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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
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Neither heaven nor space |Anton - Page 2

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 Neither heaven nor space |Anton

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Re: Neither heaven nor space |Anton
16.05.16 0:17



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Rosabel & Anton
_ C’est très bien. C’est une merveilleuse chose de ne pas tenir l’alcool. Je dirai même plus : je plains les gens qui tiennent l’alcool. Ne le tenez jamais surtout, c’est la chose la plus triste qui soit !

Et Rosabel était de cette exagération grotesque et maniérée, une main sur son front pour appuyer ses dires, et l’air tellement dépité que rien n’aurait pu lui paraître aussi vrai dans cet instant présent. Et elle répétait encore doucement, terrible, tout à fait terrible, audible seulement pour l’homme contre lequel elle se reposait tout à fait, et croyez bien que Rosabel ne se reposait jamais sur personne, hormis sur Roger l’elfe de maison qui était censé s’occuper de la maison, de sa mère, surveiller l’enfant, lui faire couler son bain, et bien sûr lui préparer ses repas, repasser ses vêtements, lui servir ses trop nombreuses coupes de champagne, et bien sûr agiter encore un éventail l’été lorsqu’il faisait trop chaud tout en lui massant les doigts de pieds, et sur lequel elle se défoulait volontiers lorsqu’elle oubliait par mégarde de prendre ses calmants et qu’elle ne manquait pas de corriger à coup de baguette et de gifles à chacun de ses retours si elle se rendait compte que son larbin adoré avait négligé ses précieuses missions.

_ Je vous offre votre cuite, vous m’offrez votre épaule. Nous sommes quittes. Et elle balaya de la main le débat, puisque le marché lui semblait tout à fait honnête, et qu’elle ne s’embarrassait vraiment pas de ces choses-là. Une bouteille, cela lui semblait si peu de choses. Enfin, Rosabel n’avait ni l’habitude d’offrir des choses aux gens et moins encore celle qu’on lui en offre, quoique l’aîné de ses frères la gâtait souvent. Malgré tout les affaires de galanterie lui passaient bien au-dessus de la tête, la bienséance même lui semblait bien loin. Rosabel Northrop n’était plus tout à fait Rosabel Northrop ce soir-là, et lorsqu’on n’était plus exactement ce que l’on était censé être, on pouvait bien s’accorder quelques écarts comme ceux qu’elle était présentement en train de commettre.

_ Mes gants bien sûr ! Mais faîtes vite, je peux tenir debout, mais je me sens tanguer comme sur un bateau. Il fait bien trop chaud. N'oubliez pas la pipe. Je vous attends et ne bouge pas.

De fait, c'était probablement une rare rencontre, miss Northrop s'entendait avec peu de gens, et peu de gens lui faisaient l'impression que ce soir cet homme-ci lui avait fait, peu de gens attiraient sa sympathie, peu lui donnait envie de déblatérer autant -et elle aurait pu monologuer des heures encore. Quand bien même l'alcool aidait dans la démarche, cet homme-ci lui avait donné envie de rester. Juste un peu plus longtemps. Et croyez bien encore une fois que Rosabel Northrop ne s'embarrassait pas de n'importe qui.

Et elle se laissa naturellement dirigée, son poids et sa démarche soutenus par l'homme, qu'elle tentait tant bien que mal de suivre. Et elle s'efforçait de paraître digne, de rester droite à côté de lui, malgré les bottines trop chères pour buter sur le moindre trou creusé dans le plancher, malgré ses trop longues jambes qui semblaient s'emmêler dans le tissu de la jupe qui l'emprisonnait, malgré ses hanches qui ne cessaient de heurter leurs homologues à chaque dandinement trop poussé, malgré cette légère tendance à pencher son buste vers l'avant, et Rosabel se sentait tombée parfois, de cette ivresse libératrice de folie. Et ses bras se rattrapaient à lui, une main qui agrippait son dos, ou peut-être son bras, rien n'était très sûr, à moins que ce ne fut lui qui ne tentait de s'accrocher à elle. Et de quoi devaient-ils avoir l'air, vraiment ? Peut-être d'une Amélie et Amélia Jacasse. Oui, ce devait être ça, le même dandinement jusqu'à la sortie.

_ Si vous n’existiez pas je crois que je vous inventerai. Vous m’êtes d’une aide inestimable, comme Roger. Puis-je vous appeler Roger ?

Une fois sortie, elle accueillit l'air frais d'un rire de trop encore, à moins que l'idée d'avoir un Roger plus grand que nature ne la rende en vérité hilare, avant de finalement se défaire de l'étreinte, d'attraper au passage ses gants et sa pipe. Car plongée à nouveau dans l'obscurité, ses pieds sur le sentier, le froid réveillant le système assoupi, la nuit semblait lui redonner un peu d'entrain, d'aisance, à moins que son dodelinement ne sembla plutôt être de la virtuosité.

_ Un manteau, je crois que si. Enfin, je ne sais plus. Mais ça n'a pas réellement d'importance n'est-ce pas ? Il fait tellement chaud, personne n'a besoin d'un manteau. Tout ce qu'il me faut, je l'ai déjà ici.

Et puis elle avait eu ce petit rictus en coin, éloquent, à l'encontre de l'homme, tout ce dont elle avait besoin, oui, pour ce soir, il lui faisait parfaitement l'affaire.
Mais elle s'exclamait soudain, un sursaut d'ivresse soudain. Et parce que finalement, cette nuit, il ne lui faudrait pas grand chose.

_ Nous avons réussi, Chéri, notre marche fut la plus honorable possible. Buvons plutôt deux fois qu'une pour fêter l'exploit. Ceci étant dit, elle l'attrapa par le bras et l'invita à l'accompagner vers un petit muret où ils pourraient s'appuyer quelques instants. La bouteille déjà retrouvait ses lèvres avant qu'elle ne la passe à nouveau à son voisin. Vous êtes le partenaire le plus adroit qui soit, vous avez failli tomber je l'ai senti ! Mais cette manœuvre, vous vous êtes redressé au parfait moment ! Rebuvons donc. Mais à vous, cette fois.

Et elle voulut s'asseoir sur ce petit mur, mais rata pitoyablement sa cible et se retrouva malgré tout les fesses par terre. Et on aurait pu croire que Rosabel Northrop en serait embarrassée, or il en était rien, et elle s'était esclaffée lui tendant une main, incertaine quand à savoir si c'était pour l'aider à la relever ou pour l'inviter encore à la rejoindre.

_ Je n'ai rien, mais enfin Roger, asseyez-vous ou relevez-moi mais ne me laissez pas toute seule par terre. Personne ne regardera de toute façon. Nous sommes inexistants je crois, et cet endroit est désertique, vraiment.

Elle se tut l'espace de quelques secondes, un silence qui ne voulait rien dire vraiment, simplement pour mieux laisser sa voix crever un instant le silence d'une nouvelle idée, très éméchée.

_ Bien sûr maintenant que nous nous connaissons mieux, nous pourrions nous marier. Mais en pleine nuit, il faudrait le faire nous-même. Tenez, je sais. Et elle s'était empressée de retirer l'une de ses bagues, qu'elle lui tendit négligemment coincée entre deux doigts tandis qu'elle reprenait d'une voix solennelle, et bien trop fausse pour qu'elle ne sembla sérieuse l'espace d'une seconde, malgré toute l'attention qu'elle semblait y mettre. Mais enfin elle n'avait jamais demandé personne en mariage, cela demandait beaucoup de courage, ou simplement un certain degré d'alcoolémie. Roger, en cette nuit d'ivresse, je vous propose de m'épouser. Je ne vous dirai pas que je vous aime, et je vous jure que nous ne serons jamais heureux ensemble. Cependant cela implique que vous aurez le devoir de boire avec moi, de me prêter votre épaule et de m'aider à rester droite, et de temps en temps je vous ferai un câlin parce que je vous aime bien.  
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Re: Neither heaven nor space |Anton
17.05.16 17:55

Neither heaven nor space


Roger. Il se demanda bien qui était ce monsieur au nom si français, et si noble avant d’hausser les épaules. Rosabel Northrop pouvait bien l’appeler comme elle le désirait, car il se rendait bien compte qu’elle ne se souviendrai peut-être pas de tels détails, ou qu’elles les lui rappelleraient bien un jour — mais vous savez, Roger, ce n’était pas un nom si dur à porter que ça. Et il était bon de garder l’anonymat, pour une fois. Ce fut comme un soulagement lorsqu’ils franchirent la porte, Anton se laissant à exploser soudain de rire; d’un rire vrai et frais, soulagé d’avoir réussi sa mission de taille — et il se sentait soudain babysitter de la verte. Et son petit sourire n’avait pas échappé au garçon, car quand bien même il n’avait aucune expérience en la matière, il y en avait de certains détails qui n’échappaient pas; ébranlaient les esprits. Il avait pris une inspiration, les lèvres pincées et les sourcils levés; il était bien maladroit, face à ce genre d’avances qui ne venaient jamais. Rire. « Si vous attrapez froid, vous ne pourrez m’accuser ! » s’exclama-t-il en se laissant guider par la dame qui venait de lui attraper le bras.

Elle n’était pas vraiment dame — simple jeune fille, pourtant la coiffure, le style vestimentaire, les gestes et manies la rendaient dame; grande. Et malgré l’alcool, les cheveux en furie et la langue retournée, Rosabel Northrop restait intrigante et passionnante — et c’est surement pour ça qu’il se laissait faire aussi facilement, qu’il se laissait aller à chacune de ses envies. Il attrapait la bouteille qu’elle lui tendait; en bu une légère gorgée. Et puis, pourquoi se priver ? Pourquoi se fatiguer à garder ce contrôle, tout semblait aller — tout semblait s’envoler. Alors il laissa l’alcool glisser dans son gosier, et sachez bien que s’il s’était vu dans un miroir à ce moment précis, il se serait surement parlé à lui-même. Il se serait demandé d’arrêter, et il aurait arrêté; la raison comme reflet. Mais ici, la raison était enterrée pour laisser place à Rosabel Northrop. Voilà qui était de mauvais augure. Il manqua de s’étouffer alors qu’elle le faisait rire une nouvelle fois. « Vous avez remarqué ? » s’enquilla-t-il de répondre en lui rendant la bouteille. « Il faut dire que ce n’était pas facile. » avoua-t-il ne sachant en réalité, pas trop pourquoi il disait ça.

Il faisait réellement froid — et chaud dans le même temps. Regard vers le ciel et il fut joie de constater que pluie serait absente en cette soirée; car les étoiles brillaient, la lune les éclairait. Et puis, Rosabel était à terre. Il n’avait pas trop remarqué comment elle s’était ainsi retrouvé cul au sol, mais alors qu’elle lui tendait la main, il décida que la rejoindre était de loin la meilleure des solutions, et il s’assit ainsi à côté d’elle, épaule contre épaule; genoux en hauteur, avant-bras posés dessus et le regard dans le vide, loin devant. L’idée qu’il était ainsi avec Rosabel Northrop le fit rire une nouvelle fois. Deux riches assis dehors, à même à boire sur un trottoir, une bonne bouteille de whisky sur le bord des lèvres. Et puis la noble avait parlé, et Anton s’était tourné vers elle, ne pouvant retenir un rire léger, presque discret. Il avait cependant pris la bague et l’avait faite tournée entre ses doigts. Chopard. Ils étaient les bobos de Pré-au-Lard. Aussi la glissa-t-il à son petit doigts et ça ne rentrait presque pas — alors il fallait forcer, et il avait forcé, l’écoutant parler avec une attention un peu légère. « Promesse de malheur éternel; que demander de plus au monde ? » Il rit une nouvelle fois, avant de se rendre compte avec horreur qu’il n’avait pas de bague. « Je n’ai rien à vous offrir » constata-t-il sans réellement savoir de quoi il parlait. « J’ai une idée » réalisa-t-il; aussi avait-il retiré de son poignet la Breitling de cuir, celle de ses dix huit ans — le matériel n’avait rien d’important. Il attrapa la main de la jeune femme, posa la montre dedans. « Vous avez réellement décidé de me tirer un sortilège dans le pied. » ironisa-t-il, reprenant les mots qu’elle avait usé un peu plus tôt — et il se surprit à pouvoir ainsi faire preuve de sarcasme à cette heure de la nuit. « Je n’ai que ça en guise d’alliance. Nous nous les jetterons dessus dès notre divorce. » Imminent; car qui supporterait la belle plus que quelques heures. Et bien il y arrivait, de toute évidence.

Semblait-il soudain évident que la bague retrouverait dans un futur proche sa propriétaire, mais pour le moment ils en étaient à boire dans les rues de Pré-au-Lard. « Buvons à cet évènement. » Et quel évènement ! Mais il y avait bien un problème à tout ceci; et un problème de taille. « Nous devrions nous tutoyer, comme de bons époux le feraient. » Oh, il avait bien entendu oublié par mégarde le baiser demandé des mariés; et c’est qu’il avait peut-être un petit peu plus le contrôle qu’il ne se laissait paraitre; aussi était-il dans cet état où il se laissait aller plus que de coutume, mais où il gardait des limites qu’il n’y avait pas encore à franchir. Bouteille aux lèvres, il tendit une nouvelle fois l’objet à son épouse d’un soir.




1. (Psychology) the capacity for understanding, thinking, and reasoning, as distinct from feeling or wishing 2. a mind or intelligence, esp a brilliant one. 3. a person possessing a brilliant mind; brain. 4. those possessing the greatest mental power.

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Re: Neither heaven nor space |Anton
18.05.16 0:18



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Rosabel & Anton
Et elle avait appuyé son épaule contre la sienne comme toute réponse, puisque la proximité ne la dérangeait pas vraiment, puisqu’un énième pilier pour soutenir le dodelinement de son buste lui semblait tout à fait nécessaire, puisqu’elle ne paraissait en vérité pas comprendre ce qui provoquait une telle hilarité. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, Rosabel ne se sentait pas plus spéciale, quoique très légèrement, peut-être un peu différente des autres, parce qu’on le lui avait répété depuis sa plus tendre enfance, et qu’un code de conduite, quand bien même il avait subi un réajustement au fur et à mesure, lui collait toujours aussi durement à la peau. Rosabel n’avait jamais pensé à ce qu’elle aurait pu faire d’autre, à ce à quoi elle aurait pu ressembler encore. Et elle ne songeait pas comme les choses auraient pu être différentes avec une autre attitude. Elle était exactement de la façon dont elle devait être. Mais le fait était que Rosabel ne voyait pas ce qu’il y avait de si étrange ou de si drôle à ce que quelqu’un se tienne ainsi à côté d’elle, quand bien même il était vrai qu’elle s’appliquait toujours à mettre un point d’honneur à ce qu’on ne l’approche jamais trop. Mais tout de même, la situation en l’occurrence lui apparaissait assez banale. Combien de fois s’était-elle retrouvée dans cet état ? A combien de gens avait-elle conversé ? Et à combien avait-elle encore jeté un maléfice, simplement parce qu’une remarque, un geste avaient été jugés déplacés ?  

_ Je ne sais pas. Si vous ne serez pas l’homme le plus heureux du monde, peut-on en déduire que vous en serez le plus malheureux ? Alors elle avait ricané doucement, imperceptiblement, une suite de murmures légers et continus, avant d’accueillir enfin dans le creux de sa main l’échange qui scellait ainsi leur pacte, ou leur union. Rosabel aimait les biens matériels, elle était sensible à toutes ces petites attentions, à l’idée même d’offrir quelque chose, d’en prendre la peine. Je trouve qu’il y a quelque chose de symboliquement beau dans la dépossession. Elle me plait, j’en prendrai soin. Aidez-moi donc à la mettre.

Et elle avait tendu son bras, la montre un peu trop imposante, un peu trop grande autour du délicat poignet. Et cela lui avait arraché un énième rire, encore bref, mais plus fort cette fois, plus clair, plus simple.

_ Roger, vous êtes un Northrop à présent ! Et je n’ai rien entendu d’aussi ridicule de toute ma vie. Je vous avais prévenu, c’est bien pire qu’un sortilège dans le pied. Sa tête chancela quelques secondes et heurta volontairement l’épaule de son fiancé. Vous l’avez comme un serpent autour du cou. Roger, vous êtes si frivole, vraiment.

Ils ne regardaient pas dans la même direction pourtant. Il semblait fixer un point au loin, tandis que son regard à elle scrutait les irrégularités d’un chemin tracé négligé et qui serpentait derrière la Tête de Sanglier. Elle ressentit alors enfin, après tant de temps, ce qu’elle était réellement venue chercher si loin de ses artifices de superficialité, si loin des convenances sociales qu’elle haïssait plus que de raison, si loin des frasques quotidiennes d’une vie étudiante à laquelle elle semblait goûter à peine. La solitude enfin dans un trou de misère.

Elle passa une main dans ses cheveux et défit volontairement l’élégante coiffure –qui n’avait plus rien d’élégante soit dit en passant- comme elle retira tout aussi prestement les boucles pendantes à ses oreilles, et les pierres scintillantes sur ses doigts, l’imposant collier plongent dans son décolleté. Le tout fut négligemment jeté à leurs pieds, ne gardant vraiment de précieux comme accessoires que la montre précédemment offerte.

_ Nous sommes seuls.

Car la tête de sanglier semblait endormie, ses contours à peine visibles dans l’obscurité, un vent léger soulevant à peine un panneau qui basculait doucement à l’entrée, d’un grincement sinistre.

_ Un homme sans défense ne devrait pas rôder seul dans les bars miteux. On y trouve de mauvaises fréquentations.

Alors elle inversait volontairement les rôles, ce timbre terriblement moqueur, et ce sourire amusé qui disparut un bref instant derrière le goulot de la bouteille, avant qu’elle ne la lui cale à nouveau entre l’espace laissé libre par les genoux relevés.

Elle redressa la tête qui lui sembla lourde, mais lourde…

_ Oui, tu as raison. De bons époux se donnent aussi des petits surnoms, n’est-ce pas ? C’est parce qu’ils ont un attrait prononcé pour la niaiserie, le ridicule et le cliché. Par exemple, je vous… Oh je ne m’y ferai jamais, nous aurions dû nous tutoyer dès le départ ! Je pourrai t’appeler… Oh que penses-tu de… Mon petit centaure des prairies verdoyantes. Je peux être ta petite licorne des neiges si tu veux.

Et elle avait ri encore, et elle riait dès lors beaucoup trop. Cuite. Elle était cuite. Alors, elle porta sa pipe à la bouche, une main s’emparant de sa baguette magique, un sortilège marmonné plus tard et une petite flamme jaillissait du bout de bois pour mieux enfumer l’ambiance de volutes autres que celles pourtant déjà enivrantes du whisky.

Et elle s’était doucement redressée sur ses jambes, sans pour autant se lever, alors qu’elle venait se poser tout juste en face de lui, la partie supérieure de son corps venant tout juste prendre appui sur les genoux étrangers, chassant un instant les bras, envahissant tout à fait l’espace comme elle l’avait déjà fait un peu plus tôt, un bras qu'elle tendait et appuyait sur l'épaule en face pour se maintenir et éviter de s'écraser complètement sur petit centaure des prairies verdoyantes.

_ C’est donc ici que nous passons notre nuit de noces. Conclut-elle d’un air presque... Aguicheur. Très bien, nous pouvons fumer, nous pouvons boire… mais quel genre de folies pourrions-nous faire ce soir… Y’a-t-il quelque chose dont vous avez toujours rêvé mais que vous n’avez jamais osé faire ? Nous sommes mariés maintenant, c’est le moment où jamais pour se lancer. Faisons le, tout ce que vous voudrez, n’importe quoi même. Demandez. Car c’est le soir de notre mariage mais aussi de votre enterrement de vie de garçon et de ma vie de jeune fille.

Et elle s’était penchée un peu plus en avant vers le visage tout aussi méconnaissable vu d’aussi près. Et c'était à se demander vraiment comment elle tenait encore sur ses genoux, et c'était comme si elle pouvait sentir son souffle dans un même temps, comme si vraiment il n'y avait qu'une limite à franchir. Un rictus sardonique choisit alors exactement ce moment pour apparaître. Comme si Rosabel cédait toujours à la facilité, comme si elle n'avait jamais préféré le jeu, l'insolence un peu, la provocation aussi. Et elle tournait ainsi autour des limites alors que, vraiment, elle était de ce genre à n'en avoir aucune. Et c'était peut-être justement pour cette raison qu'elle pouvait s'en amuser, s'en créer, s'en détruire, s'en défaire, et les repousser les dessiner à sa guise.

_ Je peux te confier un secret ? J’aimerai beaucoup avoir un énorme gâteau avec un homme caché à l’intérieur… Qui me ferait ensuite un striptease. Tu veux bien me faire un striptease ?

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Re: Neither heaven nor space |Anton
18.05.16 10:29

Neither heaven nor space


Nous sommes seuls.

Et le silence de la nuit en témoignait; aussi ne pouvait-il démentir ce qui tombait être comme un fait. Ils étaient seuls dans les rues de Pré-au-Lard, et Anton s’était finalement demandé l’heure qu’il était; depuis combien de temps étaient-ils là à boire — pas plus qu’une heure, à tout casser. Elle enlevait déjà tous ses bijoux; sa coiffure, ses artifices; elle devenait simple comme elle aurait toujours dû l’être. Il l’avait regardée faire en silence, avant de se lasser et de retourner à sa contemplation du rien — elle était un drôle de mystère. Pourtant le silence ne resta pas longtemps, elle s’enchainant à une menace qui l’avait fait doucement sourire, le garçon — d’un sourire en coin, d’un sourire sardonique qui ne demandait qu’à voir; puis d’un petit rire lâché sans réellement de contrôle, alors qu’il tentait de se concentrer sur la bouteille pour ne pas la faire tomber — elle calée entre ses deux genoux. « Les mauvaises fréquentations ne sont pas toujours les pires. détonna-t-il en finalement attrapant la bouteille, buvant une nouvelle gorgée et la posant à côté de lui. Et ils auraient effectivement dû se tutoyer dès le départ, comprenant avec une certaine aisance la difficulté de se tutoyer à l’instant. « Voilà qui sonne on ne peut mieux. » Et la moquerie des niais le fit rire une nouvelle fois — sa petite licorne des neiges ? Et bien. « Vous ser— tu seras ma douce licorne des neiges. » Ils étaient maintenant, avec de tels surnoms, de parfaits époux.

Il l’accompagnait dans son rire du moment, alors qu’elle allumait sa pipe et tentait de fumer — avant de se redresser légèrement, attisant la curiosité d’Anton qui, calé contre le muret, avait bien tout sauf l’envie de bouger. Elle chassait ses bras et il se laissait faire; comme il l’avait laissée faire tout du long — il était suiveur, jamais meneur, le bleu aux voluptés verdoyants. Et il n’était pas sûr de comprendre ce qu’elle faisait alors qu’il y avait quelque chose de très parlant, un regard peut-être, un sourire, une voix. Et l’alcool l’avait empêché de rougir et de fuir; pourtant il restait là sans être sûr de savoir quoi répondre — car il voyait très bien de quoi elle voulait parler. Il était resté silencieux, ne voulait dire quoi que ce soit qu’il regretterait; l’éternel insatisfait. Alors elle avait pris la parole, s’était penchée un peu trop près, car de là tout semblait possible.

« Il serait préférable de faire ça un soir où je serai moins flou. » Il rit un instant, Anton, tentant désespérément de cacher son désarroi; car voilà bien une situation devant laquelle il redevenait petit garçon, incapable de trouver une solution. Il aurait voulu céder un instant, se souvenant que raison était devenue folie — aussi calmait-il ses ardeurs en fixant les yeux oubliés de Rosabel Northrop; qui n’était peut-être plus réellement elle-même, ou peut-être un peu trop. Et il aurait été tellement facile à ce moment précis d’en profiter — à un tel point que le jeu trouvait fin de part sa facilité. Et ce n’est pas le manque de bienséance qui mettait le garçon mal à l’aise, ce n’était pas le fait qu’elle était ivre et qu’il en aurait été tout à fait gagnant, qu’elle n’était pas consciente de ce qu’elle faisait réellement. Non; à vrai dire il s’en fichait plutôt pas mal. Anton était simplement encore bien trop timide pour se lancer — et si l’alcool l’avait envouté, si elle jouait à l’envouter, il gardait un peu conscience, se battait pour ne pas totalement céder.

Aussi le cul de la bouteille était calé dans sa main, et ses jambes s’étaient subitement séparées; Rosabel Northrop perdait son nouveau pilier pour se retrouver directement sur le petit garçon qui avait déjà trouvé sa seule solution — issue de secours. Il y avait de nouveau le parfum de la vipère qui était là, il y avait la chaleur qu’elle dégageait contre la sienne, et quelques cheveux qui chatouillaient son cou. Aussi se rappela-t-il qu’il n’aimait pas beaucoup les filles parce qu’elles parlaient trop, étaient ennuyantes, trop curieuses, c’était un fait; mais il y avait cette part de tentation qui le terrifiait, une tentation avec laquelle Rosabel Northrop jouait d’une stratégie habile. « Tu es ivre. »  Elle l’avait totalement déstabilisé, et Anton était tout à fait prêt à céder; plus qu’à une femme, à la curiosité. D’ici, il aurait pu l’embrasser; car tout semblait soudain possible — mais il était bien conscient que s’il laissait une parcelle de lui s’égarer, il se perdrait tout entier; car il ne contrôlait plus rien qu’à moitié. Il voulait l’embrasser, satisfaire l’inconnu qui le brûlait, mais il y avait toujours un mais. Foutue raison.

Il avait simplement posé son menton sur l’épaule de sa toute nouvelle épouse de diamant, et avait glissé à un son oreille un « Je ne t’ai jamais promis baisers. » qui aurait pu sonner comme des excuses, mais qui se faisait un peu plus séditieux qu’il ne l’aurait même espéré. Il jouait le prédateur alors qu’il était la proie; et c’était là une idée bien osée, à peine préparée. D’ici, il réussit à boire les dernières gorgées de whisky, créant sa porte de sortie; et s’il n’était pas sûr que ce fut la meilleure des solutions, elle était bien la seule qu’il avait en tête. Enroulant son bras autour du dos de la vipère un peu plus fort; il laissa tomber la bouteille qui, plutôt que de se casser dans un fracas, avait simplement roulé sur le sol — s’était stoppée contre le muret; il attrapa d’une main les bijoux qu’elle avait laissé. Bras agrippés sous ses bras à elle, il se redressait, le poids de la dame sur son torse. « Et l’endroit est bien piteux pour une nuit de noces. » Et c’est dans un effort qu’il n’aurait su décrire, dont il était à peine conscient qu’il avait réussi à se relever, aidé par l’appui exercé sur le muret; Rire. « J’ai besoin de ton aide — Il faut que nous retournions à la tête de sanglier. Nous n’avons même plus d’alcool. » Et là était toute son argumentation. Car n’était-ce pas une auberge, dans ses souvenirs ? Il la laisserait là, retournerait à Poudlard. Et il lui avait pourtant garanti de ne pas la porter; mais voyez-vous Anton n’était pas ce que l’on pouvait appeler un homme de parole, ni même d’honneur — voilà donc que la soutenir ne lui incombait pas plus que ça, à l’heure précise.




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Re: Neither heaven nor space |Anton
18.05.16 15:12



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Et elle avait maugréé, juste d’un très légèrement, en se sentant glisser contre lui, sans émettre vraiment de quelconque plainte devant la nouvelle position, tandis qu’elle en profitait même pour s’installer tout à fait, car il était plus agréable au toucher qu’un muret, ne murmurant qu’un « évidemment » au constat si simplement émis. Ivre. Naturellement elle l’était, et elle ne pouvait s’empêcher de renchérir. « C’est bien l’utilité de boire toute une bouteille d’alcool, me semble-t-il. » et elle avait alors haussé les épaules, confortablement lovée contre l’autre, le crâne niché dans le creux de son cou, toute sa chair alanguie et sa voix même qui semblait s'éveiller à peine ou sommeiller tout juste, ses narines frétillant parfois quand elle croyait percevoir l'odeur propre de l'homme quand elle ne se souvenait en vérité que du parfum du tabac, de la pipe qu'elle fumait encore et qui ne paraissait plus vouloir quitter sa bouche.

Mais elle avait eu ce sursaut de nervosité pourtant, un presque rien d'imperceptible, ses doigts qui s'étaient crispés sur la pipe, une attitude qui avait paru désorientée. Elle avait pris appui sur lui pour se redresser légèrement, juste suffisamment pour pouvoir le regarder. Et les traits de son visage semblaient hésiter, égarés quelque part entre de déconcerté et peut-être une émotion plus floue à nommer. Et Rosabel pouvait être vexée comme s'amusait d'un non, car enfin, on ne lui refusait pas grand chose en vérité. Mais cela sonnait un peu comme une rébellion railleuse.

_ Qui a besoin de tes baisers ?

Elle parut amère dans cette vague et première dispute de couple. Son timbre un peu mordant et âcre. Car c'était ce que lui laissait ce refus qui lui traînait au travers de la gorge, au milieu d'un sentiment confus, obscure d'agacement mais pas seulement, une petite bouderie vraiment qui persistait en même temps qu'il les relevait.

Puis comme il la soutenait toujours, elle n'avait pas bougé ni même cherché à l'aider, son buste encore doucement pressé contre le sien, et sa voix qui s'élevait comme un aparté.

_ Tu aurais dû en profiter, je me serai bien occupée de toi comme tu t’occupes de moi tout de suite, et même mieux encore. Ce sont les privilèges qu’on accorde aux nuits comme celle-ci. Tu aurais vraiment dû en profiter.

Elle s'était redressée légèrement, reprenant de cette hauteur qui lui convenait si bien, de cette assurance qui éclatait soudain, d'un sursaut de grâce qui émergeait comme s'il était resté trop longtemps éloigné de sa gestuelle, de son allure, indissociable de l'ensemble.

Et cela ne la dérangeait pas outre mesure, que cela soit fait de cette manière-là, de cette façon-là, et cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas autorisée ce type d’égarement, trop longtemps peut-être. Et vous savez, il y avait presque un quelque chose de triste, à en avoir envie là tout de suite avec un parfait étranger qu’elle venait pourtant d’épouser, à le désirer lui quand elle ne désirait jamais personne. Car il venait enfin de lui éveiller des envies, des désirs qu’elle n’avait pas ressentis depuis un moment. Et pour la première fois depuis longtemps, sur le sujet, elle sentait cette impatience qui la rongeait doucement de l’intérieur, qu'elle ne cherchait même pas à modérer ou à calmer, une ardeur qui l’invitait à se presser comme elle le faisait actuellement contre lui, son corps qu’elle aimantait sans gêne contre le sien.  Et cette façon qu’elle avait, de glisser ses longs doigts fins sur les joues qu’elle avait en face, caressant doucement l’épiderme comme si elle redécouvrait ce visage pour la première fois, comme si elle essayait d’inscrire dans un toucher les traits pour ne plus les oublier.

_ Mon corps est parfait sous tous les angles, et tu viens tout juste de laisser passer ta chance de le vérifier. Tu n’en auras pas d’autres. Et elle était grande, plus encore avec ses talons, et elle n’avait eu qu’à pencher un peu la tête pour que son front heurte le sien. Et un bras passé autour de sa nuque, de l'autre elle s'était emparée de sa main qu'elle était venue positionner sur le tissu moulant de la jupe, lui faisant arpenter lentement les courbes féminines, lui faisant sentir la fermeté de la chair, le fit s'attarder encore, languir, sur le contour de ses hanches, à se damner. Un murmure amusé enfin qui venait ponctuer la fin de la visite guidée, la voix plus suave qu'elle ne l'aurait voulu comme elle se prenait elle-même à son propre jeu, à sa propre convoitise. Et ses lèvres dansaient la mélodie de luxure, chatouillaient dangereusement les siennes. Je suis une idiote de te tenter, mais tu es un idiot de refuser.

Alors seulement elle lâcha son bras, alors seulement son corps le quitta d'un simple pas vers l'arrière, et cela sembla presque brusque, si soudain, avant qu'il n'ait le temps de la rejeter, avant qu'il n'ait le temps de lui céder, avant qu'elle n'ait le temps de lui suspendre un baiser au coin des badigoinces. Rosabel avait la tête haute et fière, le port dédaigneux qui revenait comme sa coupe tombée qui lui encadrait le visage de cette insolence décoiffée, osée. Car c'était bien ce qu'elle était. Osée. Suffisante. Et un furtif moment, sa langue sillonna sa lèvre supérieure, geste charnel, à ce moment là alors, on lui aurait trouvé un effrayant sauvage. Car elle avait le regard brûlant, avide et qui cherchait le sien avec insistance.

_ Allons chercher cette bouteille. Je ne voudrai pas que mon petit centaure des prairies verdoyantes se déshydrate.

Mais elle n'était pas de ce genre furibond, comme elle l'était pourtant parfois, pas de cette colère terrible qui grondait encore dans les murs de Poudlard. Car enfin, Rosabel Northrop n'était pas fâchée, et c'était un fait, tandis qu'elle lui tendait un bras, attendant visiblement qu'il reprenne sa place pour l'aider à rejoindre la taverne. Car ce n'était pas lui qui avait besoin de son aide mais bien elle qui avait besoin de la sienne.

_ Tu viens ?




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Re: Neither heaven nor space |Anton
18.05.16 18:20

Neither heaven nor space


Anton avait déclaré n’avoir aucun regret; des décisions prises comme imposées. La question demeurant, il n’était à cet instant précis, alors qu’elle se détachait de lui, plus tout à fait sûr de ses affirmations.

Quand elle s’était redressée, le garçon avait directement perçu quelque chose dans ses yeux qu’il n’y avait pas encore vu; une confusion incertaine qui l’avait immédiatement fait regretter ses paroles — et voilà que c’était tombé comme une sentence. Personne n’avait besoin des baisers d’un inconnu, et certainement marquait-elle un point qui l’avait mis à terre; pourtant il avait lâché un soupire de rire, un sourire en coin sur les lèvres et rien d’autre à répondre que le silence et le besoin de la relever. Si l’échec terrifiait l’enfant, il n’hésitait pas à reconnaitre défaite quand elle pointait bout de son nez; et elle l’avait eu comme personne ne l’avait jamais fait, lui et sa répartie toujours bien placée. Mais voilà que la répartie s’était envolée avec l’alcool, et qu’il n’y avait ici qu’à accepter la défaite; et pourtant elle continuait à parler, parler; et les filles parlaient beaucoup trop. Il aurait vraiment dû en profiter; « Je sais » avoua-t-il d’un ton un peu léger, un peu désintéressé; et pourtant le gout de l’amertume effleurait ses joues d’ongles vernis, et il avait serré la mâchoire sans même ne s’en rendre compte. Anton n’était pas énervé, non, il n’avait aucune rage ou aucune haine; il ne regrettait pas réellement — il sentait qu’il le ferait d’ici quelques minutes.

Car la vipère avait installé une proximité soudain beaucoup trop raccourcie pour qu’Anton ne puisse savoir quoi faire; il y avait son bras sur sa nuque, son front contre le sien et des battements de coeur qui s’étaient affolés — il n’aurait pas même pu échapper à ses yeux; ni à son parfum. Sa main était mécaniquement venue se poser à l’aube de la hanche de sa douce licorne des neiges, alors qu’il sentait l’autre capturée par le jeune femme. A l’image du serpent qui s’enroule autour de sa proie, Rosabel Northrop s’emparait de toute la raison qu’il lui restait; et sa main n’avait pas longtemps eu besoin d’un guide avant de trouver son chemin improvisé, serrant la chair comme si elle lui appartenait; glissant sur des formes, les hanches, prenant une pause sur le haut de la fermeture éclair. Les yeux s’étaient fermés, le souffle était plus court. Anton Lawliet n’était plus qu’un mélange d’alcool et de désir. Et il lui aurait volontiers céder, à tout cet hypnotisant qu’il s’était imaginé, au fantasme de l’inconnu. Mais elle s’était abruptement reculée; et c’était la désillusion la plus cruelle qu’Anton Lawliet n’eut encore jamais à affronter. Bien plus que d’apprendre que son animagus était une fourmi, bien plus que de se voir pris au piège par un professeur dans l’illégal — il dévalait à ce moment même de nombreux étages en chute libre. Car la douche était gelée. Il n’avait pas lâché son regard alors qu’elle appelait au sauvage; le sien arborant plutôt les airs d’une certaine provocation, couplée à la doléance, le rendant légèrement vaporeux.

Anton avait déclaré n’avoir aucun regret; des décisions prises comme imposées. La question demeurant, il n’était à cet instant précis, alors qu’elle se détachait de lui, plus tout à fait sûr de ses affirmations. Et il lui aurait bien juré au moment qu’il était bel et bien le seul idiot de l’histoire, quoi qu’il lui reconnaissait une certaine tendance à la dangerosité. « La vengeance est un plat qui se mange chaud ? » pouffa-t-il en passant une main sur sa nuque, le regard plus perdu vers les pavés de Pré-au-lard, couverts d’une légère neige. Il y avait toute une frustration qui soudain s’était emparée de son corps entier comme de ses pensées; et elle avait un nom — Rosabel Northrop s’était imprégnée de lui en l’espace d’une minute qui lui était parue secondes. Raclement de gorge incertain. Elle avait réveillé en Anton quelque chose qu’il n’avait encore connu qu’au travers de quelques films moldus hasardeux; une envie irrésistible qui l’étouffait presque, qu’il savait déjà dangereuse pour lui — car il en oubliait à l’instant de ses décrets, de ses examens qui approchaient. Il n’y avait plus rien que les volutes de fumée et les regrets.  Il prit une grande inspiration, un besoin d’air frais, avant de souffler un peu bruyamment, les joues se gonflant —  un besoin de se refroidir les idées. Main qui balaye ses cheveux rapidement. Elle avait gagné.

Il s’était précipité vers elle, courant presque pour rattraper les quatre pas qui les séparaient — n’allait pas croire que ce fut soudain un plaisir; car contact avec Rosabel Northrop rimait à cette heure comme une impétueuse torture. Il glissait les bijoux la poche de son manteau, se promettant de s’en souvenir pour les lui rendre, avant de s’emparer de son bras et de la guider, étrangement avec beaucoup moins de tact que la première fois. Whisky, quand tu nous tiens. « Tu sais jouer au poker ? » il demande avant de rire; trouvant la question absurde alors qu’elle n’avait rien de particulier — au souvenir peut-être de la dernière partie qu’il avait perdu avec une fierté ébranlée. « Il faudrait que nous jouions au poker. » affirma-t-il soudain, poussant la porte d’une main ferme pour la laisser rentrer, lui toujours à ses côtés..  « Ou à un quelconque jeu de carte; d’ailleurs, la pipe te va plutôt bien — je t’aurais imaginé plutôt avec ces longues cigarettes, très longues, tu sais ? » L’idée qu’elle fume à l’intérieur ne l’avait même pas ébranlé. La vague de chaud l’avait presque étouffé à l’entrée, et il avait avancé vers le bar, trébuchant au même plancher que précédemment, et se retenant une nouvelle fois de tomber Et c’était bien absurde, de parler de tout ça, alors qu’il la trainait au bar en riant à moitié, l’avait assise sur l’un des fauteuils de ce dernier. « Il nous faudrait du whisky. » Il jeta un oeil à Rosabel Northrop, se souvenant de son entrée fracassante dans les lieux. « Avec beaucoup, beaucoup de glaçons. » Rire. Il pose son manteau sur le bar.






1. (Psychology) the capacity for understanding, thinking, and reasoning, as distinct from feeling or wishing 2. a mind or intelligence, esp a brilliant one. 3. a person possessing a brilliant mind; brain. 4. those possessing the greatest mental power.

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Re: Neither heaven nor space |Anton
19.05.16 0:14



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Rosabel & Anton
Rosabel gagnait toujours.
Et il lui était revenu, l’appui familier qui la maintenait, redonnait un sens à l’équilibre délicat, l’épaule qui revenait contre la sienne, et leur défilé cocasse les pieds dans la boue et la poussière, un dodelinement qui passerait presque pour un twist de misère, bras dessus bras dessous. Et Rosabel se sentait vivante, Rosabel se sentait vibrée de cet emportement, d’une folie vraiment, en même temps qu’elle réajustait ses verres fumés, comme cela devait être pour une personne de son calibre. Et il lui arrivait alors de tourner tout à fait sa tête vers la sienne, lui donner un petit coup de tête éloquent sur son épaule, sans que cela ne veuille rien dire, sinon attirer son attention sur une grimace qu’elle lui faisait, une bouche en cul de poule, et un éclat soudain qu’elle faisait raisonner dans ses oreilles. Et elle l’avait encore accueilli avec cette joie muette qui vraiment ne lui ressemblait pas, toute en excentricité, car c’était parfois ce qu’elle pouvait être en dehors de cette allure austère, une excentrique ignorée et incomprise, un bout d’allumeuse aussi, et que l’alcool éveillait entièrement, ses hanches qui se déhanchaient follement contre les siennes. Et la tête penchée en arrière, ses yeux se fermèrent quelques instants, sentir la fraîcheur de la nuit battre sa peau, d’un geste expert expirer une rondelle de fumée, se délecter de cette ivresse heureuse et alcoolique.

_ Le poker ? J’adore. Surtout le strip poker. Que voulez-vous, un jour, je vous mettrai nu comme un verracrasse ! Car je suis re-dou-ta-ble, mon cher petit centaure des prairies verdoyantes. Par la barbe de troll, ce surnom vous va à ravir. Vous êtes si drôle.

Et elle avait pénétré la Tête de Sanglier, bancale, ses cheveux qu'elle secouait d'un geste sec derrière son épaule, et comme il entrait à sa suite, elle l'avait attrapé brièvement au passage, un coude négligemment posé sur son épaule, tandis qu'elle tapait la pause, le temps d'observer une salle qui n'avait pas changé depuis leur courte absence. Réellement, c'était comme s'ils n'étaient jamais partis. Et vraiment, les entrées remarquées, c'était tout à fait ce qu'elle affectionnait, car quitte à se trouver quelque part, mieux valait le faire savoir.
Femme fatale, regard noir avant de régaler les trois pecnots du coin de sa démarche affriolante. Car vous savez on ne voyait réellement que ça ; cette remarquable, délectable, renversante, insensée, un déraisonnable absurde, cette paire de fesses qui remuait au grès de ses envies, d'un alléchant redoutable, indomptable, insane, alors qu'elle se laissait entraîner. Il aurait pu la traîner jusqu'au bout du monde s'il l'avait souhaité. Il aurait pu. Mais pourquoi aller si loin lorsqu'on pouvait avoir du whisky bon marché dans le pub insalubre du coin.

Elle se laissa choir sur le banc, diva échouée loin de chez elle -ou trop près peut-être. Et à ce moment-là, elle se sentait comme la femme la plus importante de l'univers.
Et elle riait un peu à ses mots, parce qu'il l'amusait réellement, car enfin, le frustrer, cela l'avait tellement régalé, une vengeance comme de celle qu'elle affectionnait. Mais elle se penchait vers lui, lui soufflait à demi-voix, manquait au passage de glisser, de tomber.

_ Ces longues cigarettes, j'en ai plusieurs dans le tiroir de ma chambre, mais j'aime les fumer pour les grandes occasions. Si tu m'avais dis plus tôt que tu comptais m'épouser, je nous en aurai sorti deux. Et le nez dans son cou comme sa tête y retournait immanquablement, un peu comme si sa place s'y était toujours trouvée, elle respira un grand coup, sans gêne, car cela se voyait bien sûr qu'elle était en train de le sentir, une odeur qu'elle cherchait à imprimer peut-être. J'aimerai te dire que tu sens bon, mais tu empestes la fumée et l'alcool, et c'est ma faute. Je suis tellement désolée ; tu n'as plus rien d'un homme raisonné, mon tendre ivrogne.

Elle achevait sa phrase en même temps que le serveur revenait avec une nouvelle bouteille et deux verres qu’il avait au préalable rempli. Et elle avait regardé la chose d’un œil avide, car plus que l’affection que l’alcool semblait vouloir lui faire témoigner à son gardien et époux d’un soir, et bien, l’alcool appelait aussi l’alcool. Et elle s’était soudain détournée du garçon, se tournant tout à fait droite sur son siège, appuyée sur ses coudes. Un doigt égaré sur le bois du comptoir poussa lentement le verre contre l'autre. Un tintement plus tard, elle lui jetait un regard en biais, et langoureux comme elle semblait à présent bien incapable de le regarder autrement. Elle l'aurait dévoré cru. Et elle s'amusait encore, une joue dans une main, et sous le comptoir, sa jambe qui s'activait contre celle du jeune homme, et son pied tout à fait qui le caressait, indécent, frottait contre le tissu, semblait remontait plus loin encore, vers l'interdit.

_ Quand comptez-vous m'inviter à danser ?

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Re: Neither heaven nor space |Anton
19.05.16 16:55

Neither heaven nor space


Les regards s’étaient tournés sur l’entrée de Rosabel Northrop; car l’on ne se retournerait jamais devant la discrétion interdite du garçon qui avait choisi d’ignorer — de faire comme si de rien n’était. Il traversait le pub, elle accrochée à son bras et il se doutait soudainement des regards qui les suivaient, ou plutôt la suivaient elle, sa démarche appelant à l’observation des désespérés du bar. Rosabel Northrop jouait de sa situation, de sa silhouette, de ses manières, jouait de quelque chose qu’Anton admirait, enviait, qui l’amusait. C’est droit qu’il l’avait posée sur le siège qui l’attendait, comme fait pour elle, et qu’il s’installait à ses côtés, demandant le vin qui les perdrait un peu plus. Au point où ils en étaient. « Je ne pouvais pas savoir; que nous nous marierions ce soir. » Et il rit un instant avant de regarder le barman répondre à l’appel tout juste donné. « Mais ce n’est pas grave; la pipe, c’est tout aussi bien. » continua-t-il en observant le vieux sorcier du bar remplir deux verres, un peu perdu dans des pensées qui ne rimaient à rien. Il rit en sentant le visage de la demoiselle dans son cou; il se révélait être plus chatouilleux qu’il ne le pensait; et il n’avait même pas tenter de la regarder, se concentrant sur les faits et gestes de l’homme à la bouteille. « Voilà qui est bien embêtant; je devrais arrêter de boire. » Rire. Enfin quelque chose qui sonnait presque raisonnable. Raison pourtant n’existait plus.

Et si elle ne pouvait sentir son parfum, lui pouvait toujours distinguer le sien, surement parce qu’elle en avait beaucoup trop mis pour que la fumer ou l’alcool puisse le faire disparaitre totalement. Elle s’était redressée et Anton remerciait le serveur alors qu’elle semblait avide de boisson; et comment, voilà que l’alcool attirait alcool. Et comme toute réponse, il ne put que sourire face au tintement de leurs verres — était-ce donc là la façon de trinquer de Miss Northrop ? Ou d’attirer son attention. Dans tous les cas, autre chose attirait l’attention du garçon; un pied qui était venu jouer un peu trop contre lui, et il avait choisi d’ignorer plutôt que de l’arrêter tout de suite. « En revanche, tu devrais boire pour m’avoir vouvoyé. » Sourire, façon terrible d’esquiver une question. « Ou arrêter de boire avec moi, voilà qui semble bien plus raisonnable. » Mais après si peu de temps avec elle, ou peut-être trop ? Il avait bien compris que Rosabel Northrop n’avait rien de raisonnable. Et c’est ce qui la rendait si unique.

« Tu m’as demandé ce que je n’avais jamais osé faire; je n’ai jamais, jamais, dansé. » Nouvelle gorgée de whisky, regard en coin vers la vipère. « Du moins, avec quelqu’un. » Souffle amusé, idiot; riant de sa propre sottise. Et voilà bien un triste histoire qu’il racontait là; car à 20 ans, il en avait eu; des occasions. Pourtant il préférait discuter lors des rares soirées où il se rendait, il préférait rire, il préférait s’amuser — monter sur les balcons, prévoir des folies imprévues; filles n’ayant jamais réellement été un objectif premier. C’était un peu étrange de se dire qu’une danse ne l’aurait pas dérangé, en de telles circonstances; l’alcool était un amour de courage et de folies — tout comme l’était Rosabel Northrop qui jouait de plus en plus dangereusement avec lui. Raclement de gorge, coude sur le contoir, joue dans la main et corps tourné vers elle. « Il faudra que — et bien, que nous remédions à cela, un jour où il y aura de la musique. » Bien entendu, la situation se révélait tout à fait délicate, car l’un des pieds de la jeune femme flirtait avec ses jambes à lui; et son regard était bien plus brûlant qu’un crabe de feu.

Cette situation avait quelque chose qui ressemblait à de la maladresse pour Anton, qui avait choisi de se lever, de faire le tour de son siège pour l’éviter; fuir pour éviter le pire. Se plaçant derrière le dossier de la verte, il avait posé ses mains sur ses épaules alors que droit, il observait le nombre de bouteilles poussiéreuses qui leur faisaient face.  Il s’était un peu penché sans aller trop près, bien terrifié par les comportements de la demoiselle. L’imprévisible vipère. « S'il te plait, Rosabel. » Et depuis leur mariage, depuis même leur rencontre, c’était bien la première fois qu’il l’appelait par son prénom; qu’il cassait l’anonymat qu’ils avaient instauré quand bien même savait-elle qu’il la connaissait. D’une réputation un peu bancale, mais il savait qui elle était — venait de lui rappeler ce fait. Une prière pour qu'elle arrête de jouer comme elle le faisait, car le pauvre puceau ne savait pas jusqu'à quand il pourrait réellement le supporter; alors que dans un même temps, c'était un plaisir inavoué; de la voir le narguer. Il avait lentement enlevé ses mains de ses épaules, et voyez-vous contacts avec Rosabel semblaient devenus normaux, tout à fait banals. Peut-être était-ce l’effet du mariage. Il était venu se caler juste à côté, son épaule presque touchant la sienne, un avant-bras appuyé sur le bar; il était ainsi debout, et il avait fait glisser son verre devant lui. « Et toi, qu’est-ce que tu n’as jamais osé faire ? » il avait lancé, se plongeant une nouvelle fois dans les yeux de Northrop. Nouvelle gorgée — il n'avait décemment pas arrêté de boire.





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Re: Neither heaven nor space |Anton
19.05.16 19:58



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Rosabel & Anton
« Et si ce soir, j’ai envie d’être déraisonnable. »
Comment parviendrait-il à l’en empêcher ? Comment ferait-il en sorte qu’elle arrête de le regarder comme un morceau de chair fraiche, comment l’inciterait-il à reposer ce verre alors qu’il l’invitait dans un même temps à en descendre le contenu. Une brûlure dans sa gorge, un incendie contre sa langue, une routine installée, le chemin déjà tout tracé de leurs mains portant à leurs lèvres une source qui semblait intarissable, déversant dans leur gosier les richesses naturelles, les chutes du Niagara en mieux qui fondaient dans la bouche comme un torrent à la fois glacée et lave en fusion.

Et elle n’avait pas fait un geste en sentant ses mains sur ses épaules, sa haute stature dans son dos, était restée de cette composition un peu sourde, un peu froide, le regard qui semblait stoïque et perdu derrière les verres de ses lunettes, derrière ses lèvres closes qui l’abandonnaient seul à ses prières comme elle ne lui répondait pas, comme elle ne lui offrait vraiment que ce silence auquel elle ne l’avait pas tant habituée ce soir, lourd et éloquent quant à ses intentions malignes, déraisonnables. Et on la savait comme étant beaucoup de choses, Rosabel, mais ce soir, pour lui, elle lui était démoniaque, de ce toxique qui paraissait en demander toujours plus, encore plus loin. Et le s’il te plait n’avait pas provoqué de gestes compréhensifs, de tendresse éphémère comme cela aurait pu être le cas, si la démarche l’avait touché, mais Rosabel restait de cette sécheresse, et la prière l’avait laissé de marbre, statue de glace insoumise et inchangée, prétentieuse tandis qu’elle semblait vouée à durer, à rester.

Et elle sembla réfléchir un instant, alors qu’elle sentait sa stature tout près d’elle, son épaule l’effleurait presque. Des pensées qu’elle remuait dans son verre, dans l’alcool. Ce qu’elle n’avait jamais osé faire. Alors seulement elle sembla sortir de son mutisme, son visage qu’elle tournait naturellement vers le sien, ce petit sourire aux lèvres. Et alors elle retirait une nouvelle fois ses lunettes qu’elle déposait sur sa veste à lui, non loin d’elle, pour se plonger tout à fait dans cette contemplation presque stérile, de ses yeux dans les siens. Rosabel se sentait engluée, et elle ne l’avait plus quittée des yeux jusqu’au moment où un rictus d’infortune s’était ourlée sur ses commissures.

_ Je ne sais pas. Je ne me suis jamais rien refusée.

Et la réponse était tombée très simplement, sans prétention. Car Rosabel n’était pas de ce genre qui pouvait prétendre avoir tout vu tout fait, mais simplement de celui qui ne se refusait aucun caprice, aucune envie. La retenue n’était qu’une façade. La retenue ne sauvait que les apparences. La retenue ne la préservait pas même des écarts ; on savait qu’elle en avait déjà plusieurs à son actif. On ne tombait pas enceinte par l’opération du Saint-Esprit. La retenue la préservait même des autres, l’empêchait complètement de se dévoiler telle quel, ne présentait que son côté le plus laid sans en douter.

_ Je n’ai jamais osé montrer aux autres ce que je te montre à toi. Je préfère qu’on me déteste, qu’on me haïsse ou qu’on ait peur de moi. S’ils se rendaient compte que je ne l’étais pas, ou peut-être pas tant que ça, ils me tourneraient tous autour comme des insectes. Je n’aime pas les insectes. Je n’aime pas avoir des gens autour de moi. J’aime qu’on me laisse seule. Je n’ai pas besoin qu’on s’intéresse à moi.

Et c’était sorti abruptement, d’une voix un peu lointaine, sans tristesse, sans mélancolie, entre deux fumées, simplement comme cela devait être ; un constat pour lequel elle ne se serait pas excusée. Car très simplement elle ne le pouvait pas ; c’était contraire à son éducation, à ses pensées, à sa philosophie de vie. Etre une pétasse et puis c’était tout. Les autres n’avaient pas besoin d’en savoir plus, d’en deviner plus. Ils ne le méritaient pas. Ils ne méritaient pas autant de condescendance.

Et elle avait étendu un peu ses jambes avant de s’élancer, sa silhouette sembla s’agrandir comme elle se tenait debout à présent, son verre qu’elle délaissait sur le comptoir, sa silhouette grise qui contrastait un peu avec l’ardeur qu’on aurait pu lire dans ses regards et sur ses joues colorées de cette légère carnation, chaude. Rosabel portait bien son nom, comme une longue rose fanée et à la fois ouverte, non pas sur le monde, mais pour le singulier individu qui l’accompagnait. Elle le contourna à son tour, se laissant couler derrière lui d’une démarche de reptile, lente, sournoise.  Ses mains étaient venues prendre place sur ses épaules comme il avait fait précédemment, à la seule différence que les doigts s’étaient mis à décrire des petits cercles sur la peau, tiraient un peu la peau, durement, fermement.

_ Un jour je t’apprendrai à danser. Le coller-serrer bien sûr, ce n’est pas très compliqué, et de ce que tu m’as montré tout à l’heure, ça ne devrait pas te déplaire. Et tout en le massant, elle avait rapproché la pointe de son nez comme un pique arrogant contre la nuque du jeune homme, ses lèvres lui soufflant un petit vent frais, avant de se poser avec une douceur coquine sur l’épiderme. Elle lui murmura. C’est difficile pour toi ? On dirait que je viens de donner un regret à l’homme qui n’en avait pas. Et je suis désolée… De ne pas être désolée. Un sourire carnassier traversa ses lèvres, et deux dents lui mordillèrent la peau, d’une infinie délicatesse.

Et comme l’eau de mer va et vient sur le sable, elle s’en était reculée, contemplant un instant la petite marque rouge qui s’était imprimée sur la chair. Un souvenir pour demain.

Elle le contourna encore, serpenta quelques pas pour revenir vers l’avant. Elle écarta leurs deux verres, prit finalement appui contre le bois, et parvint à se hisser pour s’asseoir sur le comptoir. Son corps se traîna en face du sien, un bras tendu et appuyé contre le vieux bois pour se maintenir, ses jambes croisées, légèrement en biais à côté des siennes.

_ J’aime te torturer. Mais ne t’en fais pas, c’est aussi difficile pour moi. Tu me fais l’effet d’une friandise. Et j’aime vraiment te torturer. Je ne sais pas si je suis capable d’arrêter, alors tu veux vraiment que j’arrête ? C'est un peu de ta faute tout de même, à m'aguicher... Parce que si c’est vraiment le cas… Sa voix resta un instant en suspend, sur une note suave, le sourire narquois. Un doigt verni s’approcha des lèvres du garçon, s’appuya dessus comme pour le dissuader d’ouvrir la bouche. Une impudeur hautaine.Il faudra un peu plus qu’un s’il te plait.

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Re: Neither heaven nor space |Anton
20.05.16 3:53

Neither heaven nor space


Elle lui avait finalement avoué; que si ce soir elle se montrait, elle ne le faisait jamais. Et cette révélation l’avait légèrement fait sourire, sans pour autant que son regard ne la juge ou ne la blâme; ce soir, il rencontrait Rosabel Northrop, et ça le concernait — ce qu’il se passait ailleurs, avec d’autres, avec les insectes, il en restait éloigné, et promettait au travers d’un regard, d’un sourire discret, d’en garder le secret. Anton avait toujours été tendu. C’était un fait — il était droit, carré, les épaules contractées et le devoir comme seul objectif. Alors c’était comme un réflexe certain, que de se contracter en sentant sur ses épaules des mains étrangères, douces mais étrangères, se poser et s’affoler sur l’épiderme crispé. Et ce fut de nouvelles sensations, encore, que de sentir son souffle comme ses lèvres se poser sur sa peau — de subir un mordillement qu’il aurait encore réclamé, que de se sentir aussi près et aussi loin. Il n’avait pas bougé, bien trop paralysé à la simple idée de faire quoi que ce soit de concret; car croyez-en, les idées à cet instant précis ne lui avait pas manqué. Alors il avait simplement fermé les yeux, enduré; et le mot le fit presque rire, tant il était mal adapté à cette situation instable.

Il l’avait observée monter sur le bar, s’en était très légèrement reculé pour être sûr de pouvoir la rattraper — si elle tombait. Car à cette heure-ci de la nuit (mais quelle heure pouvait-il bien être ?), d’aucun des deux n’étaient bien capable d’être sûrs de ce qu’ils faisaient. Et dans cette nouvelle position de pouvoir qu’elle avait adoptée, il lui laissait toute puissance silencieuse. « Tu sais — je pense que je regrette maintenant. Mais demain est un autre jour. » Et demain savait-il qu’il se réveillerait un peu perdu, un peu nauséeux — se rappellerait alors de toute la soirée, des rires et des avis divergents, du flirt et du parfum. Le parfum. Il se remémorerait toute cette débauche avec un sourire niais; et se dirait qu’il avait bien fait — car Anton se savait joueur, se savait trop facilement dérouté. Et les études passaient bien avant Rosabel Northrop, bien avant tous ces petits derrières se pavanant dans les rues de Pré-au-Lard, bien avant le rouge à lèvre de sa femme d’un soir, de ses formes et de ses sourires osés. Il aurait bien toute une vie pour y gouter; et en y pensant, il se sentait un peu rassuré, du contrôle qu’il n’avait su garder mais qui pourtant restait là, la folie insatiable.

Il aurait pu mordre doucereusement  ce doigt qui s’était posé sur ses lèvres, l’attraper et le faire sien, pourtant il n’avait rien fait; Anton le timide, l’alcool ne le transformait encore pas complètement. Le silence était ainsi tombé quelques secondes, cédant à la demande silencieuse. Il s’était redressé, avait attrapé la main hasardeuse alors que l’autre venait se placer de l’autre côté de ses jambes, et il ne savait plus bien ce qu’il faisait, mais le sourire apparaissait toujours sur ses lèvres comme s’il se voulait éternel — il se demandait bien qui aimait plus le jeu, alors qu’il le fuyait. S’interdisait un plaisir un peu décalé; car voyez-vous, jamais ne lui avait-on appris les règles ou les coups bas d’un tel divertissement. Et il apprenait comme l’enfant écoutant des conditions, se laissant envouter par les volutes de ses paroles enchainées. Ainsi encadrait-il la demoiselle totalement, une main totalement appuyée sur le bar de bois alors que l’autre gardait la sienne précieusement dans le creux de l’autre main, brûlante par l’alcool indécent. « Et que faudra-t-il alors ? » Son regard était remonté dans le sien, sourire carnassier venant prendre place sur le plateau d’échec engagé. Et si c’était difficile pour elle aussi, alors il se demandait pourquoi elle le faisait. Le plaisir de plaire. Et aussi égoïste, aussi indifférent et hautain que cela pouvait paraître, Anton le partageait; car jamais ne lui avait-on témoigné ce genre d’éloge, et s’il ne l’avouait pas, il y avait cette part d’égo qui se voulait flattée. Il était flou. Là était toute la réponse.

Il n’était pas sûr cependant de l’avoir réellement aguichée — après tout, ils s’étaient presque mariés, et Anton remerciait bien la banalité qu’il n’y eut de prêtre ou que savait-il durant cette soirée. Et ce soir, l’alcool dans le sang, la discussion dans les voix et le parfum dans l’air, Rosabel Northrop lui plaisait indéniablement; comme certainement une autre aurait pu le faire dans une situation similaire. Quoi que. Le mystère qu’elle dégageait avait quelque chose de particulier. « Tu es unique » admit-il, riant à moitié, confondant presque pensées à paroles. Et le temps de l’honnêteté ne les avaient toujours pas quittés, et cette décence qu’ils s’accordaient à l’un comme à l’autre en cette soirée avait bien quelque chose de singulier. « Je ne sais pas si je veux que tu arrêtes. » Car aurait-il pu admettre qu’elle ne lui plaisait pas, qu’il n’aimait pas le jeu qu’elle lui faisait découvrir, les sensations nouvelles qu’elle lui imposait; Rire. Bien sûr que non. « Mais toute vengeance doit savoir prendre fin. » Il n’aurait pas de deuxième chance, le savait. Et se faire prendre pour un con ne lui plaisait au final, absolument pas — car quand bien même ne s’en rendait-il pas tout à fait compte, il le savait intérieurement. Il y avait cette dualité, celle de vouloir et de ne pouvoir; à quoi bon insister sur le vouloir lorsque l’on savait le pouvoir envolé — et il s’en serait bien mordu les joues plusieurs heures, pris la tête plusieurs jours. Mais il ne réfléchissait pas à tout cela, habituellement. « Et la mienne devient presque intenable. » Sourire en coin; provocateur. Il acceptait bien la défaite, n’avait jamais été mauvais joueur. Il se souvenait encore de la douche froide reçue plus tôt; il lui accordait volontiers, le sourire aux lèvres même, séduction et intouchable; victoire, si elle le voulait. Et sans s’en rendre compte, il lui imposait lui aussi, de part ses refus et ses stops, cette impression d’inaccessible effleuré.

Ils resteraient sur cette curiosité insatisfaite, celle de ne pas se connaitre. De ne pas connaitre le gout de l’autre, de ne pas connaitre le reste; et c’est ce qui, à ce soir, les rendait si attirés, si insatiables, ce qui le rendait lui, si soumis à chacune de ses envies et qui dans un même temps, le poussait à lui refuser le reste.





1. (Psychology) the capacity for understanding, thinking, and reasoning, as distinct from feeling or wishing 2. a mind or intelligence, esp a brilliant one. 3. a person possessing a brilliant mind; brain. 4. those possessing the greatest mental power.

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Re: Neither heaven nor space |Anton
21.05.16 13:05



The world's locked up in your head
Rosabel & Anton
Elle n’avait pas tressauté lorsque son bras était venu l’encadrer de l’autre côté de ses hanches qui basculaient encore à moitié dans le vide, suivies par les longues jambes, lorsque sa main s’était emparée de la sienne et y était restée, tandis qu’elle était toujours de cette fixité calme, ses yeux de cette immobilité placide, presque paisible, scrutant le sourire carnassier qu’il lui rendait, maintenant hasardeusement son équilibre comme le bras contre lequel elle s’appuyait se soulevait parfois pour ramener à ses lèvres la pipe tenue par l’extrémité des doigts. Et Rosabel ne se lassait pas de cette posture d’aguicheuse, puisque c’était tout à fait ce qui la caractérisait ce soir, cette nuit, une attitude, une tentation, un séduisant d’où semblait venir une étrange mélodie qui chantait des voluptés enflammées. Plus qu’une gourmandise offerte, un caprice, une élégance chic presque trop âgée en guise d’emballage, et au-delà de la nudité de ses jambes, des mollets fins, le début de ses genoux qu’on devinait en périphérique, serrés si fort l’un contre l’autre semblable aux statues gardiennes d’un empire oublié et dormant. Sensualité qu’elle exposait si librement sur ce comptoir qui se faisait galerie pour le plus présomptueux de ses chefs d’œuvre. Rosabel ou la concupiscence .

_ Dans ce cas je m’appliquerai à ce que tu y penses encore demain, et le jour d’après toujours. Je ferai en sorte que tu te poses toujours la question, et je ne serai jamais loin de toi pour te le rappeler, je te narguerai et tu n’auras pas d’autres choix que de le supporter. Et lorsque tu ne le supporteras plus, il faudra que tu m’obliges à te donner une seconde chance. Et si je te cède avant, alors tu auras gagné. Et je te laisserai faire tout ce que tu voudras. Tout.

Ses paupières s’étaient affaissées quelque peu comme elle achevait ses mots, une menace naturellement. Une menace de l’amener exactement là où elle le désirait, là où retranché dans ses limites il n’aurait d’autre choix que de choisir l’action. La promesse d’hanter son esprit encore après, bien après cette nuit, d’allumer ou d’incendier ce curieux désir de l’autre, insensé.

Mais il était parvenu à la déconcerter un bref instant, d’un simple compliment, d’un simple mot qu’elle ne méritait pas tant. Unique. Et elle avait relevé son regard vers le sien, de cette lenteur traînante, et si l’alcool ne parfumait pas déjà ses joues, une légère teinte aurait pu s’y colorer. Car elle ne s’y était pas attendue, car il l’avait eu par surprise. On ne le lui avait jamais dit, n’est-ce pas, qu’elle était unique. Elle avait haussé un sourcil. Naturellement, elle n’était pas de ce débordement naïf et heureux, ne se perdait ni en béatitude ni même en songes, car son visage ne semblait savoir exprimer uniquement que ces émotions difficiles et irascibles, quand il ne se contentait pas de s’emmurer derrière une complaisance et une vanité impérieuse. Et elle était restée interdite un moment, ne sachant ce qu’il convenait de répondre, incapable juste de lui dire merci, un mot si banal, trop sans doute.

Et très simplement, ses doigts avaient échappé un instant à son contrôle, lui avaient caressé le dessus de la main, sa façon de lui faire comprendre peut-être qu’elle approuvait. Ou sans doute cela lui avait-il fait plaisir. Rosabel aurait peut-être prétendu le contraire, car elle admettait plus facilement ses défauts, ses qualités, mais exprimait finalement assez peu ses émotions, surtout les plus contentées, comme si elle craignait que cela ne lui soit pas réservée. Elle n’assumait pas toujours. Honnête, avait-elle dit. Elle n’avait pour autant rien d’un livre ouvert.

Rosabel n’avait pas envie d’arrêter, c’était un fait. Sans doute son désir était à ce moment là trop attisé, une braise incandescente oubliée parmi les cendres d’une cheminée. Et il la démangeait, d’un sourire, d’un rire, d’un compliment égaré qui serpentait encore son esprit brumeux. Elle s’en rendit compte, soudain. Une évidence. Elle avait serré sa main un peu plus fort, ses doigts libres crispant leur prise sur le vieux bois comme elle s’aidait de l’appui qu’il lui offrait pour tenter de se redresser, et sans doute manqua-t-elle de tomber. Puis assise finalement tout à fait droite, ses genoux frôlant ses cuisses, elle avait ri un instant de l’effort que cela lui avait demandé avant de lui avouer.

_ Je brûle. Et elle avait tiré cette main, ces doigts sur ses propres joues comme pour le faire attester de ses propos, lui faire sentir cette sensation enfiévrée qui lui marquait d’un trop la peau. Ses yeux s’étaient naturellement fermés au contact étranger de sa peau contre la sienne, alors qu’elle lui faisait glisser un doigt sur ses lèvres, qu’elle embrassa doucement, le léchant presque, gorgée d’érotisme qu’elle était. J’arrête, mais uniquement pour te faire plaisir. Et à peine l’avait-elle prononcé, que ses mains s’étaient éloignées pour éviter d’être à nouveau tentée. Elle pencha son buste vers l’arrière, ses bras tendus derrière et contre lesquels elle prenait appui, sans même se rendre compte du sensuel que cette nouvelle position lui procurait. Car c’était comme si ses barrières étaient tombées avec le recul de ses bras, car il y avait cette légère cambrure qui semblait insister sur sa poitrine,  ses cheveux qui glissaient doucement derrière ses épaules, sa gorge blanche et déployée.

_ Ce n’est plus une vengeance, gagner aussi facilement ne me convient pas. Nous sommes encore dans un jeu, j’ai simplement un peu d’avance, mais tu as encore tes chances de gagner. Si tu joues bien.  

Elle pencha sa tête sur le côté, fixa les deux verres restés seuls depuis trop longtemps à son goût.

_ Parce que je suis une sorcière formidable et que tu es un sorcier formidable  nous allons boire nos verres. D’une traite. Le dernier devra monter sur la table juste derrière et chanter une chanson.


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Re: Neither heaven nor space |Anton
28.05.16 23:20

Neither heaven nor space



"Toujours". Et cela sonnait comme une sentence inévitable, le destin se mêlant soudain à une vie qu'il avait jusqu'alors ignorée; et certainement l'alcool le rendait un peu naïf, car cette promesse d'un toujours lui apparaissait comme une terrible prophétie irrévocable, un futur incontournable qui le hanterait jusqu'à ce que vainqueur se fasse - elle était Rosabel Northrop, sa soudaine fatalité. Pourtant, le sourire qui s'était tiré manifestait cette certaine suffisance qui l'envahissait, ce certain goût du challenge qui grandissait; et surtout cette fierté inavouée - et inavouable - de vouloir la remporter. Car le prix ici était Rosabel Northrop tout entière; ne laissant aucun artifice derrière, aucune parole en l'air, aucun geste obscène ou rédhibitoire puisque la serpentarde se promettait complète; et si Anton ne la connaissait en réalité pas, il lui semblait qu'elle lui était tout à fait connue; n'avait plus rien d'une étrangère; et tant bien même l'était-elle, il aurait facilement parié qu'elle tiendrait promesse - mais on ne savait jamais. Ainsi conclusion se faisait simple : Rosabel Northrop était unique.

L'on aurait pu croire à un moment de tendresse; l'un de ceux rares qui s'expriment dans les vieux amours discrets - une main sur sa joue, des paupières fermées et ils étaient, le temps d'une seconde éternisée, un couple improvisé. Heureusement; dans le bar miteux qui les invitait ce soir, les regards étaient bien peu nombreux pour que rumeur soit inventée, pour que conclusion attive soit hasardée. Et quelques frissons s'étaient glissés dans son cou alors que le souffle chaud se posait sur son doigt, relevant l'épiderme endormi de mille sensations. Rosabel Northrop brûlait et le consumait à petit feu - il n'aurait jamais dénié l'inévitable fait; il la voulait. Et ce même si ses mains s'éloignaient; car la posture prenait forme de luxure, car le regard se faisait flambant; et pourtant fierté faisait obstacle à toute tentation trop osée. Fierté dont il n'avait jamais été tout à fait conscient, et qui pourtant refusait de se laisser séduire; entièrement. Et s'il était bien conscient de l'effet qu'elle lui faisait, il lui semblait bien impossible de produire le même, admettant bien plus facilement les qualités d'autrui.

Il avait glissé un merci à peine perceptible alors que, mains posées sur le bar, il avait légèrement pris du recul pour se pencher en avant, regard relevé vers la sorcière, dents mordant sa lèvre inférieure; pensif. Il avait voulu qu'elle arrête pourtant, cacher sa déception était en vain, car quand bien même sa torture prenait fin, quand bien même elle ne faisait que répondre à sa demande; Anton aurait pu passer un tout autre moment, une toute autre soirée, et il le savait; découvrir la cambrure de ses hanches, le goût de ses lèvres, la chaleur de son corps. Trop tard. Et il n'avait retenu son rire quand elle avait lancé ce défit venu de nul part; comme ça, d'un coup, l'imprévisible s'était manifesté alors qu'Anton se redressait, se tournait légèrement pour observer la table derrière eux; et étrangement, si l'idée ne lui plaisait pas, si l'idée l'intimidait, si l'idée semblait meurtrière, il riait - il riait et attrapait les verres. Lui tendait le sien, n'ajoutant rien; car aurait-il dû accepter ou refuser, alors qu'il ne savait pas meme ce qu'il voulait ? "Puisque nous sommes formidable" Et son verre était venu se perdre contre le sien avant d'embrasser ses lèvres d'un baiser gelé. Audsi ici le but était-il d'être le plus raide; et l'alcool glissait dans son eusophage alors qu'il agressait ses papilles d'un feu à en vomir - et le shot trop long pour en être un s'était vu flambé rapidement; quoi qu'il put la voir le vaincre odieusement de quelques micro-secondes qui sonnaient sa fin. L'alcool le fit grimacer alors que le verre était posé dans un fracas qu'il ne remarqua presque pas, bien plus intéressé par Rosabel. "Woooow" lacha-t-il, ne sentant plus réellement son corps; ne sentant plus réellement la raison.

"Tu es redoutable. Il s'était retourné totalement, dos contre le bar, observant le spectacle merveilleusement désolant qui s'offraient à eux, les genoux de Rosabel Northrop flirtant avant son épaule. "Tu sais; on voit vraiment ceux qui sont habitués." Rire. "Il faut vraiment que je m'habitue, si je ne m'habitue pas tu gagneras tout le temps. Il ne faut pas; tu auras beaucoup trop de victoires et j'aurai beaucoup trop d'échecs." Il avait retourné son visage vers elle, coudes posés sur le bar comme tout appui, l'un de ses doigts grattant inconsciemment son pouce abîmé par le stress. "Tu sais ce que je n'ai jamais essayé ? Le Firewhisky. La prochaine fois, on boira du Firewhisky. Et j'inviterai." Et ils seraient partenaires de beuverie, encore. Et la promesse du futur qu'ils se promettaient semblait évidente, à cette heure-ci. Elle semblait parfaite, distrayante, agréable.

Avait-il oublie qu'il aurait dû aller danser ? Pas tout à fait; mais voyez-vous l'idée ne lui disait toujours rien, alors il ne le ferait qu'à une seule condition. Et pour le moment, il priait plutôt pour qu'elle oublie les clauses de la beuverie.





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