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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













I belong to nowhere [fashback ft Marvellous le Prince]


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22.09.16 15:02



I belong to nowhere


CHAPTER I : Même une horloge arrêtée donne l'heure deux fois par jour.



Elle s’était levée si soudainement que ses cheveux barbe-à-papa s’étaient recoiffés d’eux-même. La pièce plongée dans la pénombre et les ronflements discrets de ses camarades ne l’empêchaient point de se diriger vers la sortie. Bien que la pleine lune puisse inquiéter la majorité des gens, Adlona était de celles qui ne faisait pas de distinction entre nuit et jour, puisque le temps était du temps. La raison de son escapade nocturne ne fut autre que la réalisation de la perte d’un objet, car passant la paume de sa main sur sa clavicule durant son sommeil, elle se rendit compte qu’il lui manquait cette chaînette en argent auquel était suspendu un soi-disant oeuf. La rose déboula alors dans le hall de l’établissement, faisant attention à refaire exactement le trajet de la journée, arpentant les couloirs un à un en vain. Pas la moindre trace d’une lueur argentée. Cependant, elle ne croyait nullement aux disparitions inexplicables. Elle continua sa quête jusqu’à l’Horloge majestueuse, ronde et ancienne, où la petite aiguille reposait entre le onze et le douze, et la grande faisait de l’oeil à la trente-huitième minute. Un des mystères de Poudlard qu’elle préférait, se demandait s’il s’agissait de celui du matin ou du soir, mais surtout pourquoi elle n’avait jamais été réparée.

Ses coudes se posèrent sur le rebord métallique de l’horloge, son front se calant sur le vitrail froid et ses yeux parcourant d’un regard vif l’extérieur noir et terrifiant de l’école. Elle ne devait pas être ici, mais peut l’importait, au mieux son père lui tomberait dessus et la réprimanderait que peu pour qu’ensuite elle puisse retourner dans son lit. Son instinct lui soufflait de fuir, de ne pas tenter le Diable, mais la tchèque admirait au loin les collines sombres et les étoiles lumineuses. Spectacle époustouflant que la nature pouvait produire en ces heures perdues, où seuls les plus vils étaient de sortie. Toujours est-il qu’elle n’avait pas la moindre idée de l’emplacement du bijou, comme si, au final, ce dernier ne fut qu’un songe durant toute sa vie et n’avait jamais existé, ou simplement lui avait-on volé. Mais qui aurait voulu d’un tel talisman ? Une fine chaîne en argent où un pendentif ovale et assez grossier pendant au bout, décoré de gravures à peine visible et le nom de son fabricant au coin de l’ouverture, dont elle ignorait l’existence. Tout ce qu’elle savait, c’était cela en plus de savoir que celui-ci pouvait s’ouvrir. Ce qu’il y avait à l’intérieur ? Elle n’en savait rien. Deuxième mystère de la nuit qu’elle ne parviendrait pas à résoudre compte tenu de son état déplorable et fatigué.

Son faciès se tourna vers le hall, sans pour autant le voir. Soudain, un moment lui revint, aussi déplorable qu’il eut été. En début d’après-midi, comme à chaque fois suite au repas, Adlona se mêlait à ses compatriotes Serpentard dans l’espoir de voir enfin un sourire sincère envers sa personne, néanmoins elle comprenait que son espoir n’avait pas lieu d’être. Tous des commères, à rire des uns et des autres, jugeant au moindre pas les pauvres âmes décalées de l’établissement. Mais, cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’un élève mais d’un professeur, et plus exactement le fameux Poufsouffle qu’était le professeur d’étude des moldus. Absurde, s’était-elle dit la première fois : qui venait à Poudlard pour s’intéresser aux moldus ? Un sourire triste apparut sur son visage, elle s’était jointe aux moqueries sans même savoir, critiquant ouvertement sa chevelure rousse et son caractère, paraissait-il, décalé et hors norme. Forcément, la demoiselle l’imaginait comme un homme fort et impressionnant, mais lorsqu’elle avait croisé sa maigre silhouette alors que les rires se turent, elle comprit qu’il n’en était rien et que l’ironie était de mise. Un peu de peine pour ce brave homme, qui n’avait rien quémander aux Serpentard.

« Mhh ». Elle se retenait de prononcer ce mot terrible pour exprimer sa fureur. Si elle avait été faible, elle se serait contentée de pleurer, toutefois la faiblesse n’était pas de mise, elle s’en sortait toujours. S’en vouloir de son attitude et la perte du pendentif la rendait vulnérable à la nuit. Elle ne le retrouverait certainement jamais, alors il aurait quitté son épiderme à sa majorité tandis qu’il aurait trôner fièrement depuis son plus jeune âge. Sorcellerie. Isolée et maintenant accroupie face à l’astre nocturne, elle ne s’inquiétait plus de savoir si elle serait prise dehors à une telle heure. Ses cheveux commençaient à cacher ses yeux, ses lèvres marmonnaient des palabres sans importance. Etait-ce une bonne chose de croire en la magie ? Y avait-il des gens qui n’y croyaient pas ? Trop de question se bousculaient dans son esprit malmené, se demandant ce qu’elle aurait été si la vie n’avait pas été si injuste avec elle. Au bout de quelques minutes, elle regroupa sa touffe dans un chignon déstructuré, se nichant dans le creux de l’horloge et repliant ses jambes. Bercée par le son de la brise estivale, elle espérait retrouver son précieux camée restructuré le lendemain. Alors, ses paupières se fermèrent peu à peu dans l’attente des premiers rayons du soleil, sans même faire attention aux pas couinants approchant.


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Re: I belong to nowhere [fashback ft Marvellous le Prince]
25.09.16 19:41

Most people assume that time is a strict progression of cause to effect, but actually from a non-linear, non-subjective viewpoint - it's more like a big ball of wibbly wobbly... time-y wimey... stuff.


Onze heures. C'était étrange de voir le château si calme à cet instant. Les couloirs normalement arpentés par des étudiants se bousculant dans tous les sens étaient vides. Toute cette vie, des groupes de Serdaigle qui se précipitaient vers la bibliothèque pour des révisions de dernière minute à ceux qui restaient dehors à admirer les étoiles sous des couvertures chaudes, n'était plus. Et c'était franchement perturbant, voire angoissant. Sans tout ce remue-ménage, Marvel se retrouvait seul face à ses pensées. Et pour tout avouer, elles n'étaient pas très réjouissantes. Il faut dire qu'avec ces attaques, une de ses élèves avait été directement attaquée. Pire encore, elle était morte. Mais le rouquin n'arrivait pas encore à réaliser pleinement l'implication de ce mot. C'était ridicule, elle était si jeune et si passionnée dans sa lutte acharnée contre les dragons à Poudlard. Comment un être si enflammé pouvait ne plus être de ce monde ? Impossible, c'était certainement une grosse blague.

Bogeyman avait organisé des rondes et envoyé les professeurs dans différentes parties de la forteresse. C'était tellement bien mis en place que Solberg commençait à se poser des questions. Pourquoi tant de surveillance, pour quelque chose qui s'était passé dans les rues de Londres ? Après tout, Poudlard était l'endroit le mieux surveillé du monde magique. On ne cessait de lui répéter. Certes, des dragons et autres créatures dangereuses s'y baladaient un peu trop librement à son goût, mais jamais les Sigmas ne pourraient pénétrer dans l'enceinte du château. Du moins, c'est ce qu'il croyait naïvement en cet instant. Avant les attaques, avant la disparition de sa précieuse salle. Avant la disparition de tout espoir.

Onze heures dix. Le moment approchait. C'était devenu une véritable routine, depuis son retour à Poudlard. Deux fois par jour, Marvel Solberg abandonnait tout ce qu'il était en train de faire pour aller observer l'horloge arrêtée. Son comportement étrange n'avait d'ailleurs pas échappé aux Serpentards qui étaient venus l'encercler ce matin même.

« — Pauvre fou ! Cette pendule est aussi inutile que votre matière, avaient-ils craché d'un air méprisant. Mais bien trop absorbé dans ses pensées, le rouquin n'avait même pas cherché à les contredire ou à leur clouer le bec en distribuant des heures de colle. À quoi bon ? Il avait mieux à faire, et pour être honnête cela ne les arrêterait pas.
Intéressant. Et si je pouvais échanger le mécanisme de ma montre avec... Non, non ce n'est pas ça !
Et en plus il parle tout seul ! Non mais j'vous jure. Ce type est un alien. Cheveux roux, passionné des sangs de bourbes, dans la maison des blaireaux. Il est carrément bizarre. Vous pensez qu'il collectionne aussi les animaux empaillés ? P'têtre qu'il dort avec des cadavres de chauves-souris. On devrait le signaler, histoire qu'il se fasse enfermer à Azkhaban !

La pluie de moqueries ne l'avait pas épargné. Mais à vrai dire, il n'avait pas eu la force ni le courage de les attraper par les oreilles pour les punir. Cette énigme intemporelle était bien plus importante. Et si la fille Koga n'avait pas laissé tomber cet objet singulier derrière elle en quittant la pièce dans un grand éclat de rire, Marvel ne l'aurait pas remarquée. Intrigué, il avait rattrapé le médaillon et l'avait examiné sous tous ses angles. C'était étrange... On aurait dit un de ceux que les moldus fabriquaient. Mais c'était impensable ! Comment une sorcière au sang si pur s'était-elle retrouvée avec un tel objet en sa possession. L'avait-elle dérobé à un autre élève ?

Durant toute la journée, le professeur Solberg s'était remué les méninges. Qui était cette fille aux cheveux roses bonbons et aux airs de princesse ? Pourquoi dégageait-elle quelque chose de différent des autres élèves ? Pourquoi son rire mesquin semblait forcé, lorsqu'elle s'était jointe aux railleries et pourquoi semblait-elle toujours si seule ? Se protégeait-elle de quelque chose ? Avait-elle un terrible secret à cacher ?

Le temps avait fini par rouiller le pendentif. C'est donc avec toute la précaution du monde qu'il finit par ouvrir l’œuf.  Il savait que c'était de l'intrusion dans sa vie privée, mais il devait en avoir le cœur net. Et puis, elle ne remarquerait rien. N'est-ce pas ? La photo glissa, et tout devint plus clair. Née moldue ? Non, c'était impossible. Et pourtant, la petite Adlona était si reconnaissable sur ce portrait figé. Que devait-il faire maintenant ? Détruire l'objet ? Le lancer dans le lac ? Le rendre à sa propriétaire, et prétendre qu'il ne savait rien ? Elle ne serait jamais dupe.

Onze heures vingt. Marvel était retourné sur les lieux du crime. Au moins, il avait la nuit devant lui pour réfléchir à ce qu'il allait faire de ce collier. Il devait peser le pour et le contre, étudier le problème sous tous ses angles. Après tout, il ne voulait aucun mal à cette gamine.

Mais qu'importe pour le moment ! L'heure fatidique approchait. Le secret pouvait attendre, mais pas le temps. Et le professeur comptait bien être le premier à résoudre le rébus de cette pendule, qui attendait depuis dix ans que quelqu'un vienne la réveiller. Et ce soir, il comptait bien mettre un de ses plans à exécution. Mais c'était sans compter sur la présence bien trop singulière qu'il finit par remarquer. « Adlona. » avait-il soufflé, avant de faire un pas dans sa direction.

« Quand je marche, je ne dois pas avancer. Je peux m'arrêter, même si ne ne bouge pas. Bien que je ne descende jamais, il faut toujours me remonter. Qui suis-je ? » C'était facile comme devinette, à bien y réfléchir. Mais la question sous-jacente était tout autre. Que faisait-elle endormie ici, deux heures après le couvre-feu ?

« Tu as perdu quelque chose, peut-être ? »

Les bras croisés et l'expression grave, il attendait clairement une explication.


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Re: I belong to nowhere [fashback ft Marvellous le Prince]
11.10.16 2:16



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CHAPTER II : Show how fucking strong is your fight.



Il y avait sous ce ciel étoile de nombreux flocons de neige, étonnant pour une journée encore à la transition entre l’été et l’automne. Tu admirais d’un oeil avisé ces symétries parfaites s’étaler et fondre sur le sol. L’horloge était gelée, la glace l’ayant pris par surprise. N’était-ce point là un miracle d’une beauté fabuleuse ? Le froid t’entourait et pourtant tu ne le ressentais pas, à croire que tout l’intérieur était isolé avec les meilleures techniques connues. Changement donc ? Car l’hiver dernier, tu t’en souviens encore, le froid se faufilait sous les portes et à travers le vitre, il en brisait certaines dans les cas extrêmes. L’édifice et le gel, un amour contrasté par la haine et la peur. L’un fut jaloux de l’autre quand il apprit qu’on ne souhaitait plus jouer avec. Tes yeux se perdaient dans cette féerie. Et puis, tout se brusqua, une main spectrale s’accrocha aux aiguilles de l’horloge, appuya fermement jusqu’à ce que celles-ci se mettent en mouvement sous le joug de la pression. Le temps changeait, les flocons prenaient la forme de la pluie et d’un soleil de plomb, les moments diurnes n’étaient que nocturnes et tout cela n’avait décidément aucun sens. Non. Aucun. La tête du spectre arriva, terrifiante et accablante, menaçant comme le Sphinx d’une énigme.

Adlona se réveilla en sursaut, les deux flèches de l’horloge étaient toujours au même endroit ce qui figeait le temps dans son espace, lui donnant l’impression de ne s’être jamais assoupie. Le coeur battait toujours assez fort pour qu’elle se souvienne de cet abominable rêve aux énigmes plus que farfelues. Elle en était persuadée : les rêves dépendaient de notre vécu, toutefois jamais elle n’avait entendu ce genre de chose. Jamais. Elle frottait allègrement ses yeux, tentant d’y voir plus clair et de peut-être, si seulement, retourner à sa chambre. Sans l’apercevoir, elle le sentait, certes les deux grands bras ne s’étaient point déplacés, mais quelque chose d’autre l’avait fait. Lui. L’homme aux cheveux carottes, au regard terrifié plus que terrifiant. Celui-là même oui. Le Professeur Roucool. Elle ne l’avait pas vu venir, mais qui l’aurait fait, aucun bruit et pas même son ombre sur le sol dans ce noir total. Néanmoins, elle l’apercevait à présent, l’air grave inscrit sur son faciès et les bras croisés fermement sur son torse.

Etait-ce encore, et éternellement, un rêve ? Elle ne comprenait plus rien. Tout s’entremêlait et se mélangeait dans son cerveau bien rempli, elle n’arrivait plus à distinguer le vrai du faux, telle une jeune femme prisonnière d’un rêve sans fin. Comment le savait-il ? Comment avait-il pu deviner qu’elle avait perdu quelque chose ? Magie noire. Divination, qui sait. N’était-il pas pour autant normal de croiser des élèves dehors alors que le couvre-feu venait à peine de commencer ? Un temps de réflexion parcourut tout son corps, c’était là que tout résidait. L’essence du problème : tout avait changé. L’heure n’était plus la même, les interdictions et réglementations étaient régis par les mêmes lois. Calvaire dans lequel elle se trouvait, sans pour autant nommer cela crime. Alors, étrangement, elle déplia ses jambes et sorti du creux douillet. Le voir pour le croire, ce dicton était idiot, car ici rien ne prouvait la réalité des choses quand on connaissait l’illusion. Rien ne prouvait la véracité des choses, si ce n’est leur forme charnelle.
Ses doigts attrapèrent ceux du professeur. Réel. Parfaitement réel. Subitement, elle s’écarta et tourna la tête vers ce cadran monstrueux du Temps.

« Non. Du moins, rien qui ne puisse vous concernez. » annonça-t-elle dans un rictus moqueur. « Et vous, Monsieur Solberk, vous êtes-vous égaré ? »

Quand elle imaginait les enseignants de Poudlard, jamais elle ne se serait attendu à y positionner Marvel Solberg. Non, pour elle, ils ressemblaient plus au professeur Fitzgerald : l’air un peu dur, les cours chiants et aucun moyen de rire avec. C’était clairement un contraste flagrant, des collègues aux antipodes. La rose se disait qu’elle avait fait le bon choix en choisissant la Rhétorique des sorciers au vingt-et-unième siècle, tout en sachant que l’autre option qui lui était proposée fut l’étude des moldus. Au vu du professeur, cela paraissait être plus une blague qu’un cours. D’ailleurs, d’après son bi-cursus, malheur phénoménal, son cours était tout de même conseillé voire fortement indiqué. Cependant elle n’y était jamais aller, jugeant les moldus comme des incapables et indignes de son intérêt, puis qui d’autre qu’un moldu voulait les étudier ? C’est un peu comme si les moldus eux-mêmes s’intéressaient aux sorciers. Comme si ce monde ne formait qu’un.

Une pression dans la poitrine se manifesta, un rappel des évènements dû aux Sigma durant cet été, car la réalité était bien plus néfaste qu’elle n’y paraissait. Et si, si tout était logique ? Si la base de cette haine et de discorde entre tous n’était autre que l’ignorance de malheureux humains sur la condition magique ? C’est fou ce qu’un pauvre homme pouvait bien lui apporter comme réflexion en un temps pareil. A croire qu’il l’avait voulu. Mais cette confrontation entre les deux mondes restait un mystère. Ils s’enivraient et s’enlisaient dans leur monde soi-disant parfait, ils se contentaient d’apprendre comme ils savaient et avaient leur vision du juste. La tchèque n’était pas de cet avis : ils n’étaient qu’ignorance quant on savait que certains sorciers s’entêtaient à les examiner sans aucun retour. Ironie du sort, les plus rejetés sont les plus cultivés.

Encore une histoire de Temps, car le Temps était un être vil pour ne pas dire méchant. Il haïssait tous ceux qui vivaient à son gré, il était et le restait, assassin. La crinière barbe-à-papa pivota jusqu’à ce que les prunelles rosées de la demoiselle croisent celles du rouquin, désemparée et affligée.

« Vous perdez votre temps », affirma-t-elle dans un soupir adressé à l’homme, tel une façon d’éprouver sa pitié envers lui. « Pas seulement avec moi. Vous perdez votre temps à Poudlard. »

Elle s’avança d’une marche déterminée vers l’escalier menant au hall, sur la pointe des pieds pour ne pas déranger les autres, bien qu’ils n’auraient pu l’entendre. Au passage et d’un geste d’épaule quelque peu marqué, elle bouscula Solberg. Acte voulu ou erreur de sa part, personne ne savait. Les marches descendantes gisaient sous son corps, malmenaient sa vision pour qu’enfin elle ne puisse y mettre un seul pied. Son regard se porta alors sur le vitrail de l’horloge.

« Vous paraissez minable dans ce cadran. Il vous englobe, comme il nous englobe tous. A quoi bon se soucier d’un tel mécanisme défectueux ? » Un bâillement vint interrompre son discours. « A quoi bon se soucier de ce que j’ai perdu, M a r v e l» lui adressa-t-elle dans un dernier souffle sarcastique.


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Re: I belong to nowhere [fashback ft Marvellous le Prince]
16.10.16 19:58

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C'est vrai que ce n'étaient pas ses oignons. Il aurait simplement pu remettre son pendentif à sa propriétaire et continuer son chemin. Fermer les yeux et oublier toute cette histoire. Après tout, il avait sans doute des choses plus importantes à gérer. Entre les parents révoltés à contacter, les formalités à remplir et les cours à préparer, les occupations ne manquaient pas. Mais Marvel n'était pas du genre à laisser tomber les choses aussi facilement. Et cette élève semblait se trouver dans une profonde détresse.

S'il avait porté son masque de professeur, il aurait probablement dû la coller jusqu'à la fin de l'année pour l'insolence dont elle avait fait preuve envers lui, et lui enlever des points pour s'être promenée dans le couloir après le couvre-feu. Cependant, il n'en fit rien et se contenta de croiser des bras plus fermement, lorsqu'elle le provoqua. À quoi bon répondre à la violence par la violence ? Cela ne résolvait aucun problème. De nombreuses guerres l'avaient d'ailleurs malheureusement prouvé, dans l'histoire des moldus comme des sorciers. Non. La clé, c'était la communication. Et il était hors de question qu'il laisse Adlona partir de là tant qu'elle ne lui avait pas donné une sérieuse explication.

« … Tu en es bien sûre ? Pourtant, j'ai trouvé un objet assez intéressant sur le sol, après ton départ. Mais c'est ton choix, Adlona. » Répliqua t-il, le bijou toujours bien au chaud dans la poche de son manteau. « Non, au contraire. Je suis exactement là où je dois me trouver. J'ai quelques affaires à régler avec cette vieille horloge rouillée. »

Mais son interlocutrice ne sembla pas impressionnée pour le moins du monde. Ou du moins, c'est ce qu'elle essayait de lui faire croire. Car derrière ses sourcils froncés et le surnom « Solbeurk » qu'elle venait de lui balancer à la figure, il y avait quelque chose de faux. Toute cette agressivité n'était qu'une façade, une couverture. Et le rouquin ne voulait pas rentrer dans son petit jeu.

Certes, en temps normal, le professeur Solberg était du genre assez facile à intimider. Mais cette gamine n'avait pas le profil du grand méchant de dessin animé. Au contraire, elle ressemblait plus à une barba-papa humaine, ou à une princesse délicate qui se donnait des grands airs sous prétexte que son père était le directeur des Serpentards. Et même si ses piques étaient un tantinet vexantes, il n'arrivait pas à lui en vouloir réellement.

« Peut-être que je perds mon temps, en effet. Pourtant, face à une pendule bloquée, cette notion n'existe plus. Et je ne pense pas que l'étude des moldus soit vaine. »


Mais la Serpentarde ne le laissa pas expliquer où il voulait en venir, le faisant basculer sur le côté pour filer droit vers la sortie. Croyait-elle vraiment s'en tirer de la sorte ? Il était vrai que le professeur Solberg était du genre un peu coulant avec ses élèves, mais il ne fallait pas pousser mémé dans les orties ! « N'est-ce pas le propre de l'espèce humaine ? Nous sommes tous petits dans l'immensité de l'univers. Et alors ? Cela ne nous empêche pas de créer des satellites de plus en plus performants pour aller dans l'espace ou de lire l'avenir dans les étoiles. » En deux enjambées, il l'avait rattrapée et s'était placé devant elle, les mains toujours dans son anorak.

« Je ne m'en soucie pas, vu que j'ai déjà retrouvé ce que tu as perdu, Adlona. En revanche, je me demande ce qu'auraient dit tes camarades de Serpentard si j'étais venu te rendre le dit-objet durant les repas. Je doute qu'ils aient le même regard sur la fille du grand Sakutarō Koga s'ils apprenaient celle-ci est une née-moldue. »
Sans attendre une seconde de plus, il finit par sortir le pendentif qu'il ouvrit dans sa propre paume.

« Mais j'imagine que tu as plein d'imagination et que tu aurais réussi à trouver un moyen pour te sortir de cette affaire toute seule, même si j'avais dit la vérité devant toute ta maison. Cependant, je ne suis pas un troll et je n'ai pas envie de te mettre en danger. Surtout par les temps qui courent. » Le regard planté dans le sien d'un air soudainement sérieux, il secoua la tête avec douceur.

« Écoute, je comprends ta réaction. Tu étais inquiète que quelqu'un de mal intentionné puisse tomber sur cet œuf, et c'est pour cette raison tu es revenue sur les lieux et que tu as largement dépassé le couvre-feu. Je n'ai d'ailleurs nullement l'intention de te punir. Cependant, je pense que le rôle que tu essaies de te donner ne te va pas. Je suis même persuadé que derrière ton camouflage se cache une fille pleine de qualités qui a trop peur de se montrer au grand jour. »


La nuit promettait d'être longue. Alors d'un mouvement de baguette, Marvel fit apparaître des petits coussins colorés ainsi que des couvertures auto-chauffantes, au beau milieu de l'horloge. « Je pense que les sang-de-bourbe, puisque c'est ainsi que tes prétendus amis les appellent, auraient beaucoup à t'apprendre. » Et sans attendre sa réaction, il prit place sur un oreiller, gardant sa baguette et sa montre à gousset à côté de lui pour ne pas manquer le moment.


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Re: I belong to nowhere [fashback ft Marvellous le Prince]
23.10.16 18:31



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CHAPTER III : I can't do it alone.


La bonne enfant qu’elle était, ou du moins celle qu’elle semblait être sous son sourire provocant, sous ses cheveux pastels et ses yeux artificiels, se défit peu à peu de cette réalité fantastique lorsque Solberg lui adressa la parole sous ce même ton horripilant. Adlona. Des étapes lisibles sur son faciès plus l’inquiétude se faisait forte, plus l’énervement prenait le dessus sur son petit corps. Ce rictus si moqueur devenait finalement une faux sanglante et aiguisée bien qu’ancrée dans ses joues livides, ses iris virèrent au pourpre menaçant puis la faux s’abattit d’un coup franc vers le sol. Une toute autre Adlona, une que personne n’avait encore jamais vu, pas même son père. Que personne n’aurait jamais voulu voir.

Il savait. Il avait osé. Son corps vibre sous la rage, sa lèvre inférieur pourtant colorée d’un rose si délicieux se voit martelée sous ses dents pour n’en sortir que des fines gouttes de sang. Elle se retenait de sortir sa baguette pour l’exécuter. Ils méritent tous de mourir. Ils ne doivent pas savoir. Il doit mourir. La main déjà sous son cardigan de laine noire, empoignant le bout de bois caché dans le pli de sa chemise blanche immaculée à la cravate verte et argent, elle hésitait. A vrai dire, jamais elle n’avait été très bonne, ou très courageuse, pour ce genre de chose. La loyauté était un principe bancal : il fallait rester proche de ceux qu’on aimait, pourtant elle avait depuis longtemps banni ceux auxquels elle appartenait véritablement. Ses doigts frétillaient sur la baguette à la vue de cette chaîne si bien connue.

Mais pire que tout, il l’ouvrit devant sa face décomposée. Un silence balaye la pièce. Jamais elle ne l’avait jamais fait, l’oeuf était resté clos tout ce temps, dix-huit années durant où elle avait gardé secrètement ce pendentif sous les draps, sous ses vêtements en seul souvenirs de ses parents à présent disparus. Morts. Dans un accident de voiture qu’il disait. Un simple accident de voiture. Et pour une voiture, elle c’était retrouvée ici ? Toute la rancoeur cessa lorsque le professeur planta son regard dans celui de la Serpentarde, doucement et confiant, presque conciliant et compatissant. Une désapprobation de la tête, les commissures plus basses que jamais pour montrer que ce sourire narquois avait lui aussi disparu en son for intérieur. Il ne comprend pas.

Il ne comprend pas.

IL NE COMPREND PAS.

Comment la tchèque pouvait-elle se soucier d’une chose dont elle ignorait le contenu ? Si elle l’avait cherché tout ce temps, la quête fut simplement sentimentale et non protectrice, il n’y avait pour elle rien a cacher, rien à éviter. Sa vie de mensonge était devenue une vérité aux oreilles de tous, alors pourquoi voulait-il tout mettre en miette ? Aujourd’hui, depuis qu’il lui avait avoué, elle savait le danger que ce pauvre bijou représentait. Il n’y avait point de rôle à jouer, elle était et par dessus tout restait Adlona Céleste Koga. Sang-pur, fille de Sakutarō Koga et princesse éternelle dans un royaume idyllique. Peu lui important les punitions et les menaces, pénaliser sa maison n’était qu’une formalité car tous étaient égoïstes, agissaient à leur bon vouloir.

Il était si naïf. Et pourtant il avait raison sur tous les points.

Elle les aurait tous bernés, elle aurait réussi son tour de passe-passe telle la magicienne moldue qu’elle était. Ils auraient avalé ses paroles pour se faire encore une fois bien voir par leur directeur de maison, la rumeur aurait bien vite été étouffée, même s’il fallait y faire passer des vies. Dociles animaux que l’ensemble de Poudlard était, ils se seraient agenouillés comme de vulgaires sujets. La rose n’avait nul besoin de s’en persuader, rien n’était de sa faute, elle n’avait rien demandé et la lueur de cet oeuf lui rappelait à quel point la chance lui avait sourit. Elle suit du regard le roux, il s’aseoit sur un des coussin douillet qu’il vient de faire apparaître, il semble sans arrêt serein. Déstabilisant. Toujours en l’attente de quelque chose.

Un rire nerveux retentit dans la salle de l’horloge et la baguette tenue sur fermement entre ses doigts vernis d’un rose réconfortant s’écrasa sur les dalles en granit. Un étouffement s’en suivit. « Parce que vous appelez ça des … - un nouveau toussotement, presque ironique, vint l’interrompre - des amis ? ». L’ambiance était plus froide qu’aucun autre lieu autour, elle s’était crispée et fixait fermement l’idiot assis dans son coin. « Vous ne comprenez décidément rien, Solberg. » Elle avait mis de côté ce ton si sarcastique et amusant, elle n’en avait plus l’envie, plus l’humeur. Anéantie et fragilisée. « Nous papotons ensemble pendant la journée, mais je suis délaissée. Nous rions des autres comme tout bon Serpentard à la recherche de la gloire, mais ils rient de moi comme ils le font avec les autres. Nous passons le plus clair de notre temps à se prendre pour les rois du monde, mais ils ne me voient que comme une souillon. » Sa voix tremblait, presque pleurante toutefois elle gardait la tête haute, le dos droit et la fierté d’une Koga. « Alors, je vous le redemande. Vous appelez ça des amis ? »

Elle se frotta lentement l’oeil pour enlever une prétendue poussière s’étant nichée et balança la tête sur sa droite. « C’est à croire que vous n’en avez jamais eu, Professeur. » Ses pieds grattèrent le sol le temps d’un pas. « Vous prétendez tout savoir sur tout le monde, vous n’êtes pas mieux que ceux qui se mettent au dessus de tout le monde. Vous n’êtes pas mieux qu’un Serpentard. Vous êtes peut-être pire. » Et elle reprit sa marche, arpentant gracieusement l’espace qui la séparait du moins-que-rien, et une fois qu’elle fut assez proche de ce petit coin douillet illusoire, elle se contenta de rester sur pied. « Vous émettez des hypothèses infondées en pensant que cela ne vous portera pas préjudice. » affirma-t-elle. « Laissez-moi vous dire que vous vous trompez. - elle attendit un peu avant de reprendre - Vous pouvez faire perdre autant de point que vous voulez aux Serpentards, pour montrer qu’au final ce ne sont que les professeurs bornés qui choisissent de qui gagne ou qui perd, mais jamais vous ne pourrez m’enlever mon père. ». Une larme de haine coula sur sa joue, larme qu’elle essuya aussitôt. « Rendez-moi ce collier ».

Soudain, ses poings se crispèrent, serraient le vide jusqu’à ce qu’un des ongles se brise et que sa chair se fasse massacrée. Sa voix porta plus loin dans le château, sonnant tel un cri de détresse.

« RENDEZ-LE MOI. »

La paume abîmée, tailladée et accueillant une fine trace humide et rouge s’invita sur la joue du professeur, sans retenue, lui laissant alors la même ligne cruelle sur son épiderme.

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Re: I belong to nowhere [fashback ft Marvellous le Prince]
29.10.16 5:15

Most people assume that time is a strict progression of cause to effect, but actually from a non-linear, non-subjective viewpoint - it's more like a big ball of wibbly wobbly... time-y wimey... stuff.


Quelque chose n'allait pas. La posture de cette gamine était bancale, et son regard lançait des éclairs. Durant un quart de seconde, Marvel pensa même qu'elle allait brandir sa baguette pour le tuer sur place. Mais elle n'en fit rien, se contentant de garder le silence et de se mordre les lèvres si fort que le sang en coula. Outch ! C'était un spectacle douloureux, car le rouquin savait qu'il avait provoqué ça. Par sa faute, une tempête faisait rage derrière les yeux de la Serpentard. Et ce n'était pas beau à voir.

De toute évidence, elle ne s'assit pas. Comment pouvait-elle seulement accepter ce cocon illusoire de confort, quand on venait de foutre sa couverture en l'air ? Adlona ne semblait pas du genre à accorder sa confiance à n'importe qui. Et dans le cas présent, l'information que le professeur Solberg venait de lâcher était une bombe. Le genre de celles qui détruit toute une existence bien rangée. Adlona Merkelovà-Koga, une née-moldue ? Si la rumeur se répandait, elle était fichue. Toute sa réputation de parfaite fille à papa, aux oubliettes ! Adieu les privilèges, et bonjour l'angoisse avec les Sigmas qui rôdaient. Certes, pour le moment ils ne s'en étaient jamais pris aux mages de parents moldus. Mais qu'est-ce qui prouvait que cela n'arriverait pas un jour ? Après tout, ils avaient bien tué deux élèves, dans leur guerre « pacifiste ».

Que pouvait-il lui répondre, au final ? Il ne savait rien sur sa vie privée, n'avait aucune idée du calvaire que pouvait bien vivre la jeune Koga au quotidien. Bien entendu, il se doutait que sa vie n'était probablement pas aussi rose que la couleur de ses boucles. Mais jamais il n'aurait pensé découvrir un si gros secret de famille.

À cet instant, il aurait aimé la rassurer, lui dire qu'il n'était pas de ceux qui iraient la balancer, qu'elle pouvait compter sur lui. Il aurait aimé l'alléger de ses peines et lui promettre que tout irait bien. Il aurait aimé lui faire comprendre qu'il n'était pas de ces adultes qui trahissaient. Mais elle ne le croirait pas. Après tout, ne l'avait-elle pas agressé ce matin même ? Il aurait été logique de vouloir se venger en la traînant devant Bogeyman.

« Non, Adlona. Je n'appelle pas ça des amis. »
Trancha t-il, les sourcils froncés. « Je suis même persuadé que tu n'es pas comme eux, que tu ne prends aucun plaisir à te moquer des autres. » L'ambiance s'était refroidie, mais pourtant Marvel avait l'impression d'avoir touché une corde sensible. Peut-être qu'ils se rapprochaient d'une discussion productive, au final. Mais avant qu'il ne puisse continuer son joli petit discours sur l'amitié, les licornes et les arc-en-ciels, la rose le coupa net et fondit sur lui comme une furie. Pourtant, face à lui, elle avait l'air si petite. Si fragile. Elle aurait pu s'envoler, Adlona. Se faire avaler par ses propres émotions pour ne plus jamais atterrir sur la terre ferme.

Le ton montait en crescendo et les mots se firent plus tranchants. Pourtant, la remarque sur les Serpentards ne lui fit pas grand chose. En 2016, qui jugeait encore les gens sur la maison dans laquelle ils se trouvaient ? Cette classification était beaucoup trop réductrice ! Non, tous les Poufsouffles n'étaient pas gentils. Non, tous les Serpentards n'étaient pas des monstres. Non, tous les Gryffondors n'étaient pas des héros blancs comme la neige et non, tous les Serdaigles n'avaient pas la science infuse. Etait-ce vraiment ainsi qu'elle le voyait ? Comme un directeur de maison qui ne jurait que par ses chérubins jaunes et bronze, comme un professeur qui se prenait pour Dieu en jouant avec les points des maisons ? Comme quelqu'un qui voulait l'arracher à son père ?

Mais plus important : qu'était-il en train de se passer ?
Était-elle sur le point de pleurer ?
… Merlin, qu'avait-il fait ?

Encore une fois, son interlocutrice le devança. N'avait-elle pas trois longueurs d'avance sur lui depuis le départ ? Ainsi, lorsque la baffe heurta sa joue, le rouquin n'était pas prêt. Comment aurait-il pu la voir venir ?

Dans le fond, peut-être qu'il l'avait méritée pour se mêler d'histoires qui ne le regardaient pas. Peut-être qu'il aurait simplement dû la laisser filer avec une punition avant que les choses ne dégénèrent à ce point. N'importe quel autre professeur l'aurait rembarrée le matin même, après s'être fait ridiculiser. Mais Marvel avait un faible pour les cas désespérés. Et quelque part, il savait bien que tout ce comportement n'était lié qu'à sa détresse profonde. Alors il poussa un long soupir et prit sur lui.

« Tiens, prends-le. Puisque c'est si important ! »
Lentement, il ouvrit la paume de sa main où se nichait le bien tant convoité. « En revanche, je ne peux rester les bras ballants devant ton comportement. J'vais pas enlever des points à ta maison car ça ne nous concerne que tous les deux et que de toute façon tu n'en aurais pas grand chose à faire. Mais tu viendras faire quelques colles avec moi. Maintenant... » D'un coup de baguette, il fit voler un pouf derrière les genoux de la rose, la forçant ainsi à s'asseoir. « Maintenant, tu t'assois et tu m'écoutes ! » Dans le fond, il ne pouvait laisser filer une gamine au bord des larmes, assez désespérée pour frapper un prof.

« Pourquoi, Adlona ? Pourquoi suivre une bande de gens que tu méprises ? Ne réalises-tu pas que ça te ronge de l'intérieur ? Que ça te rend malheureuse ? T'as pas à jouer un rôle, bon sang ! Vole de tes propres ailes et sois forte en leur prouvant que toi, tu es différente et tu n'éprouves aucun plaisir à te moquer des autres. »
Il ne la quittait pas des yeux, la fixant d'un air grave. « Je sais que c'est terrifiant. Et je ne suis certainement pas un exemple de courage. Mais si tu veux que les autres viennent vers toi, tu dois les laisser venir.  Sinon, ça risque de se finir en champ de bataille. » Tentant de remettre un peu d'ordre dans ses pensées, il mordilla ses propres lèvres avec douceur. « Je ne dis pas que tu dois leur révéler tes origines. Ce serait... imprudent par les temps qui courent. En revanche, faire preuve de gentillesse peut être une force dans certains cas ! Montre-leur que tu es quelqu'un de bien, que tu n'es pas celle que tu prétends être. » Dans quoi s'embarquait-il ? Faisait-il bien de croire encore en elle, après tout ce qu'il venait de se passer ?

« Quant à tes origines, je n'en parlerai à personne. Tu sais quoi ? Tu peux même me lancer un sortilège d'oubliettes si ça te chante. Mais promets-moi d'en parler à quelqu'un, avant que cela ne te détruise. Peut-être qu'il est temps que tu aies une sérieuse discussion avec ton père sur tes origines ? »

Et sur ces belles paroles, il se redressa, finalement prêt à partir. Tant pis pour l'horloge. Il résoudrait l'énigme un autre jour.

« Je vais marcher doucement et compter jusqu'à dix. Ce qui te laisse le temps de lancer ton sort, si tu le souhaite. En revanche, si tu ne fais rien, je t'attendrai demain dans le parc après les cours. »

Allait-elle lui arracher ses souvenirs ou bien l'accepter comme une personne de confiance ? Le choix lui appartenait.

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(solosand, bazzart)
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Re: I belong to nowhere [fashback ft Marvellous le Prince]
30.12.16 17:04



I belong to nowhere


CHAPTER IV : De l'espoir.


La crispation disparut, tout son corps se dégourdit comme attiré par une gravité plus forte qu’auparavant. Finalement, elle l’avait. Ici-bas, dans la main du jeune Directeur. L’émotion était si vive en elle quand enfin ses ongles raclèrent doucement sa paume pour accueillir le précieux bijou, pourtant elle le dissimulait, ce visage de pierre et ce rictus enfoui pour ne faire ressortir qu’une tristesse, des larmes qu’elle jugeait à présent de fausses. Des sentiments ? De la haine, de la joie et du réconfort. Un désir. Ses lèvres avaient tremblées, peut-être un merci aurait-il été de mise mais à quoi bon le remercier ? Le rouquin n’avait rien fait, il avait juste touché la corde sensible, il avait joué sa vie, lui avait simplement remis. Les gens honnêtes existaient, fort heureusement et c’est en cela qu’elle comprit qu’un remerciement n’arrangerait rien à son geste brusque : car il ne l’avait pas choisi ainsi.

Certes, le pendentif s’était égaré et en rien il n’avait à le ramasser, du moins rien ne l’y obligeait, cependant qu’en aurait-il advenu de ce dernier si quelqu’un d’autre en avait pris possession ? Des gens vils, malins, ce genre de personne à qui on ne pouvait pas faire confiance. Jamais. Même les proches. Elle ne haussa pas les sourcils lorsqu’il évoqua les colles, à vrai dire Adlona n’avait même pas entendu, écouté. Elle laissait son corps à la physique et à la nature, des mèches de la couleur de l’aurore sur son front, un rideau pâle et sans vie, des yeux rivés sur un médaillon. Piètre existence, toutefois elle semblait avoir retrouver un morceau d’âme. Un sourire se dessina à l’abri des regards indiscrets. Il n’y avait plus rien à craindre, pas le moindre soupçon, pas la moindre fuite, le Temps continuerait son chemin vers l’éternité tandis que la Serpentard tracerait le sien dans le même mensonge, la même ignorance jusqu’à la mort.

Rien sauf un coup dans les genoux. Elle protesta d’un couinement de mécontentement, les yeux pleins de rage. Satané roux, fils du Diable il pourrirait au Paradis pour ne pas rejoindre son paternel. Ses traits s’étaient creusés et on lisait sur ses lèvres rosées des contradictions à tout-va imprononcées. « Effectivement, cela ne servirait strictement à rien. » Ses fesses confortablement installées sur un coussin azur, les jambes sur une couverture déjà ardente et ses pieds jouant avec les dernières brises fraîches qu’elle y trouverait, la petite prêtait une oreille semi-attentive au professeur. Il ne comprenait toujours pas, mais le résonner aurait été inutile, ce n’était pas de sa faute. Personne n’était en tord, n’est-ce pas ? Sauf elle. Au fond, être en tord revenait aussi à se mentir à soi-même, et la rose se mentait car elle se retenait de balancer un non sec et franc, de marcher en direction de son dortoir. La politesse l’avait rattrapé, l’effet des plus vieux, l’effet des professeurs.

Les mots fusaient de la bouche du Poufsouffle pendant qu’elle oscillait la tête de bas en haut, de droite à gauche jusqu’à fixer ses yeux sur l’horloge. Dix. Pour se mêler à la foule. Neuf. Pour survivre en ce monde hostile. Huit. Pour que le malheur soit bonheur. Sept. Pour être acceptée. Six. Pour gagner. Cinq. Pour être forte. Quatre. Pour être celle qu’il prétendait. Trois. Pour rejeter tout lien avec le monde moldu. Deux. Pour rester muette. Un. Dix secondes pour choisir. Le corps de l’enseignant était déjà éloigné de quelques pas, le nombre de secondes avait considérablement diminué et pourtant le silence n’avait qu’augmenté depuis qu’elle s’était assise. La Koga était muette, elle se refusait à la parole et appréhendait le final, elle appréhendait ses dix secondes. Allait-il simplement partir ? Elle le guettait de ses yeux vifs, elle le voyait sur le départ. Aucune horloge pour indiquer le temps, juste des nombres dans la tête et alors le Temps était encore plus fictif que ce qu’il prétendait. Finalement, il était là.

« Vous vous attendiez vraiment à un sort de ma part ? » dit-elle en souriant doucement. « Je ne suis pas ce genre de Serpentard qui juge sur les mots. Je préfère juger sur les actes, et à ce que j’en crois vous ne m’avez pas encore porter atteinte. » Elle se hissa en forçant sur son poignet, époussetant ses affaires. « Vous voulez savoir pourquoi ? Pourquoi je suis des gens que je méprise ? Pourquoi ça me rend malheureuse ? Pourquoi je joue un rôle ? Parce que je n’ai pas le droit à l’erreur, je n’ai pas le droit d’être faible. » avoua-t-elle franchement. « Cela va peut-être vous paraître idiot, mais vous apprendrez que mes origines ne font pas tout. Moldue ou sang-pur, qu’est-ce que cela y change ? Le prestige ? La gloire ? Les pouvoirs ? Dire que les moldus étaient considérés comme les plus doués, c’est désolant. Non, véritablement, rien n’y change, juste le regard des gens. » Elle regardait par-delà le verre de l’horloge les rayons de lune glissant sur les feuilles des arbres. « Alors plus que pour moi, c’est pour lui. Pour eux. Je ne suis pas mauvaise, pas autant bonne. Vous ne l’êtes pas non plus. Nous avons tous nos défauts, et j’ai beau vous considérez comme une bonne poire, je sais que tous les Poufsouffle ne sont pas de bonnes personnes, tout comme je sais que tous les Serpentards ne sont point des enflures. » La rose tourna la tête en sa direction, lui adressant un sourire. « N’en suis-je pas la preuve ? »

Elle faisait danser ses doigts sur la matière lisse quoique rugueuse par moment. « Pour tout vous dire, les autres ne m’intéressent guère. -elle soupira- Le courage non plus, tout comme le mensonge, le savoir et l’honnêteté. Car, soyons-le pour une fois, personne n’est parfait. Je crois en l’espoir. » Elle ne disait plus rien, comme si son espoir résidait à présent en ce professeur qu’elle avait maltraité, en ce monde sorcier qui lui avait été offert sans qu’elle ne sache pourquoi, tel un songe d’enfant réalisé. Elle croyait, elle espérait et là était toute la beauté de ses convictions. Loin des stéréotypes qu’elle prétendait, loin des valeurs d’une maison, Adlona avait ses valeurs. Serpentard ou Gryffondor, elle sait très bien que l’envie d’être auprès de son père avait joué. Sa vie en aurait été autrement en rouge. Elle était égoïste, elle était niaise et horripilante mais avant tout elle était humaine et pourvue des plus grands sentiments qui existaient. Elle pleurait lorsqu’elle était triste, riait lorsqu’elle était heureuse et s’efforçait d’être la plus spontanée qu’il soit. « Il ne servirait à rien d’en discuter plus longtemps. Le seul moyen d’arranger mon mensonge est de le démanteler. »

La noirceur de la nuit avait pris le dessus, les ombres engloutissaient la salle et une lueur apparut au bras de la demoiselle. Un bout de bois qu’elle connaissait depuis cinq années, lueur pâle d’une envie d’user de la magie. Pour nuire. Pour aider. L’embout était pointé vers le professeur, déjà prêt à jeter un sort. Elle n’arrivait pas à lire sur son visage de l’effroi ou de la déception, elle n’y voyait rien et ne le voulait point. Il lui suffisait d’un geste et d’une parole pour anéantir son seul témoin. Ses souvenirs perdus dans les tréfonds de Poudlard, un épisode dont personne ne se souviendrait hormis la Serpentard. Inexistant.

« Alors, la bonne décision est-elle celle-ci ? » Il fallut plus d’une minute pour que la clarté revienne et que le monde aperçoive cette lueur pâle de la baguette plaquée contre la tempe de la jeune fille. « Il me suffit d’un mot et vous le savez. Il n’y aura pas de colle dans ce cas. Plus de magie. Plus de mensonge. Plus de Koga. Que de la réalité blessante au mensonge réconfortant. » Elle ferma les yeux avec espoir. L’espoir d’une vie meilleure. Elle restait stoïque et ferme, le poignet déterminé et la tête haute. Un choix, un simple choix qui pouvait tout faire basculer. L’aurore n’était sûrement plus très lointaine en ces temps, la clarté nocturne était à son apogée, tout n’était qu’un vaste assemblage de noir et de blanc, de contraste et de subtilité. On voyait son buste vibrer au rythme de son souffle, et soudain sa main lâcha la baguette, tremblante et abandonnée, le bras ballant se dirigeant vers le centre de la terre.

« Mais alors il n’y aurait plus de raison d’être. » furent les seuls mots sortant d’entre ses lippes. Elle laissa sa précieuse baguette au sol, l’oubliant comme elle avait oublié son passé. Des pas légers qui la menèrent devant le professeur qu’elle doubla sans même émettre un souffle, le laissant seul dans un silence tumultueux.

Seul sous le bruit du vent.

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