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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

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26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













oh you can't keep the wolves at bay — ft. Deborah

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oh you can't keep the wolves at bay — ft. Deborah
12.02.17 19:22




Pour le weekend, il avait la tête pleine de vent et de soleil. Alban crachait des soupirs brumeux sur les talons de ses amis, avec les mains emmitouflées dans les poches de son blouson ; il lâchait parfois un rire coupant et ne regardait pas où ils allaient. Ils étaient jeunes et n'avaient rien à faire le dimanche - ils étaient trop paresseux pour le parc, et trop bruyants pour la bibliothèque, alors ils traînaient leurs pieds entre deux refuges avec des mots plein la bouche. Alban sortait la tête de son écharpe pour mieux offrir la moitié d'un sourire ; il laissait sa tête libre à février et avait les oreilles rosies, il n'osait pas se plaindre du froid. Il coupait les nuages glacés avec ses épaules et la hauteur de sa nuque. Sur la balustrade, ils étaient cinq, sans devoir et pleins de banalité, et semblaient être blottis dans le secret. Du reste, les autres élèves leur passaient devant comme des trains.

Ils avaient une quiétude salée qui suffisait à distraire Alban ; il avait enlevé un de ses gants pour gratter la pierre de ses ongles, et ne sentit pas immédiatement que l'air s'était mis à piquer. Il y avait d'autres grappes d'élèves comme eux, perdus sur le dimanche ; des filles étaient venues se mêler à leur petit groupe, et le vent sentait maintenant les camélias. Un sang acide remonta précipitamment du fond de sa gorge : il donna un pli froid à son sourire.

Alban ravala son halo parce que ses os s'étaient crispés. Il retira tout de lui autour - rangeait ses mains dans ses poches et son rire sous sa langue. Face à une colombe pleine d'épines, il laissait juste une prudence insultante, et une relâche arrogante. Avec une tranquillité mensonge, il sourit à Deborah. « Ah. Salut. »

Pour l'illusion d'une tempête dissipée, il détourna brièvement les yeux d'elle ; la vérité était que même les yeux sur leurs amis, il sentait encore sur sa peau les rayons blancs signés Bolton, et le flou pénible de ses non-dits. Avec davantage de lumière et une froideur acceptée, il reposa des yeux à qui on ne la fait pas sur elle. « Et si on faisait juste faire comme si rien de bizarre n'était arrivé, et qu'on évitait de se parler ? »

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Hibou


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Re: oh you can't keep the wolves at bay — ft. Deborah
28.02.17 17:30

Alban, alban, alban.
Ton nom virevolte, et si je pouvais l’écorcher une fois encore. Et si seulement tu savais comme j’ai mal parfois, quand je songe à nos mélancolies passés, à ce temps où mon épaule pouvait encore te surprendre, et je la revois glisser contre ton bras, mes phalanges empoignent les tiennes dans un songe éphémère. Je nous revois, Alban, dans ces souvenirs, un simulacre de ce que nous avons été.
Mais mes mains se réchauffent entre elles dans cette solitude que nous nous sommes imposés, pour le mieux je suis sûre. Le froid fouette mes joues, une seconde je me demande si nous avons bien fait.
Juste à côté de nous, deux de nos amis s’enlacent dans une étreinte un peu folle, et pleine de ces rires. Ces rires qui nous isolent. Ils ne savent pas, n’est-ce pas, qu’ils ne sont les miroirs que d’un instant passé et bien fini où l’on pouvait encore rêver d’un toi et d’un moi, d’un nous.
Mes yeux fixent la pierre de la balustrade ; elle m’est tellement plus douce que tes regards. Je voudrais pouvoir soutenir l’éclat dans tes yeux, il est si froid enfin, je voudrais pouvoir te regarder avec sincérité, rien que pour te dire que tout ça ne m’atteint pas, mais je ne sais pas je ne sais plus et ne l’ai jamais su. Je voudrais tellement de choses, Alban. Comment pourrai-je encore me sentir bien à tes côtés. Je voudrai seulement fuir. Mais si je fuyais, Alban, alors tu aurais gagné.
Et est-ce que tu penses qu’à rester là, si près de toi, sans même un regard pour toi sinon un coup d’œil à la dérobée et presque tout de suite snobé, à te répondre par ce silence qui pourrait prétendre à de la rancœur, est-ce que tu crois, oui, que je me fiche de toi ?
Tout ne se termine jamais bien.  
Poudlard me fait l’effet d’une scène, d’une grande scène. Le théâtre de notre romance broyée. Et les grands murs qui étouffent nos souvenirs, nos minutes bonheur emprisonnées.
Enfin c’est ridicule, Alban, ce que tu fais.
Ton regard me fait doucement frémir, et je ne sais plus pourquoi il faut que cela soit ainsi. Oh bien sûr, nous n’avons jamais été heureux, Alban, nous sommes-nous déjà aimés ? Je ne pense pas.
Nous ne sommes que les victimes de notre jeunesse, d’une folie passagère, d’une parenthèse.
Parfois pourtant, je me rappelle que j’ai encore le goût de tes lèvres. J’arrive à ressentir le mélange, mes lèvres douces qui aimaient se faire agresser par la passion qui animait les tiennes. Non c’est vrai, je n’ai pas toujours été honnête avec toi, mais je me souviens de mon regard suspendu dans le tien, et je croyais à ce que j’avais devant moi, et sais-tu Alban que j’aimais m’étendre tout contre toi, pousser sur la pointe de mes orteils pour te toucher, rien que pour passer mes bras derrière ta nuque. Te cajoler aussi parfois.
Alors non, nous n’étions pas amoureux, ni même heureux, mais nous étions biens ensemble.
Et vois, vois ce que tu fais à l’unique chose que nous avons fait bien, vois comme je ne peux pas même me satisfaire de notre tendresse ancienne. Tu méprises. Tu méprises les seuls instants de douceur que j’ai eu pour toi, et pour ça c’est moi qui te méprise, c’est moi qui te déteste ; c’est moi qui te chasse de mon esprit, c’est moi qui oublie oui, qu’il y avait un temps où j’aimais associer le nom d’Alban Waterhouse à celui de Deborah Bolton.
Mais je n’aime plus, et je ne l’aimerai plus jamais. Je suis sûre que tu le fais exprès, comment pourrais-tu croire que je pourrai être d’accord avec ça, pour que tu associes nos chers souvenirs à cette bizarrerie que tu dis. Et tu voudrais nier, et tu voudrais que rien n’existe. Vois comme au final je devais être la seule à nous chérir, un peu, tandis que même après tu t’en fiches, tu t’en moques, tu te gausses. Cela n’a-t-il donc jamais compté pour toi, pas même un peu, pas même un peu pour que tu essayes de t’y accrocher.
Non.
Comment ne pas ressentir cette rancœur pour toi, et cette impression aussi, cette sensation désastreuse que nous aurions pu faire tellement mieux. Et j’ai parfois de la culpabilité quand je te vois, quand je pense à toi, et tu me fais tellement te détester parfois.  
Je voudrais te haïr.
Alors je me contente de croire que je te hais.
Et quand je fixe enfin tes yeux, la colère gronde en moi. Je dis que tu es un imbécile.
Je m’attarde quelques trop longues secondes sur ton beau visage, tout en essayant de me convaincre qu’il paraît finalement tout à fait quelconque. Et je dévie lentement, balaie un peu les remous de nervosité. Ce que je vais dire m’angoisse déjà. Alors je me cherche une contenance. Une main lisse un pli de mon chemisier brun. Col claudine.
Et regarde comme je suis jolie, Alban, sous ma robe de sorcière noire, regarde comme ma jupe rosée donnerait l’impression de virevolter avec toute sa fluidité, regarde Alban, l’allure soignée que je sais avoir, vois Alban comme je suis jolie, et comme cela ne sera plus jamais fait en pensant à toi.
Alors il est temps que je te dise, tu sais, toutes ces choses que je ne pense pas vraiment, qui occultent le peu de tendresse que j’ai pour toi, quelque part en moi, dans mes mémoires.
Mais il le faut. Parce que d’une manière ou d’une autre, il n’y a plus de nous Alban, et parfois j’aimerai bien savoir pourquoi.
_  Pour qu’on fasse comme si de rien était, il faudrait déjà qu’il y ait eu quelque chose. Et je ne me souviens pas avoir déjà reçu quelque chose de toi.
Je voudrais seulement te blesser, et t’écorcher pour que tu ressentes un peu de ce que je ressens, lorsque tu me dis toutes ces choses que je voudrais pouvoir ne pas entendre. Mais je ne veux pas te faire de mal, Alban, pas vraiment, parce qu’au fond j’aime croire que tu me connais assez pour savoir que je te mens.
J’ai seulement oublié ; qu’aucun de nous ne se connaissait.
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Re: oh you can't keep the wolves at bay — ft. Deborah
05.03.17 16:30


Elle a un couteau d'argent sur la langue.
Alban fronce le nez sur le sang de sa coupure ; l'éclat du métal le distrait et il résonne contre ses os. Il n'est pas furieux, il n'y a aucune colère qui enflamme ses pommettes ; il n'est pas surpris par l'amertume. Les baisers qu'il a donné à Deborah sont plein de poussières, son souvenir s'est peut-être faussé pour croire qu'à l'époque elle avait déjà le goût de l'impossible. Qu'il y avait quelque chose de faux sur leurs peaux, en même temps que des rayons comme des épines dans leur regard ; Alban, en gagnant la désillusion et la lucidité, s'est inlassablement dévoyé de ce temps. Deborah n'avait pas tant changé ; elle portait les mêmes vêtements, et était toujours couronnée de pénombre. Alors : il n'est pas surpris.

« ... Très bien. » Ses yeux s'étaient plissés comme la lassitude. « Si tu veux. » Presque par habitude ils s'étaient détaché du groupe, pour garder leurs mots entre eux. Alban s'était appuyé contre un pilier de la balustrade, il avait la moitié du soleil dans les yeux ; Deborah dans l'autre, et les deux l'aveuglaient autant. Il y avait une distance entre eux comme un réflexe, et Alban la remarqua à peine : car elle n'avait rien de nouveau ; ce sont des mètres aujourd'hui mais c'étaient des mots mordus hier, c'étaient des regards perdus et des amours mentis, de quoi devrait-il s'étonner ? Même lorsqu'elle soufflait tout contre sa nuque, Deborah était toujours hors de sa portée. Il pouvait toujours la trouver belle : de la glace avait coulé derrière ses yeux depuis, et il lui semblait ne plus en avoir rien à faire. Alban s'était éteint et avait les mots enveloppés de gel.

« De toute façon, je ne vois pas pourquoi ça te gênerait. » Il parlait avec des mots finis, avec l'accent de l'amertume des choses. Deborah était révolue comme un règne ; même à l'instant présent, ses attitudes avaient les reliefs du passé : elle avait la voix chromée, et ne lui laissait que des regards morts ; il n'y avait rien qu'il pouvait toucher. Après tout, Alban avait les veines pleines de soufre, de s'être laissé brûler de patience et de bile : mais il savait que Deborah ne s'était pas même fendue d'une étincelle. Il avait la vision couverte de froid et d'une âcreté épaisse, et croyait le savoir. « Tu as raison, ce n'est pas comme si je te savais sincère. » Depuis longtemps Alban avait avalé la vérité, et en avait fait une rancœur éclatante. « Je ne suis pas si stupide, Deborah, et j'ai bien vu que tu avais autre chose pour te distraire. »

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Re: oh you can't keep the wolves at bay — ft. Deborah
29.03.17 23:21

Et c’est tout ce que tu dis, de ta voix trop lisse, de cette voix qui ne semble rien ressentir. Et je ne te connais pas Alban, et pourquoi ne réagis-tu pas, alors qu’encore tout ça ne paraît n’importer qu’à moi. Si je veux, mais enfin je ne veux pas. Et je me tais, je ne sais plus quoi répondre. Je m’engonce dans ces silences qui me rongent, dans ces colères que j’étouffe aussi.
Alban, tu m’énerves, Alban tu m’agaces.
J’aimerai pouvoir rester aussi calme que toi. Mais tu ne parles jamais assez et parfois tes mots sont d’un trop. Je ne sais plus comment te parler. Et sais-tu seulement comme ça fait mal de te sentir si lointain. Depuis quand ces échanges pourtant banales sont-ils devenus si désagréables ?
Et plus ta voix m’écorche les sens et plus j’ose dire que tu n’as rien compris. C’est une nouvelle évidence, Alban. Tu peux dire que je l’ai bien cherché, tu peux dire que je l’ai mérité, mais je ne comprends pas, plus, de ce dont tu m’accuses.
Et qu’attendais-tu ? Que je n’appartienne qu’à toi, que je ne m’accroche qu’à toi, que je ne pense qu’à toi, que je m’abandonne aussi dans tes bras ? Voulais-tu être l’unique, Alban ? Voulais-tu t’accaparer le moindre de mes soupirs, de mes fantasmes et de mes songes aussi ? Car tu parles, Alban et alors je crois, tu m’accuses. Tu m'accuses de ces sentiments qui n'existaient pas, mais d’avoir eu aussi ces pensées dérobées pour un autre que toi.
_ Tu n’as jamais pensé que peut-être ça avait eu de l’importance, que tu avais pu avoir de l’importance. Il y a toujours eu de la place pour toi, mais tu n’as rien vu.
Sens-tu seulement cette note fragile qui maquille ma voix, ces sanglots à demi-voilés. Tu sais. Ma sensibilité. Mon écorchée-vive. Ma délicatesse aussi.
Comment seulement te réduire à un loisir, à un passe-temps ? Non je ne t’aimais pas, mais non pour autant tu n’étais jamais réduit à un rien, tu n’étais pas dénué de sens, et comment te le dire, juste, alors que la vérité déraille déjà, pour si peu.
_ Tu n’étais pas une distraction.
Et à cet instant, Alban, tu avais raison. Car parfois, et toujours aujourd’hui, il y a une autre tignasse brune qui attire les plus tendres et les plus passionnés de mes regards. Tu l’as vu n’est-ce pas ? Tu les as surpris ? Et c’est aussi à cause de ça qu’entre toi et moi plus rien ne va. Mais tu as oublié mon Alban que je ne te confondais pas avec de vieilles chimères, que je ne faisais que les rêver, que les désirer, alors que je t’avais déjà, alors que je te désirais aussi parfois lorsque tu savais ne pas me laisser le choix, alors que tu étais tout ce que j’avais de concret, mon ancrage dans la réalité. Et que nous reste-t-il ? Des poussières. Quelques antiquités.
Sont-ce des regrets que je sens affluer en moi ? Je ne le comprends pas moi-même. Parfois il me semble que le simple fait de me rendre compte que tu n’es plus là… Oui, cela suffit à me contrarier. Je ne sais pas si c’est une question de fierté. Quand il est question de toi, Alban, je ne sais plus rien.
Et je suis pleine de ces incertitudes que je n’ai pas pour les autres.
Mais il y a en toi, Alban, cette dureté un peu amère et ta lassitude aussi, comme si tu savais déjà tout de moi alors que tu ne sais rien, rien de ce que tu crois toucher alors que tu n’as toujours fait que l’effleurer.
Et je ne sais pas non plus pourquoi l’on devrait faire comme si rien ne s’était produit. Nos pauvres cœurs se sont heurtés l’un l’autre sans ne jamais s’enticher. Et nous ne serons jamais rien de plus, et je m’enfuirai Alban devant toi. Sais-tu seulement que tu m’intimides soudain, par cette froideur qui t’habite et qui paraît n’être réservée qu’à moi.
Alors je me demande Alban, si je t’ai blessé.
Pourtant. Je te vois, appuyé contre la balustrade, presque détaché, presque trop tranquille. Alors je me rappelle que mes émotions sont trop vives, alors je me souviens que je vis trop parfois dans cette mélancolie, dans cette nostalgie, dans ces souvenirs dépassés, vieillis.
Cela ne fait pourtant pas si longtemps me semble-t-il. Mais regarde Alban comme tu as le talent d’ensevelir les passions. Quelle chance avions-nous ?
Que se passerait-il, Alban, si mes pas creusaient la distance qui nous sépare, ta rappellerais-tu que moi non plus je ne voulais pas une poussière. Un désir égoïste me prend soudain. Je voudrais que tu me chérisses dans tes souvenirs, je voudrais exister au-delà des jours révolus, du temps qui passe.
Et je ne voudrai pas seulement être cette touriste que l'on chasse de son esprit après quelques va et vient.
Je voulais de la passion. Je voulais crier une ode à l'amour et à la vie, te traduire une tendresse, quelques cajoleries, et au lieu de ça je ne laisse dans ton sillage que quelques désillusions qui ne me ressemblent pas.
Soudain j'ai le goût de te provoquer, Alban, de déranger cet espace que tu habites. Crois-tu qu'il soit si simple de faire comme si je n'avais été là, comme si mes lèvres n'avaient jamais touché les siennes, comme si mes murmures n'avaient jamais caressé les douceurs de ta peau. Crois-tu Alban que tu puisses m'effacer comme on gomme un croquis dessiné au crayon, une trace éphémère.
Et tu aurais raison, car mon passage aurait-il pu être autrement plus durable alors que je sais, aussi, que je ne t'ai pas laissé la moindre chance de me saisir.
Lentement je me laisse glisser. Et sans jamais complètement réduire la distance, comme il est bien trop tard maintenant, je sais pourtant, qu'à cet instant où mon regard dérive sur tes littoraux, nous sommes plus proches que nous ne le serons jamais. Il suffirait de tendre une main pour te toucher.
Cela ne se fera pas pourtant.
Et c'est presque imperceptible pour les autres tu sais, toi et moi naturellement à l'écart, un peu plus serrés qu'à l'ordinaire, dans cet espace soudain restreint, dans cette complicité illusoire que nous n'aurons jamais.
_ Tu es jaloux. Mais tu te trompes. Je n'ai rien.
Rien que des chimères qui ornent ce vase un peu vide, cette réalité parfois un peu amère.
Et je te fixe, et je te vois Alban, je te regarde, te dévore presque, tu sais, comme je ne le ferai plus jamais. Peut-être pour la première, aussi pour la dernière fois. Le bleu du fond de l'oeil a cette douceur agressive.
_ Alors tu as prévu de m'ignorer, de faire comme si rien n'était jamais arrivé ? Et si je ne veux pas, et si je décide de t'en empêcher. Qu'est-ce que tu feras ? Tu me détesteras ? Ou peut-être le fais-tu déjà.
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