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Bienvenue sur Firewhisky les sorciers ! On espère que vous allez bien, et que vous êtes près à swinguer au rythme des trompettes ! À Londres Magique, nous sommes en Mars 2017 ! Les oiseaux recommencent à chanter et les mimosas sont en fleur, bon courage pour les allergies. Il est 12 heures, l'heure des news !

15.03.17 — Après un an d'aventure extraordinaire à vos côtés, Firewhisky ferme définitivement ses portes. Retrouvez plus de détails ici, et écrivez la fin de votre personnage par là !
26.02.17 — La MaJ #6 est finiiie ! Retrouvez tous les détails de ce qu'il s'y est passé par ici ;)
02.01.17 — La MaJ #5 a été effectuée ! Retrouvez tous les détails de cette dernière par ici !
19.09.16 — Le journal de FW reprend ! Participez-y en écrivant un article. Plus de détails ici.
04.09.16 — Une MàJ a été effecutée ! Retrouvez tous les détails ici
18.08.16 — le forum sera inaccessible du 02/09/2016 au 04/09/2016 pour une nouvelle mise à jour. On sait, on en fait beaucoup, mais il faut encore se préparer à de gros changements....













et l'homme saigné noir à ton flanc souverain, (cesar)

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 et l'homme saigné noir à ton flanc souverain, (cesar)

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Hibou


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et l'homme saigné noir à ton flanc souverain, (cesar)
26.02.17 21:25


i've stumbled on the side
of twelve misty mountains
Il n'avait plus besoin de regarder pour savoir le chemin que filait son regard lorsqu'il se posait sur sa peau ; pour savoir de quelle façon son sourire amarrait un pli tendre dans la saillie de la joue, et de quel relief veineux se gainait son cou lorsqu'il le penchait sur la droite. Il en connaissait bien étroitement les détours, les saignées, et toutes les relevées de sa chair ; elles s'étalaient dans son esprit comme s'il en déroulait la toile.

« Je crois que j'ai pas une thune, Cesar. »

Il était assis d'une drôle de façon, penché en avant sur son torse de travers, le genou sous son menton, et équilibré sur le positionnement douloureux d'un bras maigre appuyé contre la table.
Amaelio n'aurait pas su énoncer le nom du bar. Il l'avait oublié, où alors il ne l'avait pas lu en entrant ; mais il savait que pour être ouvert à cette heure de la nuit, il devait être particulièrement suspect.

L'endroit supportait un air délétère comme on supporte une chape de plomb. L'encens millénaire et l'écume de vieilles bières mal décantées y avaient apposé le sceau de leur infecte fragrance. Celle qui montait de son verre était capiteuse comme un parfum de femme, et étourdissante, et lui insufflait ses relents jusqu'au tapis de son encéphale.

Il n'arrivait théoriquement jamais à Amaelio de parler comme il venait de le faire. Amaelio était sensé avoir vidé la moitié de son verre – pour être exact, c'était ce qu'il avait fait. Il le fixait du coin de son œil trouble avec beaucoup d'attention, évaluant à moitié le volume de ce qu'il avait avalé, le volume de ce qui restait, la potentielle hauteur des risques qu'il y avait à le finir et la probabilité d'être soûl si scandaleusement tôt dans la soirée ; mais sitôt qu'il se lançait dans le calcul suivant, il avait déjà oublié le résultat du précédant et perdu la nature de celui qui suivait celui qu'il s'apprêtait à effectuer. Ses pensées se délitaient à chaque coin de sa tête et y soulevaient un flou cabalistique qui ne retombait pas.

Il se concentrait très attentivement sur les plus petits détails pour espérer bien les comprendre. Le visage de Cesar lui apparaissait dans un travers de son œil alors que sa tête se décrochait sur le côté, en accusant du regard le coin de sa mâchoire fougueuse. Elle pointait sous la peau un os affûté, incisif, et braquait comme une arme l'élan en flèche que formait son menton.

« Tu penses que c'est grave ? »

Il posait la question dans le vent, et sans savoir sur quoi exactement il la posait. Techniquement, il n'était ni grave d'être plus ou moins fauché, ni d'avoir bu ; il était cependant plus discutable d'être dehors à une telle heure, très exactement dans un endroit non-recommandable.
La fenêtre graisseuse et malpropre ne laissait passer aucune lumière – et de toute façon, il n'y en avait pas. La nuit avait salué la terre depuis longtemps, avec sa grande révérence et son indéfectible mutisme. Elle était entrée dans le temps avec la brusquerie de début d'été, sans demander l'avis des dernières lueurs.

Amaelio quitta la formidable immobilité qui l'avait transi quelques secondes pour attraper son verre d'un geste hâtif et relativement sûr, et en vida le contenu avec une redoutable précipitation. De généreuses boucles blondes lui tombèrent sur l’œil lorsqu'il se tourna vers Cesar. « Parce que dis-moi, sinon. »

Les mots s'échappaient de sa bouche en abandonnant leur sens dans l'angle mort de sa cervelle. Il lui adressa le plus large des sourires en se penchant par-dessus la table. Cette nuit, Amaelio avait eu vingt ans.
(html) osbwrn;




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Hibou & Sigma


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Re: et l'homme saigné noir à ton flanc souverain, (cesar)
03.03.17 21:41

Cesar
&
Amaelio
Have you got colour in your cheeks?
Do you ever get that fear that you can't shift
The type that sticks around like something in your teeth?
Are there some aces up your sleeve?
Have you no idea that you're in deep?
La statue me fixait de tout son orgueil, perchée au moins une tête au dessus de moi. Pourtant, je ne bougeais pas d'un pouce, les pieds résolument ancrés dans le sol. Qu'importe ses œillades perçantes qui essayaient de se planter dans les miennes, je ne partirais pas. Bien sûr que mon uniforme vert et argent n'avait rien à faire devant la salle commune des Serdaigles. D'ailleurs, ce fichu volatile de pierre n'avait même pas daigné me poser une de ses énigmes sans queue ni tête. Peut-être qu'il ne me croyait pas capable d'en résoudre. Ou peut-être tentait-il de protéger ses petits agneaux de mes griffes. Car je devais admettre que j'avais un don certain pour me mettre tous les bleus à dos. Tous sauf un. L'exception à la règle, un mystère à lui tout seul.

Et c'est justement pour lui que je me tenais là, les épaules droites et les prunelles pleines de dédain à l'égard de ses camarades de classe qui s'engouffraient dans leur maison comme une colonie de fourmis. Des parasites, des rats de bibliothèque sans âme. Voilà ce qu'ils étaient pour moi. Mais je devais supporter de les avoir dans mon champ de vision sans briser leurs jolies mâchoires, si je voulais éviter de me retrouver en retenue. Car tout devait être parfait. On n'avait pas tous les jours vingt ans.

« Amaelio »,  je soupirais presque de soulagement , en voyant ses boucles blondes reconnaissables entre mille se rapprocher de moi. « Toi et moi, on se casse d'ici. » Et sans lui donner la moindre explication ni lui accorder le choix du refus, je l'attrapais par le poignet et le tirais loin de cette marée de gens insignifiants. Lui seul importait, ce soir.

Menant la marche, je l'avais entraîné vers le passage secret le plus proche, laissant les ténèbres se refermer sur nous. Pourtant, je ne ralentissais pas mon rythme, le pas décidé et les lèvres résolument closes pour ne pas gâcher la surprise. La moindre parole en trop aurait pu lui donner un indice sur la nature de notre escapade.
Quelque part, c'était égoïste de ma part et je le savais. J'aurais dû lui demander s'il avait des plans, au lieu de l'arracher aux siens comme on dérobe un trésor. Mais les souvenirs que j'avais l'intention de faire remonter à la surface ne regardaient que nous et personne d'autre.

« Après toi », je finis par lui souffler, arrivé devant la taverne aux aspects douteux. C'est vrai que ça ne payait pas de mine, et qu'il n'était franchement pas recommandé de traîner en ces lieux passé une certaine heure. Mais rien n'était plus excitant que de frôler le danger. Alors sans plus attendre, je m'engouffrais à l'intérieur, la tête haute et les épaules droites.

Ce que j'appréciais tout particulièrement dans ce genre d'endroits, c'est que je pouvais y être qui je voulais. Mon nom était lavé et oublié, et je n'étais plus qu'un inconnu. Ici, j'aurais aussi bien pu être un prince qu'un hors-la-loi, personne ne viendrait me dire de respecter le couvre-feu. Je ressemblais certes à un élève mais les apparences étaient trompeuses, dans un monde où la magie pouvait changer les visages ou modifier les souvenirs.

La table était un peu en retrait, faiblement éclairée par une lanterne aux motifs démodés. Et à peine assis, des effluves mêlées de lavande, de musc et de tabac froid vinrent me chatouiller les narines. Pourtant, le décor m'intéressait peu. Cette nuit, mes yeux étaient rivés sur mon invité. Et rien ne pouvait me sortir de cette bulle invisible qui venait de se former autour de nous. Pas même la cacophonie des voix de ces ivrognes qui s'étaient découverts chanteurs le temps d'une soirée.
Lorsque le serveur passa prendre nos commandes, je remarquais à peine que la moitié de son visage était défiguré à coup de griffures et morsures en tout genre.

« J'espère juste que tu cours vite. » Le ton était vague, presque amusé. Je devais admettre que l'idée de fuir cet endroit étouffant pour aller on ne sait où avec Amaelio était plaisante. Pire encore, j'en oubliais que j'avais moi même apporté de quoi payer nos collations, faisant tinter nos verres avec un peu trop de précipitation.

« Encore un dernier souhait à exaucer, avant de changer de décennie ? » Les yeux dans les yeux, avant de boire le tout d'une traite. Je n'étais pas superstitieux, mais je n'étais pas non plus prêt à dire adieu à ma vie sexuelle durant sept longues années.

CODAGE PAR AMIANTE


A soldier on my own, I don't know the way. I'm riding up the heights of shame. I'm waiting for the call, the hand on the chest. I'm ready for the fight and fate. The sound of iron shots is stuck in my head, the thunder of the drums dictates. The rhythm of the falls the number of deaths, the rising of the heights ahead.
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