Revenir en haut




Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN


Partagez | 
 

 Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 323

Date d'inscription : 25/04/2016

Crédits : YAYA LE PLUS BO ♥♥

Double Compte : Joan PARKER

avatar





Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
10.08.16 12:24

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.


C’était une de ces journées un peu minables dont l’occurrence devenait malheureusement trop fréquente en cette fin d’année scolaire bourrée d’examens. Pour une raison qui lui échappait, il avait l’impression que le sort s’acharnait sur lui ; Rhodes. Rosabel. Sa mésaventure en compagnie de Tullie et Joakim. Il était las de tous ces problèmes, survenu en un temps de laps si court qu’il se sentait comme oppressé ; vidé de toute énergie.
Cette léthargie lui était étrangère. Ce n’était pas Demeter du tout, que d’être passif et ennuyé, si fatigué et silencieux. Ce n’était pas lui, que de chercher, d’oser désirer la paix, lui si belliqueux. Pour se sentir exister il avait besoin de confrontations, de mots blessants, de cracher son dégoût à la gueule de cette marée infinie d’imbécile pestiférant entre les couloirs de Poudlard. Ces chiens aux gueules béates, aux gueules heureuses, tous si étrangers aux maux qui l’affligeaient. Si insouciants face à cette vérité qui s’était imposé à lui si jeune. Il voulait les salir. Devenir le fléau de leurs misérables vies. Il avait ce besoin compulsif d’épancher sa colère de la plus détestable et perverse des manières.
Mais plus depuis quelque temps.

- Je n’ai pas faim.

Argus Jones, fidèle, l’avait accompagné jusque dans les catacombes. Il avait dénoué sa cravate, défait les premiers boutons de sa chemise. Il acquiesça indolent.

- Ne m’attendez pas pour dîner.

Demeter s’était retourné pour faire face au mur donnant accès à la salle commune des Serpentards, là où ni Argus, ni Juniper, ni James ne pouvaient le suivre.

- A demain.

Et il était entré dans la pièce souterraine. Il lui sembla croiser Tris Williams. Il se contenta de la dévisager d’un air froid. Il chercha Ursula du regard avec l’envie de lui adresser une méchante pique comme il avait l’habitude mais elle n’était nulle part. Tant mieux. Au final il n’en avait pas si envie que ça. Comme toujours il fila sans plus s’attarder jusque dans les dortoirs y posa son sac. Défit enfin sa robe et redescendit dans la salle commune. Demeter espéra ne pas voir Rosabel contre qui, il était toujours furieux. Il fut content de constater qu’elle n’était pas dans les parages. Il avisa Julchen avec qui il discutait parfois, les deux prenant un malin plaisir à critiquer l’ensemble de  leurs camarades. Mais Demeter l’ignora en pinçant des lèvres. Il était soudainement blasé et ces choses auxquelles il avait toujours attaché une grande importance, lui paraissaient à présent étrangement futiles et superficielles.
Au fond il n’y avait qu’une seule personne qu’il avait véritablement envie de voir. Demeter resserra machinalement le dernier bouton du col de sa chemise et tira sur son nœud de cravate. Ses yeux glissèrent sur le blanc immaculé des manchettes de sa chemise et il les rajusta délicatement. Enfin satisfait, Demeter s’approcha du canapé en cuir noir et s’y laissa tomber brusquement comme harassé par la fatigue. Habituellement quand il arrivait avant, il s’asseyait sur le fauteuil parce qu’il voulait être à part et considérait sa proximité comme trop précieuse pour être partagée. Il n’y avait qu’elle dont la présence ne l’importunait pas et devenait même souhaitable. Alors quand c’était elle qui arrivait avant, il prenait toujours place à ses côtés plutôt que dans le fauteuil.

- Bonsoir, Louise.

Il la gratifia d’un demi-sourire.

- Si tu savais le genre de journée immonde que j’ai passé.

Les jambes un peu écartées, le buste penché, les coudes appuyés sur les genoux et les mains jointes, Demeter agitait ses poignets dans un va-et-vient répétitif. Moins las qu’auparavant, il songeait avec verve à tout ce qu’il avait à lui dire. Tout ce qu’il lui brûlait de lui dire. Son regard se perdit quelques secondes dans le brun de ses cheveux. Une pensée abstraite le secoua alors, et il eut dans sa remarque comme un reproche déguisé.

- Oh attends. Argus t’écrivais un origami ce midi.

Il fronça les sourcils légèrement et avança ses lèvres fines en avant. Gamin c’était sa moue d’enfant buté, quand on lui demandait de partager un jouet avec Juniper et qu’il s’y refusait.

- Encore de la poésie moldue ?

Louise n’était assurément pas sienne. Pourtant, son cœur était toujours pris d’un drôle de pincement quand Argus lui parlait d’elle, quand Argus si beau, si séduisant l’abordait avec un sourire en coin. Ou encore, lorsqu’il la voyait en compagnie de Duke Osborne, saleté de bellâtre, chevalier de ses dames par excellence.
Soudainement contrarié, Demeter glissa légèrement de côté, s’éloignant imperceptiblement de Louise.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 156

Date d'inscription : 06/08/2016

Feat : original

Crédits : penguin factory

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
10.08.16 19:35

Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 323

Date d'inscription : 25/04/2016

Crédits : YAYA LE PLUS BO ♥♥

Double Compte : Joan PARKER

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
11.08.16 13:51

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.


- Oui. Je passe la plupart de mon temps avec lui après tout.

Sa gorge s’était serré, ostensiblement. Demeter se sentait nerveux. Il porta une main à son col de chemise dans l’intention d’en défaire le premier bouton. Il se retint en croisant le regard de Louise.
Et tout retomba (sa main aussi). Il l’observa en silence.
Il n’aurait pu dire de quoi il s'agissait exactement mais quand Louise était là, le vrombissement habituel de ses maux devenaient muets. Peut-être était-ce son regard si limpide et si doux. Peut-être était-ce sa voix, si chaude et si souple. Peut-être était-ce son visage, qui, baigné par les flammes de la cheminée, était si diaphane, si voilé, qu’il n’aurait pu lui en vouloir pour si peu. Ou encore, pour une raison ou pour une autre, Louise évoquait cette fois comme à chaque, une tendresse inextricable à laquelle il ne pouvait se soustraire. Elle l’apaisait par sa seule présence. C’était aussi merveilleux que déroutant. Et sans doute n’en était-il pas conscient, mais à quel moment exactement était-elle devenue aussi importante ? Il se surprenait souvent à murmurer son nom quand il pensait à Juniper.

Demeter triturait discrètement sa cravate émeraude, légèrement distant. Puis il eut alors cette constatation. Incrédule, rasséréné, il en oublia un instant Argus et Duke Osborne.

- Vraiment ?

Louise si douce, si unique, si exceptionnelle à ses yeux, aurait dû incontestablement s’attirer depuis longtemps toute l’attention de la gente masculine. L’inverse était impensable Puisqu’après tout si elle était le fruit de toute son attention, cela faisait d’elle ou cela voulait dire qu’elle était désirable par tous et pour tous. Il ne pouvait en être autrement. Et c’était sans doute là le fruit de toute sa frustration, quand il lui imaginait d’autre Argus, d’autre Duke, aux mots fleuris, aux sourires romanesques, se l’accaparer, quand bien même elle lui était si précieuse. Et voilà qu’elle lui soutenait le contraire à sa plus grande quoique égoïste satisfaction. Tout aussi rassuré qu’il était de savoir qu’on ne lui déroberait pas Louise, Demeter demeurait cependant bougon en revoyant Argus recopier ses quelques lignes à l’heure du midi. Pourtant il lui répondit d’une voix blanche et détachée, si habitué à déguiser ses humeurs aux autres comme à lui.

- Tant mieux.

Et c’était impulsif. Et c’était terriblement égoïste comme réponse.
Et c’était tellement Demeter que de parler sans penser aux autres. De penser à lui avant eux. De se dire que lui seul suffisait.
Et c’était tellement Demeter que de se croire roi.
Pourtant aussi intouchable qu’il se voulait, il en fallait au final toujours très peu pour l’inquiéter. Alors quand il pensait à Argus si frivole, si volage, il craignait peut-être qu’on la lui ravisse de cette place à laquelle il voulait la voir trôner éternellement.

Parce que Louise était sienne il ne devait en être autrement.

- Argus est…

Il s’arrêta subitement. Chercha les bons mots pour lui dessiner le contour de sa pensée. Mais Louise l’interrompit dans ses balbutiements et fit oublier origamis, poésies ainsi que l’ombre si intimidante et parfois si encombrante de son meilleur ami. En ces moments il n’était question que de lui. Il ne s’agissait que d’eux. Alors, inconsciemment, il combla un peu la distance les séparant. Le tissu de sa chemise frôlait à présent l’épaule de Louise. Et pour la première fois aujourd’hui, l’ourlet de ses lèvres dessina un sourire. Il entama le récit de sa journée en tournant son visage vers elle.

- Je disais donc qu’elle était absolument atroce.

Il était toujours penché vers l’avant. Son regard vogua vers les flammes de l’âtre tandis qu’il prenait un ton fielleux.

- Rhodes me rend la vie impossible. Il a ruiné deux de mes chemises ce matin.

En repensant aux évènements il se sentit légèrement en colère. Rhodes était si acharné qu’en comparaison il était une crème. Il semblait s’être fait un devoir de rendre son existence misérable et jour après jour, il était source de nombre de ses malheurs.

- Il jetait des bouteilles d’encres au cinquième étage et évidemment ça ne partait pas.

Il se laissa tomber en arrière, s’enfonça dans le cuir moelleux du canapé.

- Donc je suis allé me changer et évidemment qui m’attendait à la sortie de la salle commune ?

Il eut un haussement de sourcil entendu et ponctua son récit d’un ton particulièrement dédaigneux.

- Rhodes. Et comme si cela ne suffisait pas il a fallu que ce crétin de Nails en rajoute une couche. Son origami m’a recouvert d’empestine je crois.

Il fit craquer les jointures de ses doigts, rigides à force d’avoir passés la journée à écrire.


- Evidemment ça ne partait pas non plus et j’ai dû passer deux bonnes heures à enlever tout ça.

Il eut un rire sans joie.

- Et puis des examens. C’était facile mais fatigant.

Il fourra sa main dans sa poche, en retira une boite métallique, l’ouvrit et fit tomber quelques pastilles à la réglisse qu’il posa sur le bout de sa langue. D’un geste lent du bras il proposa à Louise les friandises restant dans sa paume.

- J’aimerai que l’année se finisse.

Puis il songea alors que de retour à Manchester, Louise disparaitrait temporairement de son quotidien. Cette pensée le troubla alors. Son regard se fit lointain. Il hasarda une main le long de son genou, écartant quelques poussières qui s’y étaient perdus. Depuis quand la présence de Louise lui était-elle si familière ? Si souhaitable ? Il aurait presque même dit nécessaire tant l’importance qu’il attachait à leurs discussions était grande. Et qu’à l’évidence, elle était désormais si ancrée dans son quotidien, qu’il en anticipait voir en redoutait même le départ. Alors il se corrigea promptement, autant pour lui que pour elle.

- Ou plutôt j’aimerai qu’on retire de Poudlard les esprits frappeurs, les sangs de bourbes et les créatures hybrides.

Il n’avait jamais su avec exactitude, définir l’importance que Louise avait pour lui. De toute évidence elle n’était ni Argus, ni James, ni Juniper, trois intouchables, mais l’idée d’avancer son nom aux côtés des leurs ne lui avait jamais paru incongru. Parfois, il s’avançait même avant les leurs sans qu’il ne sache exactement pourquoi. Il ne s’était jamais attardé sur l’importance toute particulière dont Louise s’était drapée au fur et mesure des années. Mais en cet instant, cette considération lui parut primordiale, puisque dans et pour quelques mois, ces moments de douceurs s’effaceraient temporairement. Et ça le gênait. Louise. Louise distordait son sens des réalités, suspendait le temps en sa compagnie. Louise lui faisait oublier quelques tourments, quelques vérités dérangeantes. Louise acceptait ses humeurs les plus terribles, ses écarts coléreux d’enfant-rois.

La compagnie de Louise était inestimable.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 156

Date d'inscription : 06/08/2016

Feat : original

Crédits : penguin factory

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
12.08.16 1:43

Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 323

Date d'inscription : 25/04/2016

Crédits : YAYA LE PLUS BO ♥♥

Double Compte : Joan PARKER

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
12.08.16 14:40

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !


Il avait suffi de Louise. Il avait fallu de Louise. Et les paupières de Demeter s’étaient fermées doucement, comme on tombe endormi. Enfin soulagé, enfin apaisé. Elle était sa délivrance tant attendue, la promesse d’horizons plus calme et plus paisible.
Et si seulement il avait eu le courage de se l’avouer. S’il avait su s’épancher, s’il avait su écouter ce que son cœur lui murmurait parfois tout bas. Alors il aurait fini par lui dire.

Louise tu m’es inestimable.

Il battit des cils quand il sentit sa peau frémir sous la flanelle de sa chemise. Louise l’effleurait de ses doigts filiformes. Elle les fit courir le long de son bras, se l’accapara, puis posa sa tête entre ses genoux. S’il n’avait pas été question d’elle, sans doute aurait-il rougi, sans doute aurait-il était gêné, sans doute se serait-il révolté dans sa pudeur parfois excessive. Il n’était pas particulièrement tactile et aimait conserver une distance entre lui et les autres. Demeter se jugeait sûrement trop important pour consentir à partager son espace avec qui que ce soit. Mais il n’avait cesse d’oublier ses considérations quand il s’agissait du bras qu’Argus jetait autour de son épaule, des étreintes soudaines que Juniper lui faisait ou encore des coups de coudes offusqués que lui donnait James après d’innocentes boutades. Parce qu’ils étaient logés en lui d’une façon inextricable, habitait derrière ses habituelles et intimidantes barrières. Il les aimait voilà tout.
Et sans doute aimait-il Louise aussi, parce qu’après tout il n’avait pas bronché. Parce qu’après tout il éprouvait une curieuse chaleur au creux de son ventre, du genre réconfortante et apaisante.
Immobile, il avait de nouveau refermé les yeux. Il les ouvrit un instant après quand Louise lui répondit. Un sourire tendre étira ses lèvres. Il aimait le son lointain et les murmures si doux de sa voix. Elle lui évoquait une sérénité si étrangère à lui, écorché vif et perpétuellement tempétueux.
Ses mots bien trop flatteurs le rengorgèrent.
Son compliment lui arracha un énième sourire. Le troisième déjà. Il égara alors son regard dans l’océan bleu des yeux entrouverts de Louise et tout sauf ça sembla disparaître l’espace d’une seconde, comme si le monde fut happé par ce gouffre enchanteur. Demeter hasarda une main vers le front de Louise, la perdit dans la forêt profonde de ses cheveux auburn, les coiffant de gestes distraits.

- Tu es si gentille Louise.

Il cessa de la regarder tout à fait, se fit sans doute un peu absent alors qu’il songeait qu’un monde fait seulement d’elle et de lui pouvait être souhaitable. Il était si las parfois, si ennuyé de toutes ces basses présences quelconques qu’il devait se coltiner à longueur de journées. C’était si épuisant de fréquenter tant d’idiots, tant d’abrutis et même les persécuter comme il l’avait longtemps fait ne lui apportait presque plus de plaisir. Ce qui avait longtemps constitué son plus grand et meilleur exutoire, n’était désormais plus qu’un rituel fade et incolore auquel il s’adonnait rarement, tant cela lui paraissait affreusement insipide. Mais il lui arrivait toujours d’écumer sa rage, de partager ses violentes humeurs parce qu’après tout Demeter Hydrus Green n’était pas grand-chose d’autre qu’une colère froide toujours prête à dégueuler sa bille acide à la face du monde et à la face des autres. En dehors de cette gangue orageuse il n’existait pas, ou rarement, tant elle le définissait. Pourtant Louise. Louise sonnait presque comme une rédemption. Quand il la voyait ainsi, allongée si près de lui, il se surprenait à trouver quelques saveurs agréables à un paysage d’ordinaire si fade. Elle peignait un tableau avec des pinceaux qui n’existaient pas, le remplissait avec des couleurs d’un autre monde. Quand Louise était là, tout allait bien.
Il continua de laisser ses doigts glisser le long des cheveux de Louise, les ordonnant avec douceur puis il s’arrêta. Il retira sa main. Bailla. Demeter était fatigué même s’il n’était pas tard, même si la journée finissait à peine. Louise, sa chaleur, l’âtre dont les flammes rougeoyaient, l’avaient plongé dans une indicible torpeur. Il ne savait quoi dire d’autre. Il n’avait rien de particulier à ajouter et au fond il aimait ce silence qui les liait.
Les paupières closes, il remua faiblement afin de s’installer plus confortablement. Ses épaules s’ébrouèrent, roulèrent légèrement, s’étirant faiblement puis retombèrent. Et sa main vint retrouver les cheveux sombres de Louise pour s’y perdre à nouveau en de gestes légers et répétitifs. Absent, il égara au hasard ses doigts sur le front de Louise, se faufilant de leurs bouts sur sa peau si claire. Il s’en rendit compte quelques secondes après mais fit comme si de rien n’était, remontant avec lenteur vers la crinière auburn de Louise qu’il continua de coiffer presque machinalement. Ce geste était délassant, presque reposant, lui rappelait des après-midis passés avec le chaton noir d’Argus sur les genoux et cette comparaison l’amusa, lui arracha un sourire discret (son quatrième) qui s’échappa de ses lèvres en un petit soupire à moitié réprimé.
Il s’arrêta subitement quelques minutes après un autre souvenir moins plaisant. Celui de Rosabel arrêtant son index d’un geste impérieux. A l’évocation de cet incident fâcheux il retira sa main avec lenteur. Et il voulut cesser d’y penser mais le rejet encore cuisant, les mots blessants de Rosabel firent inévitablement dérailler le train de ses pensées. Et il était soudainement contrarié, irrité, il agita ses cuisses légèrement pour inciter Louise à se redresser, l’accompagna avec douceur d’une main glissée sous son épaule. L’avait-il brusquée ? Son esprit houleux ne parvint pas à s’attarder sur ce détail même si une partie infime de lui y attachait une importance toute authentique.
Demeter croisa une jambe, posant son pied au niveau de son genou et tourna la tête vers Louise en fronçant des sourcils. Il ouvrit la bouche, prêt à lui raconter sa mésaventure dans la salle du trône, mais ses mots se figèrent au moment où il allait faire part de toute sa mauvaise humeur. La gêne encore éprouvée domina l’emportement de sa frustration et ses lèvres se serrèrent alors, dessinant une moue frustrée.
Il arrêta de regarder Louise glissa dans son palais les réglisses restantes et resta prostré dans son silence, ne sachant pas quoi faire cette fois pour se délester de toute son insatisfaction. Il serra la mâchoire, se recoiffa.

Et regarda Louise de nouveau.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 156

Date d'inscription : 06/08/2016

Feat : original

Crédits : penguin factory

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
13.08.16 1:37

Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 323

Date d'inscription : 25/04/2016

Crédits : YAYA LE PLUS BO ♥♥

Double Compte : Joan PARKER

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
13.08.16 17:16


Et puis tout à coup il avait cessé de regarder Louise.

Ses yeux cavalèrent sur les dalles noires de la pièce, en fixèrent le marbre avant de rebondir entre quelques serpentards se trouvant là. Pendant plusieurs secondes il les dévisagea, stria leurs silhouettes de défauts des plus anodins au plus visibles avec un rictus légèrement mesquin. Il se délecta de ces nez trop gros, ses mentons trop avancés, ses épaules voûtées et ces fronts trop larges s’y concentrant sur ces imperfections, comme si en elles il pouvait noyer ses propres frustrations, oublier d’insignifiants maux qui pourtant n’avaient cesse de le tourmenter encore et encore, dans un va-et-vient imprévisible. Mais il n’avait toujours pas digéré les mots trop crus de Rosabel et il en avait l’humeur revancharde et mauvaise.
Son recensement achevé, Demeter zieuta d’autres présences, vaquant à un il-ne-savait-quoi de fin de journée. Il suçota les fins de pastilles les faisant rouler contre son palais, n’en retint que le goût un peu amer puis posa son menton sur son poing. Tout lui paraissait soudainement un peu plus futile, un peu plus laid.
Et sans doute se serait-il levé pour aller vider son esprit en allant se balader ou bien en lisant en livre, s’il n’avait pas senti Louise s’agiter à côté de lui. De nouveau tout sembla retomber platement quand il la remarqua, assise en tailleur comme si elle était toute à lui. A son profil et si proche, les yeux bleus de Louise avaient cet éclat si pâle et si doux. Ses cheveux rougeoyaient à la lueur des flammes, et leur cascade épousait le contour si frêle et si délicat de ses épaules. Alors celles de Demeter s’affaissèrent imperceptiblement comme un peu plus détendues. Et il se sentit soudainement idiot de cette crise un peu spontanée, des humeurs virevoltantes qui pouvaient le saisir. Il l’écouta, s’accrocha aux mots de Louise, dont la tendresse infinie le réchauffa jusqu’au creux de son estomac.
Avec Louise il n’avait pas à faire semblant ; Et sans doute Demeter, terrible, cruel, ne la méritait pas. Pourtant Louise était-là. Si proche. Mais il n’arrivait pas à s’ouvrir sur ce qui le gênait véritablement. Même si c’était Louise. Demeter ne livrait que rarement ses vrais états d’âmes. Il se voulait, s’était toujours voulu, un peu inatteignable et hors-de-portée alors qu’un rien, un moindre rien suffisait à le secouer. Mais peut-être essayait-il de se convaincre lui-même qu’au travers de toute cette distance, toute cette pudeur ; Il pouvait être intouchable.
Alors il se contenta d’une réponse un peu plate, un peu mensongère.

- Ce n’est rien Louise.

Ou peut-être ne voulait-il pas admettre qu’encore des jours après, l’empreinte de Rosabel demeurait en lui comme une plaie insolente et le narguait chaque jour un peu plus. Sans doute ne voulait-il pas en parler à voix haute comme pour l’aider à oublier plus vite et faire en sorte que cet épisode gênant n’ait jamais existé.
Mais Rosabel disparut en cet instant. Quand Louise s’offrit tout-à-lui, fit fleurir son cinquième sourire par des mots à la sincérité véritable qui le touchèrent en plein cœur. Et il se sentit légèrement secoué, un peu ému. Louise Louise Louise. L’avait-il croisé dans une autre vie ? Pour qu’elle fasse résonner son âme de cette manière ? Il n’aurait pas pu l’imaginer plus parfaite.

- Tu n’en as pas besoin.

Parce qu’après tout Louise l’aidait déjà. Il ne lui avait jamais dit, ne lui dirait sans doute jamais, mais si Argus était son compagnon face au monde, bien souvent Louise en était son abri. Un refuge où l’écho habituellement fracassant de ses maux lui paraissaient bien lointain et si les plus brûlants parvenaient à s’y immiscer parfois, Louise les rendait muets. Du moins c’était son impression, inavouée, tout au fond de lui-même.
Il s’éloigna un peu, puis petit à petit fit comme Louise un peu plus tôt. Sa tête bascula lentement vers l’arrière tandis qu’il laissait son corps glisser. Sa nuque se nicha dans le creux des jambes de Louise et il ferma les yeux pour apprécier la chaleur de Louise qui l’enveloppait doucement. Et cette fois il ne fut plus question de lui mais d’elle.

- Et toi Louise comment s’est passée ta journée ?

Et il rouvrit les yeux, plia ses doigts en crochet devant ses yeux en examinant les détails, vérifiant qu’il n’y avait rien à redire sur l’état de ses ongles. Car en la présence de Louise, Demeter si ennuyé, si agité d’habitude n’avait pas d’envie pressante ni d’urgence. L’ennui ne le taraudait pas avec insistance et il n’avait aucune objection à laisser le temps s’écouler paresseusement devant eux ; A le ponctuer de quelques conversations badines et insignifiantes.
Parce que Louise l’apaisait véritablement.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 156

Date d'inscription : 06/08/2016

Feat : original

Crédits : penguin factory

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
14.08.16 3:13

Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 323

Date d'inscription : 25/04/2016

Crédits : YAYA LE PLUS BO ♥♥

Double Compte : Joan PARKER

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
14.08.16 13:35

Ça avait claqué dans l’air comme un coup de revolver.

Tout se fige. Ma tête au creux de ton corps, mes mains, mes jambes et mes lèvres ; J’en oublie le détail futile de mes ongles. J’en oublie le récit de ta journée Louise. Il me semble provenir de l’autre bout du monde. Tu as eu des examens, tu as révisé à la bibliothèque, tu as croisé cet imbécile de Duke Osborne. Tu voudrais m’aimer.

Ai-je bien entendu ?

De quel amour parles-tu ma Louise ? J’ai l’amour malade tu sais. Le cœur en jachère. J’exècre la solitude mais la compagnie m’est mauvaise ; Tu as longtemps été cette exception à mes caprices. Je ne m’attendais à rien de toi à part ta compagnie, qui pour une raison ou une autre (je n’arrive jamais à mettre le doigt sur la raison exact, ou m’y interdis), m’est d’une douceur infinie. Mais si tu te donnes-tout à moi Louise, oh Louise, je n’aurai ni tendresse ni affection à te donner. Demande-leurs et ils te diront à quel point je peux être difficile. Ils te raconteront l’affect avare et les gestes sans retours. Je ne sais pas m’ouvrir tu vas en souffrir. Mais il est trop tard. Parce que moi je veux tout. Je veux le monde à mes pieds. Je te veux à mes côtés.
Mais de quel amour parles-tu ma Louise ? L’amour qui provoque des tempêtes dans les cœurs, l’amour qui bouscule l’esprit, l’engonce de ses folies ? Cet amour dont les filles parlent en gloussant, dont les fièvres terrassent même les plus hardis ? J’ai vu Juniper s’y perdre, Argus y danser avec impunité, James y goûter. Et moi il ne m’avait jamais effleuré avant que Rosabel m’y fasse songer. J’ai peut-être compris l’origine de cette chaleur au creux de mon ventre quand je noie ma main dans tes cheveux, quand je fais gambader mes doigts le long de ton front, quand je m’oublie dans le cocon de tes jambes. Tu mets des mots sur ce que je n’arrivais pas à définir. Oui ma Louise, avec toi tout semble plus calme comme si nous avions notre monde au sein d’un monde. Il en souffle des bourrasques dans ma vie mais quand tu es là, tout me parait plus clément. Et oui ma Louise avec toi il me semble vivre au ralenti. Et c’est formidable que d’avoir cette impression d’enfin arrêter la marche inexorable du temps.

Je me rends compte alors que mon bonheur à moi porte un nom.

Louise.

Je me rends compte alors que mon bonheur est fragile.

Louise.

Mon cœur tangue à une cadence infernale, déjà trop emballé, misérable oisillon affamé. Et je ne sais pas et je ne sais plus comment reprendre le fil normal de nos affaires. Il faudrait trouver assez vite parce que je voudrais oublier tout ce qu’il vient de se passer. Parce que j’aime ces moments, ils flottent comme des bulles de savon mais j’ai peur que l’amour finisse par les faire éclater. Parce qu’il y a eu Rosabel, maudite Rosabel, maudite désillusion. Parce que les mots de Louise étaient vagues, des murmures, qu’elle les a lancés sans les rattraper ensuite ; Comme si de rien n’était. Parce que moi-même je ne suis certain de rien et aventurer des points d’interrogation serait un pas dans la mauvaise direction. Je me fige encore et toujours, cache son visage de ma main toujours repliée. Je devine le ciel de ses yeux m’attendre derrière cette maigre muraille. Que trouverai-je dans cette grande étendue de bleue si je venais à déplacer mon bras ? Il est déjà trop tard de toute manière pour faire comme si de rien n’était mais je ne sais plus quoi faire. Et Louise, pourquoi es-tu si calme ? Ne te rends tu pas compte de la confusion dans laquelle tu viens de me plonger ? Il est bien cruel de me jeter ces mots sans me les expliquer, de me laisser résoudre leur puzzle et d’avoir continué ainsi le flot de ta narration, d’une voix si absente, si étrangère, comme si tout cela t’était indifférent et insignifiant. Je voudrais savoir, te demander de me répéter. Mais je n’y arrive pas. A la place je te réponds ces quelques mots machinaux, si faciles à l’envol tant ils me sont familiers :

- Tu arrives à étudier à la bibliothèque ? Je n’y suis jamais parvenu il y fait une chaleur étouffante. La surveillante me perturbe. J’ai l’impression qu’elle me fixe en permanence. Et je ne sais pas comment il est possible d’être aussi distrait que Duke. Tiens d’ailleurs. Je t’avais dit qu’il était sorti avec Juniper ?

Oh Louise il est au final tellement plus facile de faire comme si tu n’avais rien dit, plutôt que de chasser des réponses au creux de mon cœur ainsi qu’au bout de tes lèvres ; Même s’il me brûle de savoir. Même si tu as tout bousculé sur ton passage comme une tornade à la force d’une simple phrase. Il est tellement plus aisé de prétendre que rien n’est anormal. Parce que je suis las. Las d’un peu tout. Parce que j’ai peur. Peur qu’on s’égare et que ces moments qui me sont si précieux disparaissent. Je ne veux pas d’un rêve avorté et de folies dévastées. Je voudrais que ce soit juste toi et moi sans malaise, sans mal-être comme ça l’a toujours été. Pourtant ma Louise, maintenant je suis si agité. Inconfortable au creux de tes jambes alors que j’aurai voulu m’y effacer toute la journée. J’aurai voulu m’oublier, m’endormir dans le cocon de ta chaleur. Mais me voilà, avec mon cœur palpitant et mes jambes fébriles. C’est l’embarras qui tient encore et toujours cette main entre nous comme une barrière, parce que je ne sais pas ce qu’expriment mes yeux et ne veut pas deviner ce qu’abritent les tiens. Même s’il m’en brûle de m’y submerger et que je ne peux m’empêcher de penser à quel sorte de trésor j’y trouverais si je décidai enfin à m’y empêtrer.
Et puis j’envoie tout à Merlin. Tant pis pour tout, pour toi et pour moi  mais je n’y tiens plus. Je me suis redressé un peu brusquement, tu m’excuseras mais il faut faire lumière sur cette affaire, te faire répéter cet aveu noyé dans le récit de ta journée. Ton regard croise enfin le mien ; Je ne me lasserais jamais de toutes les teintes de bleu qui s’y mélangent, de ces longs cils noirs qui les bordent. Je me penche à l’avant, ma main s’est tendue vers ton visage, balaie le haut de ta paupière pour trouver une mèche de cheveux égarée, aussitôt replacée avec douceur derrière ton oreille que je frôle du bout de ma paume. Et je remplis doucement ma main de ta joue, soutient ton visage au niveau de la mâchoire comme pour être certain de ne pas te voir disparaître. Enfin j’ose m’élancer.
Il y a ton nom qui vient d’abord. Un peu comme toujours.

- Ma Louise.

Je rapproche mon visage du tiens. Mon pouce danse sous ta paupière, en effleure la peau avec douceur. Et je te murmure tout bas à l’abri des oreilles indiscrètes :

- Pourquoi as-tu dit vouloir m’aimer ?
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 156

Date d'inscription : 06/08/2016

Feat : original

Crédits : penguin factory

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
15.08.16 2:27

Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 323

Date d'inscription : 25/04/2016

Crédits : YAYA LE PLUS BO ♥♥

Double Compte : Joan PARKER

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
15.08.16 13:53


Louise a frémi sous mes doigts puis s’est figée. Je regrette alors l’élan brusque, compulsif qui a délié ma langue. Et quand elle fait danser mon prénom à deux reprises sur les siennes je sens mon cœur se serrer comme si ma poitrine était soudainement trop étroite pour le contenir. Et je l’écoute parler regrettant déjà mes mot précédents, cette folie soudaine qui m’a pris et qui maintenant va me dévaster. Tout était si doux. Pourquoi as-tu dit vouloir m’aimer ma Louise si c’est pour ensuite tout reprendre ? Et puis la signification de tes mots qui suivent m’écrase. Mon cœur tangue à nouveau d’une cadence infernale. J’étouffe avec ma chemise fermée jusqu’au dernier bouton qui engloutit ma nuque J’ai l’envie pressante de la défaire alors que milles urgences s’affairent et se pressent entre mes tympans. Louise Louise tu viens encore de me plonger dans la confusion la plus totale et c’est pire qu’une tornade qui se déchaîne dans ma tête. Les émotions se font reines, me submergent alors qu’il y a quelques secondes je somnolais presque. Au travers de ce fouillis il n’y a rien que je reconnais. L’amour m’est étranger presque aliéné. La joie est rendue stupeur. La peur n’est plus que frisson. Et c’est tout un paysage inconnu que je vois défiler. Il y a soudainement trop de choses que je voudrais prendre en compte ; Trop de choses auxquels il faudrait que je pense pour songer te répondre avant. Mais au final tout ça importe peu.

Ma Louise m’aime.

J’en tremble. J’en souris faiblement. Suis-je heureux, suis-je épris d’amour ?
Et ma Louise… Pourquoi ces mots si tu m’aimes ? Mon incompréhension répand un parfum d’amertume qui se propage tout à l’intérieur de moi. Pourquoi ne me comprends tu pas ? Ton rire sonne et résonne dans ma tête comme une mélodie aux allures de désastre. Il y a ce sourire amusé dont se pare tes lèvres comme si tout cela n’était qu’une vaste plaisanterie, ou que tu te moques éperdument de moi. Mais Louise, si tendre et si douce ce n’est pas son genre. Je ne le sais que trop bien. Et ta main vient rencontrer la mienne, délie mes doigts accrochées à ta joue, l’en déloge tout de toi. Et puis plus rien.

Enfin si.

Ces mots qui m’effleurent pourtant me dévastent. Qui es-tu Louise, ma Louise, pour présumer ainsi de moi, m’assener cette phrase avec une telle assurance aux accents de vérité terrible que j’en suis presque convaincu. Et j’ai soudainement envie de me relever, de me révolter, de te dire que tout cela est faux mais c’est toi que j’ai en face de moi Louise. Et même la, blessé, je ne sais pas être en colère contre toi parce que sans toi Louise, immiscée jusqu’au plus profond de mon être je m’écroule. Et parce que tu es ma Louise. Si belle et si intelligente. Si tendre et si douce. Tu ne saurais te tromper, t’aventurer inconsciemment dans de telles déclarations sans y avoir pensé, sans y en être fermement convaincue. La confiance que je te fais est totale parce qu’à force de se croiser par ici, j’aime croire qu’on s’est appris sur le bout des doigts et que l’un pour l’autre n’a rien d’étranger. Alors je me dis que tu as sans doute raison. Parce que tu es Louise et parce que tu m’es unique. Parce que tu m’es inestimable alors tu vaques, tu viens, tu pars comme bon peut te sembler, me piétiner, m’adorer au final tu sais Louise, je ne pourrais jamais t’en vouloir tant que tu es là, tant que je te vois.

Je cesse de te regarder tout-à-fait, faut-il qu’on en débatte, qu’on se déchire à coup d’opinions divergentes ? Non Louise tu m’es bien trop inestimable alors je rechigne à m’occulter en détails, j’en essaie d’oublier mon cœur qui tambourine encore, la chaleur qui a envahi mes joues comme une fièvre dévorante et je me rappelle alors de quelques mots terribles et énervés d’Argus et Juniper. Qui pourrait bien vouloir de son amour. Parce que Louise avait dit vouloir l’aimer, mais n’avait pas dit vouloir son amour. Même ma Louise n’en voulait pas. Et il y a comme un rire rauque qui fait tressaillir ma gorge, s’étrangle dans mon œsophage. Pendant quelques brèves secondes. Ils avaient raison. Louise a raison. Qui voudrait de mon amour exigeant corrosif et envenimé, ce genre d’amour malsain qui ne connait pas de retour, dont on advient à même en douter l’existence tant il est muet, tant il est incolore et inodore. Ce n’est pas le genre d’amour dont rêve les filles. Oh non il leur faut des Argus aux déclarations un peu enflammées dont les lèvres aux promesses d’un bonheur tonitruant parsèment leurs nuques de baisers. Il leur faut des Duke aux existences sibyllines, romantique inavoué dont le dévouement, un brin chevaleresque est sans faille. Pas d’un moi en pleine perdition.
Et Louise toi tu sais, comme tous ceux qui me sont proches, le doute qui parfois me saisit jusque dans mes os. J’aurai tellement voulu être infaillible, avancer sans jamais trébucher. Mais c’est dans de tels moments que je balbutie quelques inepties en souhaitant que tout cela s’arrête, avouant enfin que le problème ne réside pas dans le monde mais en moi. Avouant enfin, qu’il y a cette douleur qui me tord sans cesse et qu’il faudrait songer à faire quelque chose avant de m’y perdre. Qu’il faudrait peut-être songer à pardonner pour enfin apprendre à aimer et que rien ne m’est dû. Parce qu’il y en a toujours et il y en aura toujours de ces histoires un peu connes et un peu dégueulasse d’enfants endommagés. Un jour il faut simplement admettre avoir tiré le mauvais numéro, au lieu de ressasser sans cesse et toujours, sempiternellement que tout est si injuste. Mais il y aura demain et demain il n’y aura plus rien. L’aube mangera ces maigres considérations et cette introspection de quelques secondes. Demain sera à nouveau vide de sens et vide de tout.
Mais pour l’instant demain n’existe pas et il y a toi, ma Louise, juste à côté de moi. Je ne sais pas vraiment quoi dire de plus, s’il y a des choses qui valent la peine d’être rajoutées et d’être encore dites. La salle commune se vide. C’est l’heure d’aller manger mais la faim me manque. Il faudrait effacer tout ce qu’on vient de dire, oublier ces instants qui viennent de tout bousculer, tout chambouler pour que demain soit demain, que demain tu sois toi et je sois moi. Pourtant j’ose encore rêver d’un autre demain un peu nouveau mais tu ne souhaites sans doute pas que je t’aime. C’est en tout cas ce que j’ai deviné dans tes mots, dans ta main qui est venue déloger la mienne.

Et il y a de l’eau dans mes yeux je crois. Ca s’embue devant moi un peu trop vite pour que je songe à rattraper du revers de la main quelques larmes qui s’échappent et dévalent le long de ma joue. Je dois déglutir pour reprendre contenance, cligner des yeux afin de ne pas laisser mon esprit s’égarer encore plus. Et mon visage va s’enfouir dans mes mains quelques poignées de secondes le temps de tout essuyer et de remonter en arrière plaquer quelques mèches blondes. Je laisse mes ongles s’enfoncer progressivement dans le cuir du canapé que je palpe en quelque geste répétitif. Je balance un regard dans la pièce pour m’assurer que tout est vide alors mes lèvres s’agitent toutes seules :

- Pourquoi penses-tu que je ne t’aime pas ?

Explique-moi Louise, les battements agités de mon cœur, la nervosité qui fait trembler mes doigts, mon estomac qui remue péniblement encore quand bien même je lui ordonne de toute ma force de cesser. Explique-moi mon esprit qui sans cesse revient à toi alors que j’essaie de me résoudre à laisser tout cela de côté pour que demain tu sois toi et que je sois moi comme si rien n’avait changé. Explique-moi cette tristesse soudaine qui me tord les tripes depuis que m’as assené cette phrase terrible avec tant de certitude que cette résolution paraissait implacable. Explique-moi car il m’avait semblé vouloir t’aimer.
Et mes yeux se perdent dans les tiens et y vois-tu, toute ma dévastation et tout mon chagrin. Si ce n’était pas toi je serais sans doute déjà parti, je me serais sans doute déjà énervé.

Mais ma Louise tu m’es si précieuse qu’avec toi tout est différent.
Revenir en haut Aller en bas

Voir le profil de l'utilisateur

Neutre


Messages : 156

Date d'inscription : 06/08/2016

Feat : original

Crédits : penguin factory

avatar





Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN
16.08.16 12:49

Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé







Re: Tu ressembles parfois à ces beaux horizons _ RYAN

Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Firewhisky :: Poudlard :: Catacombes :: Serpentards-
Sauter vers: