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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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Le rêve qui mangeait les rêves [PV Duke]

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Hibou & Sigma


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Le rêve qui mangeait les rêves [PV Duke]
14.09.16 0:39


Les yeux embrumés de fatigue, Cecil s’avance dans la salle des Poufsouffles. Il est las, il est terne. Il marche en mode automatique. Déjà mince habituellement, aujourd’hui il semble balloté par l’atmosphère. Un bouleau sans feuillage dans les vents d’hiver. Des cernes et une bouche sans crocs lui donnent un air de vampire incomplet.

Un livre de cours entre les mains, la reliure de cuir sur les rotules, il s’assied dans le grand sofa, entre un grand coussin et un boudin de velours. Il doit étudier… Ça ne sert à rien de piailler. Ce serait si vain… Il voulait dépasser son frère ainé, il ne lui reste qu’à étudier. Mais les études le poussent parfois au bord de la tension. Prêt à tomber pour un rien, prêt à croire à son infériorité par rapport à son frère… Et ce soir, prêt à croire que les sigmas ont raison, peut-être.

Il serre son livre entre ses bras. Doudou de misère… Tendresse de papier… Valet de cœur sans amour. Il ferme les yeux. Derrière ses paupières, l’imaginaire reste vide. Un espace sans étoile et sans dragon. Pourquoi ? Où sont les fées ? Les centaures, les plantes qui parlent, les rivières claires ?

Une tache pâle au loin. Il relève la tête.

Ah… Duke…

Peut-être que lui ?

Peut-être que lui, il aura la pureté nécessaire pour ne pas se moquer, ne pas rire de son souci ? Sûrement. Il le faut. Si Duke se moque, alors le monde entier se moquera. Duke, c’est le dernier rempart entre le cynisme et la fragilité. L’homme cygne qui vole contre la cruauté et la méchanceté.

Peut-être que lui ? …

«Bonsoir. Excuse-moi, je ne te dérange pas ? J’ai un petit service à te demander…»


~ ~ ~

La salle de potions… Du verre aligné. Des contenants liquides aux couleurs désaturées… Un silence imprégné d’envies studieuses…

Au centre, assis à une longue table d’expérience en chêne foncé, Cecil caresse une fiole verte du bout de l’index. La fatigue tire toujours autant ses traits. Pourtant, il est plus serein. Hier, il a pu se confier au grand Duke. Il a pu lui expliquer ses nuits sans rêves, ses matins difficiles, ses sommeils sans repos. Les autres garçons du dortoir lui ont dit qu’il criait, parfois, aux petites heures.

Que se passe-t-il quand sa conscience disparait derrière les cils clos ?

Il sait qu’il doit sonder ses rêves, éveillé. Plonger dans ce dont il ne veut pas se souvenir. De l’aide serait bienvenue. Duke a accepté.

Il agrippe la fiole dans sa main. La serre. Les jointures blanches. La bouche en arc de cercle inversé. La colère envahit ses veines. Chauffe son crâne. Crispe ses nerfs. Pourquoi Duke ? Ne devait-il pas veiller à ce que le monde soit bon avec Duke ? Ne devait-il pas le prévenir, le mettre en garde ? Pourquoi lui avoir demandé ?

Parce que…

Avec Duke, la cloque de fierté de Cecil éclate. Avec Duke, pas la peine de se contrôler, de se maîtriser… Avec Duke, on peut dire toutes ses faiblesses.

Il desserre ses doigts autour de la fiole. Tant pis… Il sera fort un jour. Et ce jour-là, il n’aura plus besoin des autres. Ce sont les autres qui auront besoin de lui. En attendant…

La porte grince.

Cecil se retourne.

«Bonsoir…»


Il se lève de la chaise, fait un pas vers le Poufsouffle.

«Tu as pu te libérer. Merci. »


L’embarras, tout de même, dans le haut de son corps, démange la peau de ses bras. A travers la robe de sorcier, il se gratte les avant-bras. Ce n’est pas facile de demander de l’aide, c’est encore plus difficile de la recevoir.

«La fiole est là. Tu en as déjà bu ? »


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Re: Le rêve qui mangeait les rêves [PV Duke]
18.09.16 0:51


   
ft. Cecil & Duke

   
Le rêve qui mangeait les rêves

   
   

   
    Il marchait de son pas trop lourd, s’arrêtant parfois, ses doigts s’activant autour de son col, lissant les bords de sa chemise apparente. Il avait les petites rayures jaunes et bleus qui habillaient son cou de ces saveurs automnales, d’un nouveau froid contre sa peau lactée qu’un pull en laine bleu venait rassurer, d’une douceur préventive contre les mochetés de la vie. Il avait le teint trop pâle, le regard éteint quoique apathique aussi, les restes d’un sommeil étonnamment propre, étonnamment vide. Mais Duke n’était pas inquiet pour les jours à venir, secrètement convaincu que l’hiver ne serait jamais trop difficile avec une paire de chaussettes adéquates ; il détestait avoir froid aux pieds.

Duke avait foi en la banalité du quotidien, dans le réconfortant des habitudes, remparts contre les derniers soulèvements perturbés. C'était donc toujours ce même Duke, idéal, une cravate qu'il n'avait pas noué sur ses épaules, tombante, la démarche traînante qui se bornait à arpenter les couloirs avec la même rigueur qu'une armure. Il n'était pas tant occupé cependant, pas tant attentif aux ombres sur les murs, pas tant sensible à ces murmures troubles, ces craintes qui serpentaient d'un tableau à un autre, polluaient les esprits d'anxiétés. Duke avait des jugements silencieux, une révolution sourde qui grondait doucement en lui, se nouait avec lenteur, durablement, prenait doucement consistance. Et cela serait bien la première fois, que de Duke naîtrait une telle solidité. Car bientôt, il sortirait de cette neutralité typique, quoiqu'il s'ignorait encore, quoiqu'on ne devinerait pas avec quelle intensité, tant ce mot ne lui allait pas, tant ce mot épouserait pourtant les formes de ses nouvelles convictions qui le pousseraient à sortir de cette étrange passivité, à ne plus seulement être à côté. Il était en passe de devenir ce qu'il n'était que trop rarement : concret.

Le monde ne s'écroulait pas encore. Les escaliers boudaient, une jolie blonde glissait, son bras par réflexe mécanique rattrapait, la galanterie existait, les petits plaisirs de la vie aussi entre deux toiles de sinistre. Il y aurait toujours des examens à la fin de l'année, le droit et le devoir d'étudier, la saison de quidditch commencerait avec les feuilles tombées, et le vent toujours pour soulever les écharpes colorées. Les filles rougiraient de froid encore, c'était ce qu'elles faisaient. Juniper sourirait encore de sa belle fougue, il la trouverait à son goût sans doute, se lamenterait encore d'être seul. Et puis Louise. Ah. Louise aurait toujours des reflets rouges et orangées dans ses cheveux qu'il faudrait contempler. Cela lui tardait. Drôle d'époque, drôle d'atmosphère, drôle de type.   

Il avait accepté de rendre service à Cecil. Savait-il seulement refuser ? Il serait présomptueux de confondre la générosité de Duke avec un manque de caractère. Car s'il savait bien évidemment dire non, il n'en avait simplement pas l'envie. Il était responsable de Cecil, comme de tous ses cadets. Alors on se serait souvenu de son sourire, de son regard relevé, hors de ses cahiers, enfin, on l'aurait trouvé à son aise. Duke aimait tellement peu étudier. Savait-on seulement encore comment déranger réellement Duke ? Cela aurait été un talent que bien peu aurait su maîtriser.

Ses pieds s'arrêtèrent face à la porte, il porta machinalement sa main sur le noeud imaginaire de sa cravate, avant de laisser ses doigts rejoindre ses poches. Un fin rictus ourla ses lèvres d'une nouvelle subtilité. Comme convenu, la porte grinça à son entrée. Il ne bougea pas de suite.

_ Bonsoir, Cecil. 

Son regard se perdit sur la silhouette plus frêle de son cadet. Il retint difficilement une grimace d'inconfort, le sourire légèrement indigent, peu habitué qu'il était à ce qu'on se lève pour lui. Tant de manières pour accueillir un Duke.

_ C'est bon, reste assis. J'arrive.  

Il garda son flegme en pénétrant à son tour dans la salle de potions, leva sa main pour faire signe à Cecil de ne pas s'approcher plus.
Il se voulait avenant, l'était sans doute, faillit ajouter je suis toujours libre. Mais cela sonnant pitoyable, il se contint une nouvelle fois. Et sembla-t-il comprendre, même un rien, ce qui dérangeait peut-être son cadet dans le simple fait de demander de l'aide ? Duke aurait répondu encore je suis là pour ça. Car il était ainsi Duke, il n'avait pas peur des tracas, des incertitudes, des peurs des autres. Duke était un orphelinat pour faiblesses.

_ Cette fiole-ci ? Il tendit une main et s'empara de la dite potion. Quelques gorgées dans son gosier, et il rendit l'objet au garçon. Ne t'en fais pas, je suis là juste pour m'assurer que tout ira bien. Donc tout ira bien.
   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
   
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Re: Le rêve qui mangeait les rêves [PV Duke]
27.09.16 17:39

Sous les voûtes de la désuète classe des potions, Duke paraissait presque trop jeune et vigoureux. Entre les briques patinées, ce Poufsouffle-là dénotait par son énergie un peu glabre et anguleuse. Il dégageait un halo de confiance et de dureté indéfinissable bien qu’il ne portât pas d’armure. Sa démarche sûre même quand il ralentissait le pas lui lestait les jambes de façon inhabituelle pour un jaune et noir.

Cette incongruité poufsoufflesque était la raison pour laquelle Cecil avait choisi Duke. C’est sans étonnement qu’il vit son aîné avaler la moitié de la fiole sans autre forme de procès. Toutefois, devant ce grand adolescent si assuré et si plein de courage, il se sentit jaloux. Son cœur, qu’il voulait parfait et limpide, avait des soubresauts de dépit et d’ombrage…

L’air contenu afin de ne rien montrer de ses vacillations intérieures, il reprit la fiole de trois doigts légers. A peine osait-il toucher la peau de Duke. Duke était la preuve brûlante de ses faiblesses de loyauté. Pendant quelques secondes, le monde disparut derrière une brume cauchemar. Lui si angélique et si Manor, pouvait-il se laisser dériver dans une vapeur de sentiments si peu recommandables ?

Il inspira. L’air emplit ses poumons à la vitesse de la résolution. Une lente froideur gela les distorsions de son âme et d’un revers de pensée claire, il put sourire à nouveau.

- Oui.

Univoque, la réponse rayonnait de foi. Son sourire était bien celui d’un ange qui croyait en ce qu’il disait parce qu’il le croyait vraiment. A défaut d’avoir les sentiments purs, au moins avait-il la lucidité et le caractère pour se combattre lui-même.

- Je vais m’allonger avant de boire tout de même…

De l’index, il montra un recoin de la salle de classe qu’il avait aménagé à la hâte. Une grande couverture rouge et verte, à la mode des anciens écossais, avait été repliée plusieurs fois afin de présenter aux séants qui s’y aventureraient une souplesse dodue.

De toute évidence, Cecil n’avait jamais utilisé cette potion. Son phrasé lent et ses gestes précautionneux trahissaient son manque de connaissance. A dire vrai, il ignorait jusqu’aux effets réels de la petite potion. De ce fluide vert émeraude, il ne connaissait que la théorie vague. La logique des arcanes troubles. Mais que vaudraient toutes ces rationalités diffuses une fois la magie dans la gorge et le ventre ?

Il s’assit en tailleur sur la couverture, sa longue robe de sorcier gris foncé recouvrant ses genoux.

Pendant deux secondes, il hésita. Il eut ce moment, en suspension feutrée de mouvements. Cet immobilisme de décision et de gel de réaction… Cet instinct millénaire face à l’inconnu qui force le corps à s’immobiliser...

Et puis, la concrétude revint contre sa peau. La fatigue, sa chaleur sèche autour des yeux, sa ouate gluante dans la tête. Il n’en pouvait plus de cette fatigue, de ces matins sans fougue et de ces après-midis cotonneux.

Il porte la fiole à ses lèvres. Il y eut le froid du verre. Le goût de la sauge et de la réglisse. Amertume et anis. Il plissa le nez. Avala. Il plissa les yeux.

A la fin de la déglutition, la salle de potion était pareille à elle-même.

- Je ne sais pas combien…

… de temps cela prendra… ?

Une grande houle l’emporta. Un tangage du sol et du corps tout à la fois. La tête chavira, le cœur inspira.

Quand il ouvrit les yeux, la salle de classe était devenue d’or. Tout rutilait comme si la Fée des Lilas avait déposé son pouvoir de bonne marraine sur les pierres et sur les verres. La lumière était vive, ondoyante, un peu sirène et pourtant elle ne blessait pas les yeux.

Cecil se leva, jeta un regard à Duke.

Il voulait lui demander comment il se sentait mais au moment où il posa un pied hors de la couverture, le sol se déroba. Les dalles d’or partirent en poussière… Et chaque poussière, lorsqu’elle touchait la salle, emportait un bout de pierre. Le bâtiment s’effritait et se transformait en tempête d’or.

La tempête ne dura guère. Cecil eut à peine le temps de mettre ses mains devant son visage que déjà le nouveau monde apparut devant leurs yeux.

Il faisait froid. Il faisait hiver. Sous leurs pieds, de la neige cristalline recouvrait ce qui avait dû être de vastes prairies. Au loin, une montagne de glace gémit. De son milieu, un œil s’ouvrit. Il était bordé de longs cils brillants. Son iris était couleur ciel de nuit.

- Oh, je suis sûr d’avoir déjà rêvé de cette montagne.

Cecil montra l’œil qui les observait.

- Je pense qu’il vaut mieux aller vers elle.

Autour d’eux, de grands arbres sans feuilles étaient pétrifiés dans la neige cristalline. Régulièrement, un bruit sourd cassait le silence. Les branches ne supportaient pas les lourdes congères.

- Parce que je crois que la foret de neige est habitée.


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Re: Le rêve qui mangeait les rêves [PV Duke]
10.10.16 17:46

Il n’y eut pas de moment plus étrange dans la vie de Duke Osborne que celui qu’il vécut en compagnie de Cecil Manor, dans les méandres d’une pensée, d’un songe, à l’ombre de chimères brouillées.

D’abord quelque peu sonné par la capacité prompte du rêve à se mouvoir d’un paysage à un autre, d’une pierre effritée dans une tempête de poussières dorées jusqu’à une vaste lande oubliée sous une pèlerine blanche et luisante, il y eut ensuite chez Duke cet état second, pantois et fixe dans lequel il sembla se perdre pour un temps d’observation ou bien d’adaptation.

Les bras croisés, le dos peut-être voûté, une grimace d’une légère crispation dans le coin de ses lèvres, et on trouverait certainement que Duke venait de perdre de cette superbe fougue caractéristique des jeunes hommes de cet âge à l’idée d’un appel, l’appel et la menace d’une aventure. Lointaine restait l’intimidation néanmoins, car Duke ne se décomposait que trop rarement. Mais le froid, le froid demeurait omniprésent dans un avant-goût d’hiver, s’insinuait toujours plus entre les mailles de son pull, endolorissait le bout de ses doigts déjà violacés et resserrés autour de ses côtes qu’il tenait fermement, comme craignant de se retrouver soudain dépouillé du seul vêtement capable encore de repousser les assauts furieux de l’implacable grand froid qui régnait en seigneur et maître sur les terres imaginaires de Cecil.

Il sentit néanmoins qu’il ne mourrait pas de ce froid, qu’on le condamnerait seulement à ressentir les morsures du gel.

Cela lui inspira sans doute un euphémisme.

_ Il fait frisquet !

Passé cette inutilité dont lui seul avait le secret, son regard suivit ce sur quoi portait le nouvel intérêt de Cecil.
Et ce qu’il vit l’horrifia plus que de raison.

Dans l’atmosphère glacée trônait au centre de la lande une impitoyable montagne qui surplombait aisément toute la forêt, et sans doute percevait-elle de son gigantesque œil les confins du rêve, et peut-être même les pensées nébuleuses qui erraient encore au plus profond de leur âme.
Duke l’observa un instant non pas sans cacher un certain scepticisme. Il croisa sans le vouloir l’œil unique de la montagne qu’il fixa sans ciller, de cette méfiance usuelle et de cette aversion qu’ont les gens lorsqu’ils font face à un extraordinaire trop inquiétant.

Les yeux trop fins de Duke, plissés dans une sorte de mélange entre la défiance et l’incrédulité, disparurent presque pour ne laisser entrevoir que deux failles obtus.

_ Evidemment. Une montagne avec un œil. Et de toutes les destinations, il fallait bien qu’on tombe sur la plus flippante. Vaut-il vraiment mieux aller la voir ? Parce que je trouve qu’elle me dévisage drôlement, pour une montagne.

Il lui semblait plutôt que cette montagne solitaire prenait des airs supérieurs de fille dangereuse, et comme une ex à la pâleur marmoréenne, dans un état glaciaire, une colère impassible qui paraissait avoir gelé sur les sommets escarpés et contre laquelle il n’y avait plus qu’à se briser, l’attendant sans doute pour lui demander des comptes qu’il n’avait jamais rendus à personne.

Enfin. Il pensa raisonnablement qu’il ne s’agissait après tout que d’un songe. Et si Duke demeurait ombrageux, cela ne se devait vraiment qu’à ce sang-froid qu’il n’avait pas abandonné. Il n’oubliait pas non plus la raison de sa présence. Il avait dit aider Cecil, et il le ferait.
Il n’aurait pas laissé un seul de ses cadets pour lesquels il se sentait envahi d’un troublant sens du devoir, d’une protection. Cecil n’échapperait donc pas à cette surveillance accrue. Et il aimait ainsi sans doute un peu trop choyer les plus jeunes poufsouffles puisqu’on retrouvait volontiers chez lui une ineffable sympathie.

Il tiqua naturellement sur les derniers propos de Cecil, concentrant alors tout son intérêt sur ce dernier. Surveillant néanmoins les alentours, une main ferme se posa sur l’épaule du jeune garçon, sécuritaire.

_ Habitée ? Par qui... Ou par quoi ? Qui vivait dans cette forêt, Cecil, dans tes rêves ?

Et Duke prêta alors enfin attention à ce bruit sourd et continu qui rythmait le nouveau monde d’un martellement angoissant.
Une main distraite chercha alors la forme d’une baguette magique, instrument de toutes les solutions pour tout bon sorcier ; un trouble l’agita alors lorsqu’il se rendit compte que la magie ne l’avait pas suivi dans cette autre dimension. Comprenant qu’ils ne pourraient se défendre de quelques sortilèges, une angoisse le surprit et se mit à grossir indiciblement en lui.

_ Cecil. Je ne te savais pas si perturbé.

Un petit soupir résigné, tirant prudemment le jeune garçon en avant, quoique le tenant de façon assez stricte de sorte à ne pas le perdre, il fixa la longue étendue sauvage dans sa robe de neige, immuable, rendue presque morte dans une inertie où l’on semblait avoir suspendu l’écoulement propre à la vie.

Et sur les premiers pas, sans chemin à suivre, juste dans l’immensité glacée, si éloignés encore de leur but, des bruissements autour d’eux raisonnèrent à l’abris des congères, mouvement paraissant s’éparpiller pour mieux se rejoindre, là, tout près, comme une accolade soudaine. L’étau se refermait dans les ombres filant derrière les arbres, n’oubliant bien derrière elles que des empreintes difformes de moins en moins lointaines.

Une seconde arrêtée.
Le temps d'un regard en arrière.
Une monstruosité.

_ Cours.
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Re: Le rêve qui mangeait les rêves [PV Duke]
12.10.16 21:24

L’hiver avait un sifflement omniprésent, tendu, celui du vent dans les branches de cristal. Et la montagne, là-bas, les regardait d’un œil impassible et lisse.

Par ses notes organiques, la question de Duke perturba les sons minéraux. Cecil eut un hoquet intérieur de surprise quand il l’entendit.

- Qui vivait… ? Je sais qu’ils avaient des yeux terrifiants. Mais ici, tous les regards me terrifient.

Des regards aussi terrifiants que celui de la montagne, peut-être… Ou à peine moins.

C’était tout ce dont Cecil se souvenait. Il n’avait pas l’âme d’un détective, encore moins d’un scientifique. Il n’aimait que l’évocation, la poésie et l’imaginaire. Les détails sont le choix terrible des gens qui vivent sur terre pour vivre sur terre et qui parlent en angles droits.

Duke le tira derrière lui. Il le tenait sans lui faire mal. Il le tenait comme un étau qui connaissait son devoir d’étreinte. Cecil se laissait faire. Il lui avait demandé son aide, Duke remplissait ses attentes. Le grand Duke, toujours droit, toujours plein d’allant calme et terrien. Dans le blanc de l’hiver dentelé, il paraissait si chair et si massif. Cela n’avait rien à voir avec sa silhouette humaine, cela avait tout à voir avec sa personnalité singulière. Une singularité que beaucoup associaient à des raisons diverses. Cecil regardait Duke, écoutait sa voix, sentait sa main et sa force. Et soudain, dans le désert de neige, il eut encore plus froid en regardant Duke.

Qui se retourna.

_ Cours.

Mais tout geste, toute parole résonnait en les autres comme un cri dans une grotte millénaire. Cecil se retourna avant de courir. Les souvenirs revinrent à la vitesse de la vision et du cri.

Les habitants de la forêt possédaient des corps de bêtes, des pattes de bêtes, des cous de bêtes et des têtes humaines. Les corps étaient translucides – comme tout en ce monde rêvé – et à travers leurs peaux de verre souple, on voyait leurs viscères et leurs cœurs, leurs immenses cœurs carmin et palpitants.

Il se mit à courir. Son crâne se vida de toute pensée et de toute émotion. Il ne restait que la peur, immense, tranchante et lumineusement universelle. Durant les quelques minutes de course, la peur fut la seule réalité qui poussa Cecil à faire la seule chose qu’il était alors capable de faire : courir. Lancer une jambe devant l’autre avec la force irréelle des hommes qui ont oublié qu’ils étaient capables de penser. Enfoncer les pieds avec la rage des êtres qui sentent le souffle de la mort sur leur nuque. Inspirer. Haleter. Courir, sans crier, sans hurler. Courir dans le silence des flocons de neige écrasés.

Il y eut une roche. Une pierre énorme. Ils la gravirent.

Cecil ne savait pas qu’il gravissait une roche. Il gravissait comme il avait couru. En automate possédant comme seul ordre programmé le désir de survivre.

Quand ils furent au sommet, quand les bêtes à têtes humaines furent stoppées par la roche, la rationalité revient doucement dans la tête de Cecil.

La montagne était encore loin.

Penché vers les bêtes, il prit le temps de les regarder de plus près. Elles avaient des pattes griffues raides comme les loups et leurs peaux, leurs cheveux, étaient sales comme des ongles de loup. Derrière un rideau de cheveux pleins de boue, il crut reconnaitre une élève de Poudlard.

- Oh… Mais… Ils ont les visages des élèves que je connais ?!

Il n’eut pas le temps d’en dire davantage que deux bêtes hurlèrent. Du sang gicla. Les bêtes s’attaquaient entre elles.


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Re: Le rêve qui mangeait les rêves [PV Duke]
24.11.16 14:05

Il ignorait si cela tenait du rêve ou bien d’une sorte de folie, mais il avait une certaine fascination pour ces bêtes, ces bêtes au tronc translucide qui les rendait presque belles de par la neige qui se reflétait dans leur manteau translucide, fourrures au blanc pelage, et de l’horreur pourtant, oui, là, sur leurs joues tachetées de crasse, cheveux secs et ternis d’une saleté noire. L’humanité s’était muée en férocité animale. A moins qu’il n’eût s’agit là d’une informe vérité que l’on avait toujours refusé de s’avouer par delà les dorures d’une civilité chimérique.

Il aurait voulu dire à Cecil de ne pas s’inquiéter, qu’il n’y avait rien à craindre, mais à quoi bon puisqu’il était à présent certain qu’il ne s’agissait pas d’un rêve mais bien d’un cauchemar qui les tenait éveillés. Il aurait juré se sentir bel et bien vivant, et réel ; il ressentait le froid, les frissons d’une adrénaline courant sur sa nuque, il sentait son souffle court, presque essoufflé d’avoir couru et de cet ultime effort pour gravir cette roche. Il aurait juré qu’une griffure dans son dos l’aurait déchiqueté, que les bêtes se seraient jetées sur lui s’il leur en avait laissé l’occasion. Il jurait que nul part et moins encore dans son imagination, ils n’étaient en sécurité.

Et bientôt jonchés à leurs pieds les cadavres broyés par les mâchoires de ces visages si familiers qui se livraient à une étrange scène, danse macabre, carnage sanguinolent qui teintaient le sol marmoréen de quelque vin vermeille d’où scintillait dans la marre l’éclat de rubis.  

Duke ne détourna pas le regard, pas même qu’il ne trouvât de mots à donner pour Cecil, car cela le laissait sans voix, sans trouble pourtant, juste, une démence qui se passait de tout commentaire. Il n’avait pas peur pourtant ; il lui semblait que la peur même tenait de l’irrationnel. Il préférait sans doute le pragmatisme.

Ils auraient pu attendre la fin de l’acte, la déchéance ou même la fin du monde pour les aider dans leur quête. Ils auraient pu oui, rester assis là, sur l’unique îlot qui les protégeait de ce délire illusoire. Mais Duke en décida autrement.

Il se redressa, fit face au bain de sang qui se déroulait plus bas, ses deux mains sur les crans de sa ceinture.

_ J’ai une idée. Une très mauvaise et très foireuse idée. Attends-moi là.

Ceci dit, il retira sa ceinture de son calme apparent. Ce qu’il s’apprêtait à faire lui redonna une sorte d’aplomb qui se mua en concentration. Ce qu’il s’apprêtait à faire le propulsait dans cet état d’inconscience purement insensée, purement absurde, purement vaillante. Car il y avait cette audace courageuse qui irradiait d’une posture, de sa tête doucement penchée vers l’arrière, vers Cecil et pleine d’une promesse assurée.

_ Je vais nous sauver.

Alors il se jeta. Il sauta dans un silence auguste.

Sa masse retomba sur le pelage d’une bête, avec agilité il passa sa ceinture autour du cou d’un élève qu’il ne prit pas la peine de reconnaître. Et à quoi puisqu’ils n’étaient pas ce qu’ils connaissaient, ce qu’ils côtoyaient. Alors Duke ne vit pas, non, que le corps hirsute qui tentait de le déloger dans un rodéo improvisé n’était autre qu’une macabre image de lui-même.

Jambes serrées autour du flanc de l’animal, il serra ses rênes improvisées, délogea quelques têtes qui s’agrippaient à lui et à sa monture d’autres coups de coudes. Il faillit se faire éjecter plus d’une fois sous les sauts de l’animal qui se cambrait sous son poids. Mais Duke tint bon.

Et lorsqu’il parvint à peu près à diriger sa monture, il obligea cette dernière à planter ses féroces griffes dans les parois de la roche. Prenant appui, il se redressa, tendit une main en direction de son cadet qu’il attrapa brusquement.

_ Monte !

Et ainsi ils quittèrent le champ de bataille et prirent la direction de la grande montagne.

***

Lorsqu'ils furent en sécurité, ou tout du moins qu'il lui sembla qu'ils pouvaient prendre quelques minutes de répit, il fit ralentir l'animal. Une mise au point s'imposait ; on ne partait pas faire une épopée démunis d'un tout et d'un rien. Ils n'étaient pas dans un rêve, mais dans un cauchemar, et mieux valait s'armer de choses plus tranchantes qu'un simple courage qu'une simple volonté. Il fallait un plan.

_ Ce n'est peut-être pas tout ce qu'on va trouver. Il nous faut des provisions, des vêtements chauds. Réfléchis Cecil, où pourrait-on se procurer de quoi se défendre ?
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