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 Le verrou noir et la phobie blanche

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Hibou & Sigma


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Le verrou noir et la phobie blanche
13.09.16 21:30



Il fait noir dans les sous-sols. D’un noir artificiel, créé par les épais murs de pierres qui suintent leur humidité. C’est un noir-eau. Qui mouille la peau et les vêtements. Une mer d’ombres. On n’est jamais seul dans les sous-sols. Il y a toujours quelque murmure, quelque souvenir épars dans l’oxygène ankylosé pour frôler les sens et les nerfs.

Cecil marche vers la salle des potions. Le pas précautionneux et les mains jointes, cachées sous son manteau de sorcier. L’angoisse les tord l’une contre l’autre. Pas un bout de ciel ni d’horizon… A-t-on idée de mettre une salle de cours si loin du soleil ? Et pourquoi est-il seul, cette fois ? Pourquoi n’y a-t-il pas au moins un représentant de la race humaine dans cet océan de profondeurs ?

« Kieran… »


Il a reconnu la silhouette du Gryffondor. Impossible pour lui de ne pas la reconnaître. Kieran est son champignon magique, plein de vie et de mots. Kieran rayonne de toute cette vie qui lui manque maintenant.

« Je peux t’accompagner un peu ? »


Sa voix a pris des inflexions de vent timide et ses yeux des teintes floues. Il n’est pas rassuré, cela s’entend et cela se voit.

Sans attendre la réponse, il emboite le pas à son ainé. Il se glisse dans son sillage comme un poisson dans l’espace sans courant formé par les mouvements d’une plus grosse créature. Derrière Kieran, les ombres sont moins pressantes et les noirs moins menaçants. Cet homme-là a la gentillesse débordante et la carrure des grands. Sûrement lui est-il capable de faire face aux profondeurs avec la facilité des combattants sans peur.

Du bruit derrière eux. Il se retourne. De la lumière et des voix.

« Pfff… Osteler et Quinn… »


Ils ont déjà eu quelques échanges déplaisants. Le dernier fut plus vif. Le type de rencontre qui laisse des traces crissantes dans les souvenirs. L’animosité entre Maisons est parfois fausse, parfois vraie. Entre ces Serpentards et eux, depuis quelques mois, elle se confirme.

Cecil souffle de mécontentement.

Misère… Il y d’autres voix avec eux. Des timbres inconnus. Des amis d’Osteler et Quinn, sûrement.

Quatre contre deux. Ou la certitude de perdre. Un aiguillon brûlant pique Cecil au bras. Il est phobique mais il a sa fierté. Une ***** de fierté mal placée, un ***** de reliquat de supériorité de classe supérieure, une ***** d’ego qui n’a rien à faire dans ce corps d’adolescent incapable de grandir. Mais une fierté tout de même.

« Fuyons. »


Fierté qu’il adapte à la largeur de ses épaules.

Il tire sur le bras de Kieran. Sa main est rapide et sûre. L’idée de perdre a surmonté la peur. L’électricité a remplacé les frissons. C’est un de ces moments sans pensées et sans rationalité. Qu’on sait qu’on regrettera probablement un jour mais qu’on fait quand même…

Une porte. Une échappatoire. Il tire Kieran dedans. Repousse la porte.

Clac. Clic. Clac.


« Hein ? »


Petite fissure de réalité. Petit gel de mouvements. Quel était donc ce bruit bien métallique ? Cecil reste pétrifié, une main sur le mur, une main sur la porte. Les yeux grands ouverts par un mauvais pressentiment. A Poudlard, les bruits trop complexes sont de mauvais augure. Et ce bruit-là… Oh, ce bruit-là… Il sonnait comme la fermeture d’un verrou tellement pressé de se fermer...

Derrière la porte, les Serpentards passent.

Cecil se mord un doigt.

Oups ?

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Kieran Nails





Re: Le verrou noir et la phobie blanche
14.09.16 19:58




Le verrou noir et la phobie blanche

You locked the door but won't let it close


Les catacombes. A la fois fascinant et effrayant. C'était bizarre d'être a se point attiré par quelque chose qui nous fait flipper. Des ténèbres, du mystère, c'était beaucoup trop séduisant pour y résister. Pourtant. A chaque fois qu'il fallait y mettre les pieds, j'avais cette petite angoisse qui venait me tourner autour. Arpenter les couloirs de pierres froides sous la lumière de quelques torches, vraiment, c'était glauque. C'était mille fois pire quand on était seul. C'est ridicule, mais c'est comme ça. De toute façon j'avais pas le choix. Les Duellistes c'est important après tout.. C'est pour ça que je suis là à errer dans les couloirs qui mènent chez les Verts.

Seul. Dans l'obscurité et le silence. C'est dans ce genre de moment qu'on repense à tout les films d'horreurs qu'on a vus au cours de notre vie.. Et par Merlin.. j'en avait maté un sacré nombre. Attaque zombie, cours poursuite avec un wendigo ou brochette pour entité démoniaques. Vraiment, j'avais le choix. Les yeux fermé, je pris une seconde pour chasser tout ça de ma tête et retrouver un minimum de sérieux. Il n'y a personne ici. Surtout pas des trucs qui veulent me bouffer ou se faire un collier de tripe avec mes intestins.
Enfin je crois.

Une voix s'élève brusquement. Mon cors se raidit brusquement et mon cœur s’arrête une seconde. Mini crise cardiaque. Juste le temps de distinguer Cecil et de réaliser qu'il a rien d'un zombi affamé ou d'un mutant disgracieux. J'étire un sourire sur mes lèvres en essayant de calmer le rythme de mon cœur qui martelait au fond de ma poitrine.

« Cecil... tin tu m'as fais trop peur.. Ouais tu peu  rester bien sûr ! »

C'est bizarre comme demande. Un peu spontané de sa part je crois. Cecil est un garçon gentil, un peu handicapé des relations humaines de temps en temps mais c'est le cas de la moitié des gens de cette école, alors je suis plutôt rôdé de ce coté là. Au début je crois qu'il me fuyait carrément, mais avec le temps il a l'air de plutôt bien tolérer ma présence, comme maintenant. Sa voix est un peu faible. Étrange, comme étouffée par l'angoisse. Mes yeux s’attardent un instant sur les siens visiblement troublés. J’essaie d'avoir l'air rassurent et la curiosité me gagne un peu trop vite.

« Est ce que... »

Le bruit derrière nous coupe court à toute discutions. J'en frémis encore une seconde et braque mon regard vers la lumière qui s'élève lentement au bout du couloir. Rien d'inquiétant. Il me semble. Pourtant Cecil soupir, s’agace en deux nom Osteler et Quinn , ça me disait quelque chose en effet. Des verts ? Certainement, après tout ils connaissent ces sous terrain comme leurs poches. J'avais pas très envie de croiser des verts, seul, dans un couloir avec de trés bonne raison de me canarder de sorts.. Après tout ce qui s'était passé au banquet et cette espèce de psychose vis à vis de Sigma, je suis pas certain qu'un rouge soit en sécurité ici. Ou un Nails. Oui. Même moi je pouvais être parano.. Les bruit s’intensifient, plusieurs voix se mêlaient au deux autres, signe qu'un troupeau d’emmerde va nous tomber dessus dans pas longtemps.  Seul, je l'aurais joué cool, détaché, peut être qu'ils m'auraient un peu tiller mais j'étais plus à ça prêt.

La présence de Cecil change assez la donne. J'étais tout à fait naze en prise de décision quand la pression se fait un peu trop intense. Le poufsouffle réagit à ma place, je le sens me tirer par le bras jusqu'à s'engouffrer dans la première pièce qui nous tombe sous la main. Je me fais pousser à l'interrieur par le petit blond qui s'empresse de refermer derrière nous. Soulagement d'environs une demis seconde..

« .. Dis moi que c'était pas la serrure.. »

En sécurité, peut être, mais surtout enfermé. J'éclaire la pièce d'un Lumos, pointant ma baguette vers le Poufsouffle qui s'est simplement immobilisé prêt de la porte. L'angoisse se lit clairement sur son visage. Il avait une façon de se mordre le doigt qui ne m'inspire rien de bon. La peur. J'ai du mal à comprendre pourquoi jusqu'à pivoter de droite à gauche pour tenter de trouve une sorti, une lumière, n'importe quoi sauf les ténèbres.
Il n'y a rien. Juste le noir oppressant, suffoquant.

« Ok.. ça va.. on va sortir t'inquiète.. je.. J'vais ouvrir la porte, je crois qu'ils sont passé »

Parti. Nous laissant seuls ici. J'arrive pas à savoir si cette idée me rassure ou me terrifie. J'adresse tout de même un sourire au blond à mes coté. Un sourire un brin nerveux, crispé sur mon visage pour seul réconfort. Ma baguette s'agite sur la poignée. Je marmonne un alohomora, clair, sûr de moi. Ou presque. Mais rien ne semble produire. La porte reste fermé et la panique me guette. Je recommence encore un fois, puis une autre. Autant de fois nécessaire à me faire réaliser l'horreur qui m'attend.
On est enfermé ici.

« Heu.. c'est ... j'arrive pas .. j'comprend pas.. »

Ne pas céder. Garder un minimum de contenance était vitale. Pour l'avoir vécu, je savais très bien que ça ne servait à rien...



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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
16.09.16 0:06

« .. Dis moi que c'était pas la serrure.. »

Er…

Si.

Si. C’était la serrure.
Si c’était la serrure et je n’aime pas que ce soit la serrure. Si c’était la serrure et je ne veux pas que ce soit la serrure. Si. Et. Je. Ne. Veux. Pas.


Être enfermé.

De la lumière ? Cette lumière… Un Lumos. Kieran a l’air moins angoissé que moi. Il a raison. C’est juste une serrure.

Le métal rouillé. La pierre moite. Mes doigts glissent. J’ai l’impression que je glisse tout entier.
M’adosser contre le mur.

C’est juste une serrure. Une simple serrure. Une simple serrure d’une simple salle dans de simples catacombes.


Je ne veux pas être enfermé.

Mais c’est juste une serrure. Kieran a raison de ne pas angoisser. Il parle.

Il a l’air plus angoissé.

Non. il n’est pas plus angoissé. C’est moi qui pense trop. Il me sourit. La preuve qu’il n’est pas angoissé. Je dois me forcer. Sourire… Aller. je dois sourire. Sourire… Je n’en ai pas envie. Aller. sourire… Kieran a toujours fait un effort de gentillesse pour moi.

Je me demande à quoi ressemble mon sourire…

Un Alohomora… Evidemment. Comment n’y ai-je pas pensé ?


Ça ne marche pas.

Je ne veux pas être enfermé.

Ça ne marche pas…
C’est normal. Ça arrive. Au cours. les Protego ont été lamentables… Alors pourquoi pas un Alohomora lamentable ?

Un autre Alohomora… Ça va marcher. C’est sûr. Ça va marcher.


Ça ne marche pas.
J’ai une boule dans la gorge. Déglutir. Elle partira peut-être.
Un autre Alohomora…


Ta baguette est peut-être abîmée ?

La boule dans ma gorge n’est pas partie. Ma voix semble fatiguée. C’est con. Il y a des dizaines d’élèves ici. Les Serpentards et les Poufsouffles doivent passer ici pour leur salle. C’est con de stresser.


Je peux essayer ?

Kieran. laisse-moi la place.
Je ne supporte pas d’être enfermé.

Alohomora

Ca ne marche pas.

Alohomora

Ca ne marche pas.

Alohomora

Ce n’est pas possible.

La serrure est peut-être bloquée ? Père m’a parlé de barillet et de cylindre… Le métal est froid. Granuleux. Une vieille serrure. Mais non. Elle ne semble pas bloquée. Si Père était là…

Alohomora


Si Père était là. Qu’est-ce qu’il se foutrait de moi.

Alohomora


Recule. Kieran. Porta…

Mh… Je ne suis pas certain de le réussir et cela fait plus de dégâts. C’est trop pour une simple serrure qu’on peut ouvrir de l’extérieur… On peut ouvrir de l’extérieur… Non ?

Ma peau est moite. Elle me gratte sous les manches. Elle me démange sur le nez. J’ai la peau du visage un peu humide. Si Père était là… Je dois oublier ça. Je dois. Juste. Oublier. Ça. C’est juste une serrure. Juste une serrure. Un truc con dans un endroit fréquenté.

Portaberto !

Holy f*cking shit... Ce bruit. Cette poussière… J'ai mal aux oreilles. Envie de tousser... On dirait que mes muqueuses vont se craquer.

Où est Kieran ?

Kieran. ça va ?
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Kieran Nails





Re: Le verrou noir et la phobie blanche
16.09.16 15:19




Le verrou noir et la phobie blanche

You locked the door but won't let it close


Il fallait qu'on sorte d'ici à tout prix. Ça devenait vital. Je remarquais à peine Cecil et son état. Un peu trop focaliser sur la porte qui refusait de s'ouvrir malgré toutes mes tentatives. La panique commençait tout doucement à me faire perdre tout mes moyens. Y'avait forcément un moyen de sortir de là mais mon esprit restait figé par l'angoisse. Cecil osa enfin quelques mots, suggérant que ma baguette était peut être cassée, abîmé. Ou peut être que j'étais un incapable. Franchement j'étais prêt à envisager toutes ces possibilité si c'était pour expliquer pourquoi cette porte restait close.

Je recule une seconde, laissant le poufsouffle approcher avec sa propre baguette. Il a l'air complètement paniqué. Stressé, angoissé. Quelque chose n'allait décidément pas mais j'arrivais pas à mettre le doigt dessus jusqu'à le voir s'acharner à son tour la serrure à coup de sortilèges. J'eus l’espoir de la voir s’ouvrir à son premier essai. Encore au deuxième, et puis, petit à petit, le désespoir.
On allait rester là. Enfermé.

Je sentais mal. Un peu suffoquant, mes mains avaient du mal à rester en place et j'avais soudainement chaud, comme malade. J'étais certain qu'en tournant les yeux les murs de cette pièces se seraient rapproché jusqu’à m'étouffer. Alors mon regarde restait fixé sur cette porte. Elle prenait toute la place. C'était notre seul moyen de sortir d'ici pourtant elle restait close. Cecil me fit sortir de ma catatonie. J'avais presque oublié sa présence l'espace d'une seconde, un peu trop préoccupé par la porte. Reculer ? Qu'est ce qu'il allait faire ? Mes pieds glissèrent quasi instinctivement vers le coter, le laissant brandir sa baguette avec un certain désespoir.
Le monde exploser.

Le bruit et la poussière me firent sursauté. J'en avait crié de surprise reculant brusquent en m'entremêlant sans ma robe pour m’étaler au sol. Les pierres froides avaient au moins eu l'effet de me réveiller. Je sais pas ce qui venait de se passe mais l'air était maintenant chargé de poussière. Toussant bruyamment, j'essayais de retrouver la porte dans cette obscurité. Le lumos m'arracha aux ténèbres.

« J'suis là ! Qu'est ce que c'était ! La porte est ouverte ?! »

Non ça n'allait pas, mais c'était inutile de lui faire part de mon angoisse. Déjà parce que ça allait me faire passé pour un fou furieux ou un pleurnichard, et ensuite parce que ça risquait pas de l'aider plus que moi. Je m'étais brusquement relevé, toussant encore une fois pour me précipiter vers la porte dans un élan d'espoir un peu fou.
Fermé.

« Pourquoi c'est fermé ! Putain ! C'est pas possible ! »

La main sur la poignée de la porte s'agita un peu trop, essayant tant bien que mal d'ouvrir quitte à la casser. La panique et l'angoisse avaient eux raison de mon calme. T'façon je pouvais simplement pas rester là sans rien faire. Je me voyais déjà suffoquer, mourir lentement. Enfermé ici dans le noir. C'était hors de question. Si on pouvait pas l'ouvrir avec la magie, on avait cas utiliser la bonne vieille méthode moldu. Marteler la porte à grand coup de poing en criant jusqu'à ce que quelqu'un vienne nous ouvrir. Je frappais si fort que je m'en serait brisé les os.

«  On est coincé ! Ouvrez la porte ! »


Le silence était infernal. Intenable. On était seul. Abandonné ici. Je refrénais un tremblement, respirant profondément alors que l’angoisse me coupait le souffle lentement. Et Cecil ? Mes yeux accrochèrent les siens, cherchant une once de réconfort dans les pupilles bleu du garçon. Mais il n'y avait que la crainte. La même qui m'animait. Un désespoir commun qui me paraissait soudainement évident.
Dire quelque chose.  N'importe quoi.

« .. Ça va aller... »

J'ai déjà été plus convainquant que ça. Mais là, pour le coup. J'en avait pas tellement la force.




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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
21.09.16 18:26

La poussière, dans l’air. La poussière m’agresse. Le fantôme du bruit, auprès de mes tympans. Ils bourdonnent. Sonnent. Tonnent. La surdité passagère…

Kieran est tout près. En vie. Pas blessé. Kieran bouge. Remue. Tempête. Kieran n’a ni la sérénité ni la persuasion.

Kieran, allons-nous mourir ?


Pourquoi penser à la mort ?

Absurde.
Je suis absurde.
Je suis risible.
Je suis idiot.
Je suis stupide.


Les mots ne viennent plus. Je ressens le vide. Une houle de rien entre les os de moi. Ai-je toujours de la matière ? Où est ma tête ? Où sont mes mains ?

Besoin de sentir mon visage. Sentir mes mains. La poussière sur ma peau. Presque dans ma peau. Gluante poussière.

Et mes fibres. Liquéfiées. La perte de la rage. La fuite de la vitalité.

Je ne vois plus rien.

Où es-tu, Kieran ?

Ma voix. Un murmure. Ma gorge. Un isthme de vent.

Où es-tu ?

Je ne vois plus rien.

Ai-je toujours les yeux bleus ? La peau pâle et les paupières grandes ouvertes ? Ai-je toujours mon visage ? Mon nez ? Mes oreilles ? Mes lèvres… ?

Mordre mes lèvres.

Aie.

Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre. Mordre.

Aie.

Le goût du sang. Mon doigt sur ma lèvre.
La poisse du sang. Ma lèvre abîmée.

Je saigne tant ?
Non.

Si peu…
Si peu de moi abîmé.

Kieran est-il abîmé ? Je dois savoir.

Lever mes mains. Effleurer le vide. Trouver le tissu de sa robe. Granuleux. La laine de sa robe. Trouver le pli à l’angle de son bras et de son avant-bras.

Tenir Kieran et son bras plus grand que les miens.

Les murs sont toujours là ?

La question est bête. Je suis bête. Je me sens bête. Impossible de raisonner. De logifier. J’en ai besoin. La question est bête. Je ne peux la brider. A quel point en ai-je besoin ?

Je déteste les murs.
Je suis désolé.
J’ai peur des murs, tu sais.

Je voudrais partir. M’évanouir. Dans l’atmosphère. Me fondre dans les pierres. Suinter à travers les atomes de terre. Je voudrais ne pas être là. Ne pas être debout. Ne pas être éveillé. Je voudrais m’endormir.

Je ne peux pas.

Un organe bat trop fort en moi. Il pulse à la vitesse des tamtams et des hurlements de guerre. Telle est mon âme. Etrange âme. Anormale âme. Qui refuse de dormir.

Je serre. La robe de Kieran. Futile tuteur pour la plante rampante que je deviens. Je serre. Les dents. Je n’ai que du ressentiment. Envers moi. Envers mon père. Envers ma nuit. Envers ma phobie.

Phobie.

Je n’osais même pas la penser.

Phobique.

Il faut bien l’admettre. Je suis phobique.


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Kieran Nails





Re: Le verrou noir et la phobie blanche
22.09.16 16:15




Le verrou noir et la phobie blanche

You locked the door but won't let it close


L'obscurité nous menace. Mes yeux cherchaient toujours cette échappatoire qui refusait d’apparaître. Ils fuyaient cette porte toujours close. Ce simple bout de bois qui se dressait devant nous, immense, infranchissable, seul obstacle à notre salut. C'était cruel. C'était frustrant. On aurait pu la brisé, peut être qu'on aurait du insister. Continuer à lancer des sorts encore et encore jusqu'à ce qu'elle cède sous notre acharnement.

Il faudrait. Pourtant on reste là, toujours coincé, cerné par les ombres et  l'angoisse. Cecil s’avançait vers moi, il semblais en proie à la terreur , peut être plus que moi. Voir l'angoisse dans ses yeux attisa un peu cette panique qui naissait lentement. Il avait peur et je ne pouvais absolument rien faire pour l'aider. Peur des murs. Du noir. Par Merlin pourquoi fallait il qu'on soit coincé ici ?! Mes yeux furetaient à travers l'obscurité avant d'accrocher le regard bleu du garçon. La pénombre de la baguette ajoutait quelque chose de sinistre à la situation. Seul source de chaleur. D'espoir. Elle était faible, vacillante. Elle manquait de s'éteindre à chaque secondes. Je m'accrochais à cette lumière comme une bouée en pleine tempête, éclairant le blond qui tremblait presque de terreur. Sa lèvre était en sang.

« Mais tu saigne.. ça va ? »

Blessé par sa peur. Il manquait presque de s'écrouler, s’agrippant à ma robe avec un certain désespoir. S'accrocher à quelqu'un, quelque chose de vivant. C'était du déjà vus. Déjà vécu, pourtant cette fois c'était hors de question d'être le fardeau de l'histoire. Cecil avait bien plus besoin de réconfort que moi, je crois même qu'il allait tourner de l’œil. Qu'est ce que je fais s'il s’évanouit ? Cette idée fit monter d'un cran la panique. Mon cœur martelait si fort au fond de ma poitrine qu'il n'allait pas tarder à s'en échapper. Respirer. Respirer lentement alors qu'on suffoque, c'est difficile, c'est même impossible, mais pour le jaune il fallait faire l'effort d'un miracle.

Mes mains vinrent chercher les siennes, toujours solidement encrés sur mon bras. Le contacte était rassurant, réconfortant. Qu'il sache que j'étais là, vivant, que je restais à ses cotés malgré les ténèbres qui le tourmentaient. Je les serrais fort, peut être un peu trop. Je ne savais plus tellement qui s'accrochait à l'autre mais je fis l'effort d'un sourire, essayant de masquer l'angoisse par une assurance maladroite.

« Cecil. Écoute moi d'accord ? Ça va aller, je te promet. Regarde je te tiens, je te lâche pas, tout vas très bien. On va sortir je te le promet. »


Des promesses. Juste des mots, quelques mots pour le rassurer. Parler pour évacuer la pression, pour occuper l’espace de quelques mots et chasser l'inévitable. Il fallait lui parler. Il fallait que je parle ou j'allais simplement m'écrouler moi aussi. A bout de souffle et de nerfs. Mon sourire se fige sous la lumière du Lumos, le dernière espoir qu'on avait de ne pas simplement sombrer ici. Mourir de peur. J'étais certain qu'on pouvait mourir de peur. Une peur irrationnelle. Une phobie ridicule. On allait mourir ici, ridicule jusqu'à notre dernier souffle.
C'était pitoyable.

« Je.. Enfin.. Je suis un peu.. expert.. des situations.. foireuses. Alors vraiment.. Fais moi confiance d'accord ? Je te lâche pas.. Je vais te parler.. jusqu'à ce qu'on sorte de là. T'as cas fermer les yeux et me tenir. On fait ça ok ? »

Le tenir. Plus le lâcher. Sourire encore un peu pour garder le contrôle de la situation. Une situation précaire, instable. Tout pouvais basculer d'une seconde à l'autre. Il suffisait d'un instant de panique, d'un mot un peu trop hésitant, et tout s'écroulerait comme un château de carte. J'avais bien pensé soigner cette phobie depuis l'incident de la grotte, les psy disent qu'Il faut que la mémoire et le cerveau soient confrontés à l’absence de danger, on doit être convaincu physiquement, dans ses tripes, que la situation est surmontable, et qu’il n’y a pas de danger. Autant dire que c'était sacrément compliqué quand la seule envie qu'on ai c'est de se rouler en boule dans un coin et mourir.



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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
28.09.16 0:48

Est-ce que ça va ?
Est-ce que ça va ?
Est-ce que ça va ?

Cette question, Kieran, pourquoi ?

Non.

Non.

Les mains de Kieran. Froides comme la glace. Ses promesses… Ses promesses sont froides. Ses promesses en flocons de neige. Un souffle, elles fondent. Et nous, nous sommes au milieu de ses promesses. Attachés l’un à l’autre par nos mains froides. Ses flocons autour de nous qui nous ballotent dans un sens d’espoir indéfini.

Tes promesses sont invalides, Kieran. Tes promesses sont périssables. Comme moi. Comme toi. Comme nous contre les murs.

Pourtant, j’ai envie de te croire. Non. Je veux te croire. Il faut croire en nous, n’est-ce pas ?

Tu promets ?

Mes doigts dans sa chair.

Est-ce que je lui fais mal ?

Je devrais relâcher.
Je lui fais peut-être mal.
Je devrais arrêter de lui faire mal.


Je n’en ai pas envie.
Je veux le garder contre mes ongles. Contre mes doigts.
Il ne peut pas s’envoler.
Je veux l’agripper. Le serrer. L’enferrer. Je veux…

Fermer les yeux…?

Pour ne pas voir les murs…
Oui peut-être…

Il suffirait de fermer les yeux ?
De clore le noir du monde ?
De ne voir que le noir de moi ?

D’accord.

Clore.
J’ai mal aux paupières.

D’accord.

La tête me tourne. Je ferme peut-être trop mes paupières. Je vais tomber. Pourtant je tiens son bras. Mais je tombe. Je sens que je tombe. Entourer son bras. Ne pas tomber. Oh. Et puis…

Nous sommes insensés.
Tout ça n’a pas de sens.

Je tombe.
Je glisse le long de son bras.
Je me perçois tomber comme si je n’étais pas moi.

Mes genoux contre le sol.
Tant pis.
M’asseoir sur le sol.

Mon père m’a dit que les mots structurent…

Je n’ai rien compris à ce que m’a dit mon père.
Foutu père.

Me souvenir de lui pour m’en sortir… Me souvenir de lui… Quelle hérésie.

Nous devrions parler ?

Ce bruit dans ma gorge. Qu’est-ce ?
Un rire. Un rire doux. Depuis quand ? Un rire de nervosité, sans doute. Je n’arrive pas à me comprendre. Je ne peux plus me ressentir. Cette impression que je ne suis pas en moi. Merde. Cette perte de contrôle… Pourquoi dérape-t-elle si vite ? Pourquoi si vite ?


Ah oui, les mots…

Parle-moi de toi ?


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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
03.10.16 1:23




Le verrou noir et la phobie blanche

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Je nage en plein confusion, en pleine détresse, cette fois Rief était pas la pour me tenir la main ou me rassurer sur notre survie évidente. J'avoue que là tout de suite, le souvenir de ses mains chaudes et sa présence me manquaient énormément. J'aurais donné beaucoup pour qu'il soit là et j'aurais donné deux fois plus pour ne pas être celui qui devait sauver la situation.
Je sais pas faire. Je sais pas quoi lui dire, c'était pas convainquant, ma voix tremblait un peu trop et je sentais mon cœur tambouriner si fort dans ma poitrine qu'il allait finir par me briser les côtes. Je voulais crier, m'enfuir, fracasser ce mur à main nues jusqu'à sortir. C'est ce que j'aurais certainement fais si Cecil n'avait pas été là. Mais il est bien là, vivant, tremblant à mes cotés, ses mains se cramponnaient avec force, une telle force que j'en avait presque mal. Il fallait que je dise quelque chose. Que je chasse les ombres qui allaient simplement nous engloutir, cette angoisse qui nous rongeait tout les deux. J'avais la sensation de mourir lentement, comme si la pièce s'était soudainement vidé de tout air.
Irrespirable.

Pourtant il fallait rester debout. Debout alors que Cecil tombait lentement, glissant au sol sous le poids de ses démons. Sa phobie allait le tué, le laisser là au sol avec comme seule compagnie des ténèbres et un peu de désespoir. Il avait déjà l'air confus. Je pouvais pas le laisser comme ça. Ma main chercha toujours la sienne, la serrant fort comme pour lui prouver que je ne le laisserais pas, même avec les yeux clos. Parler semblait une bonne idée, parler de quoi ? De moi ? J'en sais rien n'importe quoi tant que ma voix résonnait entre ces murs.
Parler de moi.
C'est bien la première fois que la tache me semblait difficile je dois bien l'avouer. J'avais chaud, mon corps entier suait à grosses gouttes et j'avais du mal à dénouer ce nœud au fond de ma gorge. Les yeux fermés, je rassemblait ce qu'il me restait de mon courage de lion pour surmonter ça. Je devais au moins essayer.

« Moi.. bah.. J'sais pas.. Je suis en quatrième année. J'ai eu l'inconscience de choisir un double cursus. Je dois dire que je galère un peu mais je regrette pas parce que c'est super. J'espère qu'on verras des créatures cool en SSAF, j'aimerais bien commencer à monter sur des dragons... Sinon j'ai une sœur jumelle, elle s’appelle Aili, elle fait un peu peur quand on la voit comme ça mais c'est une fille tellement génial, je suis sûr qu'elle te plairait, elle a pas les même cursus que moi et puis elle est à Serdaigle elle, c'est la tête pensante de nous deux, moi je suis l'idiot qui passe son temps à faire des blagues ou a sourire stupidement .. pour ça que je suis gryffon j'imagine. J'aurais bien aimé être à Poufsouffle je crois, j'ai deux ex qui y sont, peut être que j'ai un faible pour les jaunes je sais pas, quoi que mon copain est à Serdaigle lui aussi du coup j'suis un peu jaloux de ma sœur et j'ai même essayé de m'incruster dans leurs salle commune, c'est super compliqué en faite y'a  carrément une énigme. T'imagine le nombre de gens qui la trouvent pas et qui doivent rester dehors ? Je trouve ça amusant, je me demande comment elle est la vo.... »

Un bruit.
Mon corps s'était figé instantanément. Les ombres tout autour avaient l'air soudainement menaçantes. Et s'il y avait quelque chose ? Il y'a toujours quelque chose ici... Ce château c'est un nids à bestioles...

« ..C'est... C'est rien.. ça doit être .. le vent ?.. »


Le vent dans une pièce close c'est bizarre. Mais vraiment, ça en avait le bruit et presque la sensation. Une fraîcheur un peu soudaines, quelques courant d'aires, est ce que c'était possible qu'on ai raté une fenêtre ou une sorti ?! Se serait miraculeux et pour une fois j'avais envie de croire au miracle. Mon lumos éclaira la pièce, j'avançais a petit pas,guettant les ombres d'un œil inquiet et curieux, un peu désespéré aussi. Il y avait quelque chose, cette fois j'en était certain...

« Des fantômes.... »

J'en voyais un, là tout prêt. Je crois que je me sentais à la fois terrifié et soulagé. Les fantômes sont gentils non ? Sauf les esprit frappeurs, et encore.. c'était peut être notre chance ! Peut être qu'on pouvait leurs demander de l'aide ? Ça semblait inespéré..

«  Tu crois.. qu'on .. peut approcher ? Peut être qu'ils peuvent allez chercher de l'aide ? Je me demande ce qu'ils font là... »




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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
11.10.16 12:03

Les mots tombent.

Kieran parle. Il déroule ses jours et ses nuits.

Il a la langue facile et les phrases nombreuses. Ses échanges sont fulgurants. Sa lumière est celle des petites comètes et des météores invisibles.

Et même si la voix n’a pas les assises des moments de paix tendre, il a le rythme de ces Gryffondors qui veulent occuper l’espace et le temps de leur joie de vivre.

Aili… Oui je la connais… De loin…

Mais il ne l’a jamais approchée, en réalité. Aili a une intensité en nœud dans sa poitrine qui lui serre un peu le visage, un peu plus que Kieran.

Les phonèmes continuent de tourner et de glisser.

Et mot à mot, le temps, ce temps empesé et noir est morcelé par Kieran. Cecil caresse sa lèvre qui fait encore mal. Il se raccroche à sa douleur et aux sons.

Une étrangeté se faufile dans les sons.

Il dit avoir aimé deux femmes poufsouffle et un homme serdaigle… Cecil rembobine les souvenirs-sons.
Ah non.

Kieran n’a jamais dit que les poufsouffles étaient des femmes.

Ah bon ?
Il lève la tête vers lui.
Il le voyait tellement avec des femmes…
Il se souvient de Randy, habillé en femme. Ou peut-être des hommes habillés en femmes ?
Mais qu’importe, au fond ?
Il parle des Serdaigles…

Tu ne sous-estimes pas un peu ?

Ceci boude au fond de lui. Une bouderie d’ami qui n’aime pas voir un ami se rabaisser en se comparant à des stéréotypes entretenus à coup de traits d’humour parfois douteux.

Il n’insiste pas. Ce n’est pas à lui d’insister. Ils sont amis, pas proches au point de…

Que Kieran continue…
Mais il ne continue pas.

Quoi ?
Pourquoi ?

Le gentil babil s’est arrêté. A la place, il y a le silence des sols et l’amertume de l’isolement. Cecil renâcle dans son mutisme. Il a envie de dire : « Continue ». Continue de bercer par tes mots.

Du vent ?

Sous terre, sous des gigatonnes de pierres et de gravats ? Du vent, entre les caves transformées en salles… La pensée se faufile entre deux surprises et se déploie doucement dans les sinuosités de l’esprit.

Peut-être ont-ils installé une ventilation ?

Les sorciers ont beau aimer la tradition et rechigner à développer les nouveautés mécaniques et électroniques, il n’en reste pas moins qu’ils ont les mêmes besoins que les sans-magie.

Et le mot est lâché : fantômes…

Des fantômes… ?

Cecil avance le bras. Cherche le manteau de Kieran. S’y agrippe.
Sans demander, il se cache derrière lui.

Des fantômes… On en parle tant. On les murmure. Ob les chuchote. On les médit.

Des fantômes… Ça ne peut pas faire grand mal ?
Ou si ?

Des fantômes… Ça ne bouge pas. Ça ne parle pas. Ça ne fait rien.

Non, ça ne doit pas être ça…

Alors le présent devient moins froid, moins venteux, moins étrange. Il suffit de dire « non » pour que tout prenne des angles droits et des duretés nouvelles…

Il y a un truc là…

Dit Cecil en se détachant de Kieran.

Ah c‘est ton sac…

Ils sont coincés. Enferrés. Embastillés.

Il y a un truc dedans pour passer le temps ?


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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
12.10.16 17:15




Le verrou noir et la phobie blanche

You locked the door but won't let it close


Lui parler semblait l'aider un peu. Il oubliait peut être le noir qui nous entourait, le confinement et l'angoisse qu'il apportait. J'avoue que lui raconter ma vie m'aidait aussi à oublier cette situation plutôt merdique. J'en oubliait presque les murs sombres et l’absence totale de lumière ou d’échappatoire. Parler c'était un peu comme se libérer de ça, notre pensées s'échappe le temps d'une réflexion. Alors je lui racontais tout ce qui me passait par la tête, le plus simplement possible, le plus sincèrement aussi. Quelques mots lui échappaient, des réflexions à mis voix, des vérités murmuré dans le noir.

C'est déjà oublié.
Le vent, le fantôme. C'est vrais que ce courant d'air aurait put être celui d'une ventilation. Celui d'une issue un peu trop espéré. Mais honnêtement, j'avais du mal à croire que les sorciers aient installé quelque chose de semblable ici. Ils s’éclairent encore avec des bougies.. alors la clim ou la ventilation.. c'était pas encore tout a fait ça... et puis. Un Fantôme. C'était quand même sacrément plus excitant. Je senti Cecil dans mon dos, le blond s'était rapproché soudainement, peut être avait il peur des spectres et autres apparitions. L'obscurité cacha à merveille mon sourire, un peu amusé, attendri aussi. Peut être avait il peur des fantômes, pourtant, ceux d'ici n'étaient pas dangereux, du moins, je crois..

« T'en fais pas.. ils ont pas l'air de s’intéresser à nous... »

Les masses blanche s'éloignaient lentement, posant parfois un regard vide sur nous avant de disparaître plus loin dans un souffle. Royalement ignorés, on allait devoir se débrouiller seuls. Attendre seuls. Angoisser seuls. Peut être que je devais continuer de parler..
Le garçon dans mon dos relâcha son emprise une seconde, s’intéressant à mon sac qu'il semblait seulement remarquer. C'est vrais que j'ai toute ma vie là dedans, de quoi m'occuper, de quoi nous occuper et distraire la terreur qui manquait de nous submerger une fois de plus.

« Ouais ! Tu veux voir ? Bo, y'a beaucoup de merde hein mais... c'est toute ma vie, donc c'est un gros foutoir ! « 

Je fis demis tour pour faire face au garçon. Le Lumos nous éclairait plutôt bien mais c'était plutôt embêtant de devoir tendre la baguette entre nous deux pour pouvoir se regarder sans tâtonner pour trouver l'autre. Vraiment, des fois, je me compliquait la vie. J'avais dans mon sac de quoi régler le problème, Cecil m'y avait fait pensé sans même le savoir. Un sourire illumina mon visage tandis que mon bras disparu, englouti par mon sac sans fond à la recherche des bocaux qui s'y trouvaient. Ils contenaient tous une flamme bleue. Elles brillaient d'une belle couleur en répandent une chaleur agréable. Je m'en servais quand je sortais la nuit, ou comme veilleuse dans mon lit l'hiver. Je pris donc soin de les déposer au sol avant de faire inventaire du reste de mon sac.

« Alors... tend les bras... »

J'y attrapais plusieurs choses à l'aveugles. Des paquets de bonbons et chips, magique ou moldu, d'ici ou d'ailleurs, j'avais un faible pour les japonais et les coréens et 'Pa m'en faisaient livrer souvent par hiboux. Un fois déposé dans ses bras, ou plutôt, fourré, je passais à la suite avec enthousiasme, dénichant ma figurine Pinkie Pie, une baguette magique passablement usé, un casque d'écoute quasi inutilisé, des consoles qui n'avaient plus de batteries depuis que la salle des moldu avait prit feu et pour finir deux trois mangas qui traînaient la ainsi que des comics.

« Voilà ! En gros... Le reste est trop encombrant.. »

Guitare, skate, tout un tas de trucs plutôt chiant à sortir et de toute façon il avait plus de place dans ses bras. Je le libérais d'ailleurs des sucrerie, ouvrant un paquet de ce qui ressemblait à des guimauves de toutes les couleurs et qui teignaient bien évidement les langues. Manger m'aidait aussi à ne pas trop penser au reste. Mon regard accrocha celui du poufsouffle sous la lumière bleuté. Ce n'est qu'à cet instant qu'un détail un peu trop gênant me sauta aux yeux.
J'avais complètement oublié que j'avais ce genre de manga dans mon sac.

Mon visage prit trois ton de rouge en une demis seconde en voyant le plus jeune baisser les yeux sur les ouvrages.
La honte absolue.



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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
17.10.16 17:27

Il était une fois un adolescent blond de dix-sept ans enfermé avec un adolescent roux de dix-huit ans dans un sous-sol noir et poussiéreux. Mais que le lecteur ne prenne peur, une hirondelle ne fait pas le printemps, et les deux clairs oisillons, sous leurs longues robes moyenâgeuses, portaient les habits de leurs temps, leurs candeurs et leurs honnêtetés. Si.

Après moult émotions aussi intenses que puériles, ils se faisaient face dans un silence relatif. En effet, bien que des fantômes eussent montré le bout de leurs inconsistantes bobines,  ils s’étaient évanouis presque aussitôt, n’ayant servi de faire-valoir de la peur que pour le plaisir d’être inutiles à la fuite des deux adolescents. Pétri de peur, le plus jeune se jura de se venger un jour de cette mascarade de fumée. Après tout, la vengeance est un plat qui se mange froid, et un sorcier muni d’une bonne baguette se bonifie avec le temps, même contre les revenants inutiles.

Le petit blond en était là, à tempêter contre les invisibles, à se lamenter sur sa fin proche annoncée par un cœur trop palpitant pour être juste, et à se poser des questions sur pourquoi la vie, pourquoi la mort, s’il faut mourir dans ces viles conditions ?

Heureusement pour son petit cœur réduit à un tam tam d’avant-chasse, son compagnon d’infortune avait plus d’un tour dans son sac, à défaut d’avoir la clef des champs. Jamais pris au dépourvu, le gaillard sortit toute sa fortune transportable sous les yeux de son cadet ébahi. Friandises, jouets, livres, lampes, et autres babioles d’importance pour des jeunes gens de leur âge, furent exposés sur le sol. Ce bel étal ramena le plus jeune que l’on nommera désormais Cecil à des considérations moins dépressives, plus existentielles, telles que être ou ne pas être ou, plus prosaïquement, peut-on toucher tout ce qui est étalé là ?

C’est alors qu’il remarqua les titres un brin exotiques des livres :
"Même si c’est pour boire un coup, il faut passer à la grotte. " était un manga où la grotte faisait référence à un endroit anatomique féminin particulièrement humide.
"L'amour avec un grand A. " étant un manga où la lettre A était représentée par des lanières de cuir sur un humain bien ficelé.

Evidemment, à dix-sept ans, il avait déjà conscience de la perméabilité des corps et de leurs mixtions d’humeurs. Néanmoins, les Manor surveillant de près leur progéniture, il n’avait jamais eu accès à ce que les moldus appelaient communément internet pour assouvir les curiosités bien naturelles de cet âge de printemps hormonal.

Devant une telle découverte, ou plutôt devant de telles représentations graphiques de ce qu’il avait imaginé avec plus ou moins de bonheur en suivant les indications des blagues sordides de ses compagnons de classe, il resta coi.

Ces livres étaient-ils à son aîné ? Ces livres reflétaient-ils les fantasmes de son aîné ?

Les questions fusèrent et aucune réponse immédiate ne vint les remplacer. Il faut dire que pour un jeune poufsouffle qui adore toute figure de force et de maturité (si), imaginer Kieran avec une sexualité active était un non-sens absolu. Tout au plus pouvait-il imaginer le sorcier roux dans une relation platonique ; de là à le savoir utiliser ses attributs masculins, il y avait un pas d’imagination qu’il n’avait jamais franchi.

Et puis, las de toutes ces questions dans le vide, il décida de trancher le nœud gordien en verbalisant tout haut ses questions.

- Kieran, tu aimes les gens qui lient les gens tout nus sur des poutres ?

Reconnecté à la réalité – ou du moins, sa concrétude – par l’action du verbe, il prit ledit livre dans les mains et le feuilleta.

- Pourquoi le héros lie l’autre avant de lui mettre une boule dans la bouche ? Pourquoi il lui met une boule dans la bouche ?


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Re: Le verrou noir et la phobie blanche
18.10.16 20:19




Le verrou noir et la phobie blanche

You locked the door but won't let it close


Je crois que c'est la première fois de ma vie que j'avais la honte comme ça. Vraiment. Normalement j’assumai absolument tout ce que je faisais ou disait, mais là, quand même, c'était le genre de choses qui me regardaient moi, ou à la limite mes éventuel partenaires. L’exposer sous le nez d'un pouffy si pur et innocent qu'il en scintillerait presque... Non.. vraiment, c'était vraiment pas un truc que j'étais prêt à assumer.

Mais c'était trop tard, le silence était tombé, rendant ça encore plus étrange. S'il n'avait pas posé les yeux dessus j'aurais pu les reprendre discrètement pour les ranger dans mon sac, ou même simplement y foutre le feu histoire d'effacer toutes les preuves de mon indécence. Mais il les avait très bien vu, c'est ça le problème.. les reprendre serait carrément suspect, et puis il en avait déjà un dans la main donc sauf si je lui sautait dessus pour lui arracher des mains c'était plutôt mort pour moi et ma crédibilité.. ou ma dignité..

Disparaître. Là, tout de suite. Arrêter le temps.. lui lancer un Oubliette dans la tête.. toutes ces solutions défilaient dans ma tête sans vraiment s'y attardé faute de réalisme. J'étais donc condamné à rester planté là devant le jaune et son silence. J'en étais presque à regretté de ne plus être en crise de panique.. Si ces mangas avaient un seul avantage c'était bien celui de l'avoir assez distrait pour lui faire oublié qu'on était toujours étroitement coincé entre quatre murs.. Lui rappeler me traversa rapidement l'esprit, espérant peut être que la réalité balaye la curiosité avec assez de force pour lui faire oublié ça.
Mais c'était peut être un peu trop demander.

Ce mec avait était d'un sérieux carrément troublant. Il avait une façon de poser les question avec calme et franchise que s'en était beaucoup trop bizarre. Les joues au moins aussi rouge que ma cravate, mon corps tout entier s'était redressé, crispé par la gêne de ses curiosité déplacé. Je m'en offusqué presque en faite, rétorquant avec force, un peu sur la défensive...

« Quoi ! Mais enfin ! Non ! Enfin j'veux dire... ça a rien à voir ! »

Bon, carrément sur la défensive en réalité. Mais quand même, c'était pas une façon de poser ce genre de question, déjà parce que ce genre de questions ne se posent simplement pas ! Et ensuite, parce qu'il était beaucoup trop sérieux pour le sujet. Presque sincèrement intéressé par la question... s'attardant carrément sur des détails pratiques après l'avoir feuilleté
Pourquoi tu l'as feuilleté...

J'avais très envie de mourir. Ma main passa une seconde sur mon visage pour tenter de retrouver un minimum de contenance face à la situation totalement chelou. Cecil aurait au moins pu rougir ou simplement être gêné, étrangement ça aurait peut être été plus simple.. Mais non... les questions tombent et il semblait réellement attendre que je lui fournisse une réponse..
Bon.. autant être un minimum courageux, et assumer quelque secondes d'avoir ce genre de trucs planqué dans mon sac.

« C'est pas une boule c'est un bâillon.. tu sais c'est pour.... tu vois ?... quand tu... avec quelqu'un... rapport à la soumission tout ça..... tu vois ?... Enfin si tu vois pas.. c'est pas très grave je crois... »

C'était même carrément mieux qu'il se tienne éloigné de toutes forme de BDSM étant donné qu'il avait l'air innocent malgré son âge. Je me sentirais presque coupable si j'avais pas le visage en feu et une envie bizarre de rire nerveusement pour détendre l'atmosphère ou prétendre que ce genre de discutions était tout à fait normal..

«  ... heu.. tu devrais me le rendre non ? Tu sais c'est pas vraiment.. fidèle.. à la réalité.. enfin c'est de la fiction... tu vois ? »

Je crois que je m'enfonçait tout seul comme un grand. Pas besoin de lui pour ça, j'étais suffisamment crétin pour le faire tout seul et j'avais soudainement très envie de me fracasser la tête contre un des murs...




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Re: Le verrou noir et la phobie blanche

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