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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













Macabre Alcoolémie ~ Eros

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Macabre Alcoolémie ~ Eros
02.03.17 21:04

HAVE YOU SEEN THE TEARS ? HAVE YOU SEEN THE SADNESS ? SEE HOW I DO, I STEPPED ON THAT PAIN AND STOOD UP AGAIN AT THE MOMENT I FELT IT WAS THE END.
▫ Macabre Alcoolémie▫




Il avait fallu qu'elle sorte, qu'elle s'échappe de l'atmosphère épaisse et écœurante que le château lui infligeait. Fallen avait contemplé un moment en silence les nuages qui obscurcissaient le ciel, les lourdes gouttes s'écrasant sur les vitraux, faisant sangloter les Saints. Elle s'était mordue la lèvre, totalement indécise. Dans ses veines, le sang bouillonnait. Ce soir, elle se sentait invincible. Ce soir elle avait eu besoin de sortir, courir à travers le chemin, sentir l'air froid martyriser ses poumons et s'essouffler encore et encore, sentir le coup de poignard de l'oxygène manquant, la brûlure de l'alcool dans sa gorge. Ce soir Fallen avait eu besoin de vivre. Un plus vite, un peu plus fort. Chaque jour un peu plus.

Elle  se transforma en une ombre, glissant entre les contrastes qu'offrait la pâle luminosité du ciel pour filer discrètement vers Pré-au-lard. Elle avait évité adroitement les professeurs, les fantômes et les âmes nocturnes en peine. C'était presque devenu une habitude, un jeu que de s'échapper discrètement. En même temps lorsqu'on portait du rouge et or... Il était difficile ne jamais avoir eu à faire d'escapade nocturne dans l'optique d'aller titiller la boisson. D'habitude elle était entourée de Neptune, de Max ou encore d'Honey qu'elle arrivait à tirer dehors ou ses proches amis des rouges, mais ils avaient tous déclaré forfait ce soir en voyant l'assaut frontal de la pluie sur le château

Petites natures, avait-elle pensé avant de soupirer et de se lancer un sort d'imperméabilité, les pieds déjà trempés d'avoir marché sur la terre battue du souterrain qu'elle avait emprunté. Poudlard était chaque nuit un peu plus effrayant mais envoûtant. Elle se trouvait à l'extérieur des barrières de protection et s'empressa de transplaner jusqu'au village et de pousser la porte de la Tête de Sangliers, alors que du coin de son œil, elle percevait le bout d'une cape grise et un mouvement furtif. Elle se stoppa un instant et jeta un coup d’œil derrière elle, baguette en main et vibrante d'énergie. Elle n'aurait pas réagi si ce n'était pas la troisième fois qu'elle sentait une présence humaine la suivre. Et cela ne la rassurait pas plus que ça. Elle grimaça alors que son sort d'imperméabilité se faisait la malle et rentra la tête dans les épaules, se concentrant pour murmurer un Homenum revelio qui balaya les environs, révélant une présence humaine.

« Sort de l'ombre. Maintenant»

Une voix claquante de force et de courage, un appel à l'affrontement, un appel au combat. Fallen sentait déjà sa baguette s'échauffer.







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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
02.03.17 21:39








Il était nuit, il pleuvait et Eros était assis dehors, laissant l'eau pénétrer le tissus gris de son épaisse cape de laine. Il s'ennuyait, sa tête lui faisait mal, trop pleine de pensées, et le sommeil n'était plus réparateur depuis une éternité.
Depuis Kara.
Il soupira lorsqu'il vit une silhouette se faufiler discrètement au-dehors des charmes de protection. Quelque chose dans ces mouvements... Un reflet de cheveux noirs...
Eros s'élança à la poursuite de la silhouette de la jeune femme.
Fallen.
Il donnerait sa main à couper que c'était elle.
Il était discret, tout autant qu'elle, enfonçant sa capuche sur sa tête pour pas être reconnu. Il savait avoir un pas aussi léger que celui de son patronus. Le pas d'un lynx.
Un bruit de succion le surpris. Il fixa le rideau de pluie et se rendit compte que la jeune fille venait de disparaître.
Echec de la mission, pensa-t-il, avant de faire un effort intense de réflexion.
Où pouvait-elle bien aller dans la nuit, au milieu de la pluie, qui lui demanderait de se transplaner ?
Où pouvait bien aller une Lionne pendant les heures nocturnes ? Une lionne batteuse aimant les duels illégaux ?
Eros sourit légèrement. Là, où lui-même serait allé.
Il se transplana juste derrière elle devant l'auberge à l'enseigne sale et abîmée.
Il se faufila derrière des tonneaux, mais elle l'avait repéré. Un frisson parcourut sa nuque lorsqu'il l'entendit s'arrêter. Puis lorsqu'il entendit sa voix prête à défier n'importe qui ayant osé la suivre.
Après tout, il n'allait pas se cacher toute la soirée.
Il lui fit face, la tête baissée, avant d'enlever sa capuche trempée. Il pencha la tête, ses yeux bleus la détaillant. Elle lui sembla un peu fébrile. Un peu à vif.

"Je te savais lionne mais pas insomniaque, Fallen."





Il s'approcha d'elle lentement et posa l'index sur le bout de sa baguette, abaissant l'arme vers le sol.

"En tout cas, moi non plus ça me tentait pas de dormir. Tu me payes un whisky pur feu ? Y a des artistes qui gagnent leur vie mais j'en fais pas partie. "





Il esquissa un sourire désolé. Il n'avait pas prévu de sortir ce soit plus loin que sur les marches du château et n'avait pas d'argent sur lui.
Pas d'argent tout court d'ailleurs.
Comme quoi, il pouvait pas faire le fier ce soir. Mais il lui semblait qu'avec elle, il n'en avait pas besoin.
C'était Fallen et il la connaissait déjà un peu. Il savait qu'elle aimait le goût de l'alcool, de sa brûlure. Il savait qu'elle commençait à rire et à se détendre que lorsqu'elle se savait vraiment en sécurité.
Il savait aussi qu'elle lui faisait confiance.
Et ça, c'était réciproque.



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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
04.03.17 20:43

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Elle claqua de la langue d’un air peu satisfait quand une immense silhouette se détacha de l’obscurité, s’avançant dans le petit cercle lumineux qui surplombait l’entrée. Des cheveux noirs corbeau, des yeux bleus facétieux, un sourire narquois et une peau à la blancheur immaculée, seulement tâchée d’œuvres d’art. Eros. Fallen laissa échapper un petit soupir discret, bien malgré elle. Elle l’observa en silence, ses yeux traquant les petits défauts de son faciès. C’est ce qui lui permettait de se raccrocher à la réalité quand il était là. Car son sang ne faisait que cacher et hypnotiser, Eros avait du charme mais il était humain. Simplement un peu trop beau pour la pureté de certaines jeunes filles.

Elle émit un petit sifflement moqueur en rangeant sa baguette. Celle-ci n’appréciait pas d’être touchée par quelqu’un d’autre qu’elle. Et avait tendance à électrocuter quiconque l’effleurait. Elle se demanda si elle espérait qu’Eros se soit pris une décharge ou non. En entendant sa remarque, elle pria secrètement que oui. Elle agita sa bourse, pas vraiment remplie mais suffisante pour une soirée de beuverie à deux. Peut-être même deux.

 « C’était pour ça ton amitié, que je devienne ton mécène hein ? Mon pauvre, tu auras dû mieux t’y prendre. »

Sa voix est moqueuse mais pas vraiment agressive. Tu le tourmente un peu, juste pour le faire tourner en bourrique, juste pour qu’il te rende ta pique.

 «  Et faudra peut-être que tu progresses aussi. Voir si tu arrives à m’envouter avec ton art. »

Elle secoue la tête et ouvre la porte, s’engouffrant dans le bar miteux, Eros a sa suite. Le bar est miteux et presque désert. Une odeur de pourriture et de saleté vient agresser ses narines. L'endroit était décrépie, vétuste et d'une saleté affligeante. En un mot comme en cent, il tombait en ruine et semblait abriter les pires crapules et les meilleurs malandrin. Peu rassurant et pas vraiment glorieux. Fallen aurait aimé mentir en prétendant qu'elle n'avait jamais mis l'un de ses petits pieds dans ce lieu mal famé mais c'était enjoliver la vérité. Lorsqu'elle avait envie d'être seule, elle venait se perdre dans le goût acre et brûlant du Whisky Pur Feu. Elle s'installa au fond de la salle et observa en silence Eros qui s'asseyait devant elle, toujours avec une perfection et une beauté qui lui était propre. C'était presque vexant qu'il soit si parfait alors qu'elle avait ses cheveux emmêlés et humide, sa peau blanche rougit par le froid et ses vêtement étaient en désordre. Jamais personne n'aurait reconnue l'héritière Dewitte dans cet accoutrement. Elle soupira et se passa une main sur le visage avait de retourner à Eros. Un sourire moqueur revint sur son visage.

 « Tu suis souvent les gens comme ça ? Non parce que c'est légèrement effrayant à force.»








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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
04.03.17 21:23








La jeune fille était à contre jour sur le fond de lumière qu'offrait l'entrée de la taverne. Elle avait les cheveux emmêlés et humides, les vêtements froissés. Eros se demanda ce qui arrivait à son amie.  
Celle-ci secoua sa bourse, signe qu'il était son invité ce soir. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du vélane. Il dégagea sa mèche noire sur le côté, et ricana doucement à la remarque faite par Fallen. 
 
"Laisse moi être ton Virgile, ô grand Mécène, mon bienfaiteur !"



 
Il ignora le ton moqueur de son amie en lui répondant d'une façon théâtrale et surfaite. Elle voulait être piquante ce soir, bien. Il n'allait pas s'ennuyer au moins. 
 
"Mais je t'envoûte déjà belle Fallen, croit pas que je ne remarque pas tes petits regards !"




Murmura-t-il en entrant derrière elle dans l'endroit insalubre et déserté.  
Enfin, presque déserté. Deux, trois tables étaient prises par des personnes aux allures sombres et malveillantes. Il pensa quelques secondes aux Sigmas, mais chassa l'image de son esprit. Ils devraient être en sécurité à Pré-au-Lard. 
Il s'installa à une table au fond, suivant la jeune femme. D'un coup de baguette il ôta toute l'humidité de sa tenue et de ses cheveux à lui autant qu'à celle qui l'accompagnait. Immédiatement elle eut bien meilleure allure, malgré le désordre qui semblait s'être entièrement emparé d'elle aujourd'hui. 
Elle le détaillait encore du regard, comme légèrement embêtée. Il se renfrogna. Il connaissait ce regard. Elle était entrain de le juger comme elle le faisait souvent à d'autres Sang Purs qu'elle croisait. Et il n'appréciait pas cela du tout.  
Cependant, elle se reprit rapidement et un sourire moqueur revint sur ses lèvres. Il devait lui avoir fait sacrément peur pour qu'elle revienne encore sur le fait qu'il l'ait suivie. À vrai dire, il n'en avait absolument pas l'intention et si on lui avait dit qu'il serait un jour assis là avec elle, il l'aurait pas cru. 
Il haussa légèrement les épaules avec un sourire et appela d'un geste la serveuse. Celle-ci sembla d'abord ignorer le signe avant de remarquer qui le faisait. Elle accourut alors, un large sourire aux lèvres, comme s'il était au minimum un grand prince qui lui avait fait l'honneur de sa beauté. Il n'écouta même pas sa demande et regarda Fallen. Soudain, la comparaison entre les deux femmes le frappa de plein fouet. La serveuse, sans se soucier de ses vêtements sales et graisseux, était assez maigre. Ses pommettes étaient très anguleuses et ses yeux mornes et pâles. Elle avait des lèvres abîmées, qu'elle mordait à présent dans une tentative désespérée de se rendre attirante. Ses cheveux gris souris étaient attachés en haut du crâne, dégageant un front petit et couvert de tâches de rousseur qui se confondaient les unes avec les autres. Si elle prenait soin d'elle, elle aurait pu être une femme resplendissante, mais le travail qu'elle avait n'était sûrement pas d'une grande aide. De plus, au vu des clients, être une belle femme ici ne devait pas être facile. 
Fallen, elle, était telle Blanche Neige, avec ses cheveux ébène, et sa peau neige. Ses lèvres, mordues par le froid, se détachaient d'une teinte vermeil, tandis que ses yeux verts, vifs, étaient comme un éclair dans le ciel orage. Elle était pleine de contrastes. Son visage était allongé et doux, ses traits n'étaient ni trop forts ni trop délicats pour un caractère aussi trempé. Et pourtant, Eros distinguait dans la courbe de ses sourcils une douceur, une fragilité que Fallen n'aurait jamais laissé voir.  
Il soupira légèrement. Si seulement la lionne apprenait à se mettre en valeur, elle aurait pu être d'une attirance bien plus puissante qu'elle exerçait déjà. Il se souvenait encore du bal, de sa main sur cette taille fine et si bien découpée... Il rougit, détourna les yeux, avant de se souvenir de la teinte dorée que cette peau neige avait pris. 
Il se racla la gorge, voulant éviter de prendre un voix rauque. 
 
"Alors, Mademoiselle Dewitte, que souhaitez-vous boire ce soir ? Moi, ce serait un whisky... Pur Feu bien sûr !"



 
Énoncer le nom d'une Sang Pur publiquement alors qu'elle était là incognito... Il lui laissa un sourire malicieux, craquant les phalanges. Elle l'avait défié à l'entrée. Elle devait s'être préparée à ce qu'il relève.  
Il la regarda et posa ses coudes sur la table, se penchant vers elle à travers le bout de bois qui commençait à pourrir dégageant une odeur désagréable. 

"Avec quoi souhaites-tu commencer la macabre alcoolémie ?"







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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
05.03.17 20:30

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▫ E MACABRE ALCOOLÉMIE !▫




Elle ignore ses vers, elle passe outre sa pique. Elle le dévisage certes, mais elle a décelé les rougeurs de son visage, elle a vu comment il l’avait regardé au bal. Fallen n’est peut-être pas resplendissante et parfaite comme lui, mais elle sait se rendre attirante quand il le faut, quand elle en a envie. Un léger sourire à deux pas entre le rire et le sarcasme étire son visage, illumine sa peau et rosit ses pommettes. Allons, allons, Eros, ne me dévisage pas comme cela, pense-t-elle. Elle jette un coup d’œil à la serveuse, qui est là tel un chien qui attend la caresse ou une friandise de son maître. C’est effrayant à quel point le sang de vélane agit bien. C’est stupéfiant. Ressemble-t-elle, elle aussi à la serveuse quand elle voit Eros, quand elle entend sa voix ? Elle espère que non. 

Elle détourne les yeux vers la fenêtre crasseuse, tachetée de gras et de liquides secs et plus ou moins collants. Derrière la saleté qu’elle accumule, elle distingue les gouttes qui s’écrasent sur la vitre. Au loin, elle entend un roulement de tambour. Ça y est, l’orage est là. Enfin. Le tonnerre, l’orage, c’est un peu son élément. Un peu ce qui lui ressemble. Frappant, électrique, foudroyant, il n’épargne personne et quand il s’est vidé de toute substance, de toute nécessité, il s’évapore dans la nature, attendant de se recharger pour s’acharner une nouvelle fois. Oui décidément, Fallen aime beaucoup l’orage. Elle sent le regard du jeune homme en face d’elle. La pression des yeux bleus la fait se retourner et pour une fois, elle ne lutte pas contre elle-même pour rougir et se détourner. Et encore une fois l’océan affronte le ciel. Elle sourit à nouveau, un peu plus enjôleuse cette fois-ci. Elle arrive presque à suivre son fil de pensée, alors que la serveuse vient tout juste à leur côtés. Il les compare. Elle sent son cheminement qui s’imprime alors que ses billes bleues la transpercent avant de retourner à la femme usée qui attend. Immédiatement celle-ci rougit, remet une mèche derrière son oreille, se redresse. Fait la fière, fait la belle.  

Ce mec est un poison, réalise-t-elle. Une poison inodore qui se diffuse dans l’air et une fois au contact de la gente féminine qui s’insinue dans leurs veines. Et ça y est, elles sont infectées, à jamais mordues. Un peu comme Eve mordant la pomme. Les religions moldues sont vraiment étranges parfois, pense-t-elle. La réflexion incongrue est vite chassée et elle tourne sa tête vers la serveuse. Pour la première fois depuis longtemps, elle détaille une personne à son service. Tout ça à cause d’Eros bien sûr. Elle ne fait que rarement attention aux petits gens. Pas par hautaineté. Pas par cruauté. Juste par indifférence et habitude. Au manoir, ce sont des valets qui la servent, des servantes qui s’occupent de tout même s’il n’y a pas beaucoup de ménage à faire. En plus des deux elfes de maisons, qu’elle adore par-dessus tout et qui sont au service des Dewitte depuis des générations. Elle dévisage cette femme ravagée par l’âge et par son travail. Elle voit les dégâts de la vieillesse et des mauvais traitements. Au fond d’elle ça la chagrine, ça la tue un peu que tous les gens n’aient pas le droit au même bonheur qu’elle. Aux mêmes conditions de vie. Mais la Fallen idéaliste est morte il y a bien longtemps, alors elle enterre ce haut le cœur soudain et se retourne vers Eros prête à le foudroyer du regard. Il croit que prononcer son nom de famille est un jeu. Il n’a aucune conscience des dangers qu’elle peut encourir par sa faute, des conséquences que cela peut avoir. Il n’a aucune connaissance de ce que son nom peut apporter ou enlever. Elle sent le regard de la serveuse s’aiguiser et voit un des bonhommes se retourner. Elle serre les dents et se contrôle. 
 
« Une liqueur de Gobelin pour moi. » 
 
Plus fort que le Whisky Pur Feu, bien plus brûlant mais aussi plus sucré. Les gobelins n’avaient jamais révélé leurs secrets de fabrication et leur alcool s’arrachait à prix d’or parfois. La serveuse partie, après un dernier regard à Eros et malheureusement un dernier regard à Fallen. Elle serra les dents et fixa le jeune homme. Pour une fois, elle était mortellement sérieuse et il n’y avait ni jeu ni taquinerie dans son regard autant que sur son visage. 
 
« Eros, ne prononce jamais, je dis bien jamais mon nom dans des endroits comme ça. D’ailleurs ne prononce jamais mon nom à voix haute. S’il te plait. Cela peut avoir des conséquences qui nous dépasseront tous les deux. Tu n’imagines pas le nombre de personne qui pourrait trouver un intérêt à tomber sur une Dewitte. Et je n’ai absolument pas envie de connaître lesdits intérêts qui pourraient m'être nocifs. Est-ce que tu comprends ? S’il te plait ? » 
 
Elle avait prononcé sa demande d’une voix douce mais inquiète, et surtout très bas si bien qu’il était difficile de l’entendre. Elle jeta un nouveau coup d’œil aux alentours alors que la serveuse revenait déposant leurs commandes avec douceur. Fallen saisit entre ses mains fines mais calleuses sa liqueur et trinqua sur le verre d’Eros avant d’en boire un trait. Immédiatement son palais s’enflamma et elle vit flou pendant quelques secondes, l’alcool se rependant dans son organisme. Le sourire revint sur son visage et elle se recentra sur Eros. 
 
« Quant à mes petits regards… Dois-je te signaler que tu n’es pas discret non plus très cher ? Il m’a semblait que certaines vues aux bals t’avaient bien plu voir même… Que tu en avait gardé des souvenirs. » 
 
Son regard se fit brillant et ses dents revinrent attaquer sa lèvre.






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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
05.03.17 20:45








Eros regardait Fallen lorsque celle-ci dévisageait la serveuse. Il semblerait que dans son cerveau elle analyse la réaction de la femme face à lui. Il aimerait bien savoir ce qu'elle pense, mais son visage est un livre scellé, dans lequel il n'a jamais su bien lire. Quelques images s'en sont parfois échappées mais rien de bien important. Rien qui l'intéresserait, lui. 
Un bruit d'orage se répand au-delà des fenêtres sales. Eros inspire profondément. Dehors déjà, il avait senti une odeur d'ozone. D'électricité. De tension. 
Il s'est toujours senti lié à la nature d'une façon qu'il comprenait pas. Lorsque celle-ci se déchargeait, étrangement, il faisait la même chose. Et cette fois, il était bien content de l'orage. Il avait plusieurs poids desquels il voulait se délester. 
Fallen l'avait regardé avec attention. Il se savait facile à lire mais n'avait pas eu le temps de se cacher derrière une mascarade cynique. Maintenant, il se retournait le cerveau. Qu'avait-elle pu apercevoir dans ses yeux qui l'avait fait sourire ainsi ? 
Il se le demandait juste avant qu'elle ne commande une liqueur de Gobelin. Elle était plongée dans une réflexion désagréable dont elle eut du mal à s'arracher. Il l'avait vu aux regards qu'elle posait sur lui et la serveuse, aux sourcils légèrement inclinés vers l'avant, à ce coin des lèvres un peu mordillé qui signalait que la connexion avec le monde extérieur avait été rompue. Cependant, c'était un état dont elle était capable de vite se libérer et il s'en inquiéta pas plus. 
Une fois la serveuse partie, Eros compris avoir fait une bourde en prononçant son nom de famille, au vu de l'air grave qu'elle avait pris. N'ayant jamais fréquenté de Sang Purs, il était dépassé par ce genre de situation. C'est pas comme si il se baladait avec une princesse non plus. Cependant, Fallen était d'un sérieux qu'il ne lui avait que rarement vu. Il fronça les sourcils. Si elle croyait qu'il serait incapable de la protéger... En ces quelques années d'apprentissage, il avait compris que sa baguette n'avait rien d'ordinaire. Certains professeurs la regardaient avec une certaine inquiétude et il avait même surpris une discussion entre deux d'entre eux, entrain de se demander si avec un tel talent pour les sorts puissants, il ne serait pas destiné à être du côté dit "obscur" des Sigmas. Il avait alors décidé de faire quelques recherches. 
Celles-ci le surprirent. Il avait en effet un bois d'une rareté exceptionnelle et qui... Demandait un mental d'acier. Cela l'avait déboussolé. Lui, le sentimental, le romantique, avait une baguette de quelqu'un de puissant, d'indifférent ? 
Mais après tout, aujourd'hui il était un peu plus proche de cette description. 
Il hocha la tête pour rassurer Fallen. Elle semblait vraiment inquiète de se faire attaquer. Mais il ne laisserait pas ça arriver. 
La serveuse revint et leur laissa les verres avant de s'éloigner. Eros sentit les regards appuyés de la femme qu'il ignora. Il trempa ses lèvres dans la boisson après avoir trinqué avec sa compagne de beuverie et se délecta du goût brûlant et pourtant plus léger que d'autres boissons. Il en avala une bonne gorgée qui le réchauffa plus qu'il ne l'était déjà. Il avait un sourire satisfait... Jusqu'à ce qu'il s'étouffa suite à la remarque de Fallen. 
Et surtout au vu du comportement de celle-ci. 
En plus de lui rappeler des évènements qu'il avait toujours du mal à saisir, elle avait un regard rusé, étincelant, et sa lèvre était enfermée dans l'étau de ses dents. Eros se débattit quelques instants contre l'envie de passer son pouce sur cette lèvre et la libérer. 
Il plissa les yeux et s'éloigna de la jeune femme en s'adossant à la banquette.  
Commençait-elle déjà à délirer ? Il laissa échapper un petit rire en posant la pinte sur la table. Il dénoua ses cheveux noirs, presque aussi noirs que ceux de Fallen et refit sa couette. Les mèches de sa frange s'échappèrent sur le devant de son visage.  
Il savait sa coupe pas très... "masculine". Et pourtant, cela le gênait plus. Surtout depuis qu'il rencontra Neptune qui mit définitivement terme aux définitions genrées qu'avait auparavant Eros. 
Il secoua légèrement la tête et rappela un sourire amusé, montrant ses dents blanches. Chose qu'il ne faisait pas souvent. Il avait l'impression que montrer les dents était... Prétentieux. Mais là, c'était venu naturellement, comme pour répondre à cette attitude étrange que détenait Fallen. 
Il posa sa main aux ongles vernis de noir sous son menton, prenant appui de son coude sur la table. 

[color:0772=0099FF]
"J'ai plutôt l'impression que c'est toi qui en a gardé d'excellents souvenirs... Sachant que je n'ai en mémoire que notre sage dance qui t'avait donné des frissons. Te rappelles-tu encore du contact de ma main contre la tienne ?"




 
Qui avait dit qu'il fallait jouer fair-play ? Eros dévisageait Fallen. Il savait que c'était un coup bas. Mais il savait aussi qu'il n'avait aucunement envie qu'elle soit sous son charme.  
Il n'aurait pas voulu la manipuler comme Kara l'avait fait. 
Il se détesta pour cette pensée qui ternit l'éclat de ses yeux. Heureusement, elle ne réussit pas à effacer son sourire.  
Cependant il préféra quand même masquer sa douleur par une autre gorgée de la boisson forte. Il se lécha les babines goulûment, sentant l'alcool se répandre dans ses veines. Dans son cœur. Peut-être que pour ce soir, le baume serait que momentané. Une bonne boisson en bonne compagnie. 
Rien qu'il ne regretterait. Au contraire, quelque chose qu'il chérirait.  
Car oui, les moments passés avec Fallen, il les préservait dans sa mémoire comme des instants volés. Un peu de repos. Un peu de folie. 
Un peu d'oubli.



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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
06.03.17 20:48

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Elle manque de sourire en voyant le malaise s'emparer de lui. Alors, Éros, pas habitué à jouer le rôle de la brebis . Elle se redresse et pose ses coudes sur la table branlante et noirâtre avant d'appuyer sa tête d'un mouvement nonchalant sur ses deux mains. Ses yeux verts n'ont pas quitté Éros. Elle s'amuse, Dieu qu'elle s'amuse à le regarder s'empêtrer dans ses réactions d'hommes, à l'observer à se noyer dans les réactions incongrues de son corps. Et oui mon coco, celui-ci te trahira toujours si tu n'apprends pas à te contrôler. Elle porte une deuxième fois le verre à ses lèvres et avale le liquide transparent d'un discret déglutissement. Sa peau se parcoure de frissons alors que l'alcool s'écoule entre ses lèvres. Bientôt, elle sait que le geste deviendra mécanique et qu'elle ne fera même plus attention au plaisir amer qu'elle en retire. Éros émet un petit rire presque gêné et s'éloigne de la table, s'éloigne d'elle pour s'appuyer sur le dossier tout en libérant ses cheveux d'un noir d'encre sur ses épaules. Elle aurait pu lui trouver un air efféminé mais le carré de ses épaules et les angles droits de son visage la détrompent immédiatement. Ses cheveux lui apportent la seule touche de douceur pour qu'il soit parfait.

Parfait. Encore ce mot. Ça en deviendrait presque écoeurant. Elle soupire et détourne les yeux quand il laisse apercevoir ses dents. Il est bien trop agaçant ce soir pour qu'elle se permette de tomber dans sa toile. Elle soupire en entendant ses paroles. Depuis quand vise-t-on en dessous de la ceinture Éros ? Elle secoue la tête presque déçue, un peu comme si elle s'attendait mieux de sa part. Elle lève un doigt et l'agite de la droite vers la gauche pour indiquer son désaccord alors qu'un petit sifflement sort de ses lèvres entre serrées.

 « Tutututut, Éros. Depuis quand me sers tu des arguments aussi peu recevables ? Déjà l'alcool te monte à la tête . Je m'attendais à mieux. Je te rappelle, au cas où tu l'aies oublié que tu es semi-vélane très cher. » Elle finit son verre d'un trait et la repose sur la table d'un mouvement doux.  « Et que je suis une femme. Je ne pouvais que frissonner. Car je ne suis pas immunisée à ton sang vu que nos rencontres se font aléatoires et généralement de manière frugale. »

Et elle se contentait généralement de ses petites entrevues. Elle toussota quelques secondes en appelant la serveuse pour qu'elle lui en serve un autre.

 « Alors que toi, il me semble, tu n'as aucune excuse valable outre le fait que ce que tu as vu ta plu. »

Encore une fois elle lève un doigt pour l'empêcher de parler.

 « Oui je me souviens de ta main et de notre danse. Mais je crois que tu t'en souviens très bien aussi. Va savoir, peut-être même mieux. »

Elle le regarde, un demi-sourire en coin et sifflote joyeusement. Elle aime bien avoir le dernier mot, surtout quand elle a raison. Surtout auprès d'Éros en fait, avec sa désagréable attitude à lui montrer son intelligence et ses capacités supérieures à elle dans certains domaines. C'est vrai, Éros est un peu chiant sur les bords. Un peu comme un frère en fait. Agaçant mais attachant. Elle pose sur lui un regard chaleureux et rasséréné. Mais Fallen ne serait pas elle si elle ne changeait pas d'humeur et de sujet à cent à l'heure. Elle a vu l'ombre se cacher dans les yeux du jeune homme et leur couleur soudainement s'assombrir. Et elle ne connaît que trop bien cette douleur. Elle tend une main, sûre d'elle, et la pose avec délicatesse sur le bras d'Éros. En vérité elle l'effleure qu'à peine mais ce n'est pas grave. Ses yeux se font inquiets et empathiques.

 « Comment te sens tu ? »

Et cette phrase n'est pas anodine, elle le sait autant que lui.







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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
06.03.17 21:43








Eros leva les yeux au ciel. Maintenant elle lui reprochait des arguments trop bas !
Cependant elle n'était pas mieux, à lui rappeler le bal en premier lieu.
Si elle s'en souvenait aussi bien que lui, alors elle devait se souvenir aussi de son trouble.
Il n'avait jamais vraiment voulu la charmer ce soir là. Il était vrai que sa mère l'y avait poussé, mais sur place il y avait renoncé.
Pourquoi ? Parce que Fallen n'était pas comme les autres. Avec son sourire désarmant, elle avait bâti des défenses qui savaient le déstabiliser.
Il était tombé dans son piège et maintenant, il ne pouvait plus en sortir.
Il n'était pas amoureux, ça non. Il avait l'impression que ce genre de sentiments ne lui seraient plus accordés. Mais il s'était attaché. Fallen était un peu comme aller courir au bord d'une falaise par temps de pluie.
Il ne savait jamais s'il tomberait aujourd'hui ou demain.
Pourtant, elle l'attirait. Comme l'océan, elle était indéniablement inconnue du jeune velane. Et le mystère qui l'entourait faisait de Eros un papillon de nuit attiré par la lumière verte de ses yeux.
Et puis elle est sacrément belle.
Il n'avait pas honte de le reconnaître. Il trouvait Fallen belle et simple.
Et puis, il était un homme n'ayant jamais encore connu le plaisir charnel. Il ne pouvait pas ignorer certaines de ses pulsions qui lui chuchotaient à l'oreille les qualités physiques de la jeune femme en face de lui.
Qu'il veuille la considérer comme soeur, amie, ou quelque chose entre les deux.
Il avait d'ailleurs conscience que celle-ci l'avait compris. Son attitude le confirma. Elle était enjôleuse pas sans raison. Elle voulait s'amuser et lui était sa parfaite victime.
Malheureusement, il ne savait reprendre plus digne attitude.
Il tira une gorgée de la boisson qui le réchauffa. Il sourit, amusé, au sifflotement émis par l'héritière Dewitte. Elle est de bonne humeur. Il l'a contemple, regarde ces yeux verts et...
Se souvient des yeux bleus et des cheveux bruns.
Fallen le remarque et son attitude change diamétralement. Un peu comme si elle avait placé un détecteur dans son cerveau pour savoir ce qui s'y trame. Il aimerait, lui, en placer un dans la tête de cette femme en face. Il aimerait savoir ce qu'elle pense, au fond.
Pourtant, il sait qu'il n'oserait jamais demander.
Elle pose sa main sur son bras, effleurant à peine sa peau. Il soupire. Quand est-ce que les gens seront capables de le toucher réellement ?
Est-ce que c'est au moins possible ?
Elle lui pose la question. Celle qu'il craignait. Il se mord la lèvre, détourne le regard.
Soupire.
Il se le demande, à vrai dire. Mais il a l'impression d'être mort. Dévasté.
Un cadavre ambulant qu'on aurait relâché pour le plaisir de le voir se décomposer jour après jour. Sans qu'il ne puisse rien faire. Sans qu'il ne puisse en finir.
Eros réussit cependant à affronter le regard de Fallen. Un regard doux, inquiet. Un peu inquisiteur. Il esquisse une pâle caricature de sourire.

"Je ne sais pas. Je suis vide."




Il baisse les yeux. Honteux, peut-être. Il n'a pas envie de s'exhiber, de montrer ses émotions.
Encore il faudrait en avoir.
Il regarde la pâle main de Fallen posée sur son bras. Il voudrait la prendre, sentir une chaleur humaine.
Mais il ne peut pas. Il se recule entier, échappant à son contact et boit une autre gorgée de la boisson. Pour se donner du courage. Pour résister. Pour oublier.

"Elle est venue te voir, toi aussi ? "




Il n'a pas besoin d'énoncer de nom, Fallen sait parfaitement de qui il parle. Il l'observe. Elle aussi a vécu ce qu'il vit là. L'amour, la passion, l'abandon.
Et pourtant, un cri de jalousie résonne en lui. Elle s'était donnée à Fallen. Il n'a jamais eu le droit à plus qu'une douce caresse.
Peut-être s'était mieux ainsi. Peut-être qu'il n'en aurait été que plus dévasté. Son regard se teinte de respect face à Fallen. Elle a survécu. Enfin... Elle a réussi à se relever. Seule. Fière. Et lui, comme un pantin à qui on a coupé les fils, il s'est laissé tomber au fond du gouffre. Peut-être que c'était ça son destin. De tomber le plus bas possible et de fermer les yeux, attendant la sentence.
Si c'était ça, il n'en voulait pas. Il avait beau être faible, il n'avait pas l'intention d'être pathétique en plus. S'il allait chuter, c'était la tête haute. Quitte à emporter d'autres dans son échec.
Il voulait juste préserver Fallen. Elle avait assez vécu comme ça. Il l'a regarda, doux, amical.

"Et toi, Margaret, comment te sens-tu ?"




Après tout, elle avait elle aussi perdu cette bataille.



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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
12.03.17 15:50

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Il était défait. Lui aussi avait perdu face au regard bleu enchanteur, face au sourire si doux, face au poison bleu et argent. Elle contracta la mâchoire, une étrange colère s’éveillant dans ses veines, titillant l’alcool qui y flambait déjà. Elle posa ses yeux verts dans ceux d’un bleu glacial d’Eros. Dans la fenêtre vide et grise qu’elle avait sur son âme. Et l’amertume s’empara si vite d’elle, qu’elle s’acheva d’une descendante de liqueur avant de rappeler la serveuse d’une main légèrement tremblante. Elle observe celle-ci la resservir en silence et lui tend quelques pièces pour payer la première partie des consommations. 

« Vous m’en avez donné trop. » 

La voix nasillarde et surprise de la serveuse vint agresser les oreilles de la jeune fille. Elle hausse un sourcil. Depuis quand les personnes sont aussi honnêtes ? Elle la fixe. 

 « Oui je sais. »

Et la serveuse s’en va alors que de ses mains, il ne reste que les pièces suffisantes pour payer la commande. Elle se retourne vers Eros, toujours aussi amère et secoue la tête à sa question. Elle n’avait pas envie de parler d’elle, de remettre du sel sur ses plaies, de remuer le couteau enfoncé dans ses omoplates et lentement diffuser des ondes malfaisantes dans son corps. Elle laisse ses lourdes mèches noires cacher son visage défait. Oui elle était venue la voir. Elle était venue pour lui demander de reprendre leur relation. Elle avait failli la faire basculer par-dessus le balcon tant sa frustration était grande. Elle avait été la seule à pouvoir lui faire perdre autant contenant. À pouvoir enlever toute bride à la Lionne. Puis elle était repartie, encore. Et encore une fois, c’était comme arracher des pansements sur une blessure entrain de difficilement guérir. Et tout cela commençait à s’infecter. Elle savait qu’un jour, quelqu’un en payerait les conséquences. Le quand restait un mystère que Fallen n’avait guère envie d’éclaircir. 

La magie était la plus belle chose sur cette planète mais malheureusement, elle ne guérissait pas les âmes. Même terriblement puissants, on ne pouvait se soustraire au fait d’être humains. C’était à en détester sa condition. Elle soupire de nouveau et avale une gorgée de son verre, frissonnant sous l’assaut des bulles d’ivresse. C’était un délice sans pareil que de se laisser bercer par une langueur, que de sombrer dans un océan de douceur. Malheureusement, ce n’était pas encore l’heure de l’arrêt des tourments. Son cerveau, comme un petit soldat aux habitudes bien huilées, se reconnecta de nouveau à la réalité.  Fallen laissa échapper un petit rire déçu qu’elle s’adressait et se redressa, ses yeux verts sombrant soudainement dans l’obscurité.  

 « Je vis. »  

C’était la vérité, elle vivait, elle continuait, elle avançait. Mais Fallen avait été détruite et non pas brisée. Ce qui était brisé, on pouvait en conserver des morceaux, les rassembler un à un, les assembler pour reconstruire. Mais lorsqu’il n’y avait plus rien, c’était une autre histoire. Et de cette Fallen-là, il n’en restait aucune trace. C’est comme ça, aurait-elle dit dans un de ses accès de lassitudes. Le passé ne lui servirait de toute manière à rien. 

 « Je ne peux rien te dire d’autre à part ça. Je vis. Je ne cherche même pas à m’accrocher à quoi que ce soit. Il n’y a plus de rebords pour éviter de se noyer. Je me contente de mettre un pas devant l’autre, chaque seconde, minute, jour de ma vie. Parce que c’est comme ça. »  

Parce que Fallen ne connaissait pas le terme abandon, comme le terme lâcheté. C’étaient des concepts inconnus et interdits à ses yeux. Elle n’était pas rouge et or pour rien.  Elle n’avait de toute manière pas le droit de s’arrêter. Parce qu’elle savait que si elle le faisait, jamais elle ne repartirait. Elle secoua de nouveau la tête. 

 « C’est ça le piège. S’arrêter parce que tout est perdu. »  

Elle tendit sa main, dans l’espoir de lui caresser la joue avec une douceur maternelle qui lui était propre mais il était beaucoup trop loin pour sa main menue. 

 « On chute. On chute inexorablement. Et c’est comme ça. Et personne ne nous rattrapera si on ne le veut pas. »

Elle secoua la tête.

 « Soit tu te laisses tomber, soit tu te réveilles.»

Elle ouvre les bras, comme pour le laisser la contempler.

 « Et surtout, ce qui ne sert à rien c'est de s'apitoyer sur soi-même. De tout manière, à Poudlard, soit on t'achèvera soit on t'ignorera.»

Et c'était comme ça.






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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
12.03.17 16:32








 La serveuse vint leur donner une nouvelle dose. Eros, son verre encore à semi-rempli, observa la femme resservir Fallen. Celle-ci semblait amère, révoltée. Pourtant, elle donna un pourboire pour la serveuse, qui, pas habituée à ce genre de geste, fut surprise et assez honnête pour le lui faire remarquer.  
Une fois que l'employée fut partie, Fallen secoue la tête pour répondre à la question posée. Ou plutôt pour l'esquiver. Mais la douleur se lit quand même sur son visage, caché par ces épaisses mèches noires, et Eros obtient sa réponse.  
Oui, elle était allée la voir. 
Et ça lui fait mal, car elle ne s'est pas arrêtée à une personne de blessée. Non, elle est allée plus loin, elle s'est amusée à retourner le poison dans les plaies béantes des deux cœurs dévastés. Cœurs que Fallen essaie de soigner avec une nouvelle gorgée d'alcool, avalée un peu hâtivement, comme si elle espérait perdre raison. Perdre douleur. Oublier peut-être. Même assurément. 
Ses yeux verts pâlirent, perdirent leur éclat lorsqu'elle laissa échapper un rire de déception. Elle dit vivre mais Eros en la contemplant voit bien que c'est un mensonge. Elle survit, d'accord. Mais elle ne va pas plus loin et n'ira pas plus loin tant qu'elle n'aura pas fait céder ces chaînes bleu ciel, parfumées de douleur et de larmes salées. 
Elle le lui confirme, elle parle comme si c'était un destin incontournable, une damnation à laquelle faut faire face. Il l'écoute, suspendu à ces lèvres qui auparavant le charriaient, il ne laisse pas un mot, une intonation lui échapper. Il veut comprendre, mesurer, savoir. Savoir si les dégâts sont réparables. 
Elle est courageuse, pense-t-il, admiratif. Le Choixpeau lui a bien montré le chemin. La lionne se bat constamment, consciente qu'un regard à l'arrière la précipiterait dans le vide. Il baisse les yeux. Lui n'a pas cette force, pas cette audace. Il est faible. Il s'est déjà arrêté dans ce piège qu'elle lui décrit, il s'est arrêté car plus rien ne lui donnait la force de se déplacer encore. Et il n'ose pas la regarder dans les yeux pour lui dire qu'il est trop tard, qu'il est déjà au fin fond de l'abîme. Parce qu'il a conscience qu'elle l'en sortirait avec une violence qu'il ne voudrait pas affronter.  
Elle parle de chute, sa main tendue vers lui. Il ne voit le geste que lorsque sa main retombe, lorsqu'elle secoue la tête dépitée. Il a envie de se réveiller, il a envie de vivre, il veut que quelqu'un le rattrape. Il a juste la vague sensation que ses mains tendues n'ont rencontré que le vide depuis qu'il a glissé au bord du gouffre. 
Elle ouvre les bras, elle semble l'inviter à chercher en elle ce dont il a besoin. Les mots claquent, Eros détourne les yeux. Il s'apitoie sur lui-même, il le sait. Il est lâche, faible et pathétique par-dessus tout. Alors il vide son verre d'un trait, s'essuie les lèvres humides, accrochant à son piercing et penche la tête. Il regarde Fallen, il inspecte chaque trait de son visage et soudain un léger sourire apparaît au coin de ses lèvres. Ses yeux restent mornes, mais il vient de se rendre compte d'une chose. Ils sont deux.  
Il se lève et s'assoit à côté d'elle sans expliquer quoi que ce soit. Ses yeux balayent la salle, il a attiré quelques regards pas très bienveillants, mais il n'y fait pas attention. Il regarde Fallen de près désormais et peut compter les cils qui ornent les yeux verts de son amie. 
 
"Vivre requiert une certaine volonté d'exister, Fallen. Volonté que tu as enfoui au plus profond de toi. Dis-moi, de quoi as-tu peur ? De ces gens, assis là-bas, qui nous fixent ? Ou de quelque chose au plus profond de toi que tu refuses d'admettre ?"


 
 
Il est attentif à ses moindres mouvements et pose son coude sur la table. Il rive ses yeux dans les siens, d'un air de défi. Il veut qu'elle se laisse aller, que pour une fois elle n'ai peur de rien. 
Il voudrait qu'elle vive. 
 
"Je sais que je suis pathétique. Et je sais que c'est cela que tu penses, même si tu ne le dis pas, ce pourquoi je te remercie. Mais vois-tu, je n'ai pas vraiment de raison d'exister. Et je ne sais pas comment tu fais pour avancer sans objectif. Sans but. Mais peut-être est-ce parce que tu n'as pas le choix. On te l'a imposé, cette nécessité de continuer, peu importe les obstacles."


 
 
Il se mord la lèvre, pensif. Il ne sait pas vraiment autant que ça sur Fallen. Il ne l'a connaît pas jusqu’au plus profond. Après tout, elle n'avait jamais eu de raisons de se confier à lui. Ils se charriaient, riant ensemble, se rencontraient fortuitement et se défoulaient ensemble, mais c'était tout. Il laisse son regard se perdre un peu dans le vide, comme s'il ne savait pas lui-même où voulait-il en venir. 
 
"Tu m'impressionnes, tu sais ? Audacieuse, forte. Je ne suis pas comme toi. Mais je suis sensible à d'autres choses. Au chevrotement de ta voix lorsque tes pensées dérivent sur quelque chose qui te fait mal. À ce pli soucieux de ton front que tu essaie en vain de me dissimuler. Je ne te considérerais jamais comme faible, Fallen. Alors laisse toi aller. Parce que si tu dissimules trop longtemps tes peines, tes souffrances, elles finiront par t'anéantir. Et ce n'est pas Poudlard qui t'achèvera. C'est toi-même."


 
 
Il craint un peu en avoir dit trop, mais mentalement il hausse les épaules. Avec un peu de chances, à la fin de la soirée ils seront si alcoolisés qu'aucun souvenir ne demeurera.  
La serveuse remarquant son verre vide profite du silence pour le reremplir. Il l'a remercie d'un regard et ses yeux reviennent vers Fallen. 
Il veut l'aider. Il veut être son ami. 
Ou peut-être qu'il a juste besoin d'elle et de cette amitié pour oublier. 
Pour recommencer à vivre. 




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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
16.03.17 20:47

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Elle claque sa langue, mécontente. Dans son esprit, c'est une porte qui se ferme émettant un bruit sourd. Elle siffle intérieurement. Trop vite Éros, beaucoup trop vite. Elle mse contracte et le regard d'un oeil peu appréciateur, alors que ses lèvres se tordent en un sourire étrange. Ses questions sont indiscrètes et mal posées. Et surtout, elles sont bien trop rapides. Elle resserre ses longs doigts fins autour de son verre sale et ses yeux verdâtres, du sort de la Mort, à ce qu'on dit, brillent d'une étrange lueur. Elle ne fait pas même pus attention aux dents d'Éros qui viennent titiller ses lèvres, à sa voix rauque et suave, à ses intonations remplies de bonté. Parce qu'elle sait ce que cela veut dire. Parce qu'elle sait ce qu'Éros veut au fond de lui. Elle l'interrompt. Soudainement, après un calme plat seulement brisé par le discours du serdaigle.


 « Tu ne vivras pas à travers moi»

Voilà qui est fait. Premier point énoncé. Presque abattu. Elle se remue pour le regarder convenablement sans rompre le contact physique. Pour qu'il comprenne qu'elle ne le fuit pas. Elle le fixe dans les yeux et laisse échapper un petit rire ironique.


 « Je ne suis pas assez alcoolisée pour répondre à tes questions ni même encore moins, comme tu le supposes, perdre le contrôle.»

Elle souffle doucement. Même si la liqueur l'enivre et chante dans ses veines, ce que lui demande le jeune homme est impossible et il le sait. A vrai dire, cela ne fait même que l'agace. Elle déteste ce genre de retournement, ce genre de fuite. Elle a posé les questions la première, elle attend des réponses. Après, elle voudra bien passer à la poêle comme disent les Moldus. Si elle ne fuit pas avant. Elle se détourne du visage parfait du Vélane pour diriger son regard vers la fenêtre. L'orage est presque là et les grondements s'enchaînent, alors que le ciel noirâtre s'éclaire à intervalles réguliers. C'en serait presque mélodique. Elle retourne à Éros en agitant un doigt devant lui.


 « Tu n'es pas pathétique parce que tu refuses de vivre. Tu es pathétique parce que tu as réussi à t'en convaincre. Coincé dans tes connaissances et ta hautaineté absurde, ta raison a émis le fait que la situation dans laquelle tu étais, t'était impossible à supporter. Et comme un bon petit bonhomme, tu t'es effondré.»

Elle se tait quelques secondes.


 « En vérité, c'est juste parce que tu es incapable de te remettre en cause, en question. Tu as établi un fait et comme tu refuses de voir que tu as tort, tu refuses de voir un autre schéma. Une autre vérité que la tienne. C'est ça qui te rend pathétique. Parce que tu as décidé que rien ni personne ne pourrait t'aider. Et c'est surtout cette vision qui te rend fermé.»

Elle toussote quelques instants alors que la foudre déchire violemment le ciel, faisant trembler la baraque et tinter les verres. Violent.


 « Et là, ce que tu es en train de faire, inconsciemment ou consciemment, c'est d'essayer de te projeter à travers moi. Comme tu estimes ne plus pouvoir vivre en tant qu'Éros, tu essayes de le faire ne m'influant pas. Certes cela peut m'aider mais il n'en est pas question. Aide-toi au lieu de le faire pour les autres.»

Et elle conclut la tirade en frappant un coup sourd sur la table, avant d'aller chercher avec empressement son verre pour boire le nectaré. Elle soupire lentement et se décrispe. Au moins, Éros a réussi à la réveiller.






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Re: Macabre Alcoolémie ~ Eros
17.03.17 20:39








Un claquement de langue le ramena sur Terre. Il prit soudain conscience à quel point le côté bleu lui avait échappé. Il avait face à lui une jeune femme à la vie éprouvante et au cœur brisé. Ce qu'il venait de faire, c'était comme essayer d'ouvrir discrètement une porte verrouillée. Avec une tronçonneuse.  
Elle est comme l'orage déchirant le ciel. Elle l'interrompt, elle refuse. Elle croit comprendre. Elle comprend, en vérité, mais Eros se l'avoue pas. Elle abat sa première carte. Il est, face à elle, translucide comme du cristal. 
Elle ne s'échappe pas, pourtant, leurs cuisses s'effleurent sur la banquette inconfortable. La chaleur de la jeune femme est agréable, douce. Elle ne fuit pas, et quelque part, Eros l'en remercie. Au contraire, elle le fixe dans les yeux et un petit rire ironique s'échappe d'entre ses lèvres. 
Il hausse un sourcil à sa remarque. Elle sous-entend donc qu'elle serait peut-être capable de répondre plus tard. Avec plus de liquide amer dans le sang. 
Sauf qu'il sait parfaitement que c'est faux. Il a voulu presser une lionne. Elle s'est retournée contre lui. 
Il n'a jamais été très amoureux des animaux sauvages capables de lui arracher la tête d'un vague mouvement de patte. Affronter Fallen, c'était comme affronter un animal de ce genre. Une bête féroce. Et il sut qu'elle s'apprêtait à attaquer lorsqu'un sifflement quitta ses lèvres. 
L'orage se déchaînait dehors lorsqu'elle agita son doigt menaçant devant ses yeux écarquillés. Et les remarques fusent. Eros se maudit de lui donner raison. Il suit son raisonnement, patient, ayant envie de s'effondrer dans ses bras et pleurer.  
Encore, à douze ans, il aurait pu le faire, mais plus aujourd'hui. 
Alors il se tait, il écoute. Il admet qu'elle a raison, mais son regard s'assombrit. Elle a l'air de croire qu'il a passé toute sa vie à avoir ce qu'il voulait. Toujours à ployer la vérité. Il déteste entendre ces mots. Ces mots si opposés à ceux énoncés par sa mère. Les yeux verts si différents de ceux presque violets de sa génitrice le fixent, le sondent. Il finit par détourner le regard au moment ou le poing de Fallen s'abat sur la table.  
Il la voit saisir le verre et en boire une profonde gorgée. Il sent un combat acharné au fond de lui-même et ferme les yeux, se laissant aller contre la banquette, la gorge dégagée, comme s'il se rendait.  
Il ne peut plus jouer au plus fort, il a depuis longtemps perdu. Alors il laisse s'écrouler l'épais masque de la fierté et ses épaules s'affaissent. Il laisse échapper un soupir, retient une larme sauvage. Les mots de Fallen ne lui ont pas fait mal, il ne voudrait pas qu'elle croit cela. C'est juste qu'il s'était trop longtemps battu et qu'il était fatigué. Et il avait peur. 
 
"Tu as raison."


 
 
Il se tait quelques secondes. Sa main attrape son verre et il en vide le contenu dans sa bouche. Le goût amer, sucré, fort, lui donne un peu de courage. Un peu d'insouciance. Mais juste un peu. Pas assez encore. 
 
"Tu as raison et je le sais depuis longtemps, Fallen. Cela fait... Même très longtemps. Mais je n'arrive pas à m'aider. Chagrin d'amour ou pas. Je n'y arrive pas."


 
 
Il soupire. Il a parfaitement conscience que la rouge attend plus que ça. Bien plus loin, bien plus profondément. Il sait que s'il veut obtenir sa confiance, il doit lui montrer qu'il lui fait confiance.  
 
"Je me remet en question. Très souvent, même. Et je ne refuse pas de voir... Ta vérité, par exemple. Je veux aider les autres, toi y compris, car ça me fait espérer qu'un jour quelqu'un m'aiderait."


 
 
Il rit, amusé de l'absurdité de ses propres propos. Il joue avec le verre posé devant lui sur la table, pensif. Il n'a plus l'âge de croire qu'il y a un Cupidon ailé qui rend les gens amoureux, ni qu'un gros monsieur habillé de rouge distribue des cadeaux une fois par an. Pourtant, il continue, désespérément, de croire que chacun a le droit de vivre un Grand Amour. Et il attend, il attend que le sien arrive. 
En vain. 
 
"Ça peut paraître... Absurde, débile et totalement gamin, mais l'aimer m'avait fait du bien. Je voyais le monde avec la perspective que peut-être elle avait commis une erreur, qu'elle reviendrait et qu'alors je serais là pour elle. Pour l'aider. Mais j'ai compris que l'erreur n'en était pas une et qu'elle s'est amusée à rejouer la pièce une fois encore. C'est cruel de prendre plaisir à détruire l'espoir des gens..."


 
 
Il soupire. Son sang le brûle, le feu de l'alcool y circule. Il frissonne et regarde ses mains aux ongles noirs, aux peaux rongées.  
 
"J'ai fini par vraiment l'aimer pour les possibilités qu'elle m'offrait. J'ai l'impression que désormais... Il me reste plus rien, je n'ai plus une goutte de cet espoir naïf. Et le monde, gris, suintant de goudron noir et épais, me montre ses dents pourries que je voyais blanches et éclatantes auparavant."


 
 
Il ose lever les yeux vers Fallen, fronçant les sourcils, une sourde interrogation dans le cœur. 
 
"Je n'ai plus de repères. Je dois me refaire un chemin... Non, même pas. Je dois refaire ma vie. Et la teinter de façon plus obscure. Tu sais, pour toi ça doit paraître simple, mais moi j'ai peur. Je suis terrifié car j'ai passé trop de temps à jouer à l'aveugle. Maintenant je regrette, mais ça, ça ne vaut rien. C'est pas pour ça que je serais épargné."


 
 
Il se tait, ses pensées en osmose avec l'orage se déchainant au-delà de la taverne sale et humide. Il est las, comme jamais il ne l'avait été. Fallen a raison, il est pathétique d'essayer encore d'échapper à la réalité.  
Il aurait juste voulu découvrir, simplement, comme chaque individu, ce que l'on découvre à l'adolescence. Il aurait aimé connaître la chaleur des bras d'une mère avant de connaître la douceur des lèvres d'une femme. Il aurait aimé connaître l'odeur de l'amour, sa chaleur, cette forteresse qui se forge autour d'un homme qui aime. 
Ces petites choses qu'il n'avait jamais demandé, conscient qu'elles devaient être données volontairement.



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