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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













Neither heaven nor space |Anton

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Neither heaven nor space |Anton
24.04.16 23:58



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Rosabel & Anton
_ OH MY… DARLING CUTE SWEETIE BITCH, SINCE WHEN THAT WORLD WAS SO DISGUSTING ? AND GUESS WHAT ? SURPRISE ! YOU’RE A PART OF IT ! SO WAKE-UP BABY YOU SMELL LIKE ALCOHOL AND YOUR LEGS'S GONNA BROKE THEMSELFES ON THE FLOOR BUT MAYBE YOU JUST NEED TO DRINK MORE 'CAUSE SOME DUDES CALLED THAT TEENSPIRIT AND OH YEAH THAT'S BULLSHIT RIGHT 'CAUSE IT JUST LOOKS LIKE AN ORDINARY COLD AND UNHAPPY NIGHT

Et elle était arrivée en faisant claquer la porte, ouverte en grand pour que l'effet de son apparition soit totale dans une pose de pin-up ultra bancale, ses grosses lunettes de soleil sur les yeux, quand bien même il n’y avait pas l’ombre d’un rayon et que la nuit déjà tombait dans les allées, éclairées seulement par la magie des réverbères. Un coco chanel autour de son cou qui continuait à se répandre dans l’air.
Mais le plus incroyable, c’était que tout Pré-au-lard empestait sans doute déjà le coco chanel. Le monde aurait pleuré devant pareille folie, et si les mannequins jetaient le luxe et la haute couture par les fenêtres ? Ce serait la fin du monde tel que nous le connaissons ; les créateurs sauteraient du haut d’un pont en hurlant « le mauvais goût a eu raison du style, tout est de la faute des pauvres ». C'était toujours la faute des prolétaires. Tous les riches le disaient, et quand on avait les moyens de se faire lifter à tel point qu'on finissait par ressembler à un extraterrestre fraîchement débarqué, on ne pouvait que dire amen à l'absence de rides.
L’égérie du chic, si on devait vraiment en proclamer une ce soir, elle, n’avait pas hésité à traverser pavées et trottoirs pour inonder les rues d’un flacon entier d’un des parfums les plus luxueux de la planète. Et ce faisant elle avait ri, ri et encore ri, une bouteille de champagne à moitié vide dans une main et le parfum dans l'autre, tant et si bien que par moment elle n'avait pas su dans laquelle il valait mieux boire.
Et que fêtait-on ? Mais Rosabel aurait répondu qu'elle buvait pour remercier ce monde merveilleux et tous les crétins qui y habitaient. Boire à la gloire du peuple, et surtout à sa déchéance, on ne pouvait espérer meilleur hommage.

Et elle n’était qu’outrance, élégamment drapée de fastes, caricature déchue, des perles brillant à ses oreilles, et une paire de bottines vertes en peau de crocodile qui la faisait avoisinée le mètre quatre-vingt-cinq luisait dans l’obscurité de la Tête de Sanglier, alors qu’elle avançait la silhouette moulée dans une superbe robe crayon grise, les cheveux dressés en choucroute. Et elle titubait, promettait de chavirer à tout instant sans que cela ne semble cependant jamais sur le point de se produire vraiment.

Aussi lorsqu'on la vit basculer soudain, tomber tout juste le derrière sur une chaise, les jambes relevées pour mieux permettre à un genou de se poser sur l'autre, les bras solidement passés autour du dossier s’agrippant si fort qu'on l'aurait cru sur le point de se faire éjecter, on aurait juré que la chance l'avait fait éviter de peu le plancher. Sa petite bouche même entrouverte sous le coup de la surprise ne trouva rien à ajouter. Ou presque.

_ Peut-être, qu'il faut un peu de whisky, avec de la glace. Beaucoup de glace. Et cette merveilleuse résolution prise, elle entreprit de s'installer tout à fait, sans même se demander si cela gênait la personne qui se trouvait en face d'elle. Parce qu'il y avait réellement quelqu'un, vous savez. Une fois de plus, elle n'en faisait qu'à sa tête sans se soucier un seul instant de la possible gêne occasionnée. Et là probablement, si on le lui avait dit, elle aurait ri au possible. Enfin, elle retira ses gants. Ou bien tenta désespérément. Elle abandonna l'idée de le faire elle-même après trois essais infructueux, et offrit donc les bras les plus chers de la Tête de Sanglier au premier venu. Vous tombez plutôt bien, je suis coincée.

Et elle agita doucement ses bras, pour inciter l'autre à lui retirer sa peau de velours, en même temps qu'elle penchait légèrement sa tête vers l'avant, la vision trouble alors qu'elle tentait de rapprocher deux figures floues que l'alcool lui faisait bien malgré elle dédoubler.

_ Je peux vous confier un secret ? Et elle jetait soudain des regards circonspects autour d'elle, de cette méfiance qui la caractérisait tant, sobre ou ivre. Mais alors comme on ne lui prêtait aucune attention, ou qu'on faisait semblant de ne lui en prêter aucune, son attention revenait soudain vers le principal intéressé. Et elle se penchait sur la table, à moins que la boisson vraiment ne la laissait s'allonger. Seulement alors, elle baissa sur le bout de son nez les imposantes lunettes dévoilant deux yeux comme deux pierres scintillantes, les petites joues que les volutes d'alcool avaient rendu rouges, rouges comme elles ne l'avaient jamais été, rouges et si bien qu'on ne voyait plus que ça, ses joues, ordinairement inexistantes et qui remontaient vers les paupières, poussées par l'ivresse d'un sourire.
Un objet frappa à peine le bois de la table, comme elle le présentait presque d'un geste solennel, et qu'elle cherchait à cacher dans un même temps de la vue de tous, comme si vraiment, on aurait pu le lui dérober. Elle chuchota de son haleine fraîchement alcoolisé de l'or du monde.

_ Ceci est l’objet de ma présence. Ceci est une pipe. Tu comprends ? Ceci est une pipe, et il y a du tabac dans ma poche. Parce qu’on met du tabac dans la pipe pour fumer la pipe. Dis-moi que tu comprends ! Donc ceci est une pipe, et ceci dans ma poche est du tabac.

Non bien sûr, elle avait beau être passé au tutoiement, l'alcool l'avait malgré tout rendue aveugle. Ce jeune homme qu'elle avait peut-être souvent croisé ou souvent vu, elle jurait le rencontrer pour la première fois ce soir.
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Re: Neither heaven nor space |Anton
01.05.16 18:04

Neither heaven nor space



Et son regard s’était arrêté sur l’entrée fracassante. Il l’avait vue rentrer comme l’on regarderait le discours d’un homme important — et il avait même prié pour que non; elle ne vienne pas s’asseoir en face de lui. Dommage. Aussi l’observe-t-il dans tous ses détails; ses yeux un peu rouges, ses joues et oreilles en feu; et sa coiffure moins parfaite que d’habitude. Rosable Northrop; Serpentard inséparable de son serpent, elle n’échappait à personne — pas même à ceux qui vivaient les yeux fermés. Aussi Anton la reconnaissait de son élégance travaillée, de sa richesse affichée et de son regard raffiné; de ses mimiques bourgeoises et ses gestuelles nobles. Rosabel Northrop était une beauté ancienne; l’une de celles que l’on observe sur les photos moldues en s’imaginant ô combien elles devaient faire tomber des hommes et mariés. Et Anton avait parfois l’impression de la voir en noir et blanc; fermée d’esprit comme de sociabilité. Il ne la connaissait pas — n’avait jamais osé lui parler. Monstre de Poudlard, elle intimidait, elle était forte et trop puissante pour qu’il n’ose s’y confronter. Et il était de ceux qu’elle haïssait, un « né-moldu » qu’il avait toujours voulu évité de se prendre en pleine figure — comme d’autres l’avaient reçus. Alors Anton, il avait fermé les yeux; l’avait ignorée. Mais il savait — son nom, sa réputation, ses habitudes. Le salon commun, anéantir, rabaisser.

Aussi trouva-t-il que le Whisky lui convenait bien; fort — impardonnable. Il s’était raclé la gorge en la voyant s’asseoir là, avait immédiatement passé une main sur sa nuque, regardé à droite — sur la banquette. Il avait également remonté ses lunettes; et il se demandait bien Anton, comment il avait pu se retrouver dans cette situation. Il l’observe tenter d’enlever ses gants — et c’est marrant, de la voir prendre la place des galériens, un instant. Il lève l’un de ses sourcils, la regarde; et elle est coincée. Le sourire s’étire un peu plus, les yeux pétillent de malice. Anton, il a l’humour qui frôle son regard et le respect qui caresse ses paroles. Aussi sa main attrape la sienne, s’attelle à retirer les gants. Elle veut lui avouer un secret. Le serpent était très certainement rempli de vices et de secrets, surement parfois bien plus inquiétants qu’on n’aurait pu le penser. « Rien de trop sanglant ? » Le deuxième gant est retiré, et elle peut finalement reprendre le contrôle de ses mains libérées.

Et puis il y a l’objet qui s’écrase sur la table, et qui attise la curiosité. Que faisait-elle avec une pipe ? Et du tabac — bien sûr, il avait compris. Et son sourire s’étirait à chaque parole qu’elle formulait; parce que voyez-vous, ne pas boire quand l’autre était complètement saoule avait une certaine satisfaction qu’il ne pouvait mentionner; celle d’observer la déchéance d’une personne et en même temps, le regret de ne pas autant s’amuser. Quoi que; Rosabel Northrop pouvait elle réellement s’amuser ? Boire seule — à en perdre autant une conscience usuelle, était-ce vraiment ce qu’elle voulait; que faisait-elle sans personne, garde du corps ou que savait-il, pour la protéger ? Son serpent n’était pas même de sortie. Aussi la réponse était tombée comme un fragment de glace qui se brise; Rosabel Northrop était seule. Et surement se complaisait-elle dans cette solitude, quand bien même avait-elle imposé la présence d’Anton dans sa vie. Aussi sa main était venue se poser dans le creux de son propre cou et son coude posé sur la table. Il avait pris un air tout à fait sérieux. « Je vois tout à fait ce que vous voulez dire. » Et le ton conventionnel ne faisait que rajouter au sérieux de sa phrase. Son regard s’appuie longuement dans le sien, et il finit par se reculer, par soupirer sans aucune discrétion, presque trop fort pour que cela paraisse vrai. « Hélas,, je ne fume pas. Je ne saurais pas vous aider à remplir cette chose ni même à vous accompagner. » Il plisse les yeux, sourit un peu. « Quoi que je doute que ce soit une proposition à vous rejoindre que vous sous-entendez. » Bien sûr. Il lève sa main vers la porte. « Mais si vous voulez aller fumer je vous en prie — je suis sûr que la pipe vous sied à merveille. » Il sourit, avec son petit air arrogant, avec son petit air cynique, avec son petit air amusé. Et il espère s’en débarrasser; car voyez-vous, il n’était pas venu converser avec la redoutée.




1. (Psychology) the capacity for understanding, thinking, and reasoning, as distinct from feeling or wishing 2. a mind or intelligence, esp a brilliant one. 3. a person possessing a brilliant mind; brain. 4. those possessing the greatest mental power.

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Re: Neither heaven nor space |Anton
01.05.16 23:30



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Et les coudes sur la table, le regard fixe sur ses doigts tandis qu’elle s’affairait tout à fait à en faire craquer les extrémités, Rosabel semblait déjà ailleurs, préoccupée et intéressée seulement par la gestuelle des phalanges, et les ongles longs et manucurés, d’un rouge sanguin.  Car derrière les verres fumées qu'elle avait promptement remis en place, on ne distinguait pas ce haussement de sourcils circonspect qui suffisait à démontrer que quelque part, les mots et les voix ne se perdaient pas complètement dans des méandres, trouvaient encore un écho derrière le masque d'imperméabilité, parmi l'état étrange et second. C’était cet adjectif ; sanglant. Il fallait toujours qu’on lui imagine le pire. De fait il épousait si bien les contours de sa silhouette altière, de sa peau lactée, de ses regards vaniteux, une indolence, un absolu qui lui collaient au corps. Elle suintait l'orgueil et la malveillance comme d'autres empestaient la gentillesse et la générosité.  

_ Oh darling, j'ai bien peur de ne pas être aussi affreuse que les rumeurs le disent. Les syllabes se succédaient avec lassitude, se détachant nettement sur certains mots, et elle s'était une fois de plus avancée sur la table, les avants-bras à plat comme deux grandes branches, ou si fines qu'on aurait dit des racines envahissantes, tant ils semblaient grands, en train de se répandre, de la mauvaise herbe peut-être étalée largement sur le bois mort. Je n'ai ni tué ni séquestré ni violé personne, et je n'ai aucun intérêt pour la magie noire, so sorry. Nous ne sommes pas dans un polar, et il n'y a pas de crime non élucidé et moins encore d'aller simple pour Azkaban. Vraiment décevant, n'est-ce pas ?

Son buste se redressant avec langueur, elle brassa l'air d'un bras étiré au-dessus de sa tête, alors qu'elle semblait se détendre et s'éveiller après une longue nuit de sommeil ; la tête secouée doucement d'un côté puis d'un autre comme on l'agiterait -comme elle l'agitait parfois en observant le remu-ménage de sa propre gamine, comme elle désespérait parfois de cette attitude naïve et contre laquelle elle ne pouvait rien. Ou alors, une vaine tentative vraiment pour chasser les vertiges qui s'amassaient un peu plus et alourdissaient ses pensées vaporeuses au moindre mouvement.
Une boucle brune s'échappa de l'artificielle chevelure, glissa le long de son front pour venir chatouiller la pointe de son nez. Jamais Rosabel n'avait paru plus négligée, ou peut-être simplement plus accessible. Les monarques parfois devaient bien se résoudre à descendre de leur piédestal, le temps d'un nettoyage.
Puis des épaules remontées trop soudainement jusqu'à toucher ses joues gonflées d'air, et Rosabel marquait ainsi les aléas de la vie d'un souffle continu, en faisant virevolter un bref instant la boucle, intruse.

Un bref silence fut rompu par le son d'un verre un peu brusquement posé. Et Rosabel relevait déjà son nez en l'air, aspirant le sensuel parfum de l'alcool, alors qu'un oeil critique jugeait le peu, la pauvre dose qu'on lui avait versé, et qu'elle tentait d'évaluer en joignant à côté du verre deux extrémités de doigts. Le verdict fut sans appel.

_ Tout compte fait, il nous faudra la bouteille. Et les deux énormes verres fumés suivirent naturellement du regard le serveur qui repartait déjà, tandis qu'un doigt songeur nettoyait le petit cercle humide formé sur le bois au contact du verre. Tout de suite, ce serait parfait. Sans vous l'ordonner.

De fait le seul crime de Rosabel Northrop était d'être trop vindicative envers son prochain.

Puis, finalement, au moment où le cul de la bouteille se plantait finalement sur les rayures du bois, elle rivait d'un mouvement de tête presque violent les verres fumés sur l'Etranger. Et sur une petite table où trônaient une pipe renversée, un verre de whisky qui ruisselait de petites perles humides et une paire de gants en velours négligemment oubliés sur un bord, c'était un drôle de rendez-vous raté qui était en train de se jouer. 

_ C'est la phrase la plus sensée qu'on m'est jamais dite. Et cela valait bien le coup de retirer une fois de plus ses lunettes, qu'elle se plaisait donc à faire danser, une monture d'une vraie fortune qu'elle mordillait d'un air pensif entre sa bouche. Très bien, donc nous ne fumerons pas, un être aussi sensé ne devrait pas avoir à mourir si tôt de tabagisme passif. Donc nous allons boire, et vous allez continuer à me dire des choses sensées.

Elle fit racler la bouteille sur le bois dur en direction de l'homme. Car enfin quelqu'un qui la comprenait, dans ce si vaste monde, rendez-vous compte huit milliards d'individus, une poignée infime de sorciers et un grouillement d'horribles moldus, et le premier devant elle qu'elle n'avait pas envie d'incendier dans les cinq minutes suivant la rencontre. Celui-là, on le lui avait certainement prédestiné.

_ Je déteste les parasites, vous n'avez pas l'air d'en être un. J'aime les gens utiles, je suis certaine que vous avez le potentiel pour l'être. Je ne vois donc aucun inconvénient à ce que nous restions ensemble. Restez donc à ma table.

Car ce devait être la sienne puisque tous les objets qui reposaient dessus lui appartenaient- et puis surtout, elle devait bien reconnaître que cette pointe de cynisme qu'elle croyait détecter dans la vision brouillonne qu'elle avait de ce visage, et bien il lui semblait tout à fait agréable. Probablement lui rappelait-il le même air qu'arborait la plupart des serpentards. Naturellement, elle ne pouvait que se sentir bien dans le reflet de ses pairs.
Elle resta un instant sans rien dire, le regard tantôt fixé ou bien égaré dans le sourire qui lui faisait face. On lui souriait rarement après tout, elle s'en rendait bien compte. Et elle essayait de le détailler tout à fait, cherchait à retracer les traits, la hauteur des sourcils, la courbe des cheveux qu'elle devinait bruns, inscrire la marque de ce sourire. Alors elle semblait soudain si lointaine dans cette nouvelle fabulation. Les mots lui échappèrent spontanément avant qu'elle n'ait le temps de s'en rendre compte.

_ Vous n'êtes pas vilain. Et vous parlez bien. Vous n'avez pas l'air d'un salaud non plus. Vous pouvez m'épouser si vous voulez.
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Re: Neither heaven nor space |Anton
02.05.16 10:58

Neither heaven nor space



« Déception est un faible mot » avait-il soufflé en observant une tache un peu plus sombre sur la table que son droit avait trouvé; les lippes tirées d’amusement, le ton gonflé de sarcasme. La terrible Northrop n’avait rien de plus noir que ses paroles acerbes et son comportement hautain; était-ce là réellement une surprise ? Bien sûr que non. Aussi était-il toujours emmitouflé dans son long caban noir, le froid de la nuit s’infiltrant à chaque fois que la porte s’ouvrait pour laisser entrer une nouvelle personne; ou peut-être était-ce le mauvais isolement du bar, miteux et poussiéreux. Il avait relevé son regard vers elle pour la voir souffler sur sa mèche, et il n’avait rien dit; juste gardé son sourire un peu moqueur, un peu curieux, trop intrigué. Qui le croirait — si jamais l’envie de raconter qu’il avait croisé Rosabel Northrop complètement saoule dans un bar peu recommandé de Pré-au-lard. Personne. Ou trop de monde. Aussi garderait-il très certainement le silence sur ce qui allait se passer; ici — maintenant. Car voyez-vous, les rumeurs et secrets s’échappaient bien trop rapidement des murs de Poudlard. Car voyez-vous, il doutait que Rosabel Northrop un jour s’en vente. De parler au plus invisible de Poudlard.

Il l’avait regardée commandé la bouteille sans dire mot — espérant sincèrement qu’elle ne boive pas la bouteille; car lui ne comptait pas toucher une goutte de cet alcool pour les hommes forts. Anton ne buvait pas, ou si peu — car une bierreaubeurre lui suffisait à être dans l’état actuel de miss Northrop, et l’idée de ne pas tout à fait avoir le contrôle sur la situation l’intimidait. Aussi l’avait-elle fait rire; de ses paroles directes; de sa réflexion pas tout à fait logique — car ne pas fumer pour un fumeur devait-il paraitre sensé, comme un non buveur devait être fou pour le bourré. Et qu’y avait-il à répondre ? Rien d’autre qu’un sourcil levé, un sourire flatté, un peu amusé — et des avant-bras qui se posent sur la table, se croisent. Aussi la vit-il racler la bouteille jusqu’à lui, et toujours avec ce sourire un peu trop présent, il avait baissé son regard sur la table, attrapé le haut de l’objet pour la resservir légèrement — car son verre était bien pauvre, plus qu’on n’aurait pu le voir à l’agréable Trois Balais. Aussi quelques gouttes de plus versées, il pose la bouteille vers sa droite; priant pour qu’elle ne pose pas de questions, ne le somme pas de boire; bien que son précédent geste avait été quelque peu clair. « C’est trop aimable. » avait-il souri; voyez-vous, si la table avait du être à quelqu’un, elle lui serait revenue de droit — il était ici le premier installé. Et si le sarcasme avait peut-être sous-entendu le message, il n’en dirait rien de plus ou de moins; car les détails n’avaient rien d’intéressants.

Et il fallait prendre des gants, avec Northrop; car elle ne semblait pas être tout à fait elle-même — ou bien l’était-elle bien plus que d’accoutumée. La surprise l’avait fait pouffer, un peu silencieux au dépourvu. Aussi Anton avait tourné la tête vers le bar, pour observer, les coudes posés sur la table, collés l’un à l’autre. Était-ce ainsi sa première demande en mariage ? L’ironie l’avait légèrement fait rire, et ses yeux s'étaient plissés, sa tête un peu penchée — il était soudain très intrigué, très amusé. « Loin de moi l’idée de ne pas vouloir. » ironisa-t-il, car qui accepterait à ce jour Rosabel Northrop qu’un Serpentard assermenté. « Mais je ne vous connais qu’à travers quelques rumeurs — et une réputation qui n’est plus à refaire. » avoua-t-il en se tournant de nouveau vers elle pour y plonger son regard amusé. « Il est tout à fait légitime que l’on se pose quelques questions; êtes-vous plutôt thé ou café; fidèle ? » Et il se demandait — qui êtes-vous réellement ? Il se doutait cependant; qu’on la voyait comme elle pensait, comme elle était — mais qu’il devait y avoir plus que des méchancetés; peut-être un peu d’humour ou de volupté. Aussi Anton se révélait-il un peu plus joueur qu’il ne l’avait prévu, ayant d’abord cherché à s’en débarrasser. Il retirait son long caban noir — le posait sur le dossier du banc sur lequel il était assis. Il était à l’écoute. À l’écoute du jeu dangereux.





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Re: Neither heaven nor space |Anton
02.05.16 17:37



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Rosabel & Anton
Son dos vint heurter le dossier de l’inconfortable siège, aussi droitement que  son état de soûlographe le lui permettait. Et même ainsi elle trouvait encore le moyen d’être maniérée, alors qu’elle faisait parfois trembler le bois de la table, ses jambes se croisant et se décroisant au grès de ses envies et de ses caprices, visiblement à l’étroit. Un verre de whisky qu’elle levait dans l’air, secouait avec grâce sans se défaire de ce petit air d’ivresse pédante qui ajoutait un solennel grotesque à la demande ainsi faite.

_ Naturellement, c’est tout à fait raisonnable. Si vous m’épousez, vous serez terriblement mal vu. Les gens vous détesteront. A ce compte là je ne supporterai pas de m'épouser moi-même, vraiment chéri, ce serait vous tirer un sortilège dans le pied.

Elle étouffa un gloussement, le verre de whisky collé à ses badigoinces, pour sûr qu’elle en riait bien de cette prétendue réputation. Elle n’avait jamais rien fait pour éviter cela, et n’y avait trouvé  d’ailleurs pas le moindre intérêt.  Son stoïcisme l’empêchait de répondre aux rumeurs ; on avait trop asséché le fleuve de ses émotions pour qu’elle s’en offusque réellement, tandis que dans un même temps l’égo s’en pavoisait, l’esprit se délectait, se roulait dans le temple dédié à sa notoriété. La tête si bien relevée qu’on jurait deviner un diadème fièrement dressé dans la précieuse chevelure.

Epouser Rosabel Northrop.
Cela sonnait comme une doucereuse promesse de malheur.

_ Ce faisaaaant. Je suis disposée à répondre à touuuuutes vos curiosités. Et un coude était brutalement venu s’écraser contre le bois, faisant vibrer le verre de la bouteille comme un rappel. Je vous. Ecoute.

Et le ton défiguré par les affres de l'alcool invitait à quelque chose de plus grand encore et de bien plus terrible que ce moment qu’on avait dû égarer dans l’espace. Car boire un verre avec Rosabel Northrop dans le pub le plus miteux du coin, non, juste asseoir Rosabel en face de cet individu précisément, obliger deux antipodes à se rejoindre, vraiment, cela tenait tout au plus du mauvais goût. Anton Vinicious Lawliet. Le nom aurait d'ordinaire à peine soulever un remous. Et elle vous aurait répondu avec une ironie mordante -peut-être dans dix ans quand il parviendra à inscrire sa face dans la mémoire des gens.
Il fallait donc que la scène soit une fiction ; une tragédie, une comédie burlesque, un vieux acte que le dramaturge avait volontairement choisi d’enlever du script.

_ Dîtes-moi. Est-ce à diire. Que. Vous choisissez vos possibles soupirantes selon qu'elles boivent du thé ou du café ? Quel genre de critère est-ce là ? Et elle le regardait en biais, de ce regard étrange et méfiant, ses lèvres une fois de plus trempées dans l'alcool. Dans ce cas. Je ne bois du thé seulement s'il est servi avec un morceau de cheesecake. Et mon café préféré est celui que je prends en compagnie du professeur McFayden. Un rictus narquois arpenta un instant ses lèvres humides. Dites-moi tout, maintenant. Quelle genre de femme cela fait-il de moi ?

Les deux coudes solidement posés sur la table, penchée à nouveau, le verre toujours à quelques centimètres de son visage, entre ses deux mains, le regard inscrit dans celui qui lui faisait face, ni stupeur ni tremblement. Car elle avait cette façon de dévisager les gens, comme si ses yeux avaient la faculté de peser lourd dans ceux des autres, une froide sérénité, en acier.

_ Foutre ! Vous m'apparaissez si flou, je vous vois à peine. J'ai l'impression de discuter avec un fantôme. Ceci explique cela ; je n'apprécie pas beaucoup les vivants, mais on est toujours plus tolérant avec les morts.

Nouvelle secousse de la tête pour chasser la brume, en vain.
On comprenait soudain pourquoi elle buvait autant, c'était pour mieux réhydrater ses lèvres traversées par autant de mots comme une pulsion dont elle ne pouvait se défaire.

_ Mais amusons-nous un peu. Il ne faudrait pas que vous vous lassiez trop vite de cette entrevue. Si je vous dis que je suis fidèle, vous buvez. Dans le cas contraire, je finis mon verre. Le verre tapa doucement le bois une fois de plus, comme elle était proprement incapable de ne rien agiter entre ses doigts plus de deux minutes. Elle détestait bien trop l'inactivité pour en faire elle-même preuve. Le mouvement, toujours. Mais darling, je n'accorde ma fidélité qu'à ceux qui en sont dignes, le contraire se rapprocherait de la naïveté. Et puisque vous êtes un homme sensé, vous devez savoir qu'on ne peut pas se permettre de vivre avec naïveté aujourd'hui. Une pause éloquente, un sourire qui s’effrite doucement le temps d'une réflexion. Croyez-moi je m'y suis risquée et j'y ai laissé un peu plus que du chagrin. Un regard soudain qui dévie dans le lointain, souvenir d'une autre époque. Futilité, un soupçon de mélancolie égaré à jamais, balayé le bref instant de faiblesse. Et un commentaire qui revient tout en lassitude, un doigt jouant sur les contours de la pipe qu'elle agite et retourne contre les tâches séchées sur le vieux bois. Mais pour l'instant je peux vous assurer être tout à fait fidèle à moi-même, ce qui est à ce jour largement suffisant. Cela compte pour un oui, bien sûr. Sourire sardonique, menton posé dans la paume d'une main, le doigt sur la pipe se stop soudain, et le regard se relève sur la silhouette brumeuse. Allons. Détendez-vous. C'est à votre tour de boire.



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Re: Neither heaven nor space |Anton
02.05.16 18:34

Neither heaven nor space


Et le rire s’était échappé sans que vraiment il ne le contrôle alors qu’elle assumait elle-même sa réputation de monstre à forme humaine. Il avait levé rapidement ses sourcils sans lâcher ce sourire, et avait, la bouche un peu tirée, acquiescé. « Ce n’est que trop vrai — et mon image est tellement adorée que l’on ne pourrait la salir » Sarcastique — sarcastique. Anton le Nerd, voilà ce qu’il avait déjà entendu — voilà comment on le voyait. Et il haussait les épaules, car qui s’en fichait bien. Il pouvait être ce qu’il voulait Anton, il aurait pu être Tobias et son optimisme, il aurait pu être Darwin et son intelligence. Mais Anton restait simple — restait dans le banal; car qu’y avait-il à dévoiler qui pouvait intéresser. Aussi avait-il souri à son autorisation de lui poser des questions.

« Cela fait de vous une femme noble et vivante. Le thé est la liqueur des nobles et réfléchis, le café celui du caractère et de la vivacité. » Aussi Anton il n’a aucun sourire qui s’affiche, il a la main qui dévie sur le bord de la table, le regard qui s’arrête dans ceux de Rosabel Northrop. Il ne la respectait pas — bien entendu, elle l’amusait; comme l’une de ces comiques que l’on regarde sur la scène, qui attise le sourire. Que l’on regarde pour se divertir. Et pourtant McFayden la respectait, assez pour boire quelques cafés en sa compagnie. Et cela devait forcément cacher bien plus que de l’arrogance et des manières hasardeuse — car Anton respectait le professeur McFayden bien plus que n’importe qui. Aussi avait-il relevé cette confidence comme l’une de celles que l’on garde à jamais, que l’on cherche à étudier. Et Rosabel Northrop était une curiosité; se fichait bien de qui elle était accompagné — et il aimait cet anonymat soudain, Anton. Il aimait ne pas être reconnu, il aimait ce jeu de pouvoir être n’importe qui comme quelqu’un. Il aimait cette invisibilité visible qu’elle lui offrait, la possibilité de vivre sans forcément exister. Il était flou — l’avait toujours été, fait de décisions et d’indécisions, de paroles qui se contredisaient, de sourires en biais — hypocrites ou cyniques. « Heureusement que les vivants ne vous entendent pas; ils sont bien plus dangereux que quelques morts confondus. » Sourire. Les français avaient coupé la tête de leur roi, Mordred avait déchu Arthur — et bien des gens pourraient un jour s’en prendre à la belle au verre vacillant.

Aussi la proposition de s’amuser avait immédiatement braqué Anton; car il ne savait pas, ne voulait pas imaginer où elle voulait en venir. Ses bras s’étaient croisés alors que son dos était venu à la rencontre du dossier droit, et il l’écoutait les yeux plissés, le sourire un peu intrigué. Elle semblait avoir décidé de le faire boire. « Devrais-je vous prévenir ? » Il balance sa tête, pesant le pour et le contre — la jauge. Il finit par pouffer de rire et s’approcher, posant ses deux coudes et mains sur la table. « Je ne tiens pas l’alcool — mais si vous y tenez. Vous en serez témoin; n’osez-vous en plaindre plus tard si je ne peux vous porter jusqu’à Poudlard. » prévient-il finalement.

Et voici le talon d’Achille du serpent venimeux. Il a beau s’en désintéressé, il sait — car il n’était peut-être pas assez aveugle pour avoir un jour ignoré qu’on l’avait engrossée. Il s’était un jour demandé si elle l’avait abandonné — une question entendue un jour au coin d’un couloir et puis — ô diable qui s’y intéressait réellement. Mais ce soir, c’était un jeu à sens unique, un jeu où il pouvait demander ce qu’il désirait; et quand bien même le prenait-elle pour un idiot — car s’il avait tort, la logique qu’il voudrait qu’il boive, et non l’inverse; il jouerait. Car elle l’amusait. Aussi se surprit-il à apprécier la compagnie qu’elle lui offrait, aussi détestable pouvait-elle semblait. Et c’était bien rare, qu’une bavarde réussisse à attiser ses sourires sardoniques — à l’intriguer. « Puisque nous parlons de naïveté, rien n’assure votre honnêteté. » rit-il avant d’attraper un verre posé derrière; rangé sur la table, à l’envers, un peu poussiéreux. Il le pose sur leur table avant de le laver d’un coup de baguette rapide. Il pose le bâton sur la table. « Ce jeu est bien trop facile. » conclut-il, se rendant finalement compte qu'il risquait de la froisser, qu'il n'allait pas dans son sens — que ça allait l'ennuyer. « Cela doit être à double sens; ou bien cela ne tient à rien. Je ne peux compter sur votre honnêteté comme vous ne pourrez compter sur la mienne. » Et ça le fait sourire — car elle se désintéressait bien de qui il était, de ses qualités comme de ses défauts; alors que lui était bien intéressé par la curiosité qu’elle incarnait. Il lève son verre, à sa santé; aurait-il pu murmurer. « C’est donc à vous de poser une question. » Qui se fichait bien de leur santé — ce soir, ils n’étaient que tous les deux, à se désintéresser de l’un comme de l’autre — à s’intéresser aux fantômes qu’ils incarnaient. Il boit une petite gorgée — sent la chaleur tomber dans son oesophage; et si le gout lui plaisait, il savait qu’il ne devrait pas en abuser.

Car même s’il se fichait de la ramener à Poudlard ou pas, lui comptait bien y rentrer.






1. (Psychology) the capacity for understanding, thinking, and reasoning, as distinct from feeling or wishing 2. a mind or intelligence, esp a brilliant one. 3. a person possessing a brilliant mind; brain. 4. those possessing the greatest mental power.

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Re: Neither heaven nor space |Anton
02.05.16 22:04



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Rosabel & Anton
_ Voilà qui révolutionnera sans aucun doute ma prochaine tasse de café.

Elle avait perdu sa sensibilité, et ce qu’elle aurait pu prendre comme un compliment, elle ne le reconnaissait à présent plus ou était bien incapable de l’apprécier. Femme noble et vivante. Mais Rosabel avait trop pris l’habitude de se moquer de l’avis des autres pour chercher vraiment à se complaire dans leurs louanges et autres discours dithyrambes, pour le peu qu’elle en croisait. Elle n’était pas dupe de ces faux éloges, et elle n’avait à offrir que sa froide indifférence comme seule barrière affective.  On pouvait s’étendre en sarcasmes, crier au monstre, ou incendier l’aristocrate, la plante était déjà fanée de toute façon. Mais de surcroît elle tenait bien trop de la carnivore pour qu’on ose tout de même aller l’arracher.

_ Comme c’est aimable de vous inquiéter. Mais je ne suis pas sans défense.

Un nouveau rictus, et toujours cette pointe d’acidité, moins marquée qu’à l’ordinaire à cause de l’alcool mais toujours au rendez-vous. En arrière-plan.

_ Oh mais je n’en attendais pas tant pour commencer. Je préfère compter sur mes jambes avant de compter sur celles des autres.

Et Rosabel était attentive derrière les volutes d’alcool qui parfumaient encore son champ de vision, et toujours plus son esprit aussi, le dessus de sa main comme reposoir pour sa tête. Et toujours dans ses traits, l’ombre persifleuse.  Un regard un peu vide, vacant plutôt sous la ligne parfaite de ses longs cils. Oh mais elle n’était assurément pas biche, sinon couleuvre. Et cet engourdissement dans le regard lui donnait un sensuel qui outrepassait sans mal l’arrogance âpre.

_ Et bien vous avez raison sur ce point. Cependant je préfère le jeu aux victoires faciles. Elles me laissent un goût d’inachevé dans la bouche. J’aime quand elles sont méritées. Et vous savez, j’ai mérité tout ce qui m’est arrivé jusqu’à maintenant. Absolument tout. Ce n’est pas une plainte, mais plutôt un constat. Je sais ce que j’ai fait, ce que je n’ai pas fait, ce que j’ai manqué, je sais pourquoi les gens me détestent. J’ai mérité ce que l’on m’envie, je ne l’ai volé à personne, et je ne l’ai pas obtenu gratuitement non plus. J’aime la détermination, j’aime les gens qui se battent pour obtenir ce qu’ils veulent, j’aime les gens qui ne sont pas passifs, qui n’ont pas peur d’être ce qu’ils sont. Je ne suis pas difficile, je suis exigeante. Je crois qu’il faut exiger le plus pour obtenir le meilleur. Mais j’ai mérité aussi mes mauvais souvenirs, même si je me demande encore quand le pire du pire me tombera comme un maléfice sur le bout des doigts. Et je me demande parfois à quoi il ressemblera. La vie est une fatalité. Je suis l’auteur de ce que je suis, et puisque je l’ai mérité je n’ai absolument aucun regret là-dessus. Je suis la pire des garces, mais puisque je fais déjà avec la médiocrité des gens en général, j’estime que la réciproque doit être vraie.  Et je suis sûre que vous l’avez-vous-même pensé puisque vous semblez me connaître, je suis ce qu’ils appellent ; un monstre. Mais je le vis très bien.

Mais Rosabel ne se tait pas. Elle l’observe toujours, essaye au moins. La seule conclusion qui lui vient est qu’il faut retremper les lèvres dans le breuvage. Et elle aimait cette sensation de laisser-aller, à un quart contrôlée. Que disait-on déjà ? L’alcool réchauffe le cœur. Mais elle reprend. Rosabel aime parler. Un comble quand on ne la voit jamais converser avec personne, ou avec l’ombre de quelqu’un pour l’ombre d’une conversation.

_ Voici donc ce que j’ai très envie de savoir sur vous. Parce que vous comprenez, quitte à boire ensemble, à passer du temps ensemble, je ne ferai pas semblant. Parce que je ne fais jamais semblant. Parce que je m’intéresse toujours à ceux à qui j’accorde mon temps et qui m’accorde le leur en retour. Car le temps est ce que nous avons de plus précieux, n’est-ce pas ? C’est une bêtise de le gaspiller inutilement. Et vous voyez, je n’ai pas beaucoup de qualités. Mais l’honnêteté en fait malheureusement partie, quand bien même elle arrive parfois sans tact. Maintenant vous savez à quoi vous attendre de ma part. Vous voyez, je ne suis pas si compliquée. Et puisque j’ai très envie de vous connaître, et puisque ma vision est affreusement trouble ce soir, je ne vous jugerai que sur ce que j’ai tenté de vous expliquer ; et puisque vous savez que je suis très exigeante, ne me décevez pas. C’est la pire des sensations.  

Et elle s’accorda une légère pause, et Rosabel ne semblait même pas à bout de souffle. Quoique cela sembla lui donner plus chaud que de raison.

_ Je parle beaucoup trop, n’est-ce pas ? Et elle avait eu un autre rire, un peu jaune cette fois,  un peu amère. Parce que c'était ce qu'elle était, amère. Quand bien même l'ivresse la rendait moins apte à mépriser, et plus à rire, et certainement moins tranchée, le naturel parfois n'était pas toujours très évident à chasser. Mais des spirales de brume l’enivraient soudain encore, et à l'ombre de sa bouche se dessiner enfin un autre sourire, subtil. Donc. Mon tour. Etes-vous vous-même satisfait de ce que vous êtes ?




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Re: Neither heaven nor space |Anton
03.05.16 0:46

Neither heaven nor space


Aussi avait-il murmuré un « Vraiment ? » à peine audible, le sourire léger sur ses lèvres rosées. Car si son état actuel lui permettait peut-être de marcher; il se demandait bien s’il le serait toujours plus tard alors qu’il la voyait en boire encore une gorgée, de son breuvage alcoolisé. Mais il n’aurait osé rajouter plus; n’avait besoin de rajouter quoi que ce soit de mal venu — mal placé. Il l’observait calmement, les avant-bras toujours posés sur la table, son poids s’y reposant honteusement; il avait les épaules avancées et ses pieds s’étaient croisés sous le banc — alors qu’il l’écoutait, que son attention était focalisée sur ce qu’elle disait. Il buvait chacune des paroles de la jeune femme; se rendait compte enfin qu’elle était en fait une fille presque comme les autres. Tout du moins aussi bavarde; et l’envie de fuir lui avait presque effleuré l’esprit — mais il avait l’honneur (ou le malheur, il n’était pas encore tout à fait décidé sur le terme le plus approprié) de parler à Rosabel Northrop; et il ne serait passé à côté de cette occasion pour rien au monde. Aussi s’avouait-elle être un monstre. Et qui l’aurait dénié; Demeter ? Il était surement pire. Et quand bien même ne se plaignait-elle pas, Anton avait soudain un étrange sentiment, presque amère envers la serpentarde; car si leurs comportements étaient très différents, ils en partageaient la même base — ne pas s’intéresser à ce que l’on peut dire de soi comme des autres; ce n’est pas intéressant. Pas digne d’intérêt.

Il avait voulu lui demander, s’il aurait du se sentir flatté — car étrangement, il l’était. Assez pour se reculer de la table, poser ses mains sur ses rebords, ne pas perdre fil au monologue d’une fille. Il l’était sans pour autant s’adonner à l’excitation incompréhensible ou au sourire satisfait. « Je n’osais pas vous le dire. » avoue-t-il avec le sourire amusé. Elle parlait trop; et pourtant il s’était abreuvé de toutes ses paroles comme la mer s’empare de tout sur son passage. « Mais qui s’en préoccupe ? » avait-il ajouté, tournant son regard vers le bar; si vide. Un homme s’était levé, regardait l’un des vieux tableaux bancals. « Vous l’avez dit vous même, nous sommes ensemble. Alors parlez, je vous écouterai. » Promesse un peu envoyée en l’air, il fait retomber son regard sur la demoiselle. Et la question tombe, lourde; raisonne presque sur le parquet grinçant, couple le souffle pourtant si calme du garçon.

Silence.

« Je ne m’y attendais pas. » Rire. Il l’avouait; car la question s’était abattue sur son esprit, l’avait englouti de surprise. Peut-être ne s’était-il pas attendu à tant d’intelligence; de philosophie de la part de la conquérante, de l’inquisitrice. Il était resté quelques instants sans voix; les yeux un peu plus écarquillés qu’à l’accoutumés — un peu moins joueurs. Elle fouillait dans le personnel; dans le secret, dans l’inattendu venant d’une inconnue. Et ses lèvres trempaient à nouveau dans la boisson maligne en guise d’une réponse silencieuse. Il baissa son verre sur la table; il le fixe, l’observe — le fait tourner entre ses doigts; car il cherchait les mots qui conviendraient à une réponse honnête. « La satisfaction a de frustrant qu’on ne peut jamais l’atteindre complètement. » Il remonte son regard sombre dans les féminins, les indomptés. « Car quand bien même un but est atteint, un autre apparait; quand bien même des connaissances sont acquises, d’autres sont requises. Si j’étais aujourd’hui satisfait de moi-même; de ce que je suis, cela ne mettrait-il pas fin à un futur inconnu et pourtant, possiblement plus glorieux ? » Et là était toute la complexité d’une question qui pourtant, aurait pu paraitre si simple; si évidente. Serdaigle; le choixpeau avait longtemps hésité, plus de quatre minutes avant de l’envoyer dans sa maison. S’il se reconnaissait une grande part de vert, d’égoïste et de malin, il se reconnaissait aussi parfois un esprit un peu trop objectif, un peu trop pensif. « Mais; je n’ai de regret que de ne pas en avoir. Je suis satisfait de ce que j’ai fait, du passé; des décisions prises et imposées. » Il pensait à McFayden, il pensait à sa forme d’animagi, il pensait à l’impossibilité de créer une forme de patronus — à tous ces échecs qui l’avaient formé; le formaient encore à aujourd’hui. Le rendait différent, le faisaient évoluer; car il avait de ça qu’il n’abandonnait jamais. « Est-ce que je suis satisfait de ce que je suis ? » Il hausse les épaules. « Je suis un éternel insatisfait. »

Il a le sourire qui pince sa joue; la fossette qui se creuse dans la gauche. « Je me dois de reconnaitre que l’ambition forme les grands hommes; je n’en ai jamais fait preuve. »  Et ils avaient de là tout de différents; d’une façon de s’habiller de l’extravagance à la sobriété, d’une volonté de devenir grand à celle de rester invisible; d’une envie d’être remarqué à celle de rester discret. « Car voyez-vous; j’aime la simplicité. » Il n’aimait pas le surfait; ni tous ces bijoux brillants, ni tout ce maquillage qui pourtant, rendaient beau. Il n’appréciait pas les phrases trop longues, tourner autour du pot. Il n’aimait pas perdre son temps dans les futilités. Il retrousse les manches de son pull de cachemire blanc cassé. Simple; sans motifs ni superflu — une étiquette discrète dans sa nuque arborant une grande marque moldue; mais qui cela intéressait, si ce n’était lui-même; éventuellement sa mère. Sa satisfaction ne reposait pas dans l’ambition; dans le besoin de devenir, d’être quelqu’un. Sa satisfaction reposait en des détails que lui seul voyait, une paix intérieure, un respect qu’il pouvait offrir, un recul qui le faisait avancer.

L’odeur du parfum avait un peu plus tôt agressé ses sinus qui maintenant, semblaient s’y accoutumer — s’y habituer. Aussi le voyait-il comme un moyen de rendre l’endroit un peu plus chaleureux, un peu moins brumeux — poussiéreux. Car Rosabel Northrop le rendait curieux — elle qui s’affichait parfaitement dans le décor morbide de l’endroit. Le verre tournait toujours entre ces doigts; et son regard ne quittait pas celui de vipère — car il réfléchissait, à sa question. Car c’était son tour — et étrangement, il n’était pas question de boire ou de ne pas boire, pas question de gagner ou de perdre; simplement question de savoir. Aussi se rendit-il compte qu’ils partageait cet avis plus qu’elle ne l’imaginait. Elle avait ouvert la bataille d’un coup de grâce, d’une balle puissante. Aussi pouvait-il lui rendre la pareille; pensait-il. Il hésitait, entre deux questions; l'une vague, l'autre plus concrète. Aussi se promit-il que l'autre viendrait plus tard. « Savez-vous aimer ? Autrui, j’entends. » Et il avait choisi ses mots méticuleusement, car pouvoir aimer était à la portée de tous — humain, inévitable. La question ne résidait pas dans la capacité — il voulait savoir si, devant son enfant; en admettant qu’elle l’ait gardé, devant ce garçon qui un jour, lui avait offert des nuits torrides, devant des parents, qu’elle avait forcément — elle savait baisser quelqu’unes de ses barrières; se montrer aimante — offrir une étreinte, offrir un baiser. Il voulait connaitre Rosabel Northrop derrière l’arrogance qu’on lui connaissait.






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Re: Neither heaven nor space |Anton
03.05.16 14:24



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Rosabel & Anton
Et elle passait une main distraite dans ses cheveux, défaisant sans le vouloir un peu plus l'édifice, un sourire ignoré au bord des lèvres. Et Rosabel s'étonnait elle-même de parler autant. C'était une manie, un plaisir même qu'elle n'avait pas souvent l'occasion de satisfaire. On comprenait pourquoi. Et il n'y avait vraiment que dans cet état-là où elle arrivait un temps à oublier le reste. Oh. Mais si elle ne l'avait pas trouvé ici ce soir, sans doute aurait-elle tenu ses fameux monologues à un pilier du bar. Peut-être en était-elle devenue une sans le savoir. L'avantage à la Tête de Sanglier, c'est qu'on ne pensait jamais l'y trouver. C'était parfait pour éponger sa solitude. C'était parfait pour s'oublier dans un verre sans avoir à craindre le regard des curieux. Juste la sensation d'être seule. C'était ce qui lui manquait le plus parfois, car quand bien même elle l'était toujours, il fallait pourtant que le reste soit autour.

Et pendant qu'elle écoutait patiemment ce que l'inconnu avait à lui dire -et elle l'écoutait réellement vous savez. Rosabel aimait la discussion. La discussion qui ne lui semblait ni vaine ni insensée, quoique tout de suite, elle ignorait vraiment ce qui l'était encore. Mais elle appréciait rarement la compagnie des gens et avait toujours mis un soin particulier à le faire savoir. Mais enfin. Il arrivait parfois que le besoin de socialisation soit plus fort que la méchanceté, car quand bien même l'idée lui déplaisait souverainement, l'Homme n'en restait pas moins un être social.
Elle avait donc repris sa pipe et son tabac, jetait parfois des regards pour ponctuer l'avis de l'autre.

_ Je ne critiquerai pas votre absence d'ambition quand la mienne est de passer le reste de ma vie chez moi.

Elle n'avait pas non plus une grande ambition, sinon celle de passer le reste de sa vie entre quatre murs, à mener ses recherches sur les langues anciennes, à l'image de son père et de l'aîné de ses frères. Car elle détestait l'inactivité, et se jetterait du haut d'une fenêtre plutôt que se laisser dépérir chez elle. Puis. Contrairement aux apparences, elle n'avait pas non plus l'envie de rejoindre les mondanités. Dans le fond, elle n'avait que l'air de les aimer.
Elle achevait de remplir sa pipe, quoiqu'avec une grande difficulté. Il était difficile de remplir quoique ce soit lorsqu'on était pas sûre à la base d'où se trouver exactement le récipient. Mais elle ajouta.  

_ Après Poudlard, vous n'entendrez plus jamais parler de moi. Et les rumeurs mourront avec ma robe de sorcière. Peut-être qu'un jour, vous viendriez en toute simplicité prendre un mélange de thé et de café chez moi, et que vous n'aurez toujours aucun regret. Je vous dirai alors si vous êtes devenu un grand homme.

*

Rosabel avait à peine tressauté en entendant la question. Et sa réaction était comme restée suspendue dans un autre silence, insondable, sans qu’elle n’affiche vraiment si la question la gênait ou non. Mais elle le lui avait certifié, n’est-ce-pas, de répondre à toutes ses curiosités.

_ Vous aimez me donner des maux de tête, pas vrai ? railla-t-elle, deux doigts massant patiemment ses tempes. Mais non bien sûr, c'était l'alcool qui tambourinait férocement à sa porte.

Et elle se souvenait surtout de cette sensation, un peu vague, d’avoir été aimée. La silhouette bienveillante de son père lui apparaissait parfois comme des flashs, mémoire d’un autre temps, et elle se souvenait encore du deuil. Mais elle était à l’époque si jeune qu’elle ne se rappelait pas de la tristesse, du manque. Et elle avait toujours éprouvé un mélange d’aversion et de respect pour sa mère. Mais si affection il y avait un jour eu, elle était morte dans les méandres de l’adolescence.
Elle se rappelait la main de Tobias dans ses cheveux. Et c’était presque invisible alors. Mais cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus senti cette main. Car elle avait grandi, et à la vérité, même ses proches ne savaient pas toujours comment l’aborder. Et que dire de l’affection de Moss, un caprice malsain et incontrôlé, des caresses étouffantes. La tendresse nerveuse et impulsive d’un dérangé dont elle ne se débarrassait vraiment qu’à grands renforts de sortilèges. Naturellement, elle l’aimait. Ne le lui avais jamais dis. Non, il en serait trop heureux. Déjà qu'il lui semblait parfois à la limite du supportable.
Et elle se rendait compte qu’elle n’avait jamais eu de gestes tendres à leur encontre, et lorsqu’ils se retrouvaient tous dans la même pièce, on ne devinait vraiment qu’ils appartenaient à la même famille que par leur ressemblance étrange. La plupart du temps ils se taisaient, car ils n’avaient jamais vraiment rien eu à se dire, jamais assis les uns à côté des autres, toujours épars dans le salon. Et on ne devinait pas la joie de se retrouver, aucun bécot sur la joue, aucune embrassade. Mais sans animosité, sans reproches, juste comme ils l’avaient toujours fait et ressentis ; le soulagement d’être à nouveau ensemble dans cet isolement avec le reste du monde, les angoisses de Moss tournant en rond sur le tapis comme centre de convergence de leur attention.

Naturellement, Rosabel n’aurait pas pu répondre à cette question sans une pensée pour l’enfant. L’enfant dont elle ne parlait jamais. L’enfant qui ne ressemblait à personne dans la famille. L’enfant qui lui rappelait toujours l’autre. Mais ce n’était pas elle qui donnait de l’affection à l’enfant, c’était l’enfant qui la lui donnait, se servait au passage de ce qu’elle avait besoin. Mais Rosabel n’embrassait pas, ne câlinait pas. C’était l’enfant qui couvrait ses joues de baisers chauds et humides, c’était l’enfant qui passait ses bras autour de sa taille, la tête contre sa poitrine. C’était l’enfant qui venait sur ses genoux pour s’endormir. C’était l’enfant qui aimait sa mère. Mais il y avait aussi, parfois, de rares sursauts affectifs, où un souffle de passion s’emparait de tout son corps, et si fort qu’elle aurait pu étouffer entre ces bras le faible gabarit. Car l’enfant était le seul à pouvoir réveiller les émotions endormies.

_ Je sais ce que vous voulez dire par là. Bien sûr je suis différente avec mes proches. Vous n'appelleriez cependant pas cela de la tendresse ou de l'affection. Vous n'y verriez pas non plus la ressemblance avec l'amour. Je ne suis pas quelqu'un de tendre, et les gestes viennent surtout plus des autres que de moi-même. Je suis sèche, et ce n'est pas qu'une impression. Un rictus imbibé d'alcool encore se perd dans le vide, les doigts jouent nonchalamment avec les montures des lunettes. L'effort de l'articulation se fait doucement sentir. Je crois que ma famille vous ferait peur. Vous ne l'aimeriez pas, nous nous ressemblons tous beaucoup trop. Nos caractères sont tellement accoutumés les uns des autres qu'il en ressort une sorte d'harmonie, un peu terne. Mais c'est ainsi depuis toujours. Nous nous aimons sans doute, c'est même fort probable, mais aucun de nous ne serait capable de le deviner.

Elle se réfugia derrière les épaisses lunettes de soleil, encore. D’une traite, sa main versa le fond de son verre dans son système. Vague sensation de brûlure dans la tranchée.     

_ Mais je l'ai su. Je le sais encore parfois. Ca n'a rien d'étrange. Mais je ne le sais pas suffisamment pour compter pour un oui.

Ou bien peut-être ne s'en était-elle jamais rendue compte.
Et vous savez pourquoi ce soir-là, Rosabel avait préféré la Tête de Sanglier au Trois Balais ? Parce que la décrépitude du lieu lui rappelait sa propre demeure. Tout n'était que vieillerie insipide, en quasi perdition. Presque désertique, des ombres se mouvant derrière un comptoir. Le choc d'un verre sur la table. L'odeur du bois mal vieilli. Et la poussière imperturbable voletant dans l'air avant de former un dépôt sur les hauteurs des verres. Trois moustiques écrasés contre une vitre. Une ruine. L'équivalent parfois de sa vie.

_ Je ne m'attendais pas à vous trouver là ce soir. Et je me demande bien comment vous parvenez à passer inaperçu. Vous aimez la simplicité, vous êtes discret ? Mais vous ne parlez pas comme un homme discret.

Et elle ne savait pas bien elle-même ce que cela voulait dire. Alors Rosabel riait un peu, car il faisait si chaud. Mais elle songeait avec un contentement étrange qu'elle se sentait bien, malgré les vapeurs dans sa tête, la chaude carnation de ses joues, et croyez bien que ce genre de satisfaction l'habitait rarement. Et elle songeait encore que ce genre de rencontre n'était pas très terre à terre, ne lui ressemblait guère. Et quand elle l'écoutait parler, elle se disait qu'elle aurait dû le rencontrer plus tôt, quand bien même elle ignorait encore son nom, quand bien même elle le reconnaissait à peine. Et ce que cela aurait changé ? Elle aurait peut-être discuté plus souvent qu'elle n'aurait médisé les autres. Mais un autre éclat surgissait, gloussant un peu, car la vie était ainsi faite. Elle le savait bien. Et il aurait bien pu lui parler des heures encore, avec cette nouvelle fascination qu'il exerçait sur elle probablement sans qu'aucun des deux ne s'en rendent compte, elle aurait bu à sa source comme un naufragé sur une île, une rivière d'eau douce parmi les feuillages.  Tenir une discussion sans éveiller les sarcasmes antipathiques de Rosabel Northrop tenait du miracle. Il fallait en conclure que le sorcier ne pouvait en être que plus remarquable.

_ Oui ! s'exclama-t-elle soudain, ivre. Vous êtes tout à fait remarquable, je suis certaine qu'on ne voit que vous ! Bien moins bête que le reste.

Ses longs doigts se refermèrent sur la bouteille, remplissant à nouveau les deux verres, et la question tombe dans un même temps, l'air de rien. Une banalité parfumée de whisky.

_ Avez-vous déjà été amoureux ?

La maladresse lui fit renverser un peu d'Ambroisie sur le vieux bois.
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Re: Neither heaven nor space |Anton
10.05.16 22:40

Neither heaven nor space


Surprise. Rosabel Northrop n’avait pour ambition que de rester enterrée chez elle, loin du bruit, de la foule et des folies; alors qu’elle aimait se montrer sur ses hauts talons, avec ses grands manteaux, ses boucles d’oreilles brillantes et sa langue de feu. Elle incarnait un paradoxe qu’Anton ne comprenait qu’à moitié, sans qu’il n’ose juger; n’était pas lui-même paradoxe de sérieux et d’irresponsabilité ? La conclusion se faisait claire — Rosabel Northrop aimait la solitude.  Et quoi de plus suprenant, en la voyant si habillée, si belle pour aller boire un verre seule. Elle devait s’aimer, réellement; aussi n’y avait-il rien de plus beau que de voir quelqu’un si confiant et fier de ce qu’il était. Elle n’était pas verte ce soir — la langue mêlée, il aurait pu voir un lion vivant, la femme du café. Il contemplait chaque mouvement de ses mains soignées; le tabac rangé dans la pipe, les gestes calculés. « Ça ne sera que du café; pour ma part. » sourit-il aimablement. À croire qu’il n’était pas très réfléchi, si l’on en suivait sa théorie; et n’était-ce pas vrai; n’avait-il pas tendance à se jeter dans la gueule du loup pour mieux se faire battre ? Sans se qualifier d’impulsif, Anton se savait audacieux — et un jour surement se rendrait-il compte des dangers.

Le silence était de nouveau tombé, et ce n’était pas l’un de ceux gênants, l’un de ceux que l’on a parfois, n’osant dire quoi que ce soit. Ceux avec des étrangers, comme ils étaient. Non, ce silence était le silence réfléchi, et autour de cette table, il n’installait aucun malaise, seulement le temps d’une réponse pondérée. Il avait ri Anton — de ce rire détaché et sincèrement amusé qui lui collait aux lippes; un rire un peu libéré que l’on entendait qu’en de rares occasions, précieuses. Il n’était pas sûr de la raison de ses maux de tête, mais il pouvait fièrement constater sa coupe de cheveux négligée, ses yeux un peu vaseux; ses gestes un peu grotesque. Et la réponse était tombée, les lunettes de soleil venant couvrir ses yeux ténébreux et le verre se vidait d’une traite qui avait un peu affolé Anton. Et ses lippes avaient de nouveau laissé échapper un rire; car il était discret et le voulait. Parfois il se demandait bien si l’on avait noté son existence autre que dans les cours — si dans ses couloirs, il n’était pas totalement invisible, comme la fourmi qui l’incarnait. Et il avait presque sursauté en l’entendant s’exclamer, avant de rire un peu plus; car il faisait déjà chaud et le sourire commençait à l’éclairer un peu trop. « Vous êtes bien trop aimable. » ajoute-t-il en l’observant remplir de nouveau son verre — il hésitait à paniquer; il pensait alors à faire semblant, tricher. Les verts y étaient habitués, après tout.

Mais Anton n’était pas vert. Et Rosabel Northrop ne le trouvait pas moins bête qu’autrui — elle devait être un peu moins intelligente qu’elle ne l’était à l’accoutumé — car alors n’aurait-il eu droit à ce genre de pensées, aussi pouvait-il le voir. La question était simple, comme sa réponse qui était tombée presque instantanément. « Jamais. » Et c’était de l’honnêteté pure et dure, de celle qui ne dément rien. Aussi le verre arrive-t-il à ses lèvres, aussi en boit-il un peu — de whisky. « Peut-être n’ai-je jamais réellement essayé, ou voulu. Je suis bien trop rationnel. » avoue-t-il en posant discrètement l’objet de verre, les lèvres pincées. Il savait passer à côté de beaucoup de choses, de rêves et d’émotions propres à ceux qui se laissaient vivre; il suffisait de voir Ana Berry pour comprendre que certains vivaient de lueurs qu’Anton ne pourrait jamais percevoir. Et ça avait ce petit quelque chose de frustrant; cette petite pincée de jalousie, au creux de son estomac — car quand bien même voulait-il être de ceux qui croient, espèrent, vivent simplement; une fierté personnelle et propre lui en empêchait. Et c’était stupide. « Certains prétendent qu’on n’y échappe pas, peut-être un jour une harpie se fera alors vélane à mes yeux. » Il en doutait; n’excluait pas totalement la possibilité. Demandait à voir pour le croire, et alors il saurait.

Son regard était tombé sur la pipe délaissée et prête — « Vous voulez fumer » remarqua-t-il finalement. « Je vous accompagnerai. » Car il avait en vérité, grand besoin de prendre l’air — de sortir au froid, se rafraichir les idées; car il sentait ses joues chaudes et ses idées un peu s’évader, partir et en même temps, son attention se décupler sur des détails qui vraiment, n’avaient rien de particulier. Les lunettes de Rosabel Northrop étaient de la marque Prada; son parfum était prenant; ses talons claquaient sur le sol à certains de ses mouvements, son vernis était de couleur rouge. Les détails arrivaient, et lorsqu’il prenait conscience des détails, il fallait sortir. Aussi s’était-il levé et avait enfilé son manteau rapidement.

« Ma question. » pose-t-il en même temps que son manteau sur ses épaules. « Êtes-vous heureuse ? » Regard vers Rosabel Northrop; quelle étrange soirée.




1. (Psychology) the capacity for understanding, thinking, and reasoning, as distinct from feeling or wishing 2. a mind or intelligence, esp a brilliant one. 3. a person possessing a brilliant mind; brain. 4. those possessing the greatest mental power.

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Re: Neither heaven nor space |Anton
11.05.16 19:45



The world's locked up in your head
Rosabel & Anton
Et tout à fait droite sur sa chaise, le talon claquant le vieux plancher, on l’avait vu hocher doucement la tête de gauche à droite comme un étrange signe non pas d’insatisfaction mais de désaccord bien tranché, les lèvres légèrement tirées vers l’avant. Car cela lui semblait être une conception bien naïve de la chose, de croire que c’était là un choix et que le libre arbitre y avait tout son pesant. L’amour était malheureusement au-delà du rationnel, pire, il s’en fichait bien, ou tout du moins c’était ce qu’elle avait fini par se dire. Quand bien même le choix de la solitude et de l’insensible la gardaient bien des affres de la passion.

_ Ce n’est pas vraiment quelque chose que vous pouvez décider. Vous ne vous situez malheureusement pas dans un extrême ; l’être humain est nuancé. Votre rationnel vous en préserve peut-être pour l’instant, et grand bien vous en fasse, cette chose est trop idéalisée. L’amour est une maladie qui ne se guérit qu’avec du chagrin. Les émotions sont des choses pénibles, toutes les émotions. Elles sont instables et changeantes, et hostiles à votre rationnel. Très hostiles. C’est une balance. Il faut l’équilibrer, et c’est le plus difficile parce que cette vilaine chose, l’amour, ça ne cesse de vous faire pendre d’un côté puis de l’autre. La passion est une roue capricieuse. Mais heureusement pour nous ce n’est pas une nécessité en soi, on peut très bien s’en passer. Ne cherchez pas votre harpie surtout, ce serait une perte de temps. La fatalité aime trop se mêler de nos affaires, elle s’occupera de vous en temps et en heure.

Et il y avait une pointe d’amère dans sa voix, une conception propre qui apparaissait réfléchie comme si vraiment elle avait pris le temps d’en faire toute une théorie. Et cela aurait pu étonner de se dire que cette obsédée des apparences ne réfléchissait pas juste à la couleur de ses tenues, ne s’arrêtait pas seulement à un choix de chaussures. Car l’absence de conversations avec le prochain avait l’unique privilège de la laisser converser avec elle-même. Quand bien même il n'en ressortait que des réflexions saumâtres et en totale adéquation avec son défaitisme usuel.

Et elle avait reporté son attention sur la pipe, naturellement elle l'avait remplie machinalement sans avoir réellement l'intention de s'en servir dans l'instant, cependant le constat assez simple qui en était ressorti était de fait tout à fait véridique. Elle accueillit néanmoins leur sortie prochaine avec cet air profondément indifférent qui lui ressemblait bien plus que tout ce qu'elle avait montré jusqu'à présent, et qui parvenait encore à resurgir parfois semblable à une mauvaise manie dont elle avait bien du mal à se défaire. Et elle aimait se complaire dans cette langueur presque dramatique qui lui conférait en vérité toute son assurance.

_ Vous allez sentir la fumée., objecta-t-elle calmement toujours en le fixant comme il s'était levé pour passer son manteau. Vous ne tenez réellement pas l'alcool n'est-ce pas ?

Et soudain l'idée l'avait fait rire, éclipsant une fois encore le sérieux qu'elle arrivait à maintenir de temps à autre, mais qui n'était absolument pas en accord avec son état présent. Rosabel se plaisait, c'était un fait. Et tout cela, il fallait bien l'admettre, n'avait rien de sérieux. Rien du tout. Et puisqu'elle n'avait définitivement rien contre l'idée, on avait pu la voir se lever en retour, non pas sans un certain grotesque. Et c'était exactement à ce moment-là, précisément, qu'on se rendait compte que, si l'alcool n'empêchait pas miss Northrop d'articuler des pages de mots il en allait tout autre de ses mouvements. Entravés. Et vous imaginez-vous réussir à aligner vos pas dans cette jupe crayon, tellement serrée ? Vous, certainement pas. Mais Rosabel était habile. La démarche semblait simplement plus sautillante, et la difficulté aurait pu paraître pour de la facilité ; il n'en était rien. Cela lui demandait un effort dont elle n'avait plus conscience. Soudain, on avait l'impression d'avoir affaire à une actrice de burlesque qui jouait le rôle d'une dame. Soudain, elle semblait drôle, mais d'une drôlerie étrange car presque attendrissante.  

Elle dandina autour de la table, et se heurta doucement contre l'homme, y prit nonchalamment appui alors que dans un même temps elle faisait un signe au serveur. Non pas un signe comme on hélerait quelqu'un mais plutôt comme on lui dirait au revoir.

_ Nous partons, chou. Avec la bouteille. Naturellement, vous mettrez tout ceci sur ma note !

Enfin, sa tête trouva seule le chemin de cette épaule qui ne lui appartenait pas, mais qu'elle percevait tout juste à côté d'elle, qu'elle réquisitionnait sans gêne, s'appuyant tout à fait contre, son délicat parfum embaumant l'air d'une nouvelle vague de sensuel.

Et vous, êtes-vous heureux ? Elle porta directement la bouteille à sa bouche, mais n'y fit qu'y tremper les lèvres. Un sourire un peu lointain balaya sa figure, et elle avait cet air détaché, car elle se sentait à la fois si lourde et si légère, un instant étrangement, elle sembla ravie. Cet état vraiment ne lui déplaisait pas. Car si vous ne l'êtes pas, nous aurions un point commun.

Et elle avait ri doucement, et furtivement, avant de se reprendre soudain. Le temps d'un autre silence où elle sembla pensive, avant que sa voix ne s'élève finalement, un murmure en vérité pour révéler ce qui semblait à l'instant l'inquiéter tout à fait.

_ Pardonnez-moi, je crois que vous devrez m'aider à sortir d'ici. Ne leur donnons pas la satisfaction de me voir tomber. S'il vous plait.

Et Rosabel qui demandait une faveur à quelqu'un, si ce n'était pas une première.
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Re: Neither heaven nor space |Anton
14.05.16 16:09

Neither heaven nor space


Il n’avait retenu un rire sincère aux paroles de la vipère qui d’une voix amère, semblait parler d’un vécu un peu trop médisant pour être idéalisé. « Je vous crois » avait-il répondu en trempant une nouvelle fois ses lèvres dans le verre — car voyez-vous l’alcool entrainait l’alcool, boire entrainait la soif sans même que l’on s’en rende compte et c’est avec une certaine satisfaction repoussée qu’il avalait la gorgée brûlante. Elle n’était bien pas la première à lui raconter, et se souvenait encore des pleurs de sa mère à l’instance du divorce; comme si le désespoir n’avait un jour était que la seule option qui s’était présentée à elle. Et vous, Rosabel ? Aussi Anton proposa-t-il de s’évader, de sortir; de prendre l’air face à tant de chaleur, de rancoeur — et de folie. Un verre et demi, avalé un peu trop vite, un peu en travers et il avait su qu’il en était de sa fin. Le raisonnable avait perdu face à la verte, et aussi lui en voulait-il un peu; ou pas du tout car voyez-vous, il avait toujours le contrôle. Et quand on avait le contrôle, on avait tout. Il s’était levé habilement, enfilé son manteau de la même sorte. On aurait dit qu’il était tout à fait sobre; et peut-être l’était-il encore assez.

« Ne vous avais-je pas prévenu ? » répond-t-il, car non vous savez, il ne tient pas l’alcool, pas du tout. Et il se demande bien s’il l’a prévenue, d’ailleurs — n’est plus très sûr, tente de se souvenir. Il la regarde se lever et de sa démarche un peu délicate, arrosée, venir s’appuyer sur lui — et c’est comme s’il ne la sentait presque pas, ses sens un peu endormis. Elle lui avait tiré un sourire, car voir Rosabel Northrop ainsi avait quelque chose d’unique et de privilégié. Comment diable s’était-il retrouvé dans cette situation qui ne faisait, finalement, que lui faire passer un bon moment. Et si on le lui avait un jour dit, il aurait ri au nez avant de crier au menteur. Elle a la bouteille à la main et ses lunettes toujours sur ses yeux, la jupe crayon de dame lui serrant les hanches de quelques plis sexy. Il la retient Anton, la garde droite à côté de lui; car il respecte le respect qu’elle impose, peut-être — et que même lui n’aimerait la voir tomber. Il sourit. « Naturellement — mais vous auriez pu me laisser faire. » déclare Anton par pure politesse; car c’était un peu dérangeant, qu’on paye des choses à des inconnus — mais n’était-ce pas l’alcool qui dictait ses lois ? Aussi avait-il presque peur de l’entendre claquer de la langue. Il tourne sa tête vers le barman; et l’on aurait dit une marionnette comique, la tête ainsi tournée. « Merci, bonne soirée. » contraste-t-il des mots secs de la serpentarde à son bras.

Il sent soudain son épaule devenue chaude, la joue de la jeune femme bien posée sur son moelleux manteau — et qui protesterait; elle avait bien trop bu. Il attrape la bouteille de ses mains et en boit au goulot à sa suite, car voyez-vous, le bonheur était une notion bien abstraite — et il s’avouait avoir en commun quelque chose avec le vert. « Vous oubliez vos gants » Il n’avait pas même vu qu’il oubliait lui-même sa baguette. Mais qu’importait, il lui confia la bouteille; vérifiant bien qu’elle l’avait en main de sa main libre. Alors il les attrape, les objets d’or, au prix faisant pleurer — vérifie qu’il ne reste rien sur la table. Il pense encore bien Anton, il a encore les idées qui se suivent; il se sent responsable d’une princesse, garde d’une reine; ou larbin, il n’en savait trop rien. Ses affaires sous un bras, elle sous l’autre, il était fin prêt à partir prendre l’air; puis elle avait chuchoté — et il avait eu une émotion qu’il ne connaissait pas. Il s’était retourné vers elle, et il avait senti comme un pincement quelque part, et non pas parce qu’elle avait dit s’il vous plait, quoi que cela en avait rajouté. Il y avait dans sa demande quelque chose de très noble qu’il avait perçu, comme la fierté d’un Roi de ne pas s’écrouler; et il avait trouvé ça bien beau. Alors il avait souri.  « Tout ce que vous voudrez. » déclare-t-il simplement, un petit sourire mesquin aux lèvres bien trop discret pour être remarqué.

Alors commença-t-il sa marche vers la sortie, la guidant et faisant bien attention à ce qu’agrippée à sa carrure, elle puisse marcher assez droit pour ne pas que l’on attise le rire facilement. Il trébuche sur le parquet gonflé, se rattrape et la rattrape avec lui; ne peut s'empêcher de rire un peu. Et il est beau le couple boiteux; le couple maladroit, celui que l'on espérait pas. Et cela aurait fait rire, dans un film moldu; de les voir ainsi marcher droits, direction la sortie — et si l’on voyait à peine qu’Anton lui servait de rampe sur la ligne droite, l’on les sentait soudain comme inséparable; car ils semblaient passer une très bonne soirée. La porte s’ouvrit avant même qu’Anton n’eut quoi que ce soit à faire, et un pas dehors les voilà dans le froid de la nuit, le silence soudain bien plus oppressant qu’à l’intérieur. Il sent le froid s’engouffrer dans son manteau et pourtant, il n’a jamais eu aussi chaud; il l’observe et fronce les sourcils.  « Vous n'aviez pas de manteau ? » Surement l’avait-elle oublié dans un autre pub; faudrait-il alors faire une tournée de bars ? Il pria que non. Car l'éventualité qu'elle se fiche bien du froid comme il s'en fichait à présent avait quelque chose de doux.





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