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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
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Remember, remember, the 5th of November — Rosabel Northrop

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Remember, remember, the 5th of November — Rosabel Northrop
04.07.16 11:56

Remember, remember,
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Il n’avait pas su comment réagir. Cela avait d’ailleurs surement été pour ça qu’il était resté immobile, l’avait regardée dans sa totalité, un peu béat un peu idiot. Il était longtemps resté contre la rambarde sur laquelle elle l’avait poussée, les mains accrochées à cette dernière pour le tenir, l’alcool trop lourd pour lui permettre de tenir entièrement sur ses jambes. Il l’avait regardée s’éloigner sans ne rien dire, sans ne rien rajouter, sarcasme perdu dans les méandres de l’ivresse. Le noir aide a la réflexion et pourtant Rosabel Northrop était un mystère sur lequel il n’avait pu qu’effleurer les lèvres. Il en avait gardé un gout étrange, au lendemain amère où seule l’envie d’aller mieux était ressortie. Il s’était longtemps demandé comment ils étaient rentrés, le souvenir s’étant envolé sans même qu’il ne le sache, et la peau chaude, les formes nues de sa femme d’un soir s’étaient alors transformée en un rêve charnel intime. Et la mémoire se mélangeait avec le faux, il s’interrogeait sur la véracité de la nudité presque entière, sur le baiser hasardé qui n’en était pas vraiment. Le vrai du faux se mélangeait, il ne savait plus; peut-être même n’avait-elle rien fait, surement fusse-t-il une partie du rêve.

Et ce jour là, alors que sa valise se faisait seule par un enchantement balancé entre deux paroles, son manteau avait attisé sa curiosité, et c’est en le fouillant qu’il avait retrouvé les bijoux laissés par la demoiselle. Il y avait aussi sa bague, qu’il avait retrouvé au lendemain, qu’il avait rangé dans une boîte à la taille parfaite et qu’il avait gardé précieusement. Le vide de son poignet l’avait au début dérangé, avant qu’il ne se sente plus libre, libre du temps et de l’angoisse des minutes. Ces choses ne lui appartenaient pas. Alors Anton s’était finalement décidé à lui rendre, à le lui avouer, qu’ils avaient passé cette soirée ensemble, à boire et à devenir peut-être ce qu’ils n’étaient pas vraiment. Oh bien sûr, ils s’étaient recroisés, car comment ne pouvait-on pas échanger un regard dans les murs de Poudlard — et il n’avait alors jamais existé pour elle. Ce n’était pas blessant, pas dérangeant, mais la sensation fut étrange, celle de se dire qu’il était le seul a avoir vécu cette soirée. Anton maintenant le savait : l’alcool pouvait être bien plus dangereux qu’il ne le laissait paraitre. Il avait finalement choisi d’en parler à Darwin, le souvenir peut-être un peu trop lourd à porter seul, peut-être pour savoir quoi faire, peut-être car pour une fois, il sentait le besoin de quelqu’un pour le soutenir, pour être présent. Et qui d’autre que Darwin à choisir, qui d’autre que son ami de toujours pour des conseils avisés.

Celui de parler. De partager.

Il y avait bien un endroit où Rosabel serait, les diners. Alors ce jour-là, Anton s’était dirigé à la Grande Salle les bijoux en poche, le fébrile jouant avec le courage obligatoire. Alors ce soir là, il ne s’était pas dirigé vers sa table habituelle, mais plutôt vers celle des verts, celle des Serpentards, celle de Rosabel Northrop. Il aurait dû s’y asseoir, très certainement, mais il y avait beaucoup de monde qui arrivait, beaucoup de monde qui venait manger, partager un moment avec d’autres, rire et se détendre — alors il avait hésité, un instant, puis avait attrapé les bijoux dans sa poche, mais il gardait la bague, il gardait cette bague, car voilà que la marque de cette soirée se révélait plus importante qu’il ne le pensait, seul vestige du souvenir échancré, seule témoin restant. Elle était déjà assise, déjà entourée de son serpent et des autres têtes détestables, alors il était arrivé derrière elle, alors il avait posé les bijoux devant elle, passant un bras sur son côté gauche; avait du se pencher, lui avait glissé à l’oreille un « À plus tard » qui scellait un rendez-vous improvisé. Et il n’aurait pas du le dire comme ça, il n’aurait du en dire plus; pourtant il s’était éloigné en s’étirant, pour tenter de se détendre. Il en avait un peu ri — c’était impossible.

Anton était solitaire, Anton ne disait rien, aussi s’en voulait-il presque de rejoindre ce soir Percy qui n’était pas au courant. En face de Darwin, il avait changé ses idées durant tout le repas, pourtant la peur du moment redoutée ne s’effaçait jamais complètement, jamais totalement et dès qu’il y pensait, il sentait l’envie de courir, de ne jamais revenir à l’endroit. Et pourquoi était-il ainsi, alors que cela n’avait pas d’incidence. Peut-être parce que c’était Rosabel Northrop et pas une autre, surement parce qu’il n’aimait ni ses paroles, ni ses comportements, sûrement parce que ce soir, ils étaient tout à fait sobres; de parfaits inconnus. Et les élèves commençaient déjà à s’éloigner, à partir de la Grande Salle pour monter se coucher, pour aller dans le salon commun. Darwin avait tiré Percy avec lui; Anton attendant patiemment que la verte le rejoigne, si tant est qu’elle le ferait, prenant pour excuse le besoin de parler à un professeur concernant l’une de ses notes. Bien joué Anton. Il lui avait fait dos durant le diner, aussi n’osait-il même pas se retourner, et voilà qu’il retrouvait cette place de petit garçon qui l’avait suivie toute cette soirée de débauche, ce sentiment d’impuissance et d’angoisse.

Il avait choisi de se reprendre, se disant que ce n’était rien, ce n’était qu’une fille — bien plus compliqué qu’un livre mais bien moins important. Un coude sur la table, il avait alors totalement retourné le haut de son corps vers la verte. Rosabel Northrop n’était plus qu’une question de secondes.





1. (Psychology) the capacity for understanding, thinking, and reasoning, as distinct from feeling or wishing 2. a mind or intelligence, esp a brilliant one. 3. a person possessing a brilliant mind; brain. 4. those possessing the greatest mental power.

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Re: Remember, remember, the 5th of November — Rosabel Northrop
05.07.16 13:55

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The other woman enchants her clothes with French perfume, The other woman keeps fresh cut flowers in each room, There are never toys that's scattered everywhere, And when her old man comes to call He finds her waiting like a lonesome queen 'Cause to be by her side it's such a change from old routine

Des souvenirs si profondément ancrés dans sa mémoire avaient lentement commencé à refaire surface, ils avaient lui dans son esprit comme ils luisaient à présent sur la table. Naturellement, elle les avait reconnu de suite, n’avait d’ailleurs jamais douté quant à leur possible emplacement, peut-être s’était-elle cependant attendue à les revoir plus tôt, à le rencontrer bien avant. Et ce serait mentir que de dire encore qu’elle ne l’avait pas détaillé dans son entièreté, tandis qu’il s’éloignait, tandis qu’il dînait, tandis qu’il l’attendait.

Elle n’avait pas touché à son assiette, intéressée seulement par les scènes nocturnes qui envahissaient son esprit d’une mémoire oubliée, paysages d’ivresse. Deux doigts avaient encore pincé l’arrête si parfaite de son nez alors qu’elle redécouvrait enfin la façon dont elle s’était déshabillée ce jour-là, la lenteur de ses gestes, quelques images fragmentées d’un tissu à ses pieds, de la nudité de ses jambes, de ses mains sur son visage, de sa bouche sur la sienne enfin. Rosabel n’avait pas rougi. Les ongles vernis avaient tapoté sur la table ; elle avait eu envie d’une cigarette, d’un verre aussi. Sa quasi impudeur, comme une aventure nocturne, lui avait laissé un délicat parfum d’incommodité sur les lèvres. Rosabel s’était encore sentie dérangée, sans savoir si les images qui lui revenaient avaient un jour bien étaient réelles. Et tout en caressant la peau rugueuse de son serpent un fin sourire s’était dessiné, pas tout à fait assuré, un peu ironique sans doute, un peu étrange. Il était là, enfin. Et elle s’était interrogée encore ; qu’avait-il de si particulier ? Elle l’avait fantasmé, embrassé, avait joint un instant son corps contre le sien dans une danse lascive. Bien d’autres souvenirs lui revenaient encore. Elle se revoyait, ne se reconnaissait pourtant pas dans cette tentation embrasée. Mais elle ne ressentait rien encore, un peu lugubre, ses yeux un peu sombres, le teint fardé de blanc. On ne lui aurait trouvé aucun torride encore, aucune incandescence. Et la flamme, la femme qu’elle avait été alors dans cette nuit de délectation s’était évanouie en même temps que les grammes d’alcool, en même temps que lui.

Une question demeurait ; serait-elle cette Rosabel ?
Elle ne s’était pas sentie mal, quoiqu’un peu évaporée. Enfin, on lui faisait rarement cette impression. Elle avait mis un temps encore avant de se lever tandis que les tables se vidaient, et si on ne la connaissait pas, on lui aurait sans doute trouvé une certaine hésitation, pas tant dans le regard sinon dans la démarche, dans la démarche d’aller le rejoindre. Et qui était-il encore ? Et c’était tellement facile, tellement évident de créer des liens entre les gens, entre les choses. Elle aurait pu dire encore qu’il s’entendait un peu trop bien avec Perceval pour être seulement digne d’intérêt, que Demeter le méprisait encore, c’était un fait. Et puis il y avait Darwin. Et puis il y avait cette fameuse nuit. Et quel était son nom déjà ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Ses paupières s’étaient un instant affaissées, d’un rien, d’un trop, et c’était le tableau d’une soirée alcoolisée, un peu mystifiée, un peu embellie dans le souvenir qui lui était revenue en image. Alors d’un battement de cils, elle avait liquidé la chose, proprement et simplement. Rosabel Northrop ne vivait pas dans les songes.

Bien sûr elle s'était dirigée vers lui, n'avait eu qu'à traverser une rangée de tables, le pas encore lent, tellement moins vacillant que dans ses souvenirs. Il aurait pu l'entendre approcher au son de ses talons. On l'aurait trouvé sophistiquée encore dans sa robe de sorcière sur-mesure, dans un style, dans une essence remarquable, dans une impression futile de superficialité, dans cette beauté surfaite, empoisonnée. Elle ne s'était arrêtée qu'à quelques centimètres de lui, indifférente à sa zone de confort, indifférente au fait qu'ils n'étaient pas tant familiers, qu'elle n'avait pas tant à le frôler comme elle le faisait pourtant. Car ils n'étaient pas d'une légèreté complice, et il y avait au contraire cette sensation de lourdeur, d'aucun les aurait qualifiés de mal assortis. Et elle le trouva si banal, si quelconque, si... Serdaigle.

_ On s'est déjà croisé, et tu n'as rien dit. Et n'avait-elle pas cru ne jamais le revoir ? Alors qu'ils s'étaient retrouvés si près à plusieurs reprises, alors qu'il  lui avait toujours semblé si familier, si particulier tout en n'ayant rien d'extraordinaire tout en étant remarquable. Et soudain, il n'était plus seulement ce garçon banal, cette quasi connaissance dont elle ne se rappelait jamais de la figure, du nom. Elle ne lui dirait pas non plus que si elle l'avait su plus tôt, sans doute se serait-elle montrée moins désagréable ce soir de concert. Et il y avait eu ce petit sourire éclipsé, ses longs doigts dans l'immobilité parfaite du voluptueux, de ses cheveux, son regard qui avait un instant couru sur une proximité, la silhouette de garçon, une taquinerie encore légère dans le son de sa voix.  

_  Et moi qui croyais avoir été une si parfaite épouse. J'en suis très vexée.
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Re: Remember, remember, the 5th of November — Rosabel Northrop
11.07.16 19:40

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Bien entendu, ses talons avaient raisonné sur le sol — et il avait su. Il s’était alors levé, intéressé par la démarche, stressé par le futur — et s’était assis sur la table, les pieds posés sur le banc, car voilà bien qui ferait l’affaire pour se protéger. De quoi, il n’était pas tout à fait sûr; elle était le redouté, le moment imprévisible qui arrivait. Et s’il retenait une chose d’elle, un petit détail que d’autres n’auraient peut-être pas pensés, c’est qu’il ne fallait rien en attendre; au final ne rien prévoir. Car Rosabel Northrop était l’insoupçonné, le genre qui pourrait, sur un coup de tête, se déshabiller et embrasser l’inconnu. Aussi avait-il croisé ses mains et posé ses bras sur ses genoux, attendant qu’elle soit là — et elle était là, déjà bien trop près à son goût. Regard de bas en haut, il accroche son regard. Courage, Anton. Courage.

Ils s’étaient croisés et il n’avait rien dit. Ce soir de concert, alors qu’elle montrait une certaine obsession presque malsaine envers Percy, il s’était tût, avait compris qu’elle l’avait oublié — avait presque espéré qu’elle le faisait exprès, qu’elle ne voulait plus en parler. Puis cette journée de cours où ils avaient échangé un sourire étrange, ou il avait compris que réellement, elle ne savait pas. Qu’elle ne le reconnaissait pas dans tous détails, qu’il était Roger — elle ne se souvenait pas. Et toutes ces autres fois. Ils s’étaient croisés et il n’avait rien dit, non — car comment amener un tel sujet sur la table, comme dire ce genre de choses sans ne chercher ses mots, sans ne trouver quoi dire. Il y avait pensé, lui demander si elle se souvenait, si Roger lui manquait, dans un élan de rire maladroit. Il n’avait pas osé. Northrop avait cet intimidant effrayant qu’il n’aurait alors pu lui enlever, peut-être parce qu’il ne se connaissait que trop peu pour tout oser, et si une autre n’aurait posé aucun problème, elle avait imposé le silence du garçon. Et ils étaient là, le sourire en coin tiré et les murmures engagés, dans une proximité un peu maladroite, peut-être moins assurée, moins sûre que cela l’avait un jour été. « Les demandes de divorce, c’est toujours délicat. » avait-il plaisanté un sourire tiré, passant une main dans ses cheveux. Il n’évitait pas son regard.

Rosabel s’était imposée dans sa vie un jour banal, et elle faisait partie de ces connaissances qu’il n’aurait pu cerner tout à fait, sûr qu’ils ne se connaissaient que trop peu, bien qu’assez pour être officieusement marié. Il avait d’ailleurs sorti la bague qu’elle lui avait confié, se redressant pour chercher dans la poche de son pantalon, bague qui avait scellé le destin des deux alcoolisés. Il n’attendait pas sa montre en retour, ne revenait pas en arrière au contraire — faisait un pas en avant. Maintenant elle saurait mettre un visage et très certainement devait-elle déçue; car il était bien évident que Rosabel Northrop et Anton Lawliet n’étaient pas assortis. Et certainement certains devaient se demander, ce qu’elle lui voulait, et pourquoi ils s’adressaient la parole — comme deux étrangers. « Elle me va un peu petit. » dit-il en lui montrant l’objet de fiançailles. Il avait souri, attrapé une main de Rosabel, qui lui semblait peut-être un peu plus délicate que l’autre soir.

« Rosabel Northrop. » parce que oui, il avait l’avantage de connaitre son nom et le lui soulignait; sa réputation étant bien moins importante que celle de la vipère. « Acceptez-vous de divorcer ? » et voilà qu’il passait délicatement la bague au doigt de la jeune femme, retenant un rire intérieur. Il se trouvait bien stupide.





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Re: Remember, remember, the 5th of November — Rosabel Northrop
14.07.16 17:57

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Et elle n’avait pas répondu de suite, dans ce sourire étrange et chafouin, dans ce soudain intérêt qui lui imposait le silence, dans cette curiosité qu’il lui inspirait. Et elle avait les courbes malignes, le charme sur le bout des lèvres. Aurait-elle encore cherché à le déstabiliser, aurait-elle encore cherché à le sonder.
Dans un solennel qui n’en n’était pas réellement un, dans un rictus dérobé, elle avait eu un rire dans l’ombre, de l’ordre de l’inaperçu, du non-sens aussi. Qui aurait cru encore qu’il ne la faisait peut-être pas rire, mais l’amusait plutôt. Elle avait encore un regard égaré, pas vraiment dans le sien ; certaine qu’elle était d’avoir déjà vu ce qu’il y avait à voir. Et tandis qu’il la regardait, elle l’en avait que d’un trop privé, et ses pupilles s’étaient volontairement cachés sous un voile fardé, des paupières maquillées, sous la couche de peinture noire des cils. C’était encore son si long nez qui avait semblé se moquer. Et n’y avait-il pas de quoi ? Ils divorçaient sur un air de mariage, après s’être épousés sous le joug de l’alcool et de la bêtise.

« La folie se termine donc ici » ; car cela avait dû en être une, ne fut-elle pas si douce, que de se réveiller avec le souvenir d'avoir un époux, et puis un enfant aussi. « Nous sommes trop jeunes pour rester marier, cela dit il paraît que c'est la mode de divorcer. Le célibat me manquait » ; elle se lécha la lèvre supérieure, sale manie, et cette taquinerie facile. Rosabel soudain n'avait pas l'air d'avoir tant changé ses habitudes, depuis cette fameuse nuit. « Passe-moi la bague au doigt, je serai enchantée de devenir ton ex-femme. »  

Et cela aurait pu être tout, car le mystère s’était révélé, car ils n’auraient rien eu d’autre à se partager, car il n’y aurait eu de raison à s’attarder. C’était cependant ce qu’elle faisait ; elle restait. Dans ce blanc, dans le blanc gigantesque de la Grande salle. Elle ne récupéra pas tout de suite sa main. Sa figure n’avait pas été gênée, Rosabel n'était pas de cette gêne d'ailleurs, Rosabel était au contraire d'un loquace exubérant, ce dont elle ne se lassait pas de démontrer. Et elle n'aurait pu se taire trop longtemps encore, même envers le méconnu, car il n'y avait pas besoin de savoir quoi lui dire, quoi lui faire, Rosabel agissait pour deux, Rosabel avait bien assez de choses à dire. C'aurait pu être une qualité, si elle daignait seulement en faire bon usage.  

Elle fit enfin le pas qu'il manquait, vers ce bout de timide, son genou sur le banc, et sa figure un peu trop proche, et son nez soudain venu frôler, non, pas frôler, toucher le sien de la pointe, jouer avec le souffle, jouer avec l'orientation de son regard planté dans le sien. Et il n'y avait pas de quoi plonger en terre inconnue, pas de quoi s'émerveiller, pas de quoi s'étonner. Il n'existait que cette ambition de dévisager l'autre, comme deux chats curieux se découvriraient au sein d'un même jardin, avec intérêt certes, mais sans charme, sans désir.

« Je veux savoir qui tu es, et puis tout le reste aussi » ; et elle ne lui cachait pas son intérêt, ne lui dissimulait pas qu'il l'intéressait. Déçue ? Elle ne l'était pas encore. Et on aurait pu s'offusquer que cette fausse princesse s'intéresse à un quelconque garçon, presque trop banal pour elle. Demeter lui-même en aurait pâli. Mais elle n'en avait que faire, était la seule à mesure de décréter qui était digne de son attention et de son affection. « Qui sait, peut-être que tu m'épouserais pour de vrai » ; et elle n'avait pas besoin de rire, car on le devinait à son visage, à cette drôle de répartie, à ce rôle décalé qu'elle interprétait alors. Elle n'aurait pas paru si intimidante, si hautaine. Elle n'aurait pas semblé ce qu'elle était. Et de ses propos, elle aurait démenti soudain bien des rumeurs, bien des critiques.

Ses lèvres soufflèrent un léger air sur les siennes, un instant, on aurait juré qu'elles soulevaient au passage le parfum capiteux, particulier, le sien si reconnaissable, si fort, si raffiné, si riche en sens. Le même Chanel que cette nuit-là, à ce moment-là.

D'un chuchottement distrait ; « Je me souviens, tu voulais m'offrir un firewhisky»

Et puis comme une vague, elle s'était retirée, emportant au passage de cette même intrusion les lunettes du garçon. Alors soudain elle était partie non pas d'un éclat de rire mais d'un éclat de sourire, arrogant comme il lui allait si bien, un peu carnassier aussi, alors que ses doigts lâchaient les montures, que l'optique trônait au milieu de sa figure, et qu'elle reconnaissait soudain l'image un peu floue de son ex-époux qui l'avait pourtant hanté toute une nuit et plus encore. « Je me sens encore ivre » ; il fut étrange qu'elle le soit, qu'elle le dise, une confession lui était revenue, je suis honnête, elle devait l'être un peu, pour éterniser l'instant.
« Je t'ai plu ? »
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Re: Remember, remember, the 5th of November — Rosabel Northrop
31.07.16 22:52

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Ignition


« Qui sait. » et le sourire jouait le malin dans cette pâle manifestation d’assurance. Ses yeux jonglaient de droite à gauche, de gauche à droite, tentaient de percer l’insondable de l’esprit incertain qu’elle montrait, qu’elle assumait. Il jouait avec la pointe de son nez, les lèvres tirées dans un sourire carnassier, la curiosité dans les pupilles et le jeu dans les iris sombres. Elle était aussi près qu’elle le fut ce soir là, il aurait pu d’une main la redécouvrir, la sentir une fois encore — l’idée n’était que superflue, aucun désir ici n’était présent; qu’une volonté d’en savoir plus, et il se demanda alors ce qu’elle pouvait voir dans son regard à lui, ce qu’elle pouvait deviner de ce qu’il était qu’elle ne savait déjà. Il avait respiré une dernière fois le Coco Chanel avant qu’elle ne se retire si rapidement, la monture entre les doigts et le sourire fatal aux lèvres. Il l’était encore, ivre. Indéniablement, il n’aurait su dire s’il pouvait l’être à ces côtés, elle qui respirait l’intouchable et le parfait. Alors il s’était illuminé d’un sourire amusé, d’un sourire flatté. Le direct, la franchise. La question lui plaisait. « Autant qu’aujourd’hui. »

Étrangement, Rosabel le mettait à l’aise — le rendait soudainement plus confiant qu’il ne l’était à l’attente. Sa carrure lui était familière, ses manières naturelles; rien ne semblait surfait ou faux, le conventionnel laissait place à la complicité — tout était normal. Il ébouriffait ses cheveux le sourire un peu joueur habillant son regard d’une lueur carnassière, se levait, plaçait un pied dans le vide avant de se laisser tomber au sol; ils étaient, finalement, au même niveau. Le besoin de se protéger disparaissait, l’envie de l’éviter s’amoindrissait car Rosabel, dans toute sa splendeur, lunettes sur le bout du nez et le regard impérieux, avait déjà brûlé sa peau d’un souffle ardent. « Tu me plais, Northrop. » Sentence. Il l’avouait, la honte ne trouvant alors pas sa place dans cette sincérité, il mettait des mots sur ce qu’il ressentait, affrontait ce qu’il n’avait osé chuchoter à Darwin. Peut-être était-elle sa meilleure confidente, celle qui savait bien — elle le connaissait comme éternel insatisfait, comme incapable d’amour adorable et mignon; n’avait-il pas avoué ne pas y croire ? Il avait fait un pas vers elle, un deuxième; s’était légèrement penché sur son épaule, tout près de son oreille. « C’est bien pour ça que nous divorçons. » Confidence confessée dans un chuchotement, il s’était redressé, il avait attrapé du bout des doigts la monture de ses lunettes, les avait doucement retirées du nez de celle qui lui avait volé un baiser, encadrant de ses deux mains le visage parfait qu’elle incarnait. Il les avait pliées, les avait posé à bout de bras sur la table ici ou là — baissant son regard vers le bois.

Cela avait quelque chose d’étrange, que de s’ouvrir complètement aux confidences, que d’avouer une peur qu’il ne se reconnaissait qu’à peine, que de dire à la personne concernée ce qu’il y avait à dire sans leurres, sans superflu. C’était comme si c’était une première fois — ça lui arrivait chaque jour. Mais jamais avec cette importance acide qui brûlait sa gorge, qui faisait battre ses tempes de cette chaleur étouffante. « Je ne suis pas encore assez fou pour offrir ma raison. » Rire innocent, rire charmant. Haussement d’épaules.  « Rationalité. » Elle savait. Et cela sonnait comme un synonyme de son prénom, comme ce qui l’incarnait un peu trop pleinement. Tu loupes ta jeunesse, Anton, lui rappelait sa soeur, dévergondée du premier âge. Et qui ne voyait pas réellement les choses importantes; il n’aurait su le dire, car surement avaient-elles de valeur que ce qu’on leur accordait. Et Rosabel Northrop, dans son esprit, s’incarnait beaucoup fort, son parfum ravageur l’envoutant toujours un peu sans qu’il ne le veuille, son regard, éternel charmeur, jouant de battements de cils incessants. Alors son regard retrouve le sien, se plisse légèrement — ses lèvres se tirent une nouvelle fois, de ce sourire curieux, amusé. Tête penchée, légèrement sur le côté. « Tu ne te souvenais vraiment pas de moi ? De rien ? À part le Firewhisky. » Et c’était comme si le jeu de la sincérité, jamais ne cessait. « Je te l’offrirai — un jour. » Et elle n'aurait le choix que de l'accepter.





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Re: Remember, remember, the 5th of November — Rosabel Northrop
02.08.16 23:59

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« Je sais. Je sais que je te plais. » elle l’avait regardé encore longuement, si près, son visage chafouin, son sourire féroce, avaient glissé sur l’étoffe des vêtements, son bras encore avait frôlé le sien avant de disparaître replié enfin derrière son dos, comme elle tournait autour de lui en même temps qu’ils s’observaient tout deux, qu’ils se détaillaient de nouveau. Ca n’avait pas été qu’une banalité prétentieuse, la voix s’était faite mielleuse, la voix aurait ri encore de son effet, de ce suave. Elle avait été un peu glamour, un peu fatale. Aussi, Rosabel avait eu envie de mordre. De mordre cette clavicule qu’elle devinait tout juste comme un appel pour ses lèvres. Alors elle avait souri un peu plus, dévoilant une rangée de dents avides. Peut-être était-elle amenée à être éternellement carnivore. Elle pensa à lui comme à un morceau de viande ; elle l’aimait saignante.

_ Voilà qui n'est pas raisonnable.

Et comme il était si près de son oreille, elle jouait de cette proximité, de cette étrange intimité. Sa bouche s’était égarée un instant au passage dans le creux de son cou ; elle avait laissé les mains se balader sur sa figure pour ce faire, pour lui retirer ce qu'elle lui avait volé, et une joue avait appuyé un peu lourdement contre la paume de sa main. De loin on aurait vu le mouvement silencieux et espiègle de ses lèvres en train de lui murmurer quelque chose encore comme une énième confidence, saugrenue : « Je te veux », puis il lui avait retiré ses lunettes, elle en avait profité pour le contourner encore, de sorte qu’en se retournant il ne l’ait plus instantanément dans son champ de vision. Une main intrusive sur l’épaule, l’autre s’amusant discrètement à lui pincer la taille, à l'abri des regards, comme un couteau tâterait la chair d’une bavette. Il lui était devenu succulent, soudain. Elle n’avait pas lâché sa figure des yeux, de son extravagance qu’il serait probablement le seul à reconnaître, à goûter aussi. Une promesse enfin était venue complétée ce souhait. Elle le lui devait bien. Et cela lui était venu tout haut, comme elle pensait que toutes les promesses n’étaient pas bonnes à être chuchotées, comme il semblait qu’en plus d’une promesse se confondait une douce menace. « Et je t’aurai. » parce qu’elle parvenait toujours à ses fins, parce que rien n’était trop beau pour Rosabel, parce que Rosabel exécutait toujours ses menaces.

Son menton sur son épaule, elle avait fixé la grande salle, le peu d'élèves aussi, le trop, et dans cette contemplation qui laissait son visage bien indifférent, bien calme, bien gris, ses doigts étaient lentement retombés autour de la taille du garçon. Bien qu'attirant bien des regards, elle s'était un bref instant rendue furtive, derrière sa haute silhouette, quoiqu'elle passerait difficilement inaperçue, quoiqu'elle y parviendrait quelques secondes. Sa voix sans s'éteindre s'était baissée tout juste, les mots étaient sortis sur le timbre d'une instruction, sur l'idée d'une énigme ennuyeuse tandis que les mots, le sens, n'avaient rien de commun ou bien de rébarbatif, car dans le contre-sens même qu'il y avait dans la platitude de leur énonciation, de ce sang-froid trop parfait, ils vous en auraient jetés des frissons.

_ Alors je ne saurai que trop te conseiller de ne pas baisser ta garde, parce que je vais t’empoisonner l’esprit. Et ce que tu as cru voir la dernière fois, ce n’est rien en comparaison avec ce que je te ferai vivre la prochaine fois. Tu vas aimer être torturé.

Elle le pousserait. Elle le pousserait à lui offrir cette maudite raison, cette rationalité dont il semblait presque se vanter, comme une maudite défense, bien piètre en comparaison de ce qu'elle était. Dangereuse. Elle lui ferait l'effet d'un long siège, dont ils ne s’ennuieraient chacun sans doute pas ; ils n'auraient pas le temps naturellement. Elle serait trop occupée à le tenter, il serait trop occupé à y résister. Peut-être avaient-ils eu tort de divorcer. Après tout, le mariage offrait une routine bien moins ingérable. Mais ils ne seraient jamais dans cette routine bien sûr, ne s'y seraient pas reconnus.

Rosabel porterait son nom. Elle serait une rose épineuse.

Alors tout aussi lentement, elle s'était tout à fait retiré avant que leur duo n'accorde un peu trop l'attention, avant qu'on ne comprenne vraiment ou peut-être pas assez ce qui était en train de se jouer. Et elle s'était laissée tomber avec une délicatesse excessive sur le banc des serdaigles. Sa figure suivait la sienne pourtant, se penchant par mimétisme du même côté, de ce sourire trop curieux.

_ Je me serai attendue à ce que tu sois un peu plus remarquable. Mais je ne suis pas déçue, si ça peut te rassurer. Ca ne me déplaît pas comme ça. Et son sourire alors était devenu volontairement mesquin. Mais qu'aurais-je pu oublier ? Ta timidité, lorsque tu chantes ? Le goût de tes lèvres peut-être ?

Et l'éclat de son rouge à lèvre n'avait pas faibli au visionnage de quelques souvenirs aux contours à moitié effacés.
Elle avait fini par tourner le haut de son corps vers la table qui se vidait lentement mais sûrement de ses victuailles, et lui tournant alors presque le dos, elle avait commencé à se préparer une nouvelle assiette ; affamée.

_ Je ne me souviens pas de ton nom.
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