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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]


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 They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]

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They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
18.09.16 18:20

But still I rise ft. Marvelou&Beauté
C'était la fin d'un monde. D'un univers. La fin d'une routine. La fin d'une époque. Poudlard était pris d'assaut. Poudlard était attaqué. De l'intérieur. Plus rien ne serait plus jamais comme avant ici. Ils avaient brisé le quotidien. Ils avaient choisi que c'était le meilleur moyen de se faire entendre. Et pourtant c'est stupide. Tellement stupide. Comment convaincre et raisonner en faisant tout exploser. Les mots… Les mots pourtant avaient réussi à se frayer un chemin dans mon esprit. Mais le bruit sourd. Les éclats. Les dégâts. Je n'y entendais rien.

C'était d'une incroyable stupidité. Comme s'ils ne pouvaient que terrifier pour être entendu. Pour diviser. Ils se fourvoient. Et leur message n'était-il donc pas dénué de violence ? Ils ne devraient pas… Ils échoueront… Et déjà la haine. La haine qui se niche dans le cœur des victimes. De ceux et de celles qui auraient pu comprendre.

Et pourtant. Pourtant ils ruinent tout leur efforts. Les mots. Les mots si importants et les idées. Je me prends la tête dans les mains. Nihilistes alors qu'ils devraient promettre la sécurité.

Les Sigmas ne savent rien. Ne comprennent rien. Et dans leur rangs ils doivent être légions. À confondre. À vouloir une société sans nés moldus. Des lignées pures. Je secoue la tête. Ils ne comprennent pas leur propre message.

Et rien de ce qu'ils ont accompli n'avaient jusqu'à présent réussi à m'ébranler. J'avais été imperméable et spectateur. Désabusé. Aussi peu triste que peut l'être quelqu'un dont l'existence n'avait été ne serait-ce qu'effleuré. Les mots mort et disparu n'avaient que très peu d'effet sur ma personne. C'était un fait. Une donnée nouvelle à mon existence. Il manquerait pour le reste de l'éternité deux ombres à mon quotidien. Mais qui se soucis des ombres ?

Mais quand ils ont annoncé que la salle des moldus avait été dévasté j'ai eu mal. Mal dans les côtes. Dans la mâchoire. Mal aux tempes. Mal au ventre. Mal au corps. Tout entier. Puisqu'il était devenu une masse palpitante. D'incompréhension. Quand ils parlaient je me suis demandé. « Et Arti? » Mais personne ne pouvait me répondre. Alors j'ai murmuré :  « Et Arti ? » Et là encore personne n'a répondu. J'ai demandé plus fort :  « Arti. Où est Arti ? » Mais pour seule et unique réponse je n'ai reçu qu'un coup de coude dans les côtes qui a réveillé toute la terreur qui sommeillait quelque part en moi.

Je me suis enfuis. J'ai bousculé. J'ai effleuré. J'ai poussé. J'ai envahi l'espace personnel des autres dans le but singulier de les écarter. Le chemin était important. Autant que l'affolement et le tressautement de mes muscles. Et Arti. Arti qui devait se trouver dans la salle d'étude des moldus. Arti qui vit et c'est indéniable. Il écoute. Parle. Communique. Il compte dans mon esprit. Il a de l'importance. Un nom. Une existence. Arti dont personne ne se préoccupe. Sauf une personne. Je cherche des yeux. Je ne vois pas de cheveux roux. Je ne vois pas non plus sa robe de sorcier. Je ne peux pas lui demander.

Mais peut-être que lui aussi il est. Prisonnier. Détruit. Dévasté. Vivant. Emprisonné. C'est inconcevable. Pourquoi personne ne va porter secours à Arti ?

Alors j'ai couru.

Je n'ai même pas entendu les autres me héler. Je n'ai pas non plus attendu qu'on m'arrête et même si quelqu'un m'avait ne serait-ce qu'effleuré le bras je n'ai rien senti à part de la peur. Qui vient nourrir la première. L'évidente. Celle qui me donne mal au ventre.

Mais je n'y pense pas et je cours. Je cours et de ma vie je n'ai jamais été aussi désemparé. Par ma propre pensée. Par l'affect. Par toutes ces sensations désagréables qui s'en prenaient à mon corps pour le faire ressentir alors que mon esprit lui n'y entend rien. Ne voit rien. N'y comprend rien.

Quand j'arrive tout n'est que ruine. Désolation. Je vois une chevelure rousse dépasser des décombres. Je m'avance et je vais soutenir la poutre d'abord certain qu'il était coincé avant de me rendre compte qu'il ne l'est peut-être pas. Qu'il cherche lui aussi. Ou peut-être. Peut-être qu'ils l'ont cassé lui aussi.

 « Est-ce que votre enveloppe corporelle a été endommagée Professeur ? » Je demande en trébuchant sur quelques syllabe.

Dans le doute j'enlève la poutre. En faisant cela une petite partie s'effondre derrière moi et me fait perdre l'équilibre. Je tousse. Le nez dans la poussière. Mes yeux sont écarquillés. Mes jambes lourdes. Tellement lourdes. C'est comme l'air. Tout ceci n'aurait jamais du arriver. S'ils ne s'étaient pas trompés. S'ils n'étaient pas violent. S'ils comprenaient. S'ils croyaient vraiment ce qu'ils disaient… Pas de violence ?

N'était-ce pas cela le parfait exemple de la violence. N'était-ce pas là le résultat d'un gâchis monstrueux ? Ils ne devraient pas détester les moldus et ceux qui les étudient.. Ils devraient essayer de faire comprendre aux sorciers ce qui pourrait arriver. Les dangers d'une cohabitation ! Je secoue la tête et tente de m'extirper. Péniblement. Ce n'était pas l'important. Arti avait de l'importance. Je murmure :

« Qu'ont-ils fait… Qu'ont-ils fait ? Arti… Arti tu es là ? Il faut que je te parle. C'est important. » J'appelle. Mais je n'entends pas sa voix robotisé. Celle qui prétend qu'elle va annihiler l'espèce humaine. Et c'est drôle quand on y pense. Que ce soit l'humain qui l'anéantisse le premier. Et je ris nerveusement mais je sais que ça n'a rien de drôle. Non. Ça n'a rien de drôle. Rien de rien. Je frotte mes joues et mes yeux qui picotent. J'essaie de reprendre mon souffle et d'éloigner le rire qui tente de m'étrangler. De me tuer. Je manque d'air. Je manque de souffle. Je manque de tout. Surtout de cohérence.

 « Professeur ? Est-ce qu'ils ont… Le nom. Le nom du robot. Son vrai nom. On pourrait lancer un accio ? » J'enlève ma robe de sorcier qui de toute façon gênait mes mouvements et je décidais d'enjamber les gravas avec plus de précaution qu'alors baguette au poing.

« ça marcherait peut-être. Peut-être qu'ils n'ont pas endommagé son enveloppe corporelle. Et même ! Ses circuits. Peut-être qu'il n'était même pas ici. Il ne devait pas être ici. » Tentais-je de ma rassurer.



 
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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
18.09.16 23:32

It's my own fault, it's not my fault.
I'm not human at all. I have no heart at all.
We're not human at all, we have no heart.



Monsieur Radis n'était probablement plus de ce monde. Alors pourquoi s'obstinait-il à ce point ? Avec ses cheveux en pétard et ses joues pleines de débris de cendres, on aurait cru voir un fou. Lui qui avait pourtant si peur des dragons était en train de mener un combat acharné contre un sortilège de feu perpétuel. Mais rien ne semblait marcher, rien. Et disons le franchement, il faisait peur à voir avec ses blessures qui suintaient le pus, parsemant son corps comme une véritable oeuvre d'art. Mais qu'importe ! Il devait sauver son robot, ou du moins en récupérer les parties manquantes pour lui redonner vie.

« Voyons, Marvel. Ce n'est qu'un automate sans vie »
, diraient les mauvaises langues. Seulement, sa machine représentait bien plus que cela, à ses yeux. Certes, ce machin aux circuits basiques ne faisait que répéter la même phrase à longueur de journée et ce n'était pas le plus sympathique des objets animés, mais c'était sa progéniture, le résultat de longues journées de travail. Et plus encore, il représentait aussi l'espoir de pouvoir créer une armée d'androïdes dans un futur proche. Car Marvel avait réussi à faire fonctionner cette entité électronique dans un château où cela relevait de la science-fiction. Oh, comme il s'était senti pousser des ailes quand il l'avait vu se mouvoir pour la première fois ! Oh comme il avait ri en voyant un de ses élèves courir dans la direction opposée lorsque le petit bonhomme s'était élancé dans sa vers lui ! Oh comme il s'était senti comme le plus grand inventeur de tous les temps ! Lui qui n'était qu'un raté pouvait concevoir des objets mi-moldus, mi-sorciers. Et l'idée était merveilleuse !

Dans le fond, il savait que ce n'était qu'un jouet, une foutue blague. Mais malgré lui, il s'était attaché à son Monsieur Raddish. Bien plus qu'à Rudolph, son ancienne plante en pot qui avait fini par rendre l'âme à force de boire les fonds de café du « scientifique en herbe », qui enchaînait les nuits blanches pour inventer de nouveaux objets tout aussi loufoques ou improbables. C'était toute une philosophie, un rêve devenu réalité. Après tout, Rome ne s'était pas bâtie en un jour, et les overboards n'étaient certainement pas arrivées d'un seul coup. Il avait fallu faire plusieurs essais. Et ce robot insupportable était le tout premier de son espèce. C'est pour cette raison qu'il ne pouvait pas partir en fumée, pas sans avoir tout essayé pour le tirer de là.

Bien que sa raison lui hurle qu'il n'y était pour rien, le rouquin ne pouvait s'empêcher d'en avoir gros sur la conscience. Et s'il avait su anticiper l'attaque des Sigmas ? Et s'il n'avait pas laissé Mr. Raddish seul, à recharger dans une salle vide et non surveillée ? Et s'il lui avait implanté une arme d'auto-défense en cas d'attaque ? Toutes ce questions bouillonnaient dans sa tête, alors qu'il lançait un énième sortilège d'Aguamenti contre les flammes qui bondirent droit sur lui. Manquant de se faire carboniser, le professeur eut (heureusement) le réflexe de se jeter sur le côté. Dix-septième essai, raté. Mais il y arriverait, un jour. Ou alors il y laisserait sa peau. Mais c'était pour la bonne cause ! Il sauverait Arti, comme l'androïde de Serdaigle aimait à l'appeler.

Par Merlin, Oscar ! Comment allait-il lui annoncer la nouvelle ? Que se passerait-il s'il le croisait dans les couloirs avec la dépouille de monsieur robot sous le bras ? Son ami ne le supporterait pas, c'était certain. Après tout, Radis était le seul être qui se rapprochait le plus de son espèce. Car oui, Marvel était toujours persuadé que l'Ourson n'avait rien d'un humain. Et à cette idée horrible, le rouquin se laissa tomber sur les genoux. Mort, décédé, kaputt. Il n'y avait plus rien à faire. Alors pourquoi continuait-il de se battre contre cette véritable fournaise ?

« Est-ce que votre enveloppe corporelle a été endommagée Professeur ? »
Quand on parle du loup. Dans un sursaut de surprise, Solberg se releva d'un coup. Une puce l'avait-elle piquée, ou avait-il juste été surpris à deux doigts de se laisser aller aux larmes qui guettaient le coin de ses yeux depuis bien trop longtemps ? « Tout va bien. Ne t'en fais pas, ce ne sont que des égratignures », tenta t-il de le rassurer avec une voix d'outre-tombe. Quel menteur de pacotille il faisait ! Décidément, il ne serait jamais un grand manipulateur.

En voyant l'extraterrestre ambulant tenter de communiquer avec son alter-ego depuis l'autre bout du mur, Marvel sentit son cœur manquer un battement et déjà une perle coulait sur sa joue. Traîtresse ! Mais était-il plus triste d'avoir perdu sa création ou de la peine qu'il risquerait d'infliger à son ami ? Après tout, le directeur des Poufsouffles n'était qu'une boule de compassion et d’empathie. « Oscar... » souffla t-il finalement, coupant la distance qu'il avait toujours pris soin de garder pour ne pas froisser le bleu et argent. « Oscar, j'ai merdé. » Quel terrible père il faisait.

Un accio ? Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ? Il s'était attaqué aux brasier ardent de toutes les manières imaginables. Avec du feu, de l'eau, des murs de protection pour essayer au travers. Mais l'idée d'un simple sortilège d'attraction ne lui avait pas effleuré l'esprit. Comme quoi, il était vraiment dévasté. « Mister Raddish. Il s'appelle Mister Raddish. » Et il avait levé la main d'un air déterminé, remuant sa baguette dans un sort informulé. Malheureusement pour lui, la seule chose qui lui parvint fut une boule de feu qui ricocha sur sa joue désormais en sang.

« … C'est une de ses roulettes. » Démembré par le feu des enfers qui consumait la salle des moldus. Voilà le funeste destin que ces monstres avaient imposé à son rejeton. Portant finalement la main à son visage, le rouquin n'était plus que douleur. Mais ce n'était rien comparé à ce que l'autre venait de voir. Oscar était si jeune pour assister à ça. Et ignorant définitivement les règles de sécurité qu'il s'était imposées depuis sa rencontre avec l'Ourson, Marvel plongea dans ses bras pour lui faire un câlin. « Je suis désolé. Tellement désolé. »

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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
19.09.16 19:42


Bo était fatiguée, mais satisfaite. Ça lui avait coûté bien plus qu'elle ne s'y attendait de demander de l'aide au professeure McFayden pour se remettre à niveau, mais au final ça en valait la chandelle. La femme l'avait rassurée, presque encouragée, et c'était si inespéré comme réaction de sa part que Bo en était encore sonnée. La journée et, pire encore, la soirée avaient été d'une longueur insoutenable et elle ne pouvait penser à autre chose que son lit douillet qui l'attendait gentiment dans sa chambre. Lit qu'elle n'était pas prête de retrouver de sitôt à en croire la réquisition du corps professoral par le directeur pour effectuer des rondes de nuit dans le dortoir improvisé. Bo lâcha un soupir à fendre l'âme à cette pensée, imaginant les longues heures à écouter les enfants geindre et sangloter dans leur sommeil, les tête-à-têtes dérangeants avec les armures, les somnambules, les cauchemardeux, les imbéciles qui allaient forcément tenter de passer le rideau magique et forcément finir étouffés. Elle en avait déjà mal à la tête.

Elle remonta néanmoins le couloir où elle se trouvait en direction de la salle du trône, râlant contre le monde mais accomplissant tout de même son devoir d'adulte. Quelle plaie. Sa fin de cigarette entre les doigts, elle s'arrêta devant les imposantes portes en bois le temps d'en savourer les dernières bouffées – elle l'avait bien mérité vue la peine qu'elle allait se donner. Un cliquetis doux attira soudain son attention et Bo se retourna vivement dans la direction d'où il venait. Sa main alla d'instinct se positionner sur la baguette à sa taille, qu'elle tira pour plus de précautions. Personne n'était censé se trouver dans les couloirs à l'exception de quelques professeurs et elle savait que Florence était partie dans la direction opposée. Une très claire sueur froide commença à lui couler le long de la nuque, son imagination prenant momentanément le dessus sur son sens logique. Et si les sigmas étaient revenus, histoire de finir le travail ? Tous les enfants étaient réunis au même endroit ; ce serait un massacre. Mais Bo se ressaisit rapidement, serrant la mâchoire pour s'inscrire dans le moment présent. Les sigmas étaient partis, et ils ne reviendraient pas dans l'immédiat – ils savaient qu'on serait prêt à les recevoir cette fois-ci. Les sigmas n'étaient donc pas en cause, mais Bo avait bel et bien entendu un bruit (comme celui d'une porte qui se ferme) ce qui signifiait que quelqu'un qui n'en avait pas le droit traînait dehors à cette heure. Ne serait-ce que pour la courte frayeur que l'individu lui avait faite, il allait passer un sale quart d'heure.

Très peu de salles composaient cet étage et Bo fut prise d'un horrible pressentiment en passant devant celle d'où une fumée continue s'échappait. Elle avait une très nette idée de qui pourrait s'y faufiler. Attrapant la poignée elle s'y brûla la paume tant le feu intérieur l'avait chauffée, mais persévéra et finit par faire jouer le mécanisme interne. La porte s'ouvrit sur l'enfer, les flammes lui asséchant instantanément les yeux, mais ce qu'elle y vit fut au-delà de tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Des étagères réduites à l'état de charbon de bois et menaçant de s'effondrer à tous moments, des engins électroniques fondus qui devaient sans doute dégager une fumée toxique, des tableaux délaissés par leurs occupants, des sièges qui ne soutiendrait plus jamais personne et, au milieu de ce brasier éternel, deux silhouettes enlacées dont une dotée de cheveux roux on ne peut plus reconnaissables. Cette vision alluma chez elle une colère aux flammes plus ardentes encore.

« NON MAIS JE RÊVE. »

Elle avait hurlé d'un coup, sans prévenir, et l'écho de sa voix sembla si terrible qu'un morceau de rideau se détacha du mur où il tenait tant bien que mal pour s'écraser au sol en une déflagration brûlante. Bo n'y fit pas attention ; toute la frustration et la colère de sa journée venaient de se réveiller, s'agglomérer et, comme alimentées par le spectacle sous ses yeux, croître jusqu'à ne plus former qu'une grosse boule de rage dans le creux de son ventre.

« BANDE D'INCONSCIENTS MAIS QU'EST CE QUI VOUS EST PASSÉS PAR LA TETE, SORTEZ D'ICI TOUT DE SUITE ! »

Bo était d'une fureur sans nom et elle se serait volontiers jetée dans les flammes pour aller étrangler Marvel pour sa stupidité si ce n'était pas exactement ce qu'elle lui reprochait. Alors elle ne pouvait que piétiner sur place, passant sa colère sur l'air enfumé qu'elle brassait énergiquement de ses mouvements menaçants. Dès qu'il serait à sa portée elle lui ferait la tête au carré.

« CETTE PUTAIN DE SALLE A UN PUTAIN DE FEU PERPÉTUEL, VOUS VOULEZ FINIR EN STEAKS C'EST CA ?! »

Crier ne servait à rien, mais c'était tout ce qu'elle pouvait faire en cet instant. Un nouveau meuble s'écroula sous ses yeux, augmentant ses craintes pour les deux débiles qu'elle tentait de sauver, et alors elle décida qu'ils n'allaient pas assez vite. Il était temps qu'elle prenne les choses en main.

« Bordel de merde. Mobilicorpus ! »

Elle ne prit pas le risque de tenter un sortilège informulé et pointa sa baguette sur l'élève, qu'elle souleva et jeta dans le couloir sans douceur aucune, avant de répéter la manœuvre avec Marvel. Elle les rejoignit rapidement avant de sceller la porte d'une collaporta qui ne retiendrait sans doute pas grand monde, mais qui lui procura une maigre satisfaction. Ses pauvres victimes avaient à peine eut le temps de lever les yeux sur leur sauveuse qu'elle les couvrait à nouveau de hurlements mécontents. Il n'aurait pas été étonnant qu'on l'entende jusque dans l'aile voisine, mais Bo était trop occupée à déverser sa fureur sur les deux écervelés à ses pieds pour s'en soucier.

« Marvel espèce de demeuré congénital mais qu'est-ce qu'il t'a pris d'aller te jeter là dedans ?! Et avec un élève en plus ?! Est-ce que tu as la putain de moindre idée de la merde phénoménale dans laquelle tu te serais foutu si le gamin avait eu ne serait-ce qu'un de ses jolis poils roussi ?! Et arrête immédiatement de me regarder avec ces yeux là j'en ai rien à faire de tes justifications tu es un putain d'abruti ! Quant à toi... !

Bo suspendit son engueulade un instant, le temps de plonger son regard terrible dans celui de l'élève qu'elle commençait à peine à remarquer.

_ T'es qui toi ?

Il ne lui disait fichtrement rien.

_ Tu sais quoi ? Je m'en fous. Rien à battre. Dix points en moins à chacune de vos maisons ! Non ! Vingt points en moins à chacune de vos maisons !! Oui ça vaut pour toi aussi Marvel !! »

Bo ne savait plus ce qu'elle faisait, Bo ne savait plus ce qui était en son pouvoir ou non, Bo était juste trop pleine de trop de sentiments qui lui donnaient l'impression d'exploser. Bo était plus proche du dragon que de la femme en cet instant.



wicked witch
One never learns how the witch became wicked, or whether that was the right choice for her — is it ever the right choice ? Does the devil ever struggle to be good again, or if so is he not a devil ? - Wicked

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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
20.09.16 0:23

But still I rise ft. Marvelou&Beauté
Je n'ai pas compris qu'il mentait. Je n'ai pas un seul instant pensé qu'il pouvait mentir. Et puis, après tout, pourquoi le ferait-il ? C'était stupide. Incroyablement stupide que de mentir sur son état. Incroyablement stupide aussi d'aller se perdre au milieu d'un brasier éternel. Mais après-tout j'y étais aussi. J'y étais et je n'avais à aucun moment pensé à la stupidité de ma propre action. Je n'avais eu qu'un seul nom en tête. Qu'un seul être. Qu'une seule présence. Si étrange et inhumaine puisse-t-elle paraître. Elle était à mes yeux la seule qui valait la peine de perdre conscience. Perdre conscience de ma propre stupidité. Et de celle d'un autre.

Quand il s'est approché, je n'ai pas eu le réflexe que j'ai le reste du temps. C'est-à-dire, prendre de la distance pour observer. Ne pas s'impliquer. Ne pas laisser les autres s'impliquer. Il avait mon prénom sur le coin de la bouche et d'autres mots que je n'entendais pas, puisque j'essayais de me convaincre qu'Arti n'était pas là. Que le feu n'était pas en train de s'attaquer à son existence. Incapable de bouger. De se défendre. De volonté. Car elle lui manquait quand il n'avait pas eu le temps de se recharger. Et Arti se baladait partout. Poursuivait les autres comme s'il souhaitait entrer en contact avec eux. Comme s'il voulait s'imprimer à jamais dans leur existence. Les souvenirs étaient vivants. Étaient une preuve de l'existence, après-tout. Il n'y avait pas que le coeur. Pas que l'esprit. Pas que le corps. Il y avait la présence. Et qu'importe finalement qu'elle appartienne à un être qu'ils disent inanimés. Dans mon esprit, Arti a toujours été vivant. Plus vivant que moi quand il roulait sur le monde. Quand il fixait. Quand il restait à entendre. Quand il restait à écouter, au lieu de s'en aller. Au lieu de rouler vers d'autres, désespérément pour communiquer. Non. Il s'arrêtait quand je venais parler.

Et ils peuvent dire qu'il n'est qu'un amas de boulons et de métal. Qu'il n'a d'esprit que celui que je daignais lui accorder ils se trompaient. Qui étaient-ils après tout pour juger de son importance. Et les rire qu'il provoquait ? Et les cris de terreurs ? Et mes sourires quand il lui arrivait d'essayer de dire autre chose. En bougeant de manière furieuse sa tête. Et ses petites pinces. Je reniflais et essuyais du coin de ma paume mes yeux qui s'embrumaient. Pour y voir clair. Même si je m'étranglais à mesure que les secondes passaient.

Mister Raddish, c'était son nom, le vrai – encore une preuve qu'il est vivant, on ne donne pas de noms aux choses qui ne vivent pas – et alors que je me levais ma baguette pour lancer un accio, le créateur de Arti reçu un projectif enflammé. De sa joue écorchée par le feu je ne vis rien. Ou plutôt je n'avais pas eu envie de voir. Parce que j'étais certain qu'il l'avait appelé. Et que c'était tout ce qu'il restait. Tout. Mais ça n'avait plus rien d'un tout. D'un corps. Je vacillais. Et puis une seconde après je ne vacillais plus.

Je ne vacillais plus parce qu'on me soutenait. Ou plutôt un corps m'étreignait. Et le contact avait été tellement soudain que je n'avais pas eu le temps de protester et de repousser. Mes bras restèrent inertes quelques secondes et quand les mots me sont parvenus ils ne l'étaient plus. Je m'accrochais parce qu'il n'y avait que cela à faire. S'accrocher. Et c'est là que j'ai compris qu'il mentait. Quand j'ai regardé pour de vrai, plus seulement obnubilé par Arti, quand mes doigts ont accroché des déchirures et des morceaux d'étoffes cramés. Quand sur ma joue il y avait du sang et que ce n'était pas le mien. J'ai compris qu'il mentait aussi quand il m'enlaçait et qu'il disait qu'il était désolé. Ce n'était pas moi qu'il voulait soutenir. Il avait besoin d'être soutenu. Il mentait aussi quand il a dit qu'il avait merdé. Il mentait parce qu'il n'était pas celui qui avait mis le feu. Parce qu'il n'avait pas voulu que Arti… Et pour une fois. Vraiment, pour la seule et unique fois de mon existence j'ai reconnu la peur avant même d'en ressentir les symptômes. Et c'est vrai que j'ai peur. Que j'ai peur qu'il dise qu'il n'y a rien à faire. J'ai peur qu'il ne me relâche jamais et qu'on reste coincé à jamais ici, à subir les tremblements de l'autre. J'ai peur qu'il me demande de le soutenir longtemps et que je découvre que je sois incapable de soutenir. L'inutilité avait quelques chose de plus fatal que la fin.

Et avant que je n'ai le temps de protester, un autre son me parvint. Clairement. Je tournais la tête. Et je comprenais ce qui se passait. Nous étions peut-être en train de mourir. Ou peut-être que nous étions en train de nous laisser mourir. Je n'avais pas encore décidé. Mais je comprenais que la situation était incroyablement stupide. Incroyablement incongrue. Incroyablement périlleuse. Et quand la voix, plus réelle, nous enjoignez de revenir, j'eus le temps de formuler dans mon esprit que c'était difficile, car comme elle le soulignait, le feu semblait perpétuellement en train de nous encercler.

C'est à peu près tout, car je fus projeté contre un mur et que le monde avait perdu ce qui faisait de lui le monde. C'est-à-dire des repères visuels, sensoriels, je n'avais plus conscience d'être conscient. Je n'avais même plus conscience de moi-même. Mais quand, sonné je rouvris un œil je découvris une femme. La voix déformée par la fumée et par mon étourdissement était aussi agréable que le chant d'une harpie. Etait-elle en train de nous sermonner ? Sans doute… Sans doute. Mais il y avait toujours plus urgent. Seulement voilà. Elle ne semblait pas disposée à laisser qui que ce soit intervenir.

Je fermais les yeux, frottait mes paupières qui picotaient et j'essayais de retrouver un semblant de cohérence.
 « Vous ne pouvez pas lui retirer des points.» Croyais-je utile de préciser, avant que ma main tombe sur ma joue. Je l'essuyais d'un revers et me tournais pour fixer le directeur des poufsouffles.

 « Je crois qu'il est sérieusement endommagé. Est-ce que vous êtes en train de mourir ? » Je n'étais sûr de rien et je me rappelais de la raison de ma présence ici.  « Ce n'est pas le moment… Pas le moment d'enlever des points. Il faudrait revoir l'ordre de vos priorités. »

Je me relevais péniblement pour me traîner vers la porte. J'empoignais la porte par la poignet, puis me mordit l'intérieur de la bouche quand je réalisais que je venais de me brûler. Je marmonnais :  « Mais qui est l'diot qui a... » Et puis. Je me tournais : « C'est vous ! » Je m'avançais, baguette au poing, soudain mue par un désir obscur. Celui de faire un malheur. D'expulser d'un coup la peur. D'expulser la colère. Mes lèvres prononcèrent un expelliarmus rageur.  « Vous ne pouvez pas faire ça ! Il vit encore à l'intérieur ! J'en suis sûr ! Vous pouvez demander à... »  Mais, en fixant la chevelure rousse je me rendis compte qu'il n'était peut-être plus en état de répondre à quoi que ce soit. Je m'accroupissais et tentais un  « Revigor ! » Sans trop savoir s'il me restait assez d'énergie pour le faire.

Je fixais tour à tour les deux adultes que j'avais en face de moi et je secouais la tête. Vaincu. Je m'écartais tant bien que mal des deux autres, finalement. Effondré. Sincèrement effondré.

Alors je me laissais tomber. Sur le côté. La tête dans les mains. Et puis je ramenais mes jambes contre mon torse pour y cacher mon visage et murmurer en litanie incertaine et douloureuse :

 « Elle a tué Arti. Ils ont tué Arti. »

Et le reste n'avait plus d'importance. Plus rien.
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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
25.09.16 4:18

We could steal time, just for one day
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What d'you say?



Lente agonie. S'était-il brisé quelques côtes ? À quel degré s'était-il brûlé ? Risquait-il aussi d'y perdre les dents, dans la furie de la harpie qui venait de les tirer d'affaire ? Une seule chose était à peu près certaine : il était encore en vie. Et c'était affreusement douloureux. Si l'autre n'était pas déjà en train de lui briser les tympans, il en aurait crié. Mais au lieu de ça, Solberg tentait vainement de fusionner avec le sol. Avec un peu de chance, il se ferait vraiment aspirer pour de bon pour réapparaître dans une île, loin de tout ce merdier.

Mais non ! Ce fut seulement le contact glacial du plancher qui accueillit sa joue encore bouillante. Et à mesure que la voix terriblement familière lui balançait des horreurs, le roux sentit ses oreilles se boucher. Ne pouvait-elle pas cesser d'aboyer pendant trois secondes ? Les reproches résonnaient déjà dans sa tête comme le cognement d'un marteau.

Rouge. Était-ce du sang qui coulait à présent dans sa bouche ?
Merde. Elle ne l'avait pas raté. Ou plutôt, le mur qu'il venait de se prendre violemment dans la figure après la tentative de sauvetage musclée d'Isabeau l'avait accueilli avec un peu trop de fougue. Il savait de quoi la scène devait avoir l'air. Mais avant d'avoir pu sortir la moindre petite excuse en guise de justification, il s'était senti propulser en arrière. Et l’atterrissage fut violent pour lui, comme pour son ami automate. Pas de traitement de faveur, seulement des critiques supplémentaires.

C'est à peu près à cet instant qu'il réalisa sa connerie. Oui, c'était plutôt une mauvaise idée que d'aller se jeter dans un brasier perpétuel avec un élève. C'est vrai que le feu avait généralement tendance à brûler. Surtout quand ce dernier était magique et lancé par un groupe de sorciers expérimentés. Et non, ce n'était pas très recommandé de prendre un élève dans ses bras, l'immobilisant ainsi au milieu de tout ce bordel. Il aurait voulu dire à Bo que ce n'était pas ce qu'elle croyait. Mais au final, c'était exactement ça, et même pire. Et il savait par avance que le simple fait de mentionner le nom de Monsieur Radis ne ferait que la rendre encore plus furieuse. Car personne ne comprenait son attachement pour ce débris de fer. Personne, sauf cet androïde fait humain, qui répondait au nom d'Oscar. Et c'est ce qui le rendait si spécial.

Les lèvres collantes et le menton vermillon, Marvel entrouvrit la bouche pour répondre à son camarade. Mais au lieu de produire un son un temps soit peu humain, il couina comme un animal blessé. Pourquoi n'arrivait-il pas encore à ouvrir les yeux sans avoir l'impression d'avoir une galaxie entière au dessus de la tête ? Au loin, la voix d'Oscar résonna, bien plus douce que celle enragée de son amie d'enfance. Oh comme le monde tournait vite autour de lui. Étaient-ils sur un bateau ? Non, ça ne faisait aucun sens !

Le sortilège de revigor le frappant de plein fouet, Marvel se redressa finalement. « Qui, que, quoi, dont, où ? » Balayant le couloir du regard, il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre. En les tirant de là, Isabeau avait aussi condamné la porte de la salle.

Oh non, Monsieur Radis ! Comment pouvait-elle faire une chose aussi horrible ? Elle ne réalisait pas. Elle ne comprenait pas l'importance de cet être fait de boulons et de rouages. Après tout, comment le pourrait-elle ? Les robots étaient le futur, et Bo était le présent. Ce n'était pas de sa faute. D'aussi loin qu'il la connaissait, son amie d'enfance avait toujours été terre-à-terre. Comment pouvait-elle concevoir qu'un jour, l'intelligence artificielle puisse dépasser celle de l'homme ? Et que dès maintenant, des robots comme Mister Raddish étaient capables d'avoir leur propre esprit bien à eux ? Certes, il n'avait pas beaucoup de fonctionnalités, mais il était autonome dans ses gestes et savait s'auto-recharger en jus de radis. Et même si pour cela il devait rester immobile pendant au moins deux heures, c'était déjà un grand pas.

« Sérieusement, Bo ? » Avait-il grondé. « Tu ne comprends pas qu'on essaie de sauver une vie ? Il est encore coincé dans les flammes, bon sang ! »  Et sans plus de précisions sur qui pouvait bien être ce fameux « il », le rouquin se releva péniblement baguette en main. Durant une seconde, il fixa même le mur, songeant très sérieusement à y lancer un sortilège de bombarda. Mais c'était avant de se rappeler qu'il devait quand même essayer de déverrouiller la porte avant. Au cas où. Certes, son esprit n'était pas clair entre l'intervention des Sigmas, la disparition de sa salle, la mort de son élève et maintenant de son robot, mais s'il pouvait éviter le renvoi, ce serait tout aussi bien. « Alohomora ? » Mais rien ne se produit. Il tremblait comme une feuille, Marvel. Comment aurait-il pu lancer correctement un sortilège, dans son état ?


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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
26.09.16 20:17


« Vous ne pouvez pas lui retirer des points. »

Si des yeux avaient pu lancer des éclairs, l'élève se serait transformé en viande carbonisée sous le regard de Bo. Une série de noms d'oiseaux lui vinrent à l'esprit, mais avant qu'elle n'ait le temps de les prononcer son attention était attirée ailleurs. Le petit merdeux avait peut être la langue trop pendue et une manière bizarre de parler, mais il n'avait pas tord quant à l'état déplorable de Marvel. Elle cessa de l'écouter alors qu'elle se rapprochait de son ami d'enfance, à la fois inquiète et exaspérée. Elle ne l'avait pas jeté si fort que ça contre le mur. L'autre gringalet s'en était relevé sans une égratignure, on n'allait pas lui faire croire que le roux n'en était pas capable. Mais après tout, depuis combien de temps se trouvait-il dans la salle des moldus enflammée ? Quelle quantité de fumée nauséabonde avait-il respiré, combien de gravats brûlants avait-il soulevé ? Ses vêtements faisaient peine à voir, sa joue ensanglantée lui donnait un air de survivant de l'apocalypse. Bo ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel alors qu'elle s’accroupissait près de lui, marmonnant dans sa barbe qu'il n'était « qu'une putain de dramaqueen ».

Une fois à la hauteur de Marvel elle lui attrapa le menton entre les doigts, lui faisant tourner la tête pour examiner le gravité de sa blessure. C'était moche, mais rien que l'infirmerie ne saurait régler. Bo entendait dans son dos l'élève qui continuait de s'agiter, lui faisant regretter de ne pas l'avoir également sonné en le jetant contre le mur, et elle caressa un instant l'idée de lui jeter un bloclang avant d'à nouveau s'en désintéresser. Les gamins étaient décidément insupportables. Entre ses doigts l'adulte recracha soudain un glaviot de sang, ce qui la fit reculer et froncer les sourcils. Glissant sa baguette dans une poche de sa robe, Bo saisit la bouche de Marvel et lui fit ouvrir afin de l'inspecter. Ce débile s'était apparemment ouvert la joue dans ses cascades aériennes, rien d'alarmant. Elle s'essuya les mains sur la tenue déjà foutue de son ami, avant de se redresser afin de s'occuper de l'autre imbécile de la soirée. Seulement Bo ne remarqua qu'un peu tard l'énervement qui semblait s'être emparé de lui et l'expelliarmus arracha la baguette de sa poche aussi facilement qu'une sucette de la main d'un bébé.

« BORDEL MAIS QU'EST CE QUE TU CROIS FAIRE ?! »

Elle hurla si bien qu'elle couvrit les jérémiades que l'adolescent continuait à pousser en continue, néanmoins interpellée par ses propos. Comment ça, il vit encore ? Elle avait peur de comprendre ce qu'il entendait par là. Bo prit tout juste le temps de récupérer sa baguette égarée, mais quand elle se retourna Marvel semblait avoir finalement émergé. Elle chercha du regard l'avorton si fougueux quelques secondes plus tôt et le retrouva avachi contre un mur, sa fureur éteinte. Bon, au moins elle n'aurait pas à le saucissonner pour le maîtriser. Bo voulut se tourner vers le professeur d'étude des moldus avec dans l'idée de lui passer le savon le plus mémorable de sa vie mais ce dernier lui coupa l'herbe sous le pied.

« Sérieusement, Bo ? Tu ne comprends pas qu'on essaie de sauver une vie ? Il est encore coincé dans les flammes, bon sang ! 
_ Quoi ? Qui ?! »


S'il y a bien une chose à laquelle elle ne s'était pas attendue, c'était de se faire gronder par le parfait demeuré qu'elle venait de sortir des flammes. Mais après tout, peut-être avait-il eu une bonne raison de s'y trouver ? Un doute terrible lui enserra la poitrine, une part d'elle tentant de se rassurer en se disant qu'il était impossible qu'une silhouette humaine lui ait échappée quand elle avait scanné le décor infernal du regard, l'autre lui assurant que l'erreur était toujours possible. Marvel tenta de déverrouiller la porte mais, trop faible, échoua. Poussant un grognement soudain, Bo le repoussa sur le côté et l'ouvrit d'un sort bien ajusté.

« Je te préviens, si c'est encore une de tes conneries de robot quand je ressors, je t'étripe. »

On pouvait dire ce que l'on voulait sur Bo, qu'elle était égoïste et sans cœur, que la passion et la fascination lui étaient des concepts inconnus. C'était faux. Bo comprenait qu'on puisse s'investir dans un projet au point d'y mettre des morceaux de son âme, elle comprenait que des babioles du quotidien puissent se transformer en souvenirs précieux et irremplaçables. Elle avait grandi aux côtés de Marvel et avait été la première spectatrice de ses folies, de la plus douce à la plus rocambolesque. Elle l'avait écouté monologuer au sujet de son robot au jus de radis pendant des heures, l'observant s'enflammer pour un morceau de métal avec une patience toute amicale. Donc oui, Bo comprenait. Mais ce qu'elle ne comprenait pas, c'est que l'on puisse faire passer quelque chose d'aussi commun qu'un objet devant quelque chose d'aussi unique comme sa propre vie. Elle avait assez de logique et de maturité pour savoir faire la part des choses. Seulement elle connaissait assez bien Marvel pour savoir que ce n'était pas forcément son cas.

Bo tourna la poignée, serrant les dents pour ne pas geindre de douleur, et s'enfonça dans le brasier de la salle des moldus.

« Il y a quelqu'un ? »

Il y fit un pas, deux pas, avant de s'immobiliser. Elle ne pouvait pas aller trop loin au risque de se retrouver coincée au moment de sortir, il lui fallait trouver un plan plus efficace. Réfléchir à une solution avec sa tête. Bo agrippa sa baguette et la leva à hauteur de poitrine.

« Hominum Revelio. »

Rien ne se passa. Bo sentit la colère croître plus encore dans ses veines. Effectuant un demi-tour fulgurant, un crac sous son pied lui fit baisser les yeux sur une tête désarticulée sans doute arrachée à son propriétaire par une explosion. La saisissant à pleine main sans se soucier cette fois de s'y brûler, elle traversa la salle d'un pas rageur avant de déboucher dans le couloir glacé. Bo brandit son trophée comme une menace, se plantant de toute sa hauteur sous le nez de Marvel. Il la dépassait de dix bons centimètres, mais sa fureur la faisait paraître plus impressionnante qu'une géante.

« T'as intérêt à me dire que c'est pas pour ça que je viens de risquer ma vie en retournant là-dedans ! Et t'as intérêt à être vraiment convainquant !! »

Elle attendit qu'il lui réponde, qu'il se justifie. Qu'il tente de se justifier. Comme prévu, il n'y arriva pas. La claque fut si violence que le sang resté sur la lèvre de Marvel éclaboussa le dallage, son écho se répercutant le long du couloir. Bo, superbe et immobile, s'était faite reine des glaces dans sa colère.

« T'es qu'un abruti. »



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One never learns how the witch became wicked, or whether that was the right choice for her — is it ever the right choice ? Does the devil ever struggle to be good again, or if so is he not a devil ? - Wicked

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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
01.10.16 23:24

But still I rise ft. Marvelou&Beauté
Si le monde continuait de tourner, si le temps et l'univers avaient repris leur course, j'avais l'impression de ne plus en être. D'avoir été exclus ou balayé d'un revers de la vie. J'inspirai difficilement, je crois que je me noie. Je suis certain même. Et ce n'est pas seulement dans mon esprit. Mes yeux déversent des torrents dont je suis incapable d'en contrôler le débit et la force. Et je me noie dans ma propre inertie aussi. J'entends des bruits et des voix, mais je n'en ai que faire.

Le sortilège de revigor m'avait épuisé, mon expelliarmus aussi, mais le pire c'est cette chose qui palpite et qui me crève. Le vide et la fin. Des idées que je n'avais jamais autant ressenti. Et elles s'incrustent. Lézardent ma peau. Louvoyant férocement mon cœur. Menaçant de créer un gouffre quelque part dans mon ventre. Dans ma tête. J'ignorais que des sensations pouvaient provoquer cela. Me rendre malade et apathique.

Le monde est cotonneux. Je n'entends que l'enfer. Celui de la perte et d'autre chose. Une autre chose infinie et cruelle. Qui me donne envie de cesser de respirer. D'essayer même de penser et d'être. Quelque chose qui pourrait je crois me faire devenir bête. Féroce ou à l'agonie. Je ne sais.

Groggy et hébété mes lèvres trouvent la force d'arrêter de psalmodier des vérités douloureuses même si en réalité j'ai du me mordre furieusement la langue. Pour retrouver le monde et le son. Retrouver la conscience d'être et de pouvoir. J'ai le pouvoir de me redresser et de décider de ne pas abandonner.
J'ai un peu de sang dans la bouche mais ça m'est égale. Je frotte mes yeux et je profite des cris infernaux de l'adulte aux cheveux blonds. Sa voix stridente raisonne avec force et fait trembler le paysage embrasé de la salle d'étude des moldus. Un instant je me dis qu'elle est une plus grande calamité que le feu lui même tellement ses aigües menacent de faire exploser ma tête.

Pourtant je fais l'effort de considérer ce qu'elle dit et fait. Je constate qu'elle a ouvert la porte et qu'elle tiens dans ses mains un trésor. Une preuve d'existence et d'espoir de désespoir. Dans un même temps. Ses mots provoque un électrochoc. Réveil encore en moi la même tempête que tout à l'heure.

Je frémis entier et je me rapproche. J'essaie de me contenir. De ne pas trembler. De ne pas dégainer. De ne rien provoquer. Surtout quand mon esprit menace de la repousser dans le brasier pour qu'elle comprenne. Ressente tout le mal d'Arti. C'est qu'elle crache sur un être qui compte tellement. Qui signifie tant! Que ce soit pour moi. Ou pour lui. Le roux qu'elle gifle et sermonne. Maltraite et materne. Ils semblent pourtant se connaitre mais c'est comme si elle ne pouvait pas comprendre. Alors que cela me semble si simple.

Je me rappelle alors que monsieur Solberg y a mit tant de cœur ! Qu'Arti appréciait vraiment cet adulte au grand cœur. Et il n'est pas le seul à avoir péri. Dans ce sanctuaire il y avait des rêves et des souvenirs aussi. Des échos de conversations animés. Quelques vies et prototypes. Des inventions. Des tentatives de marier technologie et magie. C'était de la volonté et un cœur qu'on avait attaqué. Lui plus qu'Arti.

Je m'en retrouve stupéfait. Comment pouvait-elle ne pas s'en rendre compte? Il s'était tenu là. Seul. À contempler un pan de sa vie entier partir en fumée. Qu'il a essayé de sauver. Ou peut-être qu'elle savait. Que c'était une manière de s'inquiéter. Mais le "ça" de sa phrase me reste en travers. J'avance et je lui prend des mains la petite tête d'Arti.

« Vous n'avez pas le droit. De le tenir. De parler de lui de la sorte. Du travail de Monsieur Solberg ainsi. De Arti. Ce n'est pas parce que vous ne pouvez pas comprendre... » Je m'arrête pour cracher un peu le sang de ma langue meurtrie. Pour rassembler les idées. Mon ton est accusateur et acide. Mes yeux noirs et mes sourcils tellement plissés que j'ai l'impression que mon front en restera marqué.

Je me désintéresse d'elle. Je pose mon front contre la petite tête inerte. J'essaie de me calmer. Il y a tant de chose que j'aimerai dire à ce trésor, tant de mots précieux qu'ils se bousculent contre mes lèvres et qu'il faut que je me fasse violence pour ne pas craquer et déverser. Il y a des oreilles ici qui ne comprendraient pas. Je prends sa petite tête pour la caler contre mon cœur.

« Rien de tout ceci était stupide. Ou inconscient. Il fallait essayer de sauver... Tout ce qui a été accompli dans cette salle. Pour les souvenirs. Ça mérite qu'on risque sa vie pour les sauver. C'est un peu ... Un peu de sa vie qu'ils ont brûlé. Vous comprenez? Un peu de la vie Monsieur Solberg qu'il fallait essayer de sauver. Et Arti. » Je baisse les yeux. Je ne souffre plus de la véhémence de mes colères. Je vais mettre Arti dans les bras de son créateur, me sentant étranger et indigne même de le porter. Je n'avais pas pensé une seule fois à autre chose qu'à Arti. Uniquement à lui. Même pas aux rêves qu'il ont anéanti et à la vie du rouquin qui s'était inquiété plus de ma peine que de la sienne. Mes yeux picotent encore et je n'aime pas quand ils picotent ainsi.
« Je suis désolé. Je n'ai pas pu vous aider à les sauver. Le sauver. »

Je frotte ma paume boursouflée par le métal de la porte. Je me dis que la blonde a du se blesser aussi en y retournant.

« Merci. De nous avoir sauvé. Et d'avoir retrouvé sa tête. » Avouais-je finalement le cœur lourd. Et puis je m'immobilisais. Tenté un instant de repartir dans la salle de classe pour essayer... Je ne sais pas. On ne peut pas réellement extirper des souvenirs d'un endroit. On ne pourra pas non plus éteindre les flammes. Et puis j'avais l'impression que la blonde m'y arracherait encore pour pouvoir me hurler dessus jusqu'à ce que j'en meurs. Cette pensée m'arrache un rire. Saugrenu. Je me retourne pour faire face à la salle de classe. Totalement saugrenu quand mes yeux recommencèrent à couler et que le vide que j'avais ressenti me donnait l'impression de croître à l'intérieur de moi. J'avais l'impression fugace d'avoir également perdu un peu de ma vie ici.
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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
02.10.16 20:09

I'm gonna fight 'em off, a seven nation army couldn't hold me back. They're gonna rip it off, taking their time right behind my back.
And I'm talkin' to myself at night because I can't forget.
Back and forth through my mind, behind a cigarette.



Mais c'est qu'elle frappait fort, la bougresse ! Et ça faisait un mal de chien. Les larmes aux yeux à cause de la douleur, Marvel porta immédiatement la main à sa joue. Bon, au moins elle ne lui avait cassé aucune dent. Peut-être qu'elle avait eu pitié de ses blessures ouvertes ? Ou tout simplement qu'elle avait besoin d'un geste bien plus sec et propre, pour lui faire comprendre à quel point il avait merdé. Mais il ne pouvait pas rester les bras ballants devant une telle situation. Autant lui mettre une camisole de force pour le retenir, ou lui lancer le maléfice du saucisson. Car il reviendrait toujours en courant sur les lieux, pour Monsieur Radis. Pour sa seule création de ce type qui avait fonctionné. Oh, qu'il avait ri lorsque ce petit être s'était mouvé pour la première fois. Un vrai père, observant les premiers pas de son fils.

Dans le fond, que pouvait-il répondre à Isabeau ? « Je suis désolé » ? Non, pas cette fois-ci. Car il ne se sentait même pas fautif. Certes, il aurait dû protéger Oscar avant de se jeter dans ses bras pour le rassurer, risquant ainsi leur vie à tous les deux. Mais le rouquin n'avait pas réalisé le danger de la situation, son esprit bien plus centré sur sa progéniture disparue et la détresse de l'adolescent. Alors, il aurait pu au moins s'assurer de l'état de santé de son amie d'enfance ? Mais elle s'en était sortie sans une égratignure. Sauf peut être à la paume. Mais quelque chose de menaçant dans le regard de la blonde lui disait qu'il ferait mieux de ne pas attraper sa main. Il aurait aussi pu la rassurer. Lui dire qu'elle ne risquait pas sa vie pour un simple "ça". Que son robot était bien plus qu'un simple objet inutile. Mais qu'y comprendrait-elle ? Une machine ne valait pas une vie aux yeux de Bo, surtout avec un algorithme lui permettant de faire si peu de choses.

Peut-être que cette conversation aurait eu un sens, dans un futur plus ou moins proche. Quand les androïdes auraient pris place dans la vie des humains, et qu'on aurait commencé à faire des recherches sur la façon de penser des robots. Dans le fond, le cerveau humain n'était-il pas lui même un gigantesque dispositif mécanique ? Et les sentiments ? Des impulsions électriques, rien de plus.
Pourtant, cette fois-ci, son instinct de survie lui conseillait de garder les lèvres closes et le regard éteint. Baisse les yeux, évite le conflit. Ne t'enfonce pas, Marvel.

« M-Merci, je suppose ? » Finit-il par articuler, incertain. « J'voulais pas trahir ta confiance. C'est juste que... » La gorge se serrait et son cœur palpitait frénétiquement. Un sanglot réprimé, il réussit finalement à finir sa phrase. « De toute façon tu ne comprendrais pas, Bo. Laisse tomber. » Il devenait injuste, et il le savait. Pourtant, la rage prenait possession de son corps tout entier. Il aurait dû s'arrêter, lui demander de lui lancer un sortilège pour coudre sa bouche jusqu'à ce qu'il se soit calmé, que la tempête soit passée. Mais non. Il fallait que ça sorte, que tout le venin coule hors de sa bouche. Pour quelqu'un de pacifiste, son comportement s'était largement dégradé ces derniers jours. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, un véritable gouffre émotionnel. Il avait l'impression de couler dans un océan invisible, Marvel. Un flot d'émotions négatives qui le faisait suffoquer.

« Quand est-ce que tu t'es intéressée à autre chose qu'à tes propres petits intérêts personnels ? T'as décroché le job de secrétaire juste pour te la couler douce en touchant tes petits congés payés en emmerdant le reste du monde à chambouler leurs emplois du temps. Les élèves disparus... ça te fait juste mal à cause des formalités. Même moi, tu m'apprécies juste parce que j'ai toujours été trop bonne poire avec toi et que ça te fait un super larbin de compagnie. Mais tu sais quoi ? J'en ai marre. T'as pas une once de respect pour moi ! » Il était affreusement odieux, et il le savait. Bien sûr qu'elle se souciait de lui. Bien sûr qu'il savait qu'elle faisait ça pour le protéger ! Bien sûr qu'elle le soutenait dans ses projets, tant qu'ils ne menaçaient pas sa vie, et celle d'autres élèves. Dans le fond, elle était juste inquiète d'avoir retrouvé son meilleur ami au beau milieu des flammes et sa réaction était tout à fait normale. Mais après avoir vu cette petite tête détachée du reste de son corps, Marvel avait tout simplement craqué plus que de raison. Les derniers événements n'avaient fait qu'allumer petit à petit le volcan en sommeil dans son esprit. « Ça se saurait, si Isabeau Leroy en avait quelque chose à foutre, de toute façon. » Et il lui tourna le dos, encore tremblant. Malvel Solberg avait disjoncté. Et il était désormais hors service.

À sa grande surprise, son ami androïde prit le relais. « Arrête », avait-il envie de hurler. « Arrête Oscar, elle n'y est pour rien ! C'est moi qui tourne le dos aux émotions positives, qui ne sait pas gérer ce qui m'est arrivé dessus en un trop peu de temps. C'est juste un bug de mon cerveau, un 404 not found. Aucune raison de l’accabler. Tu sais, elle n'a pas l'air comme ça, mais c'est une personne qui s'intéresse aux gens. Elle s'est juste bâti une forteresse, pour faire croire que rien ne la touche. » Ses dents plantées dans ses propres lèvres, le professeur se contentait d'observer la scène, impuissant. Le rôle de la victime lui allait si bien. Pourtant, ses mots tranchaient comme la hache d'un bourreau.

Lorsque son ami tenta de justifier ses actes honteux, une nouvelle onde de culpabilité le figea sur place. Un long frisson remonta son échine, et pourtant il ne cilla pas. Trop têtu, ou simplement tétanisé ? À cet instant, il ne réalisait pas qu'il venait de mettre fin à une amitié de plus de vingt ans. Il préférait se complaire dans le déni de ses propres dires. « Tant pis », disait sa petite voix interne. « Rien n'importe, pour le moment ».

Avec ses belles paroles, le Serdaigle avait l'air d'un chevalier face à un dragon impitoyable. Tout ça pour le défendre lui, pour le protéger. Bordel, il était en train de tenir tête à une adulte qui venait de lui enlever des points, tout ça pour sauver la réputation de son professeur et justifier l'existence de Mr. Radish. S'il n'avait pas été si en colère et effondré, Marvel aurait certainement eu des étoiles dans les yeux devant tant de dévouement. Mais il n'était qu'un trou noir, en l'instant présent.

« Oscar, tu... » Mais il restait sans voix. Comment réagir ? Devait-il le remercier alors qu'il venait d'enfoncer d'avantage son amie ? Après tout, l'Ourson avait essayé de le couvrir. Et rien que pour ça, Marvel se sentait redevable envers lui. « Tu as fait de ton mieux, comme toujours. On ne pouvait rien y faire. Mais je te promets qu'on lui fera un bel enterrement, qu'on... honorera sa mémoire au même titre que celles de Lio et d'Arya. » Lorsque les armes furent déposées dans ses bras, ou plutôt la tête du robot, Marvel ne put s'empêcher de lâcher une larme supplémentaire. « C'est moi le fautif. » Et sur cette confession, il posa sa main sur l'épaule du bleu et argent, avec une douceur toute particulière.

«  Merci, Oscar. Merci pour tout ce que tu as fait. »
Pour avoir été la seule personne qui en ait eu quelque chose à faire. Pour m'avoir posé toutes ces questions sur Monsieur Radis à l'époque. Pour avoir été là avec moi, dans cette salle ravagée par les flammes afin d'essayer de le sauver. Pour m'avoir défendu avec tant de courage face à un autre adulte. Pour avoir montré ton attachement envers ma création. Pour avoir été à mes côtés durant tout ce temps.
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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
02.10.16 23:57


Bo avait mal aux mains. Elle sentait la douleur pulser sous sa peau, comme un nouveau cœur dysfonctionnel. La chaleur de la poignée avait boursouflé sa paume et ses doigts, la claque n'avait fait que réveiller un peu plus la souffrance qui s'y tapissait. Ça la lançait, lui faisant serrer les dents, mais Bo s'efforçait de ne rien en montrer. Ce n'était pas le moment. Au lieu de quoi c'est d'un air imperturbable qu'elle regarda Marvel baisser les yeux devant les siens, une lueur d'espoir osant alors germer quelque part en son sein. Elle se mit à espérer qu'il avait compris. Qu'il saisissait les conséquences de ses actes, les contre-coups désastreux que tout ceci aurait pu avoir, à quel point tout ceci était stupide. Oui, Bo espéra un instant qu'il comprenait. Mais non.

« De toute façon tu ne comprendrais pas, Bo. Laisse tomber. »

Mais non, bien sûr, c'était elle qui ne comprenait pas. Elle la méchante et lui la victime. Elle qui le tirait égoïstement des flammes alors qu'il tentait lui dans sa grande philanthropie de sauver 500g de métal avec l'aide d'un élève. Elle le monstre sans cœur qui ne comprenait pas l'importance d'une vie (même faite de boulon) quand lui le bon samaritain en risquait trois.

Bo se surprit elle-même à rester debout sous le flot de reproches que lui faisait Marvel. Au début la parfaite injustice de cette situation avait provoqué une coulée de lave dans ses veines, mais sa colère était déjà si grande et elle était déjà si lasse, qu'elle s'épuisa. Elle écouta sans frémir les horreurs gratuites que lui sortait son meilleur ami, se ratatinant un peu plus en elle-même à chaque réplique. Il y avait des vérités dans les propos de Marvel, certaines qu'elle assumait pleinement, mais venant lui même celles-la faisaient mal.

Elle était si fatiguée.

Bo venait de survivre à un attentat. Bo avait passé sa journée à batailler avec des parents soucieux, des politiciens véreux, des journalistes curieux, des professeurs stressés, un directeur irrationnel, avant de se faire stupefixer en plein repas par un groupe terroriste sans savoir si elle ou les enfants dont l'image réminiscence l'avait suivie jusque dans son inconscience s'en sortiraient vivants. A son réveil elle avait dû gérer des adolescents paniqués, prendre des responsabilités bien au-delà de son poste, aider à la réorganisation des logements pour les élèves ayant perdu leurs dortoirs, donner encore de son énergie pour les veiller ce soir et dans les semaines à venir. Marvel se comportait comme s'il avait été l'unique victime de cette journée, alors qu'elle en avait fait plusieurs centaines. Normalement, une vague d'indignation serait montée en elle à cette pensée, vague qu'elle se serait empressée de vomir sur les pieds du responsable. Mais elle était au-delà que tout ça.

Bo oscillait sur un fil invisible, quelque part dans son vide intérieur. D'un côté elle s'effondrait, laissait les événements la submerger et mêlait ses larmes aux milliers déjà déversées ce soir. De l'autre elle contre-attaquait, refusait de se laisser faire et rendait coup pour coup à celui qui osait la frapper. Dans les deux scénarios, Marvel n'avait pas sa place.

Il l'avait blessée. Bo ne voulait pas le montrer mais, tout au fond, elle saignait. Elle avait voulu l'aider (peut-être de la mauvaise façon, mais c'était la sienne) et il l'avait remerciée en la poignardant. C'était une longue guerre dans laquelle ils s'engageaient, une guerre contre un ennemi invisible et surpuissant. Une guerre qu'elle ne pouvait mener avec un traître à ses côtés. Si Marvel ne voulait plus d'elle, alors fort bien elle ne s'encombrerait plus de lui non plus. Il la trouvait indifférente, irrespectueuse, méchante, à croire qu'il ne se souvenait plus à quel point elle pouvait être pire que cela dans leur enfance. Il venait de provoquer une bête déjà acculée, oubliant totalement que c'étaient les plus dangereuses. Bo allait lui rappeler pourquoi avant il la craignait.

L'élève cru bon d'en rajouter une couche, à son tour. Bo tourna son regard vers lui, mais il aurait été si facile de s'en prendre à un gamin perturbé, alors elle le détourna à nouveau pour le fixer dans celui de Marvel. Elle le regarda se manger la lèvre, les yeux paniqués d'un lapin pris au piège. Disparu, le grand Marvel qui inspirait les foules avec un discours à la fois réconfortant et combatif. Disparu, le terrible Marvel qui crachait des réprimandes et des éclairs sur la créature narcissique d'elle était. Il ne restait que Marvel qui réalisait que tout lui avait échappé et contemplait horrifié l'étendue du désastre.

Bo sentit sa lassitude refluer tandis qu'elle observait avec dégoût les étoiles d'admiration briller dans le regard de l'élève quand il s'adressait à lui. Un haut-le-cœur la secoua de part en part quand ils osèrent associer les élèves disparues à leur tas de ferraille. Enfin, sa colère refit lentement surface alors qu'ils s'échangeaient compliments et mots doux quant à leur action irréfléchie de se jeter dans un feu éternel. C'était terminé. Sa voix tonna étonnamment fort après les murmures étouffés d'émotion de ses deux compagnons.

« Tu sais quoi Marvel ? Tu as raison. »

Elle s'approcha d'eux, la démarche énergique, le sourire aux lèvres. C'était comme faire tourner une vieille mécanique et la découvrir toujours aussi bien huilée ; surprenant, mais plaisant.

« Je m'en fiche de vous, je m'en fiche de toi et, plus encore, je m'en fiche de ça. »

Bo alla poser un doigt provocateur sur la tête de métal, insistant lourdement sur le dernier mot avec une note joyeuse. Avant qu'il puisse s'insurger un bloclang informulé jaillit de sa baguette et vint coller la langue de l'élève à son palais. Il avait plus qu'assez rajouté son grain de sel à cette histoire, qu'il laisse un peu les adultes parler entre eux ça lui fera des vacances.

« Tu le sais bien, je suis égoïste. Tout ce qui ne me concerne pas directement, je m'en désintéresse, c'est pour ça que j'ai pris la peine de venir sauver vos culs, et ça, de ce brasier. Donc je pense que je vais te laisser gérer la suite. Je veux dire, tu es clairement plus qualifié que moi pour manœuvrer la suite des opérations n'est-ce pas ? Après tout, tu es professeur – non mieux ! tu es directeur de maison. Wouah, tes parents doivent être tellement fiers, sans parler de Mint. J'ai tellement hâte qu'ils apprennent que tu as failli tuer un élève pour sauver une de tes petites créations des flammes. Tu crois que Bogeyman te laissera ton poste après ça ? Oh, après tout tout est possible, il m'a bien engagée comme secrétaire. »

Rapide comme une vipère, elle déplia le bras pour s'emparer de la tête d'Arti, qu'elle coinça entre ses mains douloureuses afin de la contempler.

« Tu en sais bien plus que moi sur les valeurs traditionnelles comme la compassion, l'amitié et l'amour, cela va de soi – tu sais, étant donné que tu éprouves un si profond attachement pour ce truc et que moi l'insensible, je m'en fous, tout ça. Mais quand même, dans mon rien-à-battre total, je me demande comment réagiraient les parents de Lio et d'Arya s'ils savaient que tu mets les vies de leurs précieuses filles sur un pied d'égalité avec celle de ce bout de ferraille. Honnêtement, je pense qu'ils ne seraient pas enchantés et je pense que tu devrais avoir honte, mais encore une fois c'est toi l'expert, pas moi. »


Bo jongla un instant avec la tête, la passant d'une main à l'autre, plus aucun signe d'amusement visible sur son visage.

« J'y vais. Je vous laisse reprendre vos activités où vous entiez avant que je vienne tout gâcher, Marvel en assumera je n'en doute pas la responsabilité. »


Et comme une évidence Bo remis la tête où elle l'avait trouvée, la jetant dans les flammes de la salle des moldus, avant d'en fermer la porter d'un coup de baguette.

« Voilà, comme si je n'avais jamais été là. »

Quand elle s'éloigna dans les couloirs en direction de l'infirmerie sans un regard en arrière, ses mains tremblaient. Bo mis cela sur le compte de la douleur de ses brûlures et non sur celle plus profonde de son amitié déchirée.



wicked witch
One never learns how the witch became wicked, or whether that was the right choice for her — is it ever the right choice ? Does the devil ever struggle to be good again, or if so is he not a devil ? - Wicked

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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
05.10.16 20:22

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Je n'ai jamais de ma vie eu autant envie disparaître. Et c'est bien le mot exact. Disparaître. Cesser d'exister. Passer d'un état à un autre. Devenir invisible. Définitivement. Le sens convient, parfaitement. Comme 'il n'avait existé que pour que je puisse l'utiliser ici et maintenant. Et je me demande pourquoi je ne suis pas parti avant. Après avoir essayé d'expliquer l'importance d'Arti. D'avoir tant lutté pour qu'elle comprenne. Que tout ceci n'avait pas été vain. Même irresponsable. C'était comme essayer de sauver ce qu'on pouvait sauver. Une manière de résister et de ne pas oublier. De sauver la vie quand elle n'avait pu être sauvé. Ailleurs. D'avoir voulu mettre des mots sur des rêves. Et puis des heures aussi. Des heures passées à parler de l'existence. Des éclats et des questionnements. Des souvenirs précieux.

« Ça » avait été l'une des seules choses qui comptait. « Ça » avait sans doute poursuivi les deux élèves dont la disparition m'avait moins affecté que le battement d'aile d'un papillon. Et je n'avais pas compris quand ils disaient que j'étais insensible. Mais je n'ai même jamais bafoué leur existence. Je n'ai pas insulté ces deux filles combien même on me reprochait de ne pas en être suffisamment affecté. J'ai gardé le silence tout en me demandant perpétuellement ce qui dysfonctionnait tant chez moi. Si je n'avais que la cruauté de n'avoir même pas versé une seule larme.

Et puis il y a eu Arti. Arti qu'on a crevé. Détruis. Arti qu'ils avaient assassiné sans jamais se douter qu'ils avaient fait un carnage. Arti qui de toute façon n'avait été qu'une chose aux yeux de tous. Sauf peut-être deux. Deux paires d'yeux à qui j'avais l'impression qu'ils disaient qu'ils n'avaient pas le droit de s'émouvoir. Surtout quand il y a deux filles qui avaient péri. Que valait Arti? Rien. C'était ce qu'ils voulaient me faire croire.

Et c'était injuste. Profondément. Même pour ses assassins il n'a jamais compté comme une victime. Peut-être que j'ai voulu qu'elle comprenne. Elle aussi. Qu'elle prenne conscience de sa conscience. De son importance. Que de deux nous passions à trois. Trois paires d'yeux qui peuvent en être attristé. Et tous les remerciements de Monsieur Solberg n'arrivaient pas à me réconforter. Même pas sa main sur mon épaule. J'avais l'amer sensation d'avoir échoué. D'avoir provoqué plus de mal que de bien. Peut-être que je ne sais pas parler. Qu'il me manque de l'éloquence de ces gens qui savent faire pleurer toute une école ou presque juste en prononçant les mots « Lio »et « Arya ». Parce que la grande blonde n'avait rien compris d'Arti. De ce que j'ai dit.

Il y avait eu Arti - et non « Ça » - et il ne sera plus. Comme il y avait eu « Lio » et qu'elle ne sera plus. Comme il y avait eu « Arya » et qu'elle ne sera plus. Mais cette pensée là me retourne le ventre. Cette déduction là crève. C'est à cause du vide et d'une autre chose qui me grignote la peau. S'insinue insidieusement pour se graver dans mes os jusque dans ma moelle. Défait mes muscles. Je cherche un repère des yeux, je me sens vaciller. Mais il n'y a rien. Personne à vrai dire à part deux adultes qui se toisent et qui se font mal. Je sais qu'ils souffrent aussi. Qu'ils se débattent avec leurs pensées et leur sensations. Peut-être qu'ils en ont assez avec eux-mêmes et qu'ils sont trop occupés pour que je puisse m'y référer.

Après-tout je suis majeur. Après-tout je suis supposément responsable depuis un anniversaire symbolique. Je blêmis, toujours les yeux dans le brasier. Le feu dessine des ombres inquiétante, mais derrière-moi il y a un autre type d'enfer. Et je me sens trop jeune. Trop confus. Désœuvré. Incapable de penser et de faire. Après-tout je suis insensible et je ne m'inquiète que de la disparition. Après-tout je suis égoïste et je ne sais pas pleurer pour deux personnes et que c'est elles devraient compter plus qu'Arti. Mais mon esprit n'est pas d'accord. Même s'il arrive à associer des sensations et des vertiges au mot deuil. Perte. Disparition. Mort. Mes doigts s'entremêlent frénétiquement, mes phalanges se crispent. C'est comme-ci je voulais les briser et que je trouverai dans les débris d'os des réponses. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi? Qu'est-ce que je dois ressentir? Comment? Pourquoi ? J'en perds le souffle. L'envie de casser et détruire ce qui ne sait rien et qui détruit des univers et des êtres juste en ouvrant la bouche. Juste en existant.

Je veux le silence. La mort de mon esprit pour ne plus penser. Et l'affect. J'aimerai ne plus ressentir car je suis fatigué de ne pas comprendre et d'avoir mal au ventre. Je décide que je veux le silence pour pouvoir respirer. Remettre tout en état. Mais on ne peut pas réparer des gens. On ne peut pas réparer Arti. On ne peut pas pas réparer les rêves. Mes doigts s'agrippent entre eux et je me mords l'intérieur des joues en essayant d'inspirer entre les dents. Si je me touchais le visage j'aurai trop peur d'y incruster trop profondément mes ongles.

Disparaître. Je voudrais disparaître.

Mais c'est comme si ce maigre souhait ne pouvait m'être accordé. Ma langue se fixa dans ma bouche instantanément. On venait de me jeter un sort, même si je n'ai pas entendu d'incantation. J'en suis presque certain. Je me retourne et je fixe la responsable. Et alors que je trouvais m'être assez mêlé de cette scène apocalyptique elle m'y ramène.

Je me décompose. Lentement, mais surement. Et très franchement je n'ai pas écouté les mots qui ne le concernait pas lui. Les disputes qui se mêlent et des reproches qu'on se jette au visage. Il n'aurait pas du être question d'irresponsabilité ou de manque de compassion. Les règlements de comptes ne devraient pas éclater quand il y a là tout proche un cadavre et des restes de vies et de souvenirs brisé.

Pourtant ils éclatent et tout se mêle. Les accusations sont injustes et j'en reste tellement abasourdi qu'un bloclang était futile. Je n'ai d'yeux que pour elle et sa voix désagréable qui s'insinue lentement et sûrement. Surtout quand elle attrape Arti. Elle n'a pas le droit. Mais je ne peux rien dire. Je suis figé dans ma propre inutilité.
Elle arrache un à un ce qu'il me reste. J'ignorais qu'il me restait quoi que ce soit, mais le fait est qu'elle extirpe quelque chose - Peut-être que c'est ma raison, à chaque fois qu'elle réduit son existence. Qu'elle compare et qu'elle l'insulte. Qu'elle réduit la peine, la mienne et la sienne, à quelque chose de honteux. Et je jure que c'est ce qui m'a fait perdre toute conscience et notions. Alors j'ai commencé à penser « Sectumsempra ». Même quand cela ne m'étais pas adressé. Que je ne devrais pas être celui qui devrait avoir honte. Mais on me l'a tellement dit ces derniers temps que cette fois quelque chose s'est cassé. Peut-être justement parce qu'elle ne l'avait pas dit à moi. Mais à l'homme qui appelait Arti « son fils » et qu'un jour il m'a dit : « Ce n'est pas grave de dysfonctionner. Tu es bien comme tu es. » Et peu importe si l'accusation de la blonde est en retour des choses. Qu'elle ne le pense pas. J'ai pensé « Sectumsempra ». Mais je n'ai jamais été doué en informulé.

Alors sans savoir que mes yeux s'assombrissaient à mesure qu'elle jouait avec le cadavre d'Arti elle a continué. Et j'ai continué de penser. « Sectumsempra » et j'espérais réellement qu'elle finisse par en souffrir. Désespoir, cruauté, malveillance. Peu importe. Peu importe.

C'est « endoloris » qui aurait pu franchir mes lèvres à l'instant même où sa main à lâché Arti. Et qu'elle l'a tué une deuxième fois.

Mais heureusement. Heureusement qu'elle a scellé ma bouche. Surtout quand je me rends compte que j'ai pointé ma baguette sur elle. Je l'ai relâché presque instantanément. Comme si son contact m'a brûlé plus atrocement encore. J'ai suivi anxieusement sa marche. Je n'avais pas réussi à lancer le sortilège. Et heureusement. Heureusement que je ne suis pas doué en informulé.

Mes mains tremblent quand je pense à la seconde de satisfaction que je savais que j'aurai pu ressentir si la douleur l'avait irradié. Définitivement quelque chose cloche chez moi. Définitivement.

Je jette un regard de fin du monde à celui qui reste. Je me souviens qu'un jour il a dit aussi que j'étais « merveilleux ». Et soudain une honte capiteuse m'étrangle. Et si la porte n'était pas fermée, j'y serai retourné. Même pas pour sauver Arti. Mais pour y disparaître. Et faire disparaître ce qui dysfonctionne et ces élans terribles qui ont failli blessé encore.

Mes doigts agrippent mon visage. L'arrière de ma nuque. Est-ce qu'elle ne serait pas mieux brisée ? J'inspire difficilement. J'enfonce mes ongles dans ma chair. Immobile.


Je crois que j'ai envie de disparaître.
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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
09.10.16 19:46

Everything you touch you don't feel, do not know what you steal.
Shakes your hand, takes your gun, walks you out of the sun.
What you touch you don't feel, do not know what you steal
Destroy everything you touch today. Please destroy me this way



Tu as raison. La phrase claqua dans l'air à la vitesse d'une balle. Et il se sentit transpercé, Marvel. Détruit à l'avance par la tempête de jurons qui allait suivre. Bien que la phrase soit tranchante comme un poignard, le ton était incroyablement posé. Son amie n'avait pas encore commencé qu'il sentait déjà ses jambes trembler et son corps prêt à flancher. Allait-il la perdre, à l'issue de cette confrontation ? Il savait très bien qu'il avait été trop loin, qu'il n'y avait désormais plus aucun retour en arrière possible. Alors, il serra les dents et attendit le déferlement de mots. Bo savait exactement comment répondre à ses accusations. Elle le connaissait depuis plus de vingt ans après tout. Bien sûr qu'elle savait où appuyer pour l'atteindre, qu'elle connaissait par cœur tous ses points faibles. Et encore une fois, c'est lui et lui seul qui avait démarré l'offensive. Ou peut-être les Sigmas. À ce point là, le rouquin n'était plus sûr de rien. Leur amitié était censée être solide. Allaient-ils vraiment laisser éclater tout ce qu'ils avaient construit juste parce que leurs nerfs étaient à bout ? Aucun des deux n'était dans son état normal.

Le « ça » évoquant cette création qui lui a pris des heures et des heures de travail le blessa. Mais s'y attendait. Après tout, elle faisait partie de ce 99% de la population ne pouvant concevoir que Monsieur Radis comptait autant qu'un être humain à ces yeux. Ce « machin » incapable de dire autre chose que « je vais te tuer, humain », comment osait-il mettre des vies en danger pour le sauver ?

Et au milieu de tout ce chaos, le pauvre Oscar regardait la scène d'un œil encore larmoyant. Le sort fusa avant que le rouquin n'ait eu le temps de comprendre ce qui venait de se passer ou de s'interposer. Choqué, il ouvrit la bouche, prêt à protester. Mais le regard de Bo lui fit comprendre qu'il ferait mieux de la fermer lui aussi pour ne pas aggraver les choses. Et en aucun cas, il ne voulait qu'Oscar ou Monsieur Radis soient d'avantage abîmés. Ils comptaient beaucoup trop à ses yeux, l'un comme l'autre. Alors il se contenta de tendre l'oreille, en évitant du mieux qu'il pouvait le regard accusateur de sa meilleure amie. Oh ça oui, il avait tout foiré et il le savait. Il se doutait aussi que Bo n'avait voulu que les sauver et que sa réaction était tout à fait normale pour une personne inquiète.

Mais il avait besoin de faire sa drama queen, de lui faire porter le visage de la grande méchante reine qui ne voulait que la mort de son pauvre petit pantin. Ne venait-elle pas de risquer sa vie pour le sauver des flammes ? Ne venait-elle pas d'extirper son robot adoré de ce terrible brasier ? N'aurait-il pas pu juste fermer sa grande bouche et plonger dans ses bras en s'excusant ? N'aurait-il pas pu faire preuve d'un minimum de reconnaissance ? Etre un peu plus humain, Poufsouffle ? Qui était ce nouveau Marvel qui balançait des horreurs à ses amis, qui se comportait comme un gamin égoïste et qui ne cillait pas lorsque son amie le mettait face à ses responsabilités ? Isabeau avait raison et il le savait. Il était supposé protéger ses élèves, montrer l'exemple. Surtout avec son nouveau poste de directeur de maison. Mint avait été tellement fière lorsqu'il lui avait annoncé sa nomination, et Bogeyman lui avait fait confiance. Tous ces gens qu'il décevait par ses actes impulsifs, elle venait de les citer.

Ravalant sa salive, le rouquin avait l'impression désagréable d'avoir engloutit un paquet entier de larmes de rasoirs. Ou peut-être que sa gorge était juste sèche à cause des larmes, des hurlements. Lorsqu'elle lui reprocha d'avoir mis la vie du pantin de métal au même niveau que celles d'Arya et de Lio, il ne put s'empêcher de se trouver égoïste. C'est vrai que leurs parents avaient du mettre beaucoup plus de sentiments dans leur création et que ces deux consciences avaient vécu une vie bien plus palpitante que celle d'Arti. Mais avant qu'il n'ait pu essayer de réparer ses paroles, sa prétendue amie commit l'irréparable et jeta Monsieur Radis dans les flammes.

« NON ! COMMENT OSES-TU ? »

À cette vision, quelque chose en lui explosa.
C'était une métaphore de leur amitié qui venait d'éclater en mille morceaux, consumée par les flammes de leurs colères respectives.
C'était la mort de son ami imaginaire, de son enfant, de son confident de métal.
C'était la concrétisation de ses peurs.
C'était la conséquence de l'arrivée des Sigmas dans sa vie.
Et c'était la conclusion de la pire semaine de sa vie.

« T'es vraiment un putain de cancer, Bo. Je le savais depuis que mes yeux se sont posés sur ta sale tronche. Mais comme tout le monde, je me suis laissé duper par tes jolies boucles blondes. Ou peut-être que j'ai été assez naïf pour pouvoir penser que j'arriverais à t'apprivoiser. Que c'était pas possible d'être aussi mauvaise, que tu ne jouais qu'un jeu. » La rage le faisait trembler de tout son être, et il remarqua à peine qu'Oscar manqua de lancer un sortilège informulé. « T'es comme une tumeur qui se développe. Tu prends des années à t'installer, tu aspires mon énergie vitale peu à peu sans que je le réalise. On ne te voit pas venir, comment pourrait-on te soupçonner de quoi que ce soit ? Mais tu viens du mauvais côté de la société, t'es qu'une pauvre fille mal élevée. Pas que tes parents t'aient éduquée de la mauvaise façon, non ! C'est toi qui est née comme une mauvaise graine, une putain d'anomalie. Tu cherches à jouer les insensibles mais tu dupes personne. Dans le fond, t'es juste du rien qui a besoin de reconnaissance. Tu prétends être quelqu'un de fort parce que t'as jeté le projet de ma vie dans les flammes ? Parce que tu m'as brisé le cœur quand j'étais plus jeune, parce que tu me voles mes conquêtes et l'attention de ma sœur ? Parce que oui, t'as réussi à me voler plusieurs fois mes goûters quand j'étais petit et que t'arrives à me casser la figure quand tu veux sous prétexte que je suis moins entraîné ? Parce que les élèves tremblent devant toi au lieu de t'apprécier pour celle que tu es vraiment ? Parce que tu peux pourrir la vie de qui tu veux avec ton poste ? Bravo, Bo. T'as réussi à me détruire. Mais tu sais quoi ? Cette fois-ci, c'est terminé. Reste seule dans ton château de glace, et ne viens plus jamais me faire chier. »

L'avait-elle seulement entendu ? Il n'en avait aucune idée. Mais quand la silhouette de celle qui avait été son alliée disparu au bout du couloir, il sentit tout son corps vidé de son énergie vitale. Isabeau avait toujours été à ses côtés, mais ce n'est qu'à cet instant qu'il réalisa à quel point elle lui était vitale. C'était sa bouffée d'oxygène, celle qui lui avait remué les fesses lors des coups durs, celle qui l'avait poussé à réaliser quelques uns de ses rêves. Et puis mince, elle venait de lui sauver la vie. Mais les flammes étaient de trop. Il n'avait pas pu supporter cette image.

Reprenant peu à peu ses esprits après avoir réalisé que son... amie ? Ennemie ? Bref, cette fille qu'il avait connu ne reviendrait pas, Marvel décida de reporter son attention sur le Serdaigle. Merde, Oscar. Que fais-tu ? Comment ai-je pu te laisser de côté pendant tout ce temps ? Oubliant pour la seconde fois toute notion de distance cordiale, il se jeta sur lui pour arracher ses mains de son visage, les emprisonnant dans les siennes.

« MAIS QU'EST-CE QUE TU FOUS ? » Hurla t-il, mort d'inquiétude à la vision du sang sur les ongles de son ami androïde. Allait-il le bombarder des reproches, lui aussi ? Non, pas lui. Oscar avait tout mis en œuvre pour sauver Arti et pour le défendre face aux critiques de son ancienne meilleure amie. Sans attendre une seconde de plus, il leva le sortilège.

« Ok. Toi et moi, infirmerie. Maintenant. »
Et toute discussion était impossible, à ce stade. Ils iraient, qu'il doive l'y traîner de force ou non. Il ne laisserait pas l'Ourson lui glisser entre les doigts, il ne pouvait le perdre lui aussi. Alors sans attendre une seconde de plus, il tira sur son bras pour l'aider à se redresser et commença à avancer vers l'infirmerie.
Dans toute cette agitation, il avait oublié de lui lâcher la main.
©Pando


Oh man! Wonder if he'll ever know
He's in the best selling show
Is there life on Mars?
(solosand, bazzart)
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Re: They're whispering "You're out of time" [Pv Isabeau&Marvel]
23.10.16 21:26

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Le silence. Il ne restait plus que le silence. Tout le monde avait fini de hurler. Tout le monde avait fini de pleurer. Tout le monde avait fini de brûler. Il ne restait plus que le silence et un désastre. Monumental. Même deux. Mes yeux s’accrochaient à la pierre sans vraiment la voir. Dans ma bouche il y avait un peu de sang, mais ce n’était pas suffisant. C’est pour ça que mes ongles égratignaient ma chair. Mais il ne se passait rien. Pas de sursaut. Pas de douleur. Rien. Il n’y avait plus rien que la pierre et le silence. Combien même j’ai griffé et que ma paume est brûlée. Je ne ressens rien. Ne pense rien. C’est juste que mes yeux sont trop secs pour cligner. Pour se fermer. Mais j’ai sommeil d’éternité.

Je me prends à espérer : Est-ce que j’ai fini par disparaître ?

Pourtant je suis comme figé. Avachi sur le sol. Je n’ai de toute façon plus la volonté d’esquisser. D’inspirer. De penser.


C’est agréable. Très agréable comme sensation : Rien de pire ne peut m’arriver.

À moi ? Et lui alors ? Mort. Fondu. Disloqué. Cassé. Plus rien ne pouvait l’atteindre à présent. Rien ni personne.

C’est un fait. Une constante : On ne peut briser ce qui a déjà été brisé.

C’est rassurant. Rassurant parce que je pense qu’il n’est pas le seul à être cassé. Et je ne parle pas d’une dysfonction. Non… Quelque chose de plus grave. De plus définitif.

Une simple idée : Si je venais à disparaître alors plus rien ne pourrait m’atteindre.

Ni personne. Surtout personne. L’idée est agréable. Incroyablement rassurante. Dans le définitif j’entraperçois la sécurité. Parce que c’est ce dont il s’était agit jusqu’alors : Vivre en espérant que plus rien arrivera. Que plus personne n’essaiera jamais plus de tourmenter mon esprit avec des « Est-ce que tu ressens Oscar ? » Oui, c’est à cela que se résumait ma vie : Vivre en espérant avoir suffisamment envie de vivre le lendemain.

Anesthésié je me dis : Je n’ai plus envie de rien. Pl-

Mais je sursaute alors. Quelqu’un m’extirpe de la paix relative que j’avais atteint. Mes yeux tentent de fixer et le contact de ses mains sur les miennes ramène de l’angoisse. Quelques secondes je tire dessus pour m’extirper de la poigne, mais je me rappelle. Je me rappelle quand mon esprit arrive de nouveau à se reconnecter. Quand son nom s’impose à lui et que mes yeux s’agrippent à son visage avec la force du désespoir. Je me rappelle et je me calme. Même quand il s’agrippe à mes mains et que ce n’est pas grave. Que je n’en suis pas instantanément terrifié, mais rassuré. Il n’y a plus de silence. Plus de léthargie. Et c’est douloureux de respirer de nouveau. De ressentir. De souffrir. Je cligne des yeux. En réalité il m’a ramené à la vie et il l’ignore.

En rien de temps il libère ma langue, mais je ne sais pas quoi dire. Répondre. Quand il fixe mes ongles et que je les recroqueville contre ma paume. Même celle abîmée par la poignée de porte brûlante. Je crois que je n’aime pas qu’il me voit ainsi. Diminué.

Je n’aimerai pas qu’il me demande : Pourquoi tu te fais du mal, Oscar ?

Parce que je n’aurai rien d’autre qu’un : parce que c’est nécessaire.


Mais il ne fait rien de tout cela. Il me semble qu’il a dit que nous irions à l’infirmerie.

D’un coup je me relève, mais ce n’est pas moi qui ai voulu. Qui ai demandé. C’est lui qui a donné de la force à mes pieds quand je pensais qu’il ne restait plus rien. Je butte contre ma baguette, mais encore horrifié je refuse même d’essayer de la ramasser. Mes yeux aussi refusent de la voir ou même de dévier de mon horizon.

Je le fixe lui parce que je pense que rien ne pourra m’arriver si je le fais.

Il me traîne, je ne sais pas s’il a vu que je n’avais pas pris ma baguette. Un instant je crois que je veux me retourner. Un instant je crois que je veux aller chercher Arti. Un instant je me rappelle que je ne pourrai plus jamais lui lire des histoires. Ni même lui parler de mes journées. Quand on marche je me rappelle que cet été Arti est parti en Norvège. Qu’il a été à la mer, pour construire des châteaux de sable et nager. Qu’il a fait des tartes pour me les envoyer. Qu’il avait passé le plus merveilleux des étés avec sa famille. Je me rappelle de la photo, celle où il se cache dans une paire de botte, que je conserve dans un livre. Plus on s’éloigne plus je me rappelle. Même quand ils sont venus ensemble boire un café et que cette journée là avait été une très belle journée. Particulièrement ensoleillée. Je tire sur mon bras et j’essaie d’agripper la main de Marvel avec la mienne. Même si mes phalanges tremblent.

Mon regard dévie finalement et je crois apercevoir une silhouette loin. Très loin. Peut-être la secrétaire. Et je me rappelle qu’il a dit qu’elle était une anomalie. Et qu’on ne devrait dire ça à personne. Comme je me rappelle qu’on ne devrait pas menacer d’endoloris quelqu’un. Mais je veux me retourner et voir Arti. Alors je traîne des pieds, j’essaie de ralentir notre progression. Comme si la réalité de son trépas prendrait vraiment tout son sens là-bas et qu’il ne restera même plus le feu et ses ombres inquiétantes. Parce que là-bas nous ne serions que deux.

Et c’est étrange, n’est-ce pas ? Nous ne sommes jamais deux. Toujours trois.

Je tourne la tête finalement parce qu’il ne veut pas ralentir et qu’il ne veut pas me lâcher la main. Qu’il m’extirpe d’un cauchemars, mais que j’abandonne trop de choses là-bas. J’avale ma bile et le sang. Tout a un goût de fer. Même l’air.

 « On ne lui a pas dit au revoir ! Il faut qu’on lui dise au revoir ! » Je proteste, je tire sur sa main. Je manque de trébucher parce que je ne regarde pas devant moi. Je retrouve un bout de son visage. Je me rends compte que je ne sais pas dire au revoir. Que je ne sais pas plus combien d’éternité il me faudrait pour le lui dire. Et je me dis que peut-être vaut-il mieux de ne pas y retourner. Il y a trop de mort là-bas et si j’y retournais peut-être que ce serait pour les rejoindre. Mais ça personne ne doit savoir. Personne.
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