerait pour arrêter tout ça, enclencher la mécanique de convocation et d'expulsion. Que d'autres viendraient détruire son existence pour lui.

« Tu t'es bien vengée... »


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
11.02.17 23:50

« Locomotor Mortis. »

Le sort me frappe de plein fouet: en une seconde, mes jambes désormais inséparables glissent sur le carrelage et me revoilà face contre terre. Sonnée par la chute, je reste allongée, immobile, ne comprenant pas ce qui vient de se passer. Jusqu’à ce que je t’entende, au dessus de moi. De ta voix, je ne perçois qu’une colère sourde à fleur de peau, prête à éclater. Les accusations pleuvent à nouveau, et dans ta bouche, elles deviennent des vérités. Voilà Vega, ça y est, tu me vois enfin telle que je suis. Tordue. Cassée. Difforme. Pathétique, je tente de me relever sur mes mains, mais ton coup de pieds sec me remet à ma place parmi les ordures sur le sol sale. Jamais la douleur ne m’a paru si juste, si légitime. Dans le fond, à travers tous ces combats au cours des dernières semaines, je ne cherchais qu’un substitut à toi, quelqu’un qui exercerait la justice en ton nom. Alors continue Vega. Détruis moi une bonne fois pour toute qu’on en finisse. Déverse toute ta rage et ta colère en moi. Allez vas y! Qu’attends tu?

…Vega…tu pleures…

Mais…mais pourquoi? Pourquoi dis tu de telles horreurs? Je ne cherchais pas à prouver quoi que ce soit, juste à assouvir mes pires pulsion! Et jamais, au grand jamais je n’essayerai de me moquer de toi, de t’écraser, de te dégrader auprès des autres! Mes lèvres tentent de remuer une réponse, mais un nouveau coup me condamne au silence, à te voir soudainement craquer devant mes yeux horrifiés. Je ne comprends pas. Tu devais refaire ta vie sans moi pour que je ne puisse plus jamais te blesser à nouveau comme je l’ai fait ce soir là. Rappelle toi, tu me l’as toi même demandé, de partir, de te laisser seule. Et durant tout ce temps, je me suis accroché à cette pensée qu’à partir de maintenant, tu te sentirai mieux. Mais au lieu de ça, te voilà, à croire que tu me dégoutes, alors que la seule ici à inspirer le mépris, c’est moi et moi seule. Non. Je t’en prie. Arrête. Arrête de te dénigrer comme ça!

Ça fait mal. Si mal. À en pleurer. Tes mains si douces cueillent mon visage tuméfié et me plonge dans l’océan d’émeraude de tes yeux. Tes longs cils noirs chassent tes larmes qui coulent le long de ta peau d’ivoire. Je reste là à te regarder vraiment pour la première fois depuis si longtemps, suspendu à tes lèvres de rose.

« Je te voulais, tu sais ? Je voulais... »

…qu’est je fais?

Je croyais te libérer. Je croyais t’aider. Te donner la seule chose que je sois encore capable de t’offrir. Mais non. J’ai juste fuis. Comme une lâche. Je t’ai abandonné. Parce que je ne voulais pas t’affronter, toi et le souvenir de cette nuit. Je ne voulais pas me confronter à mes actions sales et obscènes. Je souhaitais juste en finir, et quitter la scène sans un mot, sans que personne ne me remarque. Juste disparaitre. Mais au lieu de ça…au lieu de ça te voilà détruit par mon absence, comme si un mois suffisait à balayer tous ces instants passés avec toi, tous ces mots que nous nous sommes échangés, pour ne plus laissé que l’incertitude et la culpabilité de ce plaisir volé. Je ne sais plus quoi penser. Je ne sais plus qui ressentir. Ton désespoir m’aveugle d’une rage sourde. Tout cela, ce monstrueux gâchis, cette spirale infernal dans laquelle tu t’enfonce, tout cela est de ma faute. Sans moi, rien de tout ceci ne te serait arrivé. Mon poing furieux s’abat sur le sol dans une gerbe de sang. Mes cheveux azurs recouvrent mon visage et mes larmes. Ma voix tremblante seule s’élève.

« Tais toi. Je t’en supplie tais toi. Tu ne comprends rien. Tu ne comprends jamais rien. »


Ma voix s’étrangle, mon cœur se sert. Pourquoi tout ce que je touche se réduit en cendre? Pourquoi faut il que je blesse tout ce que j’aime? J’en ai assez. Assez de moi. Assez de te faire souffrir. Je me redresse sur mes coudes, pour mieux cogner ma tête sur le sol, m’affligeant le châtiment que tu me refuses.

« Tu devais me détester. M’haïr après ce que je t’ai fait. C’est la réaction la plus logique. La plus simple. Bordel Vega, je t’ai presque violé ce soir là!»  


Ma gorge se bloque, incapable de continuer au seul souvenir de cette soirée. D’une main, je frappe ma côté brisé, m’arrachant un hurlement de douleur. Continue sale petite pute! Tu ne t’échapperas plus maintenant fait face. Affronte la réalité, regarde toi dans la glace et avoue ta nature hideuse.

« C’était si mal. Si tordu. Tu es mon ami. Le seul. Tu me faisais confiance. Et putain, tu es gay. Mais je me suis imposée à toi. Et j’ai aimé ça. »


Je rampe jusqu’à ses pieds, jusqu’à ces chaussures salis par la crasse des toilettes. J’empoigne les pans de ta robe de sorcier, comme une ancre pour contenir les sanglots qui me traversent Je n’ose te regarder, je n’ose lever les yeux au ciel pour y lire… y lire quoi? Que ce passe-t-il en ce moment dans ta tête. Je ne sais pas. Mais je dois continuer. La porte de sortie existe toujours, pour toi tout du moins. Tu peux encore partir la tête haute au delà des cris et des larmes. Je peux reconstruire ton ego blesser et te rassurer que le seule monstre dans cette pièce, c’est moi et moi seule.

« Alors vas y, mets toi en colère, frappe moi! Tu verras, c’est beaucoup plus facile comme ça. Mais je t’en supplie, ne pense pas que je cherchais à m’amuser ou à te prendre pour un con non, ça jamais. Je suis comme ça. Obscène à en gerber. Juste déviante. »



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Re: Un jour dans notre vie // Vega
12.02.17 1:07

A
ucun prof ne passa la porte. Et les phalanges de Moira heurtèrent le carrelage, bruit mouillé d'os et de chair glissant sur le plasma humide. Il y avait une partie de lui qui souffrait du mal qu'elle s'infligeait. Une autre qui la regardait froidement faire. Un déchirement de l'âme, et ce qui lui restait de coeur refroidissait à force de coups. Il vit son front heurter le sol. De nouveau, détachement et douleur. La voir se tordre, s'infliger la douleur nécessaire pour s'arracher chaque mot, les extirper de ses entrailles.
C'est vrai, il ne comprenait rien.
Il n'avait pas assez d'empathie pour la deviner, anticiper les mots qu'elle s'extirpait dans la douleur. Il ne pouvait qu'attendre, attendre et écouter.

« Bordel Vega, je t’ai presque violé ce soir là ! »
« ... ! »

Il émit un son comme une plainte, un début de protestation avortée. Effarement, une pointe de vexation (elle le voyait si faible?). Il n'eut pas le temps de penser à elle, d'imaginer un mois à vivre en ressassant ce poids sur a conscience. Tout fut balayé par un soulagement puéril. Il la retrouvait, elle et ses mots. Celle qui l'aimait, celle qui s'inquiétait pour lui.

« C’était si mal. Si tordu. Tu es mon ami. Le seul. Tu me faisais confiance. Et putain, tu es gay. Mais je me suis imposée à toi. Et j’ai aimé ça. »

Il essuya sous ses yeux les sillons de ses larmes, brouillant les lignes nettes de son maquillage. Il se mit à genoux, et ramassa Moira pour l'amener contre lui, aussi précautionneux qu'envers une poupée disloquée.

« Je suis déviant, » murmura-t-il doucement, « Je suis tordu... » Pas juste gay, Moira. Ce serait si simple, si simple s'il n'y avait eu que ça au final.

Il aurait aimé que ça suffise, il aurait aimé se taire. La garder contre lui. La réparer. Mais il savait maintenant. Il savait qu'elle était pareille, que quelque chose la rongerait. Qu'elle se ferait encore du mal.

« Arrête. Arrête... Tu... Tu m'as demandé, tu te souviens ? J'ai dit que tu pouvais. J'étais d'accord. Et tu. Crois. Que je t'aurais pas défoncée si j'avais vraiment voulu ? Q-que je t'aurais pas balancé un sort, quelque chose ? » Il oscillait légèrement, sans savoir s'il la berçait elle ou lui, si le mouvement ressurgissait de l'enfance pour tenter de l'apaiser. « Arrête ça. S'il te plaît... J-j'veux pas que tu aies mal. Je veux que tu restes. »

Ça ne suffirait pas. Ses arguments étaient minables. Elle, elle voulait avoir mal. Ce n'étaient pas ses caprices d'enfants qui l'apaiseraient. Même si elle l'aimait (si c'était vrai, ça aussi, il ne savait plus) son bon désir ne faisait pas loi. Pas comme avec une mère. Qu'est-ce qui lui donnait, à elle qui s'était mise à nue et rampé devant lui ?
Il frotta ses lèvres dans la chevelure bleue.

« J'ai aimé ça. Je n'ai pensé qu'à toi depuis... Je n'ai pas réussi à penser à quelqu'un d'autre. Tu vois... Tu vois comme je suis... » Il ravala un sanglot, un hoquet, un rire nerveux, quelque chose. « Pire... Tu pourras jamais être pire que moi. »

Il entendit sa voix faiblir, et il serra davantage le corps brisé contre lui pour tenter d'étouffer ses sanglots. Assis à même le sol, à même la crasse, sans s'inquiéter. Parce qu'il n'y avait plus de propre ou de sale, il n'y avait même plus d'ailleurs. Juste eux et cet endroit.

« Je suis désolé. »

Désolé Moira. De ne pas t'avoir compris, de ne pas avoir vu. Désolé parce que c'est ma souillure qui t'éclabousse, Moira. Tellement désolé, parce que tu es avec moi au fond du trou. Que je ne suis pas seul. Et que ça me rend heureux Moira.
Pardon.
Pardon.
Je ne suis qu'un connard.
Je suis désolé.


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Re: Un jour dans notre vie // Vega
11.03.17 4:28

Tu t’agenouilles, tu descends à mon niveau, dans la fange, les ordures, toi l’ange qui plane depuis toujours au dessus de ma pathétique vie. Et tu m’enveloppes dans tes bras, m’accueilles tendrement comme deux personnes qui se retrouvent enfin. Je devrais protester. Pour ton bien. Te supplier de me relâcher, moi la déviante, avant que je t’entraine de nouveau dans l’abîme. Mais je reste là, hébétée, ballante comme une poupée désarticulée, incapable de te résister.

Autour de nous, le temps s’arrête.

J’y crois à peine. Suis je en train de rêver? D’halluciner? Non, je peux bien sentir la pression protectrice qui m’enserre avec douceur. Ma tête reposant contre ton torse entends parfaitement chaque battement, chaque vibration de ta voix limpide qui résonne dans tout ton corps, comme si le poids des mots secouer jusqu’à ton âme. Je ne comprends toujours pas, pourquoi es tu si troublée? Pourquoi ne me rejettes tu pas au loin, pourquoi tu n’écoutes donc jamais ce que je te dis? Prenant mon courage à deux mains, j’ose relever la tête en quête de réponse. Tu es bien là, me fixant droit dans les yeux. Tes lèvres tremblent, hésitent, butent sur tes phrases. Toi qui manie la langue comme une dague, cela ne te ressemble pas. À qui t’adresses tu vraiment? À moi ou à toi? Je ne comprends. Pourquoi cherches tu à minimiser la gravité de mes crimes? Pourquoi refuses tu de voir l’horrible évidence et de fuir vers un avenir meilleur, débarrassé de moi?

« Arrête ça. S'il te plaît... J-j'veux pas que tu aies mal. Je veux que tu restes. »

Tu…tu tiens…à moi?

À cette moi immonde, perverti et si loin de la jeune fille au cheveu brun que tu connaissais autrefois, si éloignais de cette figure maternelle et protectrice dans laquelle tu m’as pendant si longtemps enfermée? Non, ce doit être une erreur! Le Vega que je connais ne se bat pour personne. Il ne s’attache à personne, et quand le conflit arrive, il se contente de continuer son chemin abandonnant sur la route ses  fidèles jouets usés. Souviens toi comme tu as quitté ma vie sans un adieu lors de nos rupture de fiançailles, comment du jour au lendemain, toi qui me promettait une vie à deux, me condamna à errer seule dans les rues sales de Dublin. Si tu n’as pas défendu ta promise d’autrefois, pourquoi t’accroches tu à moi maintenant? Je me dégage enfin de tes bras, sans violence, mais avec fermeté. Seule l’incompréhension se lit sur mon visage. Je te laisse continuer silencieuse, impitoyable, attendant de toi les explications que tu ne m’as jamais donnés.

« J'ai aimé ça. Je n'ai pensé qu'à toi depuis... Je n'ai pas réussi à penser à quelqu'un d'autre. Tu vois... Tu vois comme je suis… Pire... Tu pourras jamais être pire que moi. »

Ces phrases, ces pauses, ce sanglot, ils s’enfoncent directement dans mon cœur. C’est ce que je pense moi. C’est ce que je vis au quotidien, c’est la même obsession qui hante mes nuits, le même dégoût qui dévore mes entrailles chaque jour que je passe loin de toi. En deux seconde, nos rôles s’inversent: avec le peu d’énergie qui me reste dans ce corps brisé, mes mains remontent lentement le long de tes bras, t’effleurant tendrement comme pour enlever un peu de cette fange dans laquelle nous nous trouvons. Elles finissent leur course derrière ta nuque, frémissant au contact de ta peau nue, avant de se ressaisir pour se rejoindre et d’une pression douce, t’enlacer contre moi et déposer délicatement ta tête contre mon épaule. Mes larmes se perdent dans ta chevelure platine et c’est essoufflée par l’effort accompli que je te murmure à l’oreille.

« Je sais…Je sais ce que ça fait. De penser à toi, rien qu’à toi…tout le temps. De rêver de toi. Jusqu’à ce que fasse mal. Moi aussi… moi aussi, je suis désolée. De ne pas être mieux. D’être aussi sale. D’être comme toi »


Les mots s’étranglent dans ma gorge, ma côte cassée se rappelle à moi. Je me plie de douleur, terrassée par l’effort. Et maintenant? Nous voilà réunis, notre enfance et notre innocence loin derrière nous. Au moins maintenant, nous nous connaissons enfin, nous ne voyons plus ce reflet déformé de l’autre par le souvenir de jours plus simples. Mais rien ne change vraiment. La douleur reste présente. Mes actions demeurent immondes. Et toi, toi tu restes un Hingsley, à jamais inaccessible. Je pourrais faire semblant, savourer cet instant malgré tes sanglots et les miens. Mais je ne peux plus me taire. Je ne dois pas me taire. Ma respiration siffle tandis que je caresse tendrement tes joues, relevant délicatement ton visage… Tu es si beau. Si merveilleux. Si seulement nous pouvions rester ici, seuls assis dans ces toilettes, à contempler nos blessures jumelles pour mieux les comprendre, les guérir…ensemble.

« Je t’aime. Vraiment. Toi seul compte à mes yeux. Toi seul et personne d’autres. »


Je te souris, ravalant un rire nerveux. Autrefois, ces mots me semblaient si difficiles. Je croyais naïvement qu’il me suffirait de les prononcer pour que tout nos problèmes disparaissent. Aujourd’hui, ils creusent un peu plus le fossé qui nous inévitablement nous séparera.

« Je ne peux plus le cacher. Plus le contenir. Ce qui s’est passé… au bal… je sais, je sais que je pourrais le refaire. Peut être pas tout de suite, mais plus tard… J’ai besoin de toi… pour vivre. »


Une quinte de toux m’empêche d’aller plus loin. Pour retrouver du courage, et illustrer mon propos, mes lèvres rencontrent brièvement les tiennes. Un contact bref. Éphémère. Presque chaste. Mais en lui se concentre toute la douceur, toute mon affection et mon amour. Quoi qu'il arrive, sache que ce sentiment demeure la seule chose sincère qui me reste.

« Mais toi…toi tu es un Hingsley. Une française t’attends. Même si tu m’aimais, nous savons comment ça finira. On l’a déjà vécu, pas vrai? Je ne survivrai pas à une seconde fois. Toi et moi, depuis le début, nous n’avions aucune chance. »



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